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DES APPLICATIONS DE L'ÉLECTRICITÉ DANS DES ÉTATS PATHOLOGIQUES DIVERS

Nous comprendrons dans ce chapitre les applications suivantes : 1° l'aménorrhée, 2" les accouchements, 3° l'asthme, 4" l'angine de poitrine, 5° l'étranglement interne, 6° la sécrétion lactée disparue, 7° la colique de plomb, 8" l'aliénation mentale.

§ 1. — AMÉNORRHÉE.

Bat-tholin, Van Swieten, de Haen, Sarthringen, Sigaud de Lafond disent avoir appliqué avec succès l'électricité contre l'aménorrhée. Il est bien entendu que c'est de Télectricité statique qu'il s'agit. Mojon prétend lui avoir substitué avec succès le galvanisme. Labaume, Golding Bird annoncent des succès rapides avec l'électricité dans l'aménorrhée et la dysménorrhée.

M. Massé, M. Hervieux ont aussi publié des cas où ils pensent avoir également combattu l'aménorrhée avec succès par l'électricité. D'après M. Duchenne, quel que soit le point des corps sur lequel on applique l'électrisation, elle a toujours pour résultat de provoquer l'augmentation des menstrues.

M. Duchenne est heureux d'avoir observé de semblables résultats; j'ai bien souvent et bien longtemps appliqué l'électricité, et je n'ai rien vu de semblable. J'ai vu une jeune femme à laquelle on appliqua l'électricité pour une névralgie à l'époque de ses règles, celles-ci furent supprimées sous rinfluence de l'électrisation par l'émotion ou la secousse qu'elle lui causa. J'ai donc un peu le droit de m'étonner de toutes ces assertions cl de toutes ces tentatives. Il semblerait,

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en effet, que l'aménorrhée est une maladie qu'il faille combattre comme une pneumonie ou une bronchite. A quoi ont donc servi les progrès récents de la médecine pour en arriver là? L'aménorrhée ainsi que la dysménorrhée ne sont, ordinairement, que l'expression d'un état général, tel qu'une anémie, une chlorose, des maladies diathésiques, etc. Elle n'est d'autres fois que le symptôme d'une maladie de l'utérus luimême. Or ce n'est pas à l'aménorrhée, qui est un effet, qu'il faut s'adresser, mais à la cause, c'est-à-dire la maladie générale ou l'affection locale qui en est le point de départ.

Je m'élève donc tout à fait contre l'emploi de l'électricité dans l'aménorrhée. Je la regarde comme entièrement inutile. Si l'on voulait absolument combattre ce symptôme d'une manière spéciale, il y a une foule de moyens révulsifs qui seraient infiniment préférables, moins douloureux, et causeraient beaucoup moins d'impression au malade, et surtout aux femmes nerveuses. On sait en effet que la plupart des femmes aménorrhéiques ou dysménorrhéiques sont éminemment impressionnables. Si l'on tenait beaucoup à appliquer en pareil cas l'électricilé, il faudrait placer un excitateur à l'hypogastre et l'autre à une cuisse, ou bien encore appliquer un excitateur à chaque cuisse et agir avec des courants énergiques. Quant à placer un des excitateurs sur le col utérin, ce n'est pas exécutable, d'abord parce qu'il s'agit souvent de jeunes filles, ensuite parce que ce moyen n'est pas proposable à beaucoup de femmes.

§ 2. — ACCOUCHExMENTS.

Herder, en 1803, émit l'opinion que le galvanisme pourrait être employé dans les cas d'accouchements laborieux pour hâter les contractions utérines. Son idée eut peu de succès. En i8/i/i, Ramsbotham renouvela cette idée sans la mettre à exécution. Hœsinger et Jacobi employèrent l'élec-

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tricité avec succès pour provoquer un accouchement avant terme. Radford l'employa pour un cas d'héraorrhagie utérine due à une inertie de l'utérus. Plus tard, Simpson (d'Edimbourg) se livra à de nombreuses expériences qui ne donnèrent pas de résultats très avantageux.

Pour l'appliquer, il faudrait simplement placer un des excitateurs humic^s au côté droit de la région hypogastrique, l'autre au côté gauche.

On a renoncé à peu près à appliquer l'électricité à l'art des accouchements, et l'on a parfaitement bien fait. Ainsi je n'en ai parlé ici que pour mémoire.

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