RAMOLLISSEMENT ET FUSION
Alumine . 20
Chaux . 20
Silice . 60
Si on remplace une partie de la silice par de l’oxyde de fer ou par quelque autre oxyde, la fusibilité est encore augmentée.
On remarquera que les pâtes de Poteries grossières , celles de faïences communes , qui sont extrêmement fusibles , reçoivent dans leur composition des marnes argileuses et calcaires et des marnes sableuses (que l’on appelle terres franches) qui rapprochent plus ou moins cette composition des proportions qu’on vient d’indiquer, mais en même temps elles donnent des pâtes à texture poreuse : or, le but, la perfection de l’art céramique est de produire des pâtes denses qui puissent s’obtenir à une basse température ; on ne peut pas arriver au maximum de ’ce résultat, c’est-à-dire à obtenir des pâtes aussi denses que celles des grès ou des porcelaines qui puissent en même temps cuire à la température à laquelle cuisent les pâtes des faïences communes ; mais il paraît qu’on peut en approcher au moyen de l’introduction dans les pâtes argileuses d’une certaine proportion de silice et de chaux , toute autre que celle qui donne le maximum de fusibilité; quand ces mélanges sont bien faits, on obtient une pâte d’un tissu serré et imperméable aux liquides , qui se cuit à une température à peu près égale à celle de la cuisson de la faïence commune, mais encore de beaucoup inférieure à celle des grès ; cérames et des porcelaines dures; j’en donnerai plusieurs exemples à l’article des grès cérames.
Si, tout en approchant de la fusion dans la cuisson des pâtes, on veut cependant l’éviter , il n’en est pas de même dans la cuisson des vernis , émaux et couvertes : ici on recherche la fusion , et une fusion complète; néanmoins, il ne faut pas qu’elle soit, trop facile, et, si je puis m’exprimer ainsi, trop liquide , pour les motifs que j’ai exposés à l’art. Ier du chap. IV des enduits vitreux.
Or, ce degré de fusibilité qu’il est si important de. connaître, est très-difficile à apprécier avec une sorte d’exactitude ; j’ai néan-> moins cherché à l’évaluer par différents moyens qui n’ont pas encore acquis la précision qui me semble nécessaire au but im-
portant qu on veut atteindre , malgré les secours de conseils et de collaboration que j’ai reçus dans le temps de M. Malaguti.
On saitbien que les vernis plombifères, dans lesquels l’oxyde de plomb entre dans une grande proportion, sont les plus fusibles, et que les vernis purement terreux et alcalins, tels que les felspaths, sont les moins fusibles ; ce ne sont pas ces extrêmes qu’il est difficile de reconnaître, mais ce sont les intermédiaires qui ne diffèrent entre eux que par des nuances légères , d’où dépendent cependant 1 éclat et la solidité de ces vernis , et par conséquent une des plus belles qualités des Poteries.
Les pâtes céramiques et les mélanges de diverses terres, exposés à une température suffisante pour les faire fondre , ne passent pas toutes de 1 état solide a 1 état de fusion de la même manière , et pour parvenir à la Fusion vitreuse-liquide, elles subissent dif- ! férents états de ramollissement.
En général, il y a quatre modes de fusibilité très-différents :
Le ramollissement sans bulles permanentes 5
Le ramollissement bulleux ;
La Fusion pâteuse 5
La Fusion vitreuse.
Je ne puis entrer dans les détails de ces diverses sortes de Fu- ; sion, que toutes les personnes qui ont fait du verre, ou du moins des essais au chalumeau , ou qui ont exposé à une haute tempé- | rature des pâtes céramiques diverses, ont pu facilement observer :
1 mais je dois dire quelques mots de ces différents modes de ramollissement et de Fusion.
Les pâtes qui renferment une assez grande proportion de si- 1 lice dans un mélange d’alumine avec un peu de potasse et de chaux n’éprouvent qu’une Fusion pâteuse et n’acquièrent jamais la transparence du verre ; c’est le propre de la Fusion de la plupart des pâtes céramiques , et notamment de la porcelaine , dont les éléments basiques ne sontpointcombinés, par conséquent dissous à l’état de verre dans les éléments acides, tels que la silice; la viscosité de leur masse en Fusion paraît tenir à la silice ; mais 1 leur opacité tient à l’alumine.
La chaux et les sels calcaires produisent un effet tout différent , en donnant aux pâtes qui renferment une grande portion de cette 1‘ 18
terre, une Fusion vitreuse et liquide qui acquiert de la transparence avec une couleur verdâtre , lorsque de l’oxyde de fer ne vient pas offusquer cette couleur , comme on peut le voir dans la marne de Petit-Bourg, près Houdan, dans la marne argileuse jaunâtre des environs de Nevers, etc.
Les pâtes qui doivent leur fusibilité à l’influence de l’oxyde de fer se boursouflent considérablement , et ne m’ont pas paru acquérir jamais ni transparence ni homogénéité vitreuse quand elles ne renferment pas une proportion 'suffisante de chaux ou d’alcali.
Dans ce dernier cas, on a dans les godets de porcelaine où j’ai fait un grand nombre de ces diverses Fusions pour observer l’aspectdu mélange fondu, un verre tantôt très-homogène, très-glacé, très-transparent même, et dans d’autres cas dont je n’ai pu établir la loi , un verre verdâtre ou jaunâtre, tantôt ne renfermant que des parties opaques , et tantôt entièrement opaque et composé de cristaux en aiguilles verdâtres ou jaunâtres remarquablement analogues par leur aspect soit à de l’épidote, soit à du pyroxène; ils paraissent dus à la présence du fer : ce sont les marnes colorées qui donnent ce genre de produit vitreux ; telles sont :
La marne de Yandeuvre ;
La marne marbrée de Montmartre *,
La marne argileuse grise de l’Imprunetta, près Florence.
Telles sont les Poteries gauloises noires -, elles donnent une masse fondue composée de verre transparent et de parties opaques cristallines.
La Poterie Scandinave tant ancienne que moderne ;
La pâte de la faïence italienne ancienne , dite m a j o 1 i ca ;
Celle de la faïence espagnole, remarquablement analogue à la pâte des hydrocérames d’Égypte 5
Celle des Poteries, égyptiennes antiques attribuées au siècle des Ptolémée ;
La pâte des cuviers antiques des peuples de l’Amérique septentrionale.
On trouvera au tableau n° V, sous les n°* 8, i5, 18, 36, 4°?