RÉFRACTAIRES
du laboratoire du grand feu ; les compositions ont varié comme il suit en raison des argiles employées.
Argile plastique bleuâtre de Vanvres au sud de Paris . 50
Sable un peu ferrugineux des hauteurs de Meudon . 33
Ciment de Brique réfractaire de Bourgogne et de cazette. . . 17
Ces Briques ont résisté, sans se fondre ni même se ramollir à la sortie des feux, et cependant elles étaient composées, comme on voit, de matériaux assez impurs. Elles sont absorbantes et ne vaudraient rien en plein air.
La composition suivante a donné des Briques encore plus inattaquables par le feu, plus compactes, et par conséquent meilleures en tout.
Argile plastique de Vanvres . 66
Ciment de Brique réfractaire et de cazette très-réfractaire. . . 3 U
Les Briques fabriquées à Paris dans les briqueteries de M. Duehemin pour le four à double laboratoire de 1842, mentionné tome Ier, page 195, ont été composées :
D’argile plastique de Bourgogne, près du lieu dit Retourne-
loup , près Épernay, lavée . 50
De ciment des débris de Briques résultant de la démolition du four précédent . 50
Elles ont présenté en façonnage, solidité, facilité de taille et infusibilité, toutes les qualités désirables.
Je donneces compositions comme exemple, en répétant qu'elles doivent varier suivant la nature de l’argile. Ainsi, avec l’argile plastique de Dreux, département de l’Eure, il faudrait au moins 60 de ciment de cette argile et 4o d’argile pure non lavée. Mais c’est une argile trop chère pour jamais être employée à une fabrication suivie de Briques.
Je choisirai pour exemples de Briques réfractaires, les plus connues comme telles en France et en Angleterre, celles dont le musée céramique de Sèvres possède des échantillons, et surtout celles qui ont été essayées sous ces rapports. Ainsi sont éminemment réfractaires :
Les Briques de Mouchy, Saint-Éloy (Oise), fabriquées par M. Deyeux.
BRIQUES
Les Briques de Septveille, de M. Naudot et compagnie, près Provins.
Celles de. Saint-Vallier, près d’Oriol.
Elles n’ont éprouvé aucune altération; mais les Briques de Bourgogne, de Préau-Huré, dites bonne marque; celles de M. Revol, à Saint-Uze (Drôme), et celles de Baltimore, quoique employées dans les fours à anthracites , se sont un peu vernissées et ont éprouvé un commencement de ramollissement sur les angles. Celles de Laurent-Gilbert, d’Orléans, se sont vernissées et un peu ramollies. Enfin, celles d’Andresberg, auHarz, ont complètement fondu en verre liquide, et même celles de Stourbridge, en Worcestshire, qui ont une si grande réputation, sont devenues d’un rouge brun, et se sont complètement ramollies.
Toutes ces Briques, dites réfractaires, ont été exposées ensemble à la température la plus élevée du four à porcelaine à l’abri de l’action d i r ec te de la potasse des cendres.
Je dois ajouter les briques d’Andennes en Belgique , qui se façonnent à la main en quantité immense , et telle , qu’il faut une machine à vapeur de 60 chevaux pour la préparation des terres.
jugement des qualités. — On peut juger la qualité des Briques par des moyens appropriés à l’usage qu’on en veut faire.
Si ce sont des briques pour construction ordinaire ; il faut
qu’elles supportent une pression déterminée sans s’écraser; a0 qu’elles ne se désagrègent pas dans l’eau, et qu’elles n’en absorbent pas une trop grande quantité. Pour apprécier cette dernière condition, on les pèse sèches, on les laisse dans l’eau pendant douze heures ; on les laisse égoutter pendant environ un quart d’heure; on les essuie et on les pèse de nouveau. On juge par l’augmentation du poids combien elles ont absorbé d’eau. 3° Si elles renferment des nodules de calcaire ou des grains de pyrite non entièrement décomposés , ces parties se gonfleront et briseront la Brique lorsqu’elle aura été retirée de l’eau après y avoir séjourné quelque temps. 4° Si on veut juger la qualité réfractaire d’une Brique , c’est de faire ün petit massif de six ou huit de ces Briques sur deux rangs , et de l’exposer, un rang en avant, dans