BRIQUES. HISTOIRE
paille hachée et même des fragments de jonc , ou d’autres plantes de marais (‘).
Dans ces pays , plus chauds et moins pluvieux que l’Europe septentrionale et centrale, ces sortes de pierres artificielles faites par simple compression se conservent très-longtemps.
On en a des exemples dans les constructions en argile sableuse mêlée de paille, qu’on appelle du Pi sé aux environs de Lyon et dans différentes parties de la France méridionale. Pline connaissait ce mode de construction ; il décrit très-bien les murailles qu’on faisait par cette méthode en disant « qu’elles étaient plutôt » pétries entre deux planches que construites, » et il signale aussi leur étonnante durée (2). M. Lenormant a remarqué la parfaite conservation des Briques séchées et des caractères qu’011 y avait gravés dans l’enceinte sacrée de Sais avant le Caire, et dans celles de Pisnaula. Les grosses Briques de la Babylonie et de l’Égypte sont faites entièrement comme du Pisé. Les débris de végétaux qu’on y a introduits y sont encore trèsreconnaissables. Elles sont elles-mêmes remarquables par leur conservation au bout de plus de 3ooo ans, et malgré leur friabilité.
Celles de Babylone sont presque toutes couvertes d’inscriptions en caractères cunéiformes qu’on ne peut ni comprendre ni lire. Le musée céramique de Sèvres en possède deux échantillons décrits à son catalogue, mais non figurés 5 elles sont en général carrées et très-grandes, ayant plus de 35 centimètres de côté.
Ces Briques crues, comme l’a observé récemment M. Rich, sont souvent mal façonnées } elles étaient placées dans l’intérieur
0) Cette nécessité de l’addition de la paille pour lier l’argile sableuse qui compose ces briques, est bien établie par le chap. V de l’Exode, qui roule presque entièrement sur le refus que le roi d’Égypte fait aux Israélites de leur fournir de la paille pour la fabrication de leurs briques, tout en exigeant d’eux qu’ils en livrent constamment la même quantité.
Les Égyptiens modernes introduisent presque toujours de la paille dans la pâte de leurs briques. (Costas).
O Quid ? non in Africa Hispaniaque ex terra parietes , quos appellanl formaceos , qnoniam in forma circumdatis utrinque duabus tabulis interjiciuntur vertus, quam construuntur , devis durant , incorrupti imbribus , vends, ignibus , omnique cocmento firmiores?
(Pline, Lib. XXXV, chap. XIV).