AVEC INCRUSTATIONS
treignent donc considérablement l’emploi des Carreaux ornés même par les moyens mécaniques les plus efficaces.
Tous ces moyens consistent à préparer une pâte argileuse trèsfine , d’une couleur rougeâtre ou jaunâtre , qui soit susceptible d’acquérir par la cuisson une grande dureté sans déformation, et à la façonner par une forte pression mécanique. Les moules ou espèces d’estampilles en cuivre, entre lesquelles la pâte est comprimée, leur impriment en saillie à la surface inférieure, les aspérités qui doivent lier ces Carreaux très-solidement au plâtre ou au mortier, et en creux à la surface supérieure, les dessins qui doivent recevoir la pâte de couleur, ordinairement brune, destinée à faire ressortir ces dessins. On voit, Mus. Cér. PI. n
fig. io et 12 , des exemples de cette sorte d’ornementation par incrustation.
On obtient ces incrustations par différents procédés qui partent à peu près du même principe.
Ordinairement le Carreau est formé de deux pâtes de même nature et composition , mais différentes par leur finesse. L’une, qui fait la partie principale et inférieure, est assez grosse *, l’autre, qui ne forme qu’une couche mince à la partie supérieure , est très-fine ; c’est dans cette partie qu’on imprime par voie de pression plus ou moins puissante et au moyen d’une estampille, les ornements en creux. Ces cavités sont ensuite remplies de la même pâte , mais colorée par des oxydes métalliques infusibles , tels que le manganèse, le chrême, etc. On enlève avec une lame ou racle en corne , les parties qui ont empiété sur le fond et on nettoie même celui-ci avec une éponge.
Quand ce façonnage se fait avec des estampilles dans des moules métalliques bien disposés et au moyen d’une presse, quoique assez compliqué , il n’augmente pas le prix des Carreaux au delà de la perfection et de l’ornementation qu’ils acquièrent.
La plus grande difficulté à vaincre est d’obtenir que la pâte colorée qui forme les ornements , prenne à la cuisson le même degré de retraite et de dureté que celui des Carreaux.
Les fabricants français qui me paraissent avoir obtenu dans ce genre, les résultats les plus satisfaisants, à en juger par les I. 24
g’j’Q CARREAUX
échantillons que j'ai vus et que possède le Musée céramique do Sèvres.
^L’hôte , à Montereau. Des Carreaux rouges de la dureté du grès cérame , avec des ornements incrustés parfaitement de niveau avec le fond rouge.
M Julien, à Orléans, en .Siget ,8a3. Des Carreaux de deux couleurs qui, par leur ajustement, forment des carrelages de mo-
^ MU<Matelin, à Orléans, en i8a3,mais pas encore en activité. Carreaux faits à la mécanique, rouges avec ornements noirs incrustés, un peu saillants sur le fond ; il avait employé le procédé des emporte-pièce.
M. Courtat, à Paris, i8a3. Carreaux avec des ornements in-
M. Leblanc-Paroissien et Comp., à Saint-Cyr, non loin de Tours. Des Carreaux faits à la mécanique avec une grande précision et quelquefois marbrés de diverses couleurs.
Parmi les fabriques étrangères, je citerai celle de M. Minton , à Stoke-upon-Trent en Staffordshire , qui a fait avec une pâte jaune de paille , fine et dure comme du jaspe , non-seulement des Carreaux , mais des plates-bandes ornées d’inscrustation de deux couleurs. Dans la figure 10 de la PI. n (Desc. du Mus. Cér. de Sèvres), les feuilles de vignes sont vert fonce, avec les nervures et la bordure d’un noir violâtre. Le dessous de ces pièces est haché pour donner adhérence au mortier.
Les Carreaux de terre cuite se nomment malion, en Provence; M. Bonnin fils, a donné et décrit en un procédé
mécanique qui paraît assez simple pour les découper exactement et former sur leur bord une rainure qui, en permettant au mortier de s’y loger, donne au carrelage une grande solidité, tout en laissant les lignes de réunion si peu sensibles, qu’on croirait qu’il n’y a aucun mortier entre les carreaux ( ).
M. Ch.-Fr. l’Herminier a fait à Fosse, près Forges (Seine-inferieure ) , des espèces de Carreaux ou plutôt des Briques presque
(i) Brevets d’inventions , t. XVIII, p. lo3, PI. kxx.