‹ Traité des arts céramiques (volume 2)Chapitre 212 sur 261 · FINES, ÉTRUSQUES · texte numérisé non relu

FINES, ÉTRUSQUES

Mais ces vases n’avaient pas uniquement pour destination de servir aux funérailles et d’être placés dans les tombeaux-, il n’y a pas de doute que la plupart de ces Poteries servaient aux usages domestiques, et on rapporte que Porsenna, 5oj av. l’ère chrétienne, avait un service de table, composé de cette Poterie qu’on regardait comme très-propre à cet usage. C’est probablement pour ce motif que ces Poteries et les vases qui en sont fabriqués, ont été pendant longtemps, et surtout avant la découverte des tombes de Vulci, Chiusi , etc. , beaucoup plus rares que les Poteries campaniennes, et qu’il a été si difficile avant ce temps de trouver entières des pièces un peu volumineuses. D’abord on voyait peu de différence entre les vases et ces pièces $ mais depuis les découvertes récentes , on a reconnu de grandes différences entre les Poteries étrusques , suivant les lieux où on les trouve , et par conséquent suivant les fabriques où on les a faites , et malgré qu’on prétende qu’elles aient été toutes fabriquées par des Potiers grecs de Samos. Je vais revenir sur cette considération.

Un grand nombre de ces vases se sont trouvés dans les tombeaux , plusieurs même étaient destinés à y être placés et construits tout à fait dans ce but , tels sont ceux qui se rapprochent plus ou moins du singulier vase représenté PI. xx , fig. 6 , et qu’on a trouvés dans les tombes ou chambres sépulcrales les plus anciennes de Chiusi.

Ce sont, comme on le voit, des vases pyriformes portés sur un socle en pierre , munis de deux anses à peu près perpendiculaires à la base. La partie supérieure était composée de deux bras, un col et une tête qu’on croit avoir dû être le portrait du défunt dont les cendres étaient renfermées dans le vase. Cette tête avec le col qui la portait , était mobile et attachée au collet du vase par une cheville en bronze (h). Les bras traversant ces anses étaient également mobiles et attachés de la même manière au corps du vase.

On mettait les cendres du mort dans le vase , on les y trouve j quelquefois, et pour que la vapeur qu’elles pouvaient encore répandre pût s’exhaler, on pratiquait à la partie supérieure du vase I une ouverture latérale de chaque côté , qui se continuait dans

POTERIES TENDRES METTES

les bras et aboutissait au trou ouvert en (o) dans la main (’).

La deuxième sorte qui se rapproche des vases grecs , qui y passe même par des nuances insensibles , a , en général , une pâte fine d’un rouge jaunâtre plus pur , d’une plus grande densité, que les vases campaniens ; les vases sont , comme eux , couverts d’un vernis mince qui avive la couleur de la pâte. Pendant très-longtemps on n’a trouvé aucun vase peint dans PÉ— trurie. . jg

Les vases et autres Poteries des fouilles d’Arezzo sont en terre rouge vernissée, avec des ornements en relief et le nom de la fabrique en caractères romains. Pline les compare aux Poteries de Samos et de Sagonte en Espagne , ville non moins célèbre que Samos par ses Potiers et ses belles Poteries d’un rouge de jaspe. Ces Poteries, et d’autres plus grossières, avaient assez de densité pour servir dans les usages culinaires. Elles étaient très-estimées des Romains, pour cette qualité que leur Poterie d’alors ne possé- j dait pas aussi bien.

On a découvert depuis peu (1825), aux environs de Chiusi et en général dans l’Étrurie centrale , des tombeaux ou plutôt des chambres sépulcrales remplies d’un grand nombre de vases étrusques parmi lesquels plusieurs présentaient des sujets peints en noir sur un fond jaune et des ornements en relief sur les anses , les bords du bec , du collet et sur la panse 5 la pâte en est j assez grossière , les ornements et les figures ont par leur style et leurs vêtements, tous les caractères d’une époque très-ancienne.

Les urnes PI. xx,j%. 3, 4> 5, 7, 8, en terre noire, caractère des vases funéraires , portent des têtes d’animaux en relief, de petites chasses etc. j l’une d’elles montrait une chimère 5 elles ont en général des formes et des ornements très -distincts de celles des vases campaniens 5 néanmoins dans un grand nombre de cas, ces Poteries peintes sont très-difficiles à distinguer des Poteries grecques de la Campanie. MM. Dorow (*), Creutzer, etc., en conviennent et regardent ces pièces comme des plus anciennes.

(’) Micali, Sloria degli antichi popoli italiani. Firenze , 1832, t. III, p. 7, |

PI. xiv, fig. 1.

(*) Voyage Archèolog. dans l’ancienne Ftrurie, 1827.

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