NEUVIÈME OBSERVATION
PAPULES HUMIDES. PAS DE SYMPTÔME PRIMITIF
Le 25 février 1846, entre à l'hôpital du Midi, salle 3, lit 7, un jeune homme atteint de papules humides de l'anus, du scrotum et des amygdales. Il existe dans l'aine gauche un engorgement ganglionnaire, dur, indolent, propre à faire soupçonner l'existence antérieure d'un chancre. Les papules humides de l'anus existent depuis deux ou trois mois. Le malade dit qu'il n'a eu ni chancre, ni blennorrhagie. Je n'en découvre aucune trace sur les organes génitaux ; mais une des papules humides de l'anus est indurée d'une manière assez caractéristique pour faire penser que cette papule n'est qu'un chancre transformé. D'ailleurs, la disposition infondibuliforme de l'orifice anal, le relâchement des sphincters, et les réponses embarrassées du malade, permettent de laisser planer sur lui de forts soupçons de sodomie.