NÉVRALGIES
Depuis que l'on s'occupe des applications de l'électricité à la médecine, on a employé cet agent contre les névralgies, et l'on trouve cette classe de maladies toujours comprise dans la liste des affections qu'on prétendait guérir ainsi avec facilité. Parmi les médecins qui, à la fin du siècle dernier, firent ces applications en nflêmetempsque beaucoup d'autres, nous citerons Mazars de Gazelles, Sigaud, Delafond et Pascalis ; mais Fabré-Palaprat fut un des premiers qui annonça avoir guéri des névralgies au moyen de l'électropuncture. Magendie peut être considéré comme le médecin qui, le premier, employa i'électro-puncture d'une manière rationnelle contre les névralgies , et qui eut Tidée de faire pénétrer directement dans les nerfs eux-mêmes les courants électriques. Il s'en est servi spécialement dans le traitement des névralgies de la cinquième paire en l'appro-
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priant aux connaissances physiologiques que l'on possédait sur les importantes propriétés de ce nerf. Nous empruntons à un intéressant mémoire de M. le docteur James sur le Traitement des névralgies par l'électricité, les détails qui vont suivre relativement à la méthode employée par le célèbre physiologiste.
Magendie introduisait deux aiguilles de platine, l'une à l'origine du nerf, ou au moins dans son voisinage immédiat, l'autre vers sa terminaison.
Il faisait usage d'une pile cà auges chargée d'un mélange convenable d'eau et d'acide sulfurique ; il agissait d'abord avec peu d'éléments. Les malades comparaient la sensation perçue à une sorte d'étincelle ou d'éclair qui parcourait toutes les divisions du nerf. En même temps les muscles se contractaient. 11 ne faut point, dit M. James, prolonger le contact des aiguilles et des conducteurs au delà de quelques secondes. J'ai vu cependant des cas où la douleur n'était heureusement modifiée que quand on avait recours à une sorte de courant continu. Ce dernier fait a pour moi une certaine importance, car il vient confirmer ce que j'aurai à dire tout à l'heure de l'application de l'électricité au traitement des névralgies par la méthode hyposthénisante .
La névralgie disparaissait quelquefois dès le premier contact des aiguilles et des conducteurs. On s'arrêtait alors immédiatement, car une secousse électrique, en l'absence de la douleur, pouvait ramener la névralgie.
Quelquefois il fallait plusieurs séances successives avant que la douleur cessât complètement; on devait alors augmenter graduellement le nombre des éléments.
M. James conseille aussi de changer quelquefois les conducteurs de pôle, mais il fait observer que ce changement est quelquefois accompagné d'une violente secousse.
Après la cessation de la douleur, on ne retire pas immédiatement Içs aiguilles, on attend quelques instants, et sur-
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tout on fait exécuter au malade quelques-uns des mouvements qui habituellement ramènent la névralgie, afin d'être bien certain qu'elle a disparu.
Plus tard, Magendie employa avec non moins de succès la machine magnéto-électrique de Clarke et les appareils électro-magnétiques de Breton; il s'en trouva aussi bien, d'après ce que rapporte M. James.
Les névralgies guéries par ce procédé sont assez nombreuses. En voici le résumé :
Quatre cas de guérison complète de névralgies de la branche ophthalmique;
Quatre cas de guérison de névralgies du nerf maxillaire supérieur;
Un cas de guérison de névralgie du nerf dentaire inférieur ;
Deux cas de guérison de névralgies du nerf lingual, coïncidant, du reste, avec des névralgies dentaires ;
Deux insuccès : un dans un cas de névralgie du nerf dentaire inférieur gauche ; un deuxième pour une névralgie de toute la cinquième paire du côté gauche ;
Enfin, cinq cas de guérison complète de névralgie sciatique.
Tous ces faits de guérison obtenus par Magendie ou ses élèves ne sauraient être mis en doute. J'ai moi-même été témoin de quelques-uns d'entre eux ; et c'est la conviction qu'ils ont portée dans mon esprit qui m'a engagé plus tard à traiter des névralgies par des procédés analogues. On doit toutefois se demander comment s'est effectuée la guérison dans ces cas divers. Est-ce par une action hyposthénisante, ou bien est-ce par une action révulsive ? Je suis porté à croire que ce n'est par aucun de ces deux modes ; c'est plutôt en vertu d'une véritable action substitutive que ces guérisons ont eu lieu. On doit cependant observer que M. James a fait la remarque que plusieurs fois on avait été obligé de faire
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usage d'un véritable courant continu. Or, lorsqu'il en a été ainsi, n'est-ce pas une véritable médication contre-stimulante qui a été mise en jeu ?
D'après ces faits, il serait difficile de méconnaître la possibilité de guérir les névralgies les plus intenses et les plus caractérisées par l'application des courants électriques administrés à titre de méthode substitutive ou de méthode perturbatrice. tJn pareil traitement est, il est vrai, empirique; mais enfin il réussit, et il faut s'incliner devant le succès.
Les faits de Magendie ont été complètement oubliés. Il semble, en vérité, que tout ce qu'a fait cet illustre physiologiste ait été, dans les derniers temps de sa vie et après lui, l'objet d'un véritable ostracisme. C'est à tort que le travail de ce physiologiste est tombé dans un tel oubli, et je m'empresse de reconnaître que c'est lui qui m'a donné l'idée de l'application de la méthode électrique hyposthénisante au traitement des névralgies.
Après être resté un temps assez long dans l'oubli, le traitement des névralgies par l'électricité a été de nouveau mis au jour par les ingénieuses recherches de M. Duchenne. D'après ce médecin, on guérit souvent les névralgies au moyen de l'électrisation cutanée, pratiquée soit sur une partie quelconque du tégument cutané, soit sur le trajet même du nerf, w loco dolente. L'électrisation cutanée produit indirectement, suivant M. Duchenne, l'anesthésie du nerf malade en déterminant une douleur dérivatrice.
La publication des idées de M. Duchenne sur l'électrisation cutanée me porta à essayer cette médication sur une grande échelle. Pendant un an, je traitai toutes les névralgies qui se présentèrent dans mon service par l'électrisation cutanée; je continuai ce traitement avec persévérance et ténacité ; j'eus souvent l'occasion de revenir un grand nombre de fois chez les mêmes malades à l'électrisation cutanée. L'électrisation cutanée appliquée à l'aide de pinceaux mé-
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talliques sur la peau rendue bien sèche par la poudre d'amidon ou la poudre de lycopode, agit de deux manières, et par l'augmentation de sensibilité cutanée, et par la production d'une véritable hyperesthésie capillaire; l'action qu'elle produit est rarement énergique, car si l'on veut aller un peu loin, des contractions musculaires ne tardent pas à s'y joindre.
En employant donc l'électrisation cutanée à la dose la plus grande à laquelle je pouvais atteindre sans l'accompagner de contractions musculaires, je n'ai jamais pu obtenir que quelques améliorations de névralgies, et jamais, sur une trentaine de cas, un seul exemple de guérison.
Ces insuccès me découragèrent d'abord, surtout quand je pensais aux résultats de xMagendie, et cette idée me conduisit à formuler la méthode à laquelle je donnai dans le cas actuel le nom de méthode hyposthénisante, et que je vais décrire.
Je fus guidé par les travaux de MM. Nobili, Matteucci, Becquerel père et Edmond Becquerel, du Bois-Raymond et autres, que je vais résumer rapidement.
Lorsqu'on fait circuler un courant direct et continu d'une certaine intensité dans un nerf, et qu'on prolonge son action, on engourdit momentanément la sensibilité et la motilité de ce nerf. Cette sensibilité et cette motilité restent diminuées ou abolies pendant quelques instants, et elles reparaissent ensuite avec leurs caractères habituels, quelquefois un peu atténués. Avec un courant inverse on excite au contraire la sensibilité et la motilité.
Si l'on emploie le courant inverse immédiatement après le courant direct, on détruit souvent l'action hyposthénisante de ce dernier, et on rétablit rapidement la sensibilité et la contractilité.
Si, au lieu de courants continus directs de médiocre intensité, on emploie des courants puissants et très énergiques, cette distinction est beaucoup moins tranchée et l'on peut
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avec les deux espèces de courants produire l'engourdissement momentané de la sensibilité et de la motilité.
Tels sont les faits acquis à la science et qu'il m'a été donné d'étudier et de constater bien souvent avec des piles voltaïques à auge ou autres fortement chargées.
Voici à quelles idées et à quelles expériences ces faits incontestables, admis par tous les physiciens qui se sont occupés de ce sujet m'ont conduit en employant les courants continus très énergiques de deux piles à auges réunies et fortement chargées sur un nerf atteint de névralgie : ces courants anéantissent momentanément la sensibilité morbide de ce nerf; ils semblent n'agir que sur cette dernière. L'engourdissement auquel je donne le nom d'action hyposthénisante va très rarement au delà et n'atteint pas les propriétés sensibles et motrices naturelles du nerf dont il s'agit ; il y a seulement cessation de la douleur et nullement anesthésie. L'exaltation de la sensibilité étant engourdie, la douleur disparaît; alors trois choses peuvent arriver : 1° la sensibilité morbide, c'està-dire la névralgie revient au bout de peu de temps ; 2° la douleur névralgique ne revient qu'au bout d'un temps beaucoup plus long, quelquefois plusieurs heures, un jour même; 3° enfin dans quelques cas l'exaltation de sensibilité disparaît pour toujours et ne revient pas.
En général, plus on répète sur le même nerf l'application d'un courant continu énergique, plus on rend difficile et même impossible le retour de la sensibilité morbide, par conséquent plus facilement on guérit la névralgie. Les applications des courants continus au traitement des névralgies sont très difficiles à faire ; elles manquent souvent. Aussi, malgré quelques succès que j'avais obtenus dans mes premiers essais, je dus songer à procéder autrement, et j'expérimentai avec des machines magnéto-électriques parfaitement construites et d'une grande énergie.
Je mis exclusivement en usage deux appareils construits
LIÎSIONS DES OIIGANKS DES SENS. olli
exprès pour moi, l'un par MM. Breton frères, l'autre par M. Gailïe, et j'obtins avec ces deux appareils qui reposent du reste à peu près sur les mêmes principes, les résultats que je vais exposer.
Lorsqu'on fait circuler dans un nerf atteint d'une névralgie intense des courants directs ou alternativement contraires, fournis par une de ces machines et d'une jintensité assez grande, lorsqu'on opère rapidement la rotation de la machine, dételle sorte que les intermittences soient aussi courtes que possible, lorsqu'enfin on continue de faire passer ce courant dans le nerf pendant un espace de iemps qui varie de deux à cinq minutes, suivant l'intensité de la névralgie et le volume du nerf qui est atteint, voici ce qu'on observe : la douleur produite par le courant est violente, elle peut cependant être facilement supportée par le malade; toute contraction cesse dès que le courant est bien établi et que la rotation de roue de la machine est rapide. Quelquefois les contractions sont remplacées par un mouvement fibrillaire continuel, qui cependant ne doit pas exister quand les courants sont suffisamment forts. En même temps la douleur cesse d'être perçue.
Une fois qu'on arrête le courant, le nerf malade est devenu insensible. Jamais je n'ai vu l'expérience manquer toutes les fois qu'on a employé un courant d'induction énergique et que la rotation de la machine a été rapide. Que se passe-t-il ensuite ? Absolument ce que j'avais observé avec les courants continus et d'une manière plus nette encore, c'est-à-dire que deux choses peuvent arriver : 1° la douleur a complètement disparu quand le courant cesse de traverser le nerf, mais elle revient quelque temps après. C'est une ou deux heures au moins, mais le plus souvent cinq à six et même vingtquatre heures sont nécessaires pour la reproduction de la névralgie ; alors, lorsqu'elle reparaît, elle est presque toujours moins intense. 2° La douleur ne revient pas. Gela est rare,
je n'ai observé qu'une seule fois ce fait. Lorsque ia douleur névralgique reparaît, si l'on vient à recommencer l'application des courants énergiques, la douleur disparaît plus facilement que la première fois. De plus, lorsqu'elle a à revenir, elle reparaît plus tardivement et avec moins d'énergie. Au bout de quelques séances elle disparaît complètement pour ne plus revenir.
Le nombre des séances a été (sauf le cas unique dont j'ai parlé) , au minimum, de trois, et au maximum de seize. Ce dernier nombre n'a été que dans des cas de névralgies étendues, anciennes, intenses et invétérées.
Ces expériences indiquaient bien le véritable traitement des névralgies. Avant de rapporter les résultats très nombreux auxquels je suis arrivé, je vais dire quelques mots de la méthode que j'ai suivie dans Tapplication des courants.
Appareils. — Pour réussir dans le traitement électrique des névralgies, il faut, ainsi que je l'ai dit, employer des appareils très énergiques. J'ai également expérimenté plusieurs fois avec la nouvelle machine de M. Rhumkorff et la petite machine à pile de M. Gaifïe, et j'ai obtenu des résultats aussi beaux dans le traitement des névralgies qu'avec les premiers.
Pour administrer l'électricité j'emploie simplement les réophores munis d'épongés mouillées à l'extrémité. Il y a deux manières de les employer : ou bien on place une des éponges à l'extrémité du nerf la plus rapprochée du centre et l'autre à l'extrémilé périphérique; ou bien on place la première éponge comme dans le cas précédent, et l'on promène successivement la seconde sur les divers points du nerf malade. On continue le changement de position dans le second cas pendant toute la durée de la séance.
Les éponges doivent être maintenues fortement appuyées par l'opérateur sur le point où on les place. On doit éviter
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de les soulever pendant l'opération, si ce n'est toutefois lorsqu'on opère en pronnenant successivement la deuxième éponge sur les divers points du nerf, ce qui n'est pas toujours nécessaire.
La direction du courant doit être prise en considération. Cependant il ne faut pas lui attacher une trop grande importance ; il est incontestable qu'il vaut mieux employer un courant direct. Les effets sont plus complets, plus positifs et plus rapides. Nous ne pouvons cependant méconnaître que, quand il s'agît de courants très intenses à forte tension et à intermittences rapides, on peut tout aussi bien obtenir l'hyposthénisation avec le courant inverse.
L'intensité du courant a de l'importance; il doit toujours être énergique ; j'emploie en général les courants donnés par l'échelle de la machine de Breton ou de celle de Gaiffe, aux trois quarts de la force totale, c'est-à-dire en prenant la totalité de l'échelle de chacun d'eux, et la supposant divisée en [i degrés, dont le chiffre k est le dernier ; je les mets au n° 1. La durée de la séance est en général de cinq minutes ; je n'ai jamais été au delà.
Nombre des séances. — L'époque du renouvellement des séances varie suivant un certain nombre de circonstances.
Lorsqu'une névralgie est continue, je conseille toujours deux séances par jour, une le matin, une le soir. Si la névralgie reparaît plus tôt, on avance la deuxième séance.
Dans les névralgies à périodicité irrégulière il faut attendre l'apparition de la névralgie, et appliquer l'électricité ou la renouveler lorsque l'accès paraît.
Durée du traitement. — Le nombre des séances ne peut être fixé. Cependant, sauf quelques exceptions, on peut dire qu'il est en général de cinq à seize. Ce nombre a toujours été accompli dans l'espace de huit jours au plus.
Je vais exposer quels ont été les résultats de cette méthode de traitement, résultats dont ont été témoins les nom-
breux élèves qui veulent bien suivre ma clinique. Ces résultats peuvent donc être considérés en quelque sorte comme le résultat d'expériences publiques :
Névralgies sciatigues. — Les névralgies sciatiques que j'ai pu traiter par la méthode hyposthénisante sont au nombre de dix-neuf; dix-sept sont des faits qui ont été observés à l'hôpital et deux en ville. Ces derniers, dans le traitement desquels j'ai été aidé par un de mes bons élèves, M. le docteur Violette, offrent un tel intérêt que j'entrerai en temps et lieu dans quelques détails à leur égard.
Parmi les dix-sept malades traités à l'hôpital on compte quatorze bornâmes et trois femmes. Chez tous, la sciatique n'existait que d'un côté; chez un malade, elleétait accompagnée d'une névralgie crurale, chez deux, d'une névralgie lombaire. Cette névralgie sciatique, chez cinq malades, était ancienne et remontait à plusieurs années; elle cessait et récidivait. Chez un malade elle remontait à plus de deux ans et sévissait d'une manière continue avec des rémissions et des exacerbations.
En tout cas, toutes les névralgies étaient assez intenses pour avoir obligé les malades à cesser leur travail et à entrer à l'hôpital.
Ces dix-sept malades furent traités par la méthode hyposthénisante. J'ai rendu compte du traitement de quatre d'entre eux dans la première édition de cet ouvrage : il s'agissait de trois hommes et une femme. Un des hommes fut guéri en deux séances, l'autre en six ; la femme le fut en cinq. Le troisième homme éprouva une très grande amélioration, mais on ne put faire disparaître une douleur névralgique persistant dans le mollet ; on la combattit et on la fit disparaître en y appliquant la cautérisation transcurrente. Les treize autres malades, onze hommes et deux femmes, guérirent tous par l'administration des courants électriques. Le nombre le plus grand des séances fut de onze; le plus
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faible de trois. Un seul de ces malades avait une névralgie sciatique qui existait d'une manière constante depuis plus de deux années. Cet honime présentait un état anémique accompagné d'une légère atrophie du membre correspondant. Un traitement hydrothérapique fit justice de tous les accidents.
Je vais rapporter le résumé de l'histoire des deux malades que j'ai soignés en ville.
1" Madame la comtesse de ***, âgée de vingt-neuf ans, est atteinte depuis trois années d'une laryngite chronique qui n'a encore exercé aucune influence fâcheuse sur sa santé générale, mais qui résiste aux diverses médications mises en usage. Dansl'hiver de 1857-1858 une névralgie sciatique du côté gauche se développa avec une grande intensité et résista aux médications les plus énergiques. Au mois de juin on envoya la malade à Allevard, dans la pensée que les eaux sulfureuses de ces thermes guériraient en môme temps la laryngite chronique et la névralgie sciatique.
Malgré un séjour très prolongé à Allevard, il n'y eut qu'une légère amélioration de la laryngite. Quant à la sciatique, elle existait sans aucune intermission et faisait terriblement souffrir la malade.
On la transporta à Amélie-les-Bains oii elle resta pendant l'hiver de 1858-1859, soumise à la médication sulfureuse. La laryngite continua à s'améliorer sans toutefois guérir complètement. Quant à la névralgie, elle tourmentait tellement la malade qu'elle restait constamment au lit, ne pouvait se lever et remuait à peine. Les mouvements lui arrachaient souvent des cris; les nuits étaient sans sommeil. Au mois d'avril on l'amena avec la plus grande difficulté à Paris où elle fut confiée à mes soins.
Cette névralgie sciatique était une des plus violentes que j'aie observées. Lors des crises, et il y en avait plusieurs, soit le jour, soit la nuit, cette dame poussait des cris aux
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moindres mouvements qu'elle faisait exécuter à la cuisse. Les nuits étaient sans sommeil et les souffrances inouïes. Je la traitai avec un fort modèle de l'appareil de Gaiffe, et, dès la première séance, la douleur disparut pour ne revenir que le lendemain matin ; elle put marcher dans sa chambre, ce qu'elle n'avait pu faire depuis longtemps.
Sa guérison fut radicale au bout de douze séances pratiquées en huit jours. La malade désira que j'en fisse quatre autres pour mieux assurer sa guérison.
Cette guérison était radicale. Depuis cette époque, elle alla aux bains d'Ems et revint chez elle sans éprouver aucune rechute de sa névralgie.
Le deuxième fait est peut-être plus remarquable encore : il s'agit d'un homme de cinquante et un ans, concierge de M. le marquis de ***, rue Neuve-de-Luxembourg. Cet homme étaitatteint depuis onze mois d'une névralgie sciatique double qui n'avait jamais cessé de le faire souffrir, tout en présentant des exacerbations violentes. Depuis le début de sa maladie il n'avait pu quitter le lit. Ses nuits étaient sans sommeil et son état de souffrance était véritablement atroce.
Cet homme fut traité par les courants électriques énergiques, et en quatorze séances il fut radicalement guéri. Depuis une année il n'y a eu aucune apparence de récidive, et le malade, complètement remis, se livre à ses occupations fatigantes sans éprouver le moindre retour de sa névralgie sciatique.
J'ai cité ces deux cas en détail en raison de la violence des accidents de la névralgie, de son ancienneté et de sa violence. J'avais douté d'une guérison qui, cependant, eut lieu très rapidement.
Névralgies intercostales et lombaires. — Les névralgies intercostales sont peut-être celles qui peuvent être guéries le plus facilement et le plus rapidement par les courants élecques énergiques. J'ai eu occasion d'en traiter (Quatorze cas
développés chez onze femmes et trois hommes. Ces névralgies ont été le plus souvent simples ; cependant, chez un homme et deux femmes, il y avait deux et trois nerfs atteints. Elles ont beaucoup varié d'intensité; toutes, cependant, causaient de vives douleurs aux malades, et ces douleurs avaient exigé leur entrée à l'hôpital. Ces quatorze cas guérirent avec une extrême facilité, je n'ai pas été obligé d'aller au delà de six séances. J'ai observé également trois névralgies chez des femmes qui présentaient le siège suivant : l'une était une névralgie lombo-iliaque; une autre une névralgie lombo-abdominale ; la troisième était une névralgie lomboiliaque et occupait la paroi abdominale du côté droit ; il n'était pas possible de la localiser dans des filets nerveux bien déterminés. Ces trois malades guérirent parfaitement sous l'influence de l'emploi de la médication électrique hyposthénisante.
Névralgie crurale. ■ — Deux cas de névralgie crurale développés chez des hommes, et bien isolés, ont guéri en cinq ou six séances par l'emploi des courants électriques. Cetteguérison a été assez facile.
Névralgie trifaciale. — La névralgie trifaciale est celle qu'il m'a été donné le plus rarement de traiter par les courants électriques. J'ai pu traiter seulement trois malades atteints de cette affection. J'ai rapporté l'histoire de l'un de ces cas dans l'édition précédente de ce traité. Il s'agissait d'une jeune femme de chambre de vingt-quatre ans, atteinte d'une névralgie sus-orbitaire double des plus violentes. Elle guérit en douze séances, et la guérison s'était encore maintenue l'année dernière. Les deux nouveaux cas que j'ai observés sont relatifs à deux hommes qui présentaient les névralgies suivantes: l'un une névralgie sus-orbitaire violente et ancienne du côté droit; l'autre une névralgie latérale de la tête, occupant spécialement la région occipitale gauche. Ces deux malades guérirent égalemetit.
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Une question qu'on est en droit de poser en présence d'un tel nombre de névralgies guéries par l'électricité est celle de savoir si ce mode de traitement ne peut fatiguer les malades, avoir quelques inconvénients ou même présenter quelques dangers.
Lorsqu'on fait passer le courant dans le nerf malade, voici ce que l'on observe :
Dès le premier instant la douleur est excessivement vive et elle s'accompagne d'un tremblement fibrillaire des muscles placés entre les deux pôles. Cette douleur vive est bientôt remplacée par une sensation d'engourdissement. Cet engourdissement augmente peu à peu, finit par devenir complet et profond, et il persiste jusqu'à la fin de l'application. Quelquefois cette sensation d'engourdissement est interrompue par le retour de quelques-unes des sensations douloureuses qui s'étaient produites à l'instant de leur application, mais ce retour n'a pas d'importance, et quand on vient à cesser l'application des courants, ce que l'on fait, ainsi que nous l'avons dit, au bout de cinq à six minutes, toute douleur a disparu complètement.
Quelquefois chez les femmes, il succède à l'application un état nerveux qui dure un temps indéterminé, mais qui cesse toujours assez vite sans laisser aucune trace dans l'organisme.
Je n'ai jamais vu l'application des courants électriques énergiques produire le moindre accident, et à part l'état d'émotion dans lequel l'instant de l'application jette la plupart des malades, il n'en reste habituellement aucune suite. Cependant je crois qu'il faut bien y réfléchir avant d'employer cette médication contre les névralgies de la tête. Chez deux malades atteints l'un de névralgie d'un nerf sus~orbitaire, l'autre d'une névralgie occipitale, l'administration de l'électricité détermina la production des symptômes de la congestion cérébrale qui m'obligèrent de cesser. Quelquefois ces courants
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énergiques appliqués sur le crâne retentissent vigoureusement sur le cerveau et déterminent la production de céphalées violentes ; dans tous les autres nerfs, jamais les courants d'induction, quelque énergiques qu'ils soient, n'ont produit le moindre accident.
Telles sont les principales névralgies qu'il m'a été donné de traiter. ïl y en a bien d'autres dont je n'ai pas recueilli les observations, et dans lesquelles le succè« n'a pas été un instant douteux.
Je crois ce mode de traiter les névralgies fort peu connu et très peu employé, et j'ai la conviction profonde qu'appliqué avec méthode et précaution, il constitue une médication excellente contre les névralgies dont peu résisteraient. Puisse-t-il au moins engager les praticiens à essayer une médication qu'il est si facile d'employer contre une maladie qu'il est souvent si difficile de guérir.
Occupons-nous maintenant de la méthode que suit M. Duchenne pour la guérison des névralgies.
Electrisation cutanée. — Le traitement par électrisation cutanée a été imaginé par M. Duchenne qui l'a appliqué particulièrement à la névralgie sciatique. D'après ce médecin, on guérit très souvent cette névr'algie au moyen de l'électrisation cutanée pratiquée, soit sur une partie quelconque du tégument cutané, soit sur le trajet même du nerf malade loco dolente. L'électrisation cutanée produit indirectement, suivant ce médecin, l'anesthésie du nerf malade en déterminant une douleur dérivatrice. Ainsi que je l'ai déjà dit, ce n'est pas seulement une augmentation de la sensibilité cutanée que produit ce mode d'application de l'électricité, mais encore une véritable hypérémie capillaire qui très probablement doit jouer un rôle dans le déplacement de la douleur névralgique.
L'électrisation cutanée s'obtient à l'aide du pinceau ou des brosses métalliques que nous avons décrits plus haut, et en
350 APPLICAtrONS DE l'électricitiî.
opérant une sorte de fustigation du téguiiient cutané sur lequel on veut agir; l'amélioration que l'on obtient ainsi a quelquefois lieu avec une rapidité extrême ; mais dans d'autres circonstances, il faut y revenir un certain nombre de fois, et même dans quelques cas, insister avec une grande persévérance.
Ce mode de traitement est susceptible d'être employé non-seulement contre la névralgie sciatique, mais encore contre toute autre espèce de névralgie. J'ai eu l'occasion de l'employer dans la névralgie sciatique, dans la névralgie intercostale et dans les névralgies de la cinquième paire, et les résultats que j'ai obtenus sont loin d'avoir été toujours satisfaisants. Sur une dizaine de cas de névralgies sciatiques, j'ai obtenu un seul succès complet ; je dois avouer qu'il a eu lieu rapidement et qu'il n'y a pas eu de récidive.
Dans plusieurs cas de névralgies intercostales, je n'ai obtenu que des améliorations momentanées, mais pas un seul cas de guérison. Je n'ai eu que très peu d'occasions de l'employer dans la névralgie trifaciale, ce n'est que dans deux cas que j'ai pu le faire. Dans l'un des deux cas il y eut amélioration momentanée ; dans l'autre, les douleurs semblèrent s'exaspérer notablement sous l'influence du traitement.
En résumé, je crois que le procédé de M. Duchenne, pour être jugé définitivement, a besoin d'être expérimenté de nouveau dans un certain nombre de cas et dans les diverses espèces de névralgies. Ce n'est en effet qu'avec une statistique raisonnée qu'on pourra se faire une opinion à cet égard. Ajoutons cependant qu'il est rationnel de l'employer, et quelquefois on ne devra pas s'étonner si l'on obtient des succès.
§ 2. ^ — DE L'hYPERESTHÊSIE.
L'hypereslhésie est suffisamment caractérisée par son étymologie; elle signifie augmentation de la sensibilité. En acceptant cette définition, nous admettons qu'il y a deux
espèces de sensibilité, susceptible de s'exalter: la première est Thyperesthésie cutanée, la deuxième l'hyperesthésie profonde ou musculaire; toutes deux peuvent s'isoler, mais aussi se combiner ensemble.
Hyperesthésie cutanée. — L'hyperesthésie cutanée consiste dans l'exaltation de la sensibilité cutanée. Elle peut se manifester de deux manières bien difîérentes : ou bien spontanément, ou bien seulement à l'instant oii les excitants naturels viennent agir sur la peau. On a bien essayé d'établir une distinction entre ces deux variétés, et l'on a appelé douleur la première, et hyperesthésie la deuxième. Cette distinction est futile et je crois inutile de la maintenir. L'hyperesthésie varie beaucoup d'intensité : quelquefois peu considérable, elle constitue seulement une incommodité pour le malade ; d'autres fois violente, le moindre attouchement, le moindre contact produit des douleurs très vives, accompagnées de cris, d'agitation et de syncopes.
L'hyperesthésie est quelquefois fixe. Le plus souvent son siège est mobile et variable, et on la voit se manifester tantôt dans un point, tantôt dans un autre.
L'hyperesthésie peut être le seul phénomène morbide ; dans d'autres cas on la voit se développer en même temps que l'anesthésie avec laquelle elle présente les rapports suivants : dans le même point se montrent tantôt de l'anesthésie, tantôt de l'hyperesthésie qui se succèdent et se remplacent l'un l'autre; dans d'autres cas il existe dans certains points du corps de l'hyperesthésie et dans d'autres de l'anesthésie. Ces deux sièges peuvent varier à leur tour. L'hyperesthésie cutanée peut coïncider avec l'hyperesthésie musculaire, ou bien alterner avec elle. On voit encore fréquemment l'hyperesthésie coïncider avec des névralgies ou même avec le clou hystérique.
L'hyperesthésie est rarement le symptôme d'une lésion matérielle du cerveau ou de la moelle épinière, cependant
352 APPLICATIONS DE l'ÉI.EGI RlClTÉ.
ce fait, bien que très rare, peut se rencontrer. Quelquefois on l'a observée dans la méningite cérébro-spinale épidémique.
La plupart du temps l'hypereslhésie est un des symptômes si variés, si fugaces et en même temps si nombreux de l'hystérie. C'est surtout dans cette grande névrose qu'on peut étudier les variétés de siège, d'intensité et de caractère de ce symptôme.
L'hyperesthésie se montre quelquefois à la suite ou en même temps que les crises nerveuses de l'épilepsie, il en est de même de la chorée. Enfin elle peut être, chez des sujets nerveux, un accident essentiel local, et dans ce cas l'hyperesthésie est aussi bien caractérisée que dans l'hystérie. 11 n'est pas besoin de l'électricité pour étudier l'hyperesthésie, il est incontestable que toute électrisation cutanée aura pour effet d'augmenter la douleur de la peau. Là n'est pas la question, elle est tout entière dans la possibilité ou l'impossibilité de guérir l'hyperesthésie par cet agent, c'est une question que nous allons maintenant examiner.
Si l'on veut appliquer l'électrisation cutanée avec une brosse électrique, telle que nous l'avons décrite, voici de quelle manière il faut opérer. On fait tenir un des pôles, muni d'une éponge mouillée placée à l'extrémité du réophore, dans une des mains de l'individu qu'on veut électriser; en même temps, l'opérateur tenant, à l'aide d'un morceau de bois isolant le deuxième réophore muni d'une brosse métallique, la promène successivement sur tous les points. Le premier résultat de ce mode d'application est une augmentation momentanée de la douleur. Si l'on continue, la douleur augmente encore et dure tant que l'on fait durer l'électrisation. On fait durer la séance de cinq à dix minutes. Dans quelques cas, on n'observe absolument aucun effet, l'hyperesthésie est après ce qu'elle était avant; dans d'autres, elle est singulièrement aggravée et les malades s'en plaignent davanlag(!; dans une troisième séi'ie de cas, la
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moins nombreuse certainement, l'iiypercsthésie est ou diminuée ou disparue.
Cette médication contre l'hyperesthésie est donc en définitive un moyen infidèle. Cependant lorsqu'elle réussit, comment expliquer son action? Cela est assez difficile. Faut-il invoquer une action substitutive ? C'est un mot, et cependant il faut s'en contenter, car la méthode hyposthénisante n'est en aucune manière applicable ici, et dans les nombreuses expériences que j'ai faites, je n'ai jamais pu obtenir l'anesthésie à l'aide de l'électrisation cutanée.
D'un autre côté, il est des moyens plus simples et moins douloureux de guérir l'hyperesthésie. J'indiquerai seulement rapidement ici les compresses humides imbibées d'une forte proportion d'éther sulfurique, que j'ai rarement vues rester sans succès, les applications d'eau froide, les douches froides, l'hydrothérapie, et bien d'autres moyens encore. Je réserverais donc l'électrisation cutanée pour les cas où les diverses médications que je viens de rappeler auraient échoué. Si on venait à avoir recours à cette médication, il faudrait être prévenu qu'on ne parviendra pas du premier coup à guérir l'hyperesthésie, et qu'il faudra plusieurs séances et de la persistance dans l'emploi de ce moyen. 11 est bien entendu encore qu'il ne sera applicable que dans les cas d'hyperesthésie essentielle ou d'hyperesthésie hystérique.
2° Hyperesthésie profonde ou hyperesthésie musculaire. — Je range dans cette catégorie les douleurs musculaires essentiellement nerveuses et indépendantes d'une maladie bien déterminée.
Les douleurs profondes se montrent dans une foule de maladies générales, les fièvres, les maladies pestilentielles, l'infection purulente, s'accompagnent surtout de douleurs musculaires plus ou moins intenses. La seule existence d'un mouvement fébrile simple suffit même parfois pour les développer, i.e rhumatisme ne se traduit souvent que par des
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douleurs de ce genre. L'intoxication saturnine en produit de bien caractérisées. La syphilis se traduit quelquefois par des douleurs de ce genre. Je pourrais multiplier ici ces exemples ; je me borne à ceux-ci, et si je les ai rappelés, c'est uniquement pour montrer que ce n'est en aucune manière de ces douleurs sympathiques que je veux parler ici.
Je comprends uniquement sous le titre d'hypereslhésie musculaire ou profonde les douleurs qui se développent dans l'hystérie et dans l'état nerveux proprement dit, les douleurs nerveuses essentielles, en un mot, qui doivent être bien distinguées des douleurs névralgiques.
Ces douleurs, cette hyperesthésie présentent les variétés les plus grandes sous le rapport de l'intensité, du siège, de la forme et des caractères, c'est ce que nous ne pouvons étudier ici ; ce que nous devons examiner, c'est la manière dont l'électricité se comporte à leur égard.
Dans cette forme d'hyperesthésie, l'électricité peut être appliquée de deux manières : l'électrisation cutanée, l'hyposthénisation.
i° Electrisation cutanée. — Ce mode d'électrisation, qui constitue ce que nous avons appelé aussi la méthode révulsive, guérit quelquefois les douleurs nerveuses intenses. C'est par la double dérivation qu'elle produit à la peau, c'està-dire la douleur et la congestion sanguine qu'on peut obtenir ce résultat ; j'admets donc complètement les succès obtenus en pareille circonstance, mais il faut y mettre quelques restrictions ; d'abord, cette médication peut échouer, et je l'ai vu plus d'une fois dans ce cas. L'application de ce niode d'électrisation est douloureuse et quelquefois très pénible, elle peut augmenter l'intensité de la douleur musculaire. Il faut quelquefois un nombre assez considérable de séances pour arriver à un résultat heureux. Enfin, d'autres moyens peuvent également réussir.
'2" iJyposthénisation. — Pour pratiquer l'hypostliénisation
dans des cas de douleurs musculaires profondes, il faut faire circuler des courants d'induction énergiques dans diverses directions du membre douloureux, et les continuer assez longtemps pour produire l'anesthésie musculaire.
Un tel résultat est difficile à obtenir, et il faut des séances de huit à dix minutes pour y arriver.
Je me suis livré à quelques expériences à ce sujet et je n'ai obtenu rien de satisfaisant. Voici le résultat de deux expériences faites tout récemment :
Un homme, âgé de cinquante et un ans, était atteint depuis plus d'un an de douleurs musculaires profondes qui n'avaient rien de rhumatismal ni de syphilitique et qui siégeaient dans le membre inférieur droit tout entier. Ces douleursrevenaient à chaque instant et fatiguaient beaucoup le malade. Elles l'empêchaient parfois de marcher. Je le soumis à une dizaine de séances d'électrisation hyposthénisante très énergique. Nous faisions cesser chaque fois les douleurs, mais au bout de deux ou trois heures elles revenaient. Le malade ne voulut pas aller au delà et il quitta l'hôpital sans être guéri.
L'autre cas est relatif à une femme de quarante et un ans atteinte de douleurs musculaires violentes dans les muscles de la fesse gauche. Ces douleurs se propagaient dans la région lombaire du même côté; elles ne présentaient non plus rien de rhumatismal ni de syphilitique, et remontaient à plusieurs mois. Cette femme fut soumise à l'électrisation hyposthénisante. On lui donna six séances, chacune d'elles calma les douleurs qui revinrent toujours au bout de quelques heures : la malade ne voulut pas les continuer et quitta l'hôpital.
Ces deux faits ne peuvent rien préjuger, il en faut beaucoup plus pour décider la question de savoir si l'électricité administrée d'après la méthode hyposthénisante peut convenir dans l'hyperesthésie musculaire.
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