COMPOSÉS
modifications à des Fours dans lesquels on ne cuit qu’une seule classe de Poteriej; tels sont :
Le Four à deux et trois étages pour cuire les briques et carreaux, deM. Bonnet, fabricant de faïence à Apt (*), PI. xii, fig. i. Le Four à deux étages et à dix alandiers pour cuire de la faïence commune, de M. Huard de Nothomb, àLongwi.
Celui qui a également deux étages et quatre alandiers , propre à cuire la faïence fine, de M. Boch-buschmann , à Luxembourg (U n’a pas été conservé). Le Four de M. Guignet, à Giey, pour cuire principalement de la porcelaine, PI. xiii. Le Four rectangulaire de M. Feilner , à Berlin, pour cuire des poêles, baignoires , etc. , en Poterie et faïence commune.
Celui de M. Albrecht, aussi à Berlin ; c’est un Four rond à deux étages et six alandiers, pour cuire de la faïence.
Je ne fais également que mentionner le Four à deux étages de foyers, dans lesquels on cuit depuis 1 842 la porcelaine dure à la manufacture royale de Sèvres. J’en donnerai, dans le livre 11 , à l’article de cette manufacture, des figures, une description et une histoire détaillée.
Il ne faut pas confondre les Fours composés complets, puisqu’à chaque étage il y a la réunion des parties qui constituent un Four, c’est-à-dire la bouche , le foyer , le laboratoire et la cheminée , avec des Fours à plusieurs laboratoires superposés, tels que beaucoup de Fours à porcelaine , et par exemple celui de la manufacture royale de porcelaine de Copenhague, celui de la manufacture royale de Berlin , etc. 5 quelques fours à faïence, tels que celui de MM. Fouque et Arnoux, à Toulouse.
Enfin il est une autre classe de Fours réellement composés, mais dans lesquels les fourneaux, au lieu d’être superposés, sont à la suite les uns des autres, dans une position horizontale ou oblique.
(‘) Il paraît que c’est le premier Four composé à plusieurs laboratoires et foyers superposés qui ait été construit et employé. C’est eu 1805 que M. Bonnet, père du fabricant actuel, obtint un brevet d’invenüon pour le Four qu’il fit construire à cette époque et qui marche encore avec le même succès. J’en donne
la figure (PI. xif7, fig. 2), et j’y reviendrai au chapitre qui traitera des Poter es qu’on y cuit.
ENCASTAGE.
Tel est le remarquable Four où l'on cuisait à Sèvres , il y a moins rte quarante ans , les peintures et dorures en porcelaine tendre.
Je reviendrai sur ces Fours spéciaux, et je décrirai , en traitant des classes de Poteries où ils sont employés, ceux d’entre eux qui par leur particularité et leur spécialité , présentent assez d’intérêt pour mériter ces détails.
ÂBTICLB II. — DE L’ENCASTAGE ET DE L'ENFOURNEMENT.
La première opération consiste à préparer les pièces à subir , sans être altérées, l’action du feu de cuisson. La seconde, à les disposer convenablement dans le Four.
§ i. — Encastage.
C’est l’action de placer les pièces sur des supports ou espèces de moules ( cast en allemand) ou dans des étuis de terre nommés cazettes (petites boîtes), et par corruption gazettes. Considérant toujours les opérations céramiques sous le point de vue le plus général, je ferai remarquer que l’en castage est intimement lié avec la nature de la pâte , et comme les pâtes forment deux classes de Poteries très-différentes, celles qui se ramollissent et celles qui ne se ramollissent pas au feu , on a été forcé d’établir deux modes tout différents d’encastage.
A. Des Cazettes et Supports.
Les Poteries de ces deux catégories ont toujours besoin d’être sinon entièrement enveloppées, au moins supportées par différents moyens -, si quelques Poteries communes peuvent se cuire pêlemêle et à nu dans le Four, et en se supportant mutuellement lorsqu’elles sont en biscuit, il faut nécessairement , même pour les Poteries les plus grossières, des supports qui les séparent lorsqu’elles sont couvertes d’un enduit vitreux (1).
0) On verra à l’article des Poteries tendres vernissées qu’il y en a cependant qui cuiseut les unes sur les autres sans aucun corps intermédiaire.
CAZETTES ET SUPPORTS.
Ces enveloppes et supports qu’on appelle étuis, cazettes. rondeaux, renversoirs, sont faits avec une pâte argileuse qui doit réunir les deux conditions d’être grossière et d’être plus difficile à ramollir que la Poterie qu’on doit y placer.
Il faut qu’elle soit grossière , afin de pouvoir résister à l’action immédiate et inégale du feu sans se briser, et que les étuis et supports qui en sont faits puissent retourner plusieurs fois au feu. La qualité de l’argile et de la marne argileuse qu’on emploie doit contribuer à cette première qualité ; mais le ciment plus ou moins grossier qu’on y introduit dans une proportion qui est quelquefois de plus de moitié, y contribue encore plus efficacement.
Il faut qu’elle soit plus i n f u s i b 1 e , plus solide même que la pâte des pièces qu’on cuit dans ces étuis ou sur ces supports : car lorsque cette pâte tend à se ramollir, il faut que les supports s’opposent autant que possible à la déformation qui accompagne souvent ce ramollissement.
On trouve assez facilement des argiles pour faire les étuis et supports des faïences, des porcelaines tendres, etc., des marnes argileuses peuvent même y être employées efficacement ; mais il est très-difficile de trouver des argiles qui réunissent à la plasticité, l’infusibilité nécessaire à la cuisson du grès-cérame et des porcelaines, Poteries qui ne cuisent qu’à une très-haute température. Les argiles plastiques, dans l’acception minéralogique et rigoureuse de ce mot , sont les seules qu’on puisse employei à cet usage. De là une des plus grandes difficultés qu’on trouve dans l’établissement des fabriques de porcelaines.
A ces conditions essentielles aux pâtes des étuis et supports , se réunissent d’autres conditions accessoires qui rendent le choix des terres à cazettes encore plus difficile.
Il faut qu’elles ne renferment ni grains de quarz, ni grains de calcaire, qui, en se brisant et se dilatant, détachent des cazettes des grains qui tombent sur les pièces et les gâtent.
Il faut qu’elles soient exemptes de gypse, qui excite la fusion de la partie où il se trouve; de pyrites, qui produisent le même effet que les grains de quarz et que le gypse, et qui répandent en outre des vapeurs sulfureuses presque toujours nuisibles à la
CAZETTES ET SUPPORTS.
glaçure des pièces , et surtout aux vernis et couvertes colorées ; enfin , non-seulement il faut qu’elles résistent une fois sans se briser à l’action immédiate et brusque de la chaleur, mais il faut qu’elles y résistent plusieurs fois sans se fendre, sans se ramollir, sans se diviser en écailles , etc.
On corrige les défauts qui résultent des corps étrangers , sable grossier, petits cailloux , quarz , grains de craie ou de calcaire, cristaux de gypse et de pyrites qui peuvent être disséminés dans les argiles à cazettes , en lavant ces argiles -, c’est une opération qu’il est difficile d’éviter. On s’oppose à la chute des grains sur les pièces placées dans la cazette inférieure en vernissant les parties de cazettes qui doivent former le plafond. Cette opération , qui a lieu dans presque tous les genres de fabrication, et qu’on étend quelquefois aux parois latérales de la cazette, s’oppose aussi à l’influence d’absorption que la pâte argileuse matte et poreuse des cazettes, exerce quelquefois sur le vernis des pièces qui y sont renfermées.
On corrige les défauts de qualité des argiles par l’introduction d’un bon ciment et par le mélange d’argile de diverses qualités.
On remarque que les vieilles cazettes, celles qui ont servi plusieurs fois, sont meilleures que les neuves; qu’elles jettent moins de grains et sont moins susceptibles d’agir sur les vernis ou émaux ; aussi les fait-on servir, quoique déjà brisées en plusieurs pièces. On est obligé, pour les mettre en place, de les lier momentanément avec des cordes.
Façonnage. — La fabrication des cazettes et supports se fait comme celle des pièces , mais plus grossièrement. Le pâte est marchée, pour y incorporer le ciment et les diverses argiles dont elle est composée. Les cazettes, supports et rondeaux sont, les uns tournés , mais simplement en ébauche , et ne sont jamais tournassés ; les autres sont moulés.
Les rondeaux ou plaques de terre cuite destinés à porter les pièces se font avec une pâte en général plus sableuse , et on rend leur surface parfaitement plane en l’usant, lorsqu’ils doivent porter des Poteries qui se ramollissent au feu.
Les renversoirs, qui sont des rondeaux qui épousent la forme creuse desassiettes, compotiers, soucoupes, etc., qu’on fait!
ENCASTAGE DES PATES NON RAMOLLISSABLKS. 199
cuire sur eux en biscuit, sont faits avec une pâte plus fine et très-sableuse.
B. Encastage des pâtes non ramollissables , tant en biscuit qu'en glaçure.
L’Encastage consiste , comme on l’a dit , à placer les pièces à cuire dans des étuis, cazettes ou boîtes, et avec toutes les précautions convenables pour leur succès. Lorsque les Poteries ne doivent éprouver aucun ramollissement par l’action du feu nécessaire à leur cuisson , et si elles n’ont encore aucun vernis , on peut les placer les unes sur les autres, de manière à ce qu’elles se soutiennent mutuellement , mais en ne portant pas cet entassement au point que les inférieures soient écrasées ou déformées par les supérieures. Alors elles ne tiennent dans le four guère plus que leur place. Tantôt on les met à nu les unes sur les autres , sans aucun plancher ni support de séparation ; c’est le cas des
Poteries en terre cuite non vernissées , et assez épaisses pour que les inférieures supportent le poids des supérieures -, tantôt on les met encore à nu 5 mais comme on ne pourrait pas en remplir la capacité du four sans que les inférieures fussent écrasées par le poids des supérieures , on établit plusieurs planchers avec des plaques octogones de terre cuite supportées par des espèces de colonnes ou piliers de même nature , et c’est sur ces planchers que s’entassent les pièces à cuire qui n’ont pas deglaçure. Cette méthode s’appelle Encastage en échappade ou en Chapelle. Tantôt enfin on les met dans des étuis ou cazettes , qui n’ont d’autre objet que de garantir certaines Poteries plus précieuses de l’action trop immédiate de la flamme, de la fumée et de la cendre qui pourrait en salir ou en colorer la surface.
Telles sont les manières d’encaster les Poteries sans glaçure , comme les Poteries grossières, les grès qui ne doivent recevoir I aucun vernis, le biscuit de faïence grossière et de faïence fuie, le dégourdi de porcelaine, etc. ■
Mais si ces Poteries sont recouvertes d’un enduit qui doive se (vitrifier par l’action du feu, il faut éviter qu’elles se touchent ;
ENCASTAGE
et il faut même qu’elles ne touchent que par le plus petit nombre de points possible aux pièces qui doivent les supporter.
Pour atteindre ce but , on les fait porter, par les points les moins nombreux et les plus petits possible , sur des supports appropriés qu’on appelle Pernettes, Colifichets, Pattes de coq (*).
Les pernettes sont des prismes triangulaires à arêtes aiguës en Poterie cuite, qu’on fixe sur trois rangées dans des trous pratiqués dans les parois des cazettes et qui supportent sur leurs arêtes les pièces plates, assiettes, plats, compotiers, soucoupes, etc. , qu’on place dans ces cazettes 5 afin de mettre autant de pièces que la cazette peut en contenir, on rapproche les pièces autant qu’il est possible de le faire sans avoir à craindre qu’elles se touchent, car alors, elles se colleraient au moyen de leur vernis ; elles se collent bien sur l’angle aigu de la pernette, mais c’est par un point de contact si petit qu’à peine paraît-il sur la pièce. Cependant, on remarquera que toutes les Poteries susceptibles d’être cuites ainsi en vernis, Poteries grossières vernissées, faïence commune, faïence fine, présentent toujours à la face inférieure de leur bord trois petits points sans émail qui indiquent le point de contact des pernettes. Les pièces élevées et creuses, petites ou grandes, comme tasses, pots à l’eau, jattes, etc. , se mettaient autrefois dans des étuis et seulement à côté les unes des autres, mais pour économiser la place on est arrivé à les placer l’une dans l’autre ou l’une sur l’autre au moyen de petites cales en terre cuite qu’on nomme colifichets , qui ont des arêtes très-aiguës ou des pointes très-déliées , en sorte que les points de contact de ces pièces sont à peine sensibles.
On conçoit que des pièces aussi plates que des assiettes qui sont comme soutenues en l’air par trois points placés vers leur circonférence ne pourraient être cuites ainsi si elles étaient susceptibles d éprouver par l’action du feu nécessaire à leur Cuisson le moindre ramollissement qui les déformerait ou les ferait se coller les unes contre les autres.
Lorsque les Poteries sont très- grossières, si elles sont en
(') Voyez les différents modes d’encastage et de supports, PI. xxxiv, xlviii et xux, et l’explication de ces planches.
DES PATES RAMOLLISSABLES.
vernis, on les Encaste aussi en échappade, mais il tient moins de pièces sur les plateaux , et les cales ou colifichets qu on emploie pour les séparer sont beaucoup moins délicats et placés avec moins de soins.
G. Encastage des pâtes ramollissables par la cuisson.
Il est facile de voir que les pièces faites avec ces pâtes doivent être soutenues par une surface ou par des points suffisants pour j qu’il n’y ait presque point de porte-à-faux ni de parties en ; saillie , qui , en s’affaissant par le ramollissement que leur cuis- ; son complète leur fait nécessairement éprouver, déformeraient | entièrement la pièce.
Quand les pièces de cette nature n’ont pas de glaçures, on | peut en encaster plusieurs l’une ' dans l’autre si la forme s y j prête comme dans les assiettes et soucoupes , pourvu qu elles aient bien le même galbe et qu’on ne pousse pas trop loin cet | empilage. Mais si ces pièces ont une forme assez roide pour qu’on n’ait pas à craindre l’affaissement, telles que les tasses i cylindriques, les tasses hémisphériques, certains vases, on peut les encaster sans supports ni renversoir, en se contentant de placer leur pied sur un rondeau parfaitement plane.
Si au contraire ces pièces présentent des porte-à-faux très-étendus , des parties très-saillantes , il faut les soutenir pai dea ren i versoirs ou des supports.
On appelle ren ver soirs des pièces en terre cuite très sableuses qui offrent en saillie les formes que présentent en creux les pièces qu’on doit cuire dessus. On place sur les renversoirs sablés les pièces trop plates ou à bords trop étendus qui ne pourraient pas se soutenir d’elles-mêmes. Le renversoir est une sorte
de moule qui conserve leur forme.
On doit remarquer combien un tel procédé est dispendieux par les façons qu’il exige et par la place qu’il tient au four , lors même que les renversoirs peuvent servir plusieurs fois, quand ils sont disposés de manière à permettre à la pièce de prendre la retraite qu’elle doit éprouver par la cuisson.
Mais lorsque les pièces, par leurs formes, ne sont pas suscep
ENCASTAGE.
tibles de cuire sur des renversoirs, il faut alors en soutenir les parties saillantes au moyen de supports. Ces supports doivent être faits avec la même pâte que les pièces à supporter, parce qu’il faut qu’ils prennent la même retraite qu’elles ; il faut aussi qu’ils soient faits avec les mêmes soins pour que la fabrication n’apporte aucune différence dans cette retraite. S’ils ne remplissent pas cette condition, ou bien ils laissent déformer les pièces par affaissement lorsqu’ils deviennent trop petits, ou bien ils les déforment par repoussement lorsqu’ils ne se réduisent pas assez. On sent aussi qu’un support cuit ne peut plus servir pour cuire aucune pièce crue, puisqu’ il a pris sa retraite et que cette obligation entraîne, pour chaque pièce à supporter, des frais de pâte et de façon qui n’ajoutent aucun mérite visible à la piece. Aussi évite-t-on avec soin, dans les fabriques qui travaillent pour le commerce et les usages domestiques, de composer des pièces en pâte ramollissable qui exigent ces frais de support.
Lorsque les Poteries ramollissables par le feu de cuisson ont une glaçure , l’encastage devient encore et bien plus délicat et bien plus difficile , et surtout plus dispendieux par la place qu’exigent les pièces.
Il n’y a plus de possibilité ni de les placer les unes sur les autres avec des colifichets, ni de les soutenir avec des pernettes. Il faut que chaque pièce pose à plat sur un rondeau bien dressé, que chaque assiette ait son étui ou cazette.
S’il y a des parties étendues et en porte-à-faux, telles que les bords des coupes ou des jattes, ou des parties saillantes, telles que des anses, il faut nécessairement les soutenir avec des supports pointus qu’on peut comparer aux colifichets; mais la dimension que doivent avoir ces supports, les positions dans lesquelles on doit les mettre, les moyens qu’il faut leur donner pour suivre la pièce dans sa retraite, sont des difficultés nombreuses qui, appartenant particulièrement à la porcelaine dure, seront traitées et développées à cet article.
Pour les éviter, au moins en partie, on a cherché à faire une Poterie dont la pâte soit seulement ramollissable en biscuit, mais qui ne le soit plus à la température où la glaçure peut être cuite ; c est ce qui constitue la porcelaine tendre. Les pièces faites avec
ENCASTAGE.
cette sorte de pâte prennent leur forme et leur cuisson complète en biscuit, et par conséquent dans un état où il est facile de les soutenir. Or, comme elles ne se ramollissent plus ou ne se ramollissent que faiblement au feu de cuisson du vernis, on peut les cuire alors avec] des pemettes, des colifichets et les autres moyens que j’ai fait connaître en parlant , à l’article précédent , de l’encastage des pièces vernies non ramollissables.
Je dois terminer l’exposé de ces principes d’encastage, en faisant connaître les précautions générales qu’il faut prendre dans cette opération .
O. Précautions générales à prendre dans l’encastage.
Ce sont des préceptes applicables à presque toutes les Poteries. Ils consistent :
i° A bien nettoyer les cazettes et étuis , de manière à ce que rien ne puisse s’en détacher pour tomber sur les pièces ;
20 A les garnir intérieurement du vernis ou de la couverte qui, en retenant ces parties, doivent diminuer la qualité absorbante de l’argile pour les glaçures plombifères ou alcalines ;
3° A dresser avec soin les rondeaux sur lesquels posent les pièces, pour qu’ils n’aient pas des inégalités de surface, qui se transmettraient aux pièces ramollissables qu’on y place $
4° A couvrir les fonds des cazettes ou les rondeaux de sable ou d’esquilles de silex, pour que les pièces ne puissent pas y adhérer. Le sable doit cependant s’y mettre avec épargne, être menu, lié par un peu d’eau argileuse , pour que l’action du feu ne le fasse pas se détacher et retomber en poussière sur les pièces 5
5° Enfin un soin non moins important que doit prendre un bon encasteur, c’est d’épargner la place, défaire tenir dans une cazette le plus de pièces possible , en les emboîtant l’une dans l’autre avec intelligence, et de se tenir assorti de cazettes et de
cerces ou hausses de toutes les dimensions.
§ 2. — Enfournement et Défournement.
Je n’ai considéré sous le titre d’encastage que l’opération de disposer les pièces à être portées au four ♦, mais comme c’est une
ENFOURNEMENT.
des opérations principales de la cuisson , il me reste peu de chose à dire sur l’Enfournement en général , c’est-à-dire sur la manière dont les pièces doivent être placées dans lesJFours. On sait que cette manière dépend principalement de la forme des Fours et de la nature des Poteries à cuire.
Il y a trois sortes de méthodes principales d’Enfournement et trois sortes d’Enfournement qui ont déjà pu être présumées par ce qu’on a dit plus haut de l’encastage. La première , la plus simple, la plus ancienne, qui ne peut s’appliquer qu’à des Poteries grossières, solides et sans vernis, consiste à mettre les pièces les unes sur les autres: telle est la manière d’enfourner les briques , les tuiles, les terres cuites , les Poteries communes et même les grès communs (PI. xvm, xxiv, xxxvm). Elle porte quelquefois le nom d’Enfournement en charge , et s’associe même avec les Enfournements les plus soignés , tels que celui de la porcelaine.
La seconde est celle qu’on appelle par échappade , et aussi par chapelle -, elle consiste à placer les pièces sur des planchers faits avec de grandes dalles de terre cuite, et soutenues par des piliers de même nature. Ce mode étant particulier à la faïence commune , nous y reviendrons en parlant de cette Poterie.
Le troisième est l’Enfournement en étui ou cazettes. Les pièces sont placées dans des boîtes en terre cuite, cylindriques, ovales, ou même quadrilatères , suivant leur forme , et le Four est rempli avec ces cazettes rangées en piles verticales (PI. lu).
Il y a , dans ces trois sortes d’enfournement , des règles générales à suivre et des précautions semblables à prendre.
La première de toutes , c’est de laisser entre les pièces et leurs enveloppes, que ce soit des tuiles d’ échappade ou des piles de cazettes, un espace suffisant pour la circulation de la flamme ; cet espace que l’enfourneur doit calculer avec beaucoup de soins en se servant de la pratique et de son intelligence dans les cas non ordinaires, car c’est de lui que dépend en partie le tirage, et par conséquent la bonne cuisson.
Il faut que la flamme circule librement et également entre j toutes ces pièces ; qu’il n’y ait point de parties qui par leur dispo-
DIVERSES SORTES D’ENFOURNEMENT. 205
sition 1 atteigne avec plus de vitesse , et par conséquent en plus grande quantité 5 qu’elle ne soit pas étouffée , etc.
Quelle que soit la perfection d’un Four sous le rapport de l’économie du combustible et de l’égalité du tirage, il y a toujours des parties où la chaleur est plus considérable. On choisit ces places pour y mettre les pièces qui exigent , pour être cuites , une température plus élevée, et il est d’observation générale que dans toutes les espèces de Poterie, ce que l’on appelle la platerie (assiettes, plats, plaques, etc.), demande plus de feu que ce que l’on nomme le creux (tasses, jattes , pots , vases , etc.). Les pièces qu’on appelle de repassage, c’est-à-dire qui ayant déjà passé au four doivent y repasser pour une cause quelconque, et les pièces en émail ou couverte colorée demandent aussi moins de feu que les autres pièces de la même sorte de Poterie.
Ce sont maintenant , c est-à-dire dans l’état de perfection où on a porté les fours et les cuissons, presque les seuls rapports qu’on soit obligé d’établir entre les différences de température des diverses parties d’un four et celles qu’exige la cuisson de certaines pièces j mais dans le temps ou on se servait pour la cuisson des Poteries qui exigent une haute température des fours de la division B du § 1, c’est-à-dire de ceux en demi-cylindre couché , à foyer et cheminée latéraux , la différence de température était si considérable entre les parties voisines du foyer et les parties voisines de la cheminée, qu’on était obligé de laisser dans la première partie plusieurs piles d’étuis vides et de composer des pâtes particulières plus faciles à cuire pour la partie postérieure du four. Cette pratique a lieu encore dans la cuisson des grès communs. On peut dire qu’pn s’en rapproche jusqu’à un certain point dans les fours à alandiers , où l’on cuit en même temps des faïences fines et des grès en émail , parce qu’on a soin de donner à ceux-ci des places particulières, et où on sait que la température est plus élevée.
Pour arriver avec encore plus de sûreté à répartir la température également dans les fours , on coupe quelquefois l’enfoivnement par des espèces de cloisons à claire-voie qui ont pour objet, non pas de diviser le four en deux parties , de température différente, mais de forcer les courants de flamme, qui pourraient s’é-
ENFOURNEMENTS.
tablir entre les piles d’étuis, à suivre d’autres canaux : cependant, cet effet, qui est celui qu’on cherche et qu’on obtient, est presque toujours accompagné d’une différence de température assez tranchée entre ces deux parties du laboratoire du four.
On voit un exemple de ces cloisons verticales dans le four à grès-cérame, PI. xxxvm ,fig. 3, A, et des cloisons horizontales dans l’exemple que je donne de l’Enfournement de la porcelaine, PI. lu ,fig. i , A et B.
Dans tous les Enfournements , soit en échappade , soit en cazettes , il faut en général que les piles soient montées bien verticalement. Le sol du four doit donc être maintenu plane et horizontal 5 on le garait quelquefois de sable, pour que les premières cazettes posent solidement, sans cependant contracter d’adhérence avec le plancher du four.
Quelquefois cependant ce plancher est légèrement incliné , et les piles sont resserrées vers le haut; ce resserrement s’opère, ou en les inclinant un peu l’une vers l’autre , ou vers l’axe du four, afin que la plus grande force du feu qui est vers les parois, ne puisse pas les faire tomber de ce côté, ou bien en plaçant vers le haut, des cazettes un peu plus larges qu’en bas.
Il faut souvent employer dans le haut des piles, des cazettes plus légères que dans le bas, tandis que dans cette place on doit
porter le poids de la pile, tant pour assurer la solidité des piles
de cazettes, que pour empêcher la fumée et les cendres de pénétrer dans les cazettes et d’altérer les pièces qui y sont renfermées.
On lute tantôt toutes les cazettes , tantôt seulement celles de la partie inférieure ; ce lut est fait en général d’argile plastique et de beaucoup de sable, afin d’avoir un mélange presque infusible, qui n’adhère pas aux cazettes et qui ne prenne pas de retraite ; on les dispose en baguettes ou cylindres très-allongés qu’on appelle colombin ; on pose ces colombins sur le bord de chaque cazette ; le poids de la cazette supérieure les aplatit et rend laj jointure complète et solide.
La porte du four doit être proportionnée à la grandeur de« pièces qu’il est susceptible de recevoir ; comme cette porte s<j