MATTES , EXTRA-EUROPÉENNES
sont généralement ou rouges ou noires ; leur pâte tantôt assez grossière, tantôt fine a toujours une texture lâche-, elle est par conséquent peu sonore, fragile, perméable.
La base de cette pâte est en général un limon d’atterrissement soit ancien, soit moderne, laissé par les grands cours d’eau qui traversent le pays ; si ces cours d’eau viennent de terrains à roches micacées, le limon qu’ils ont déposé renferme des paillettes de mica et la pâte des Poteries en contient aussi qui fait l’effet de petites paillettes d’or, telle est celle des Indes Orientales. Un mélange de limon argileux avec un limon plus sablonneux, donne à cette pâte le liant nécessaire pour être facilement travaillé-, du sable tiré des mêmes terrains, est la matière dégraissante lorsque le limon est trop argileux.
C’est sur le tour ou plutôt, sur la roue du Potier que ces pièces sont tournées , mais dans l’ancien continent seulement et quelquefois avec une pureté de contours très-remarquable; quelques-unes sont ornées de côtes ou gaudrons saillants, disposés avec assez de symétrie et de régularité -, en général comme ces Potiers n’ont point de moules pour les garnitures, celles-ci faites à la main, sont souvent grossières et très-irrégulières.
Il y a presque toujours deux sortes de Poteries, les rouges ou brun rouge et les noires ; il paraît par l’aspect de ces dernières et par ce que j’ai appris de leur mode de fabrication qu’elles doivent leur couleur noire à un enfumage comme les Poteries de Magnac, etc., citées plus haut, page 3g4-
Cet assortiment de Poterie rouge et de Poterie noire se présente sur tous les parages de l’Inde, comme on va le voir plus bas à l’aide des échantillons que le Musée céramique de Sèvres doit au zèle éclairé de ce jeune marin si regrettable, M. Jules de Blosseville, et à l’obligeance persévérante de M. le contreamiral Laplace.
Ils offrent, comme cette description le montrera, une similitude de fabrication qui permet d’établir les généralités que je viens de présenter; aucun de ceux qui sont faits suivant la méthode qu’on peut appeler indigène, ne présente de vernis plombifère, ils sont luisants par frottement ou par enfumage; quelques-uns sont garnis d’ornements les uns comme sculptés.
POTERIES TENDRES, FINES
les autres évidemment imprimés avec des espèces de cachets (ceux de Trinquemalay).
La plupart de ces Poteries sont à peine cuites, et il paraît qu’il n’y a pour cette opération aucun four proprement dit , on les réunit en tas et on les entoure de combustible.
Le peu que nous savons de la fabrication des Poteries en Afrique, nous montre que ce sont encore des Poteries grossières, faites en Égypte avec le limon d’atterrissement du Nil, au Sénégal, avec une terre rougeâtre et donnant des vases sans glaçure et très-peu cuits , tantôt rouges , tantôt noirs et quelquefois gris , lorsqu’ils ont été à peine cuits, comme le sont les Balasses Égyptiennes.
Les vases et Poteries qu’on a faits et qu’on fait encore chez les indigènes des deux Amériques, offrent et la même pâte lâche et la même couleur dominante; le rouge sale et le noir avec l’absence de vernis et une cuisson au moins aussi faible que celle qu’on a fait remarquer chez plusieurs peuples de l’ancien monde. Les matériaux paraissent être à peu près les mêmes; néanmoins, les Poteries de ce continent que la manufacture de Sèvres possède dans sa collection (*) ne montrent pas autant de mica que celles de l’Inde.
La pâte a souvent une texture très-grossière, mais leur fabrication encore plus imparfaite que dans l’ancien continent, présente une différence très-remarquable avec celle des Poteries asiatiques ; il est certain que le tour à Potier n’était connu nulle part dans les deux Amériques et qu’il ne l’est pas encore chez les Potiers indigènes. Toutes les pièces se fabriquent à la main; les Potiers, ou les femmes quand ce sont elles qui se livrent à ce travail, pétrissent la pâte entre leurs mains, elles façonnent et amincissent les parois des vases avec les mêmes moyens; aussi, voit-on plus de pièces ovales ou non circulaires dans ce pays, que je n’en ai vu provenant de l’ancien continent ; au reste, il est aisé de reconnaître sur les pièces rondes qu’elles n’ont point été faites au tour; cette remarque, et ce que j’ai pu apprendre de diverses personnes qui ont visité ces contrées, me permet d’as-
(‘) Elle les doit principalement à M. Roulin et à M. d’Orbigny.