MATTES. ÉGYPTE
céramique, tout nous indique au contraire qu’ils étaient en métal émaillé; car on n’a jamais trouvé, que je sache, en Poteries antiques, rien qui se rapprochât de ces formes; peut-être même n’éiaient-ce que des représentations de vases qui n’ont point été exécutés ; je n’ai vu non plus aucun vase , grand ou petit , en métal ou en pierre , qui rappelât ces formes si particulières , et M. Léon de Laborde m’a confirmé cette opinion négative.
Ces vases auraient cependant produit un bel effet en exécution. J’ai fait copier en porcelaine, à Sèvres, d’après les dessins relevés dans les tombes par M. Champollion, et qu’il a eu la bonté de me confier, trois ou quatre de ces vases , et ils ont , par leur style particulier , piquant sans être baroque , attiré l’attention des artistes ornemanistes et des gens de goût ; on en trouvera la représentation Mus. céram. P, PI. m, fig. 5, et PI. îv, fig. 4 et 5.
Si l’on juge de la nature de la pâte des Poteries mattes ou lustrées de l’ancienne Égypte, par celle dont on se sert actuellement dans ce pays, et dans les contrées voisines, comme à Constantinople et dans d’autres parties de la Turquie, ce devait être une argile assez pure, assez onctueuse, facile à travailler sur le tour, et même à modeler et à tailler. Les Poteries de cette sorte sont ou rouges et un peu purpurines à l’extérieur quand elles sont peu cuites, ou d’un rouge jaunâtre quand elles sont plus cuites (*) ; mais leur pâte est d’un jaune sale ; leur couleur purpurine est due à du peroxyde de fer, peut être naturel , peut-être-artificiel , qu’on enlève facilement avec un linge mouillé sur la pièce peu cuite.
Elles sont très -absorbantes, cependant l’eau ne les traverse pas , même au bout de quarante-huit heures. Les vases que j’ai vus et essayés sous le rapport de leur perméabilité , après avoir été remplis d’eau se couvrent en séchant d’une efflorescence blanche et saline.
Une autre particularité de ces Poteries, c’est de se laisser
(‘) PI. xxi, fig. 2, 3, 4, 5 et 10. — Les Poteries anciennes sont lustrées plutôt par polissage que par glaçure appliquée ; elles donnent une idée de la couleur de la pâte, le lustre avivant plutôt qu’il ne cache cette couleur.
502 POTERIES TENDRES, FINES
polir, soit avec l’ébauchoir, soit avec une étoffe de laine ou avec de la peau , et de conserver ce poli après la cuisson à une température qui est à peu près celle de nos moufles.
Presque toutes les Poteries égyptiennes que Ton fait encore sont dépourvues de vernis ; il n’y a que peu de temps qu’on a fait des Poteries vernissées par les procédés européens.
On trouve aussi dans les tombes égyptiennes quelques pièces de Poteries noires antiques qui ont été recouvertes dans certaines places d’un vernis noir souvent de nature organique.
Le vase biforme, représenté PI. xxi ,fig. 6, est à pâte grossière , à façonnage lourd et grossier ; il a été lustré par polissage, ce qui a beaucoup rehaussé sa couleur noire. Il fait partie des antiquités égyptiennes du Musée royal.
Les Poteries à pâte tendre matte, sont représentées dans l’Atlas de ce Traité sous les figures 1 , 2, 3, 4i 6, 7, 9, 1 1 et i3 de la planche xxn (*).
Leur pâte n’a pas été analysée , mais il est à présumer quo sa composition diffère peu de celle des hydrocérames d’Égypte , dont l’analyse a été donnée dans le tableau page 386 , 3e Groupe , n° 5.
La seconde variété de Poteries mattes , dont l’époque n’est pas parfaitement déterminée, que les antiquaires nomment gréco-égyptienne, qu’ils regardent comme de fabrication plus moderne que les autres Poteries antiques dont je viens de parler et qu’ils rapportent au temps des Ptolémée, c’est-àdire vers le milieu du ni® siècle avant J.-C , est généralement à pâte rougeâtre ou d’un rose pâle et sale, tantôt très-grossière, hétérogène et mêlée d’une multitude de petits grains de pierre blancs ou grisâtres (les premiers sont du calcaire, les seconds me paraissent être des grains de pierre argileuse), et tantôt à pâte plus homogène et plus fine.
La couleur extérieure de ces Poteries est , ou d’un ton pâle tirant sur le gris ou sur le rosâtre , ou d’un ton rougeâtre de briques, ou, enfin, gris foncé. L’intérieure ou celle de la pâte cuite, est tantôt d’un rouge pâle et sale assez également répandu, tantôt rougeâtre à l’extérieur et noire dans le milieu 5 ce sont les
(') Et dans l’Atlas du Mus. céram. M FI. xiv, fUj. i, 4, 3 et 6.