Terre noire excellente .
C’est au-dessous de cette terre que sont situes les tombeaux 11 est probable, dit l’abbé Mazzola, que la troisième couche for
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mait la surface du sol lorsque les tombes y ont été creusées.
On remarque que la première et la deuxième composent sans exception la surface de la Campagna felice.
La terra Maschia est tellement stérile qu’elle diminue la fertilité de la première couche lorsqu’elle y est mêlée. Cette terre est d’alluvion , car elle ne se trouve pas sur les montagnes , comme on peut s’en assurer par les fouilles faites à Avila à environ 1 2 kilomètres de Nola. Le lit de la terra Maschia est égal partout et ne pourrait être , dit l’abbé Mazzola , malgré les ponces qu’il renferme, un produit direct d’éruptions volcaniques. Lorsque cette terre était superficielle, ajoute-t-il, la campagne de Naples devait être stérile et a dû l’être jusqu’à la formation de la terre végétale supérieure , ce qui doit faire admettre pour cette formation une longue suite de siècles et donner aux vases qui sont au-dessous de la terra Maschia une bien haute antiquité. C’est d’après ces observations que l’abbé Mazzola regarde les vases grecs de cette- catégorie comme antérieurs à Homère. Il ajoute à l’appui de cette opinion que ces vases représentaient des faits qu’Homère ni aucun de ses successeurs n’ont mentionnés. Tel est le combat de Neptune avec Éphialtes ; qu’à Nola et dans les environs les squelettes qu’ils accompagnent sont toujours enterrés immédiatement dans le sol , tandis que dans d’autres lieux , tels qu’à Avila , ces squelettes et les vases sont enfermés dans des sépulcres \ que les inscriptions des vases sont en grec écrit de droite à gauche , le grec le plus ancien , le grec primitif ; enfin que la facilité qu’on a depuis peu de siècles de les trouver en grand nombre vient de ce que les couches de pierres (lui les recouvrent , employées dans les constructions modernes , 11’étaient pas d’usage du temps des Romains (’).
lies principaux Potiers. — Les Grecs avaient , comme je l’ai indiqué à l’histoire des Poteries en général , une véritable passion pour les vases en terre cuite ; ils portaient donc une grande considération aux artistes qui les composaient et les ornaient et aux artisans qui les fabriquaient. J’appelle leur prédilection pour
(') Introduction à la Description des vases du comte Lambert, par M. de la Borde, 1813, t. I.
cet art une sorte de passion , car il fallait en aimer les produits de cette manière pour ériger des statues aux plus célèbres Potiers, frapper des médailles en leur honneur et nous conserver les noms de tous ceux qui y avaient concouru , même indirectement, jusqu’aux noms de ceux qui n’en avaient donné que les formes. Pline et plusieurs autres écrivains de l’antiquité nous ont fait connaître les plus céièbres.
Parmi les coopérateurs dont les noms sont venus jusqu’à nous au nombre de plus de quarante , on remarque , comme Potiers :
Dibutade , de Sicyone. — Sculpteur , inventeur de la plastique en terre cuite. On ne sait pas à quelle époque il a vécu. Ses travaux furent portés et conservés à Corinthe.
Corœbus , d’Athènes. — Du temps de Cécrops , environ 1500 ans avant J.-C. 11 passe pour l’inventeur de la Poterie.
Talus, neveu de Dédale. — On lui attribue l’invention du tour à Potier, 1200 ans avant l’ère chrétienne.
Thériclès de Corinthe était un Potier célèbre souvent cité par les auteurs grecs. On donna , comme on vient de le voir , son nom à plusieurs vases. Il avait inventé, suivant Théophraste, des vases d’une terre noire susceptible d’un très-beau poli (Athénée). Phérécrate dit qu'il a fabriqué des vases larges pour les hommes et des cylix profonds pour les femmes (Panofka). Il vivait vers 425 avant J.-C. Cherestrate. — Potier très-modeste et très habile, qui faisait, suivant Phrynicus, plus de cent Cantharos parfaitement polis par jour (Panofka). Les cantharos furent d’abord des vases à boire d une grande dimension . mais dont la capacité alla toujours en diminuant, ce qui fit dire à Épigène , dans son Héroïne : « Ah ! malheureux que je suis, » les Potiers ne font plus de ces grands cantharos , etc., mais de petits » et de bien polis , comme si c'était le vase et non le vin qu on dût » avaler. »
Parmi les artistes qui avaient donné des formes, on doit citer . Le célèbre Phidias ;
Polyclpte l’architecte . dit de Sicyone. 11 était d’Argos.
Miron le sculpteur.
Les sculpteurs Eukhir etEugrammus, qui accompagnèrent De marate en Étrurie, lorsqu’on 656 il alla s y réfugier. (Pline, liv. XXXV, ch. XII.)
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Localités de vases grecs et étrusques .
Je crois devoir terminer cet article en présentant l’énumération des principaux lieux où se trouvent actuellement et où probablement se fabriquaient autrefois les Poteries grecques et les Poteries étrusques , et ajoutant à cette énumération quelques particularités sur les Poteries fabriquées ou conservées dans ces divers lieux.
On a trouvé une quantité prodigieuse de vases grecs peints , depuis qu’on a commencé à les rechercher. On évalue à 5o,ooo au moins le nombre de ces vases qui ont été successivement découverts depuis deux siècles. (Lenormant.)
A juger par ce nombre déjà énorme et par celui des vases qu’on trouve encore toutes les fois qu’on découvre des lieux de sépultures dans les divers pays où les Grecs se sont établis , on doit être frappé du nombre considérable de fabriques qui devaient exister dans ces temps reculés.
Pline , au ieT siècle de l’ère chrétienne , n’en compte que huit en Italie et six dans d’autres pays (*).
Mais le nombre des lieux où l’on trouve de ces Poteries dans les pays qui ont dépendu des Grecs , est hors de comparaison avec ceux que Pline indique. Cependant ce nombre n’est pas précisément celui des fabriques ; il indique seulement qu’elles devaient être très-multipliées 5 car si les vases trouvés dans les tombeaux venaient de cette petite quantité de fabriques on ne remarquerait pas que certaines formes , certains procédés de façonnage, de coloration , etc. , appartiennent plus spécialement à certaines localités. Ces différences prouvent que chaque pays avait son mode particulier de forme , de décoration et de coloration , et par conséquent ses fabriques spéciales.
La connaissance de ces lieux, qui détermine à peu près celle des principales fabriques , est intéressante autant pour l’histoire des arts que pour celle de la céramique en particulier. Elle nous intéressera surtout en nous faisant remarquer l’étonnante ressemblance qu’il y a entre les règles principales de façonnage, de
(') Pline, liv. XXXV, ch. XII.
coloration des figures et des ornements et surtout entre la nature de la couleur et de la pâte de tous ces produits céramiques fabriqués dans des pays dont les terrains sont si différents géologiquement. Comment les Potiers grecs , partis presque tous de Corinthe , d’Athènes , d’Égine , et surtout de Samos , ont-ils réussi à trouver, depuis les bords de la mer d’Azof jusque dans leurs colonies occidentales, des matériaux propres à produire toujours à peu près la même qualité de pâte ? Je dis à p e u p r è s , car on reconnaîtra bien quelquefois de légères différences entre ces pâtes. J-e les ferai ressortir dans la colonne d’observations du tableau de géographie céramique des Poteries grecques que je vais donner , comme je l’ai fait dans le tableau d’analyses des Poteries étrusques , inséré page 4 ' 4 •
Tableau des Poteries de fabrication grecque de la Grèce proprement dite , de ses îles et de ses colonies * tant italiques qu extra-italiques , Asie Mineure, Ëqypte, Gaule cispadane , Espagne , etc.
Les Poteries célèbres dont nous venons de présenter l’histoire purement technique sont toutes regardées comme ayant été faites par des ouvriers grecs travaillant soit dans 1 Italie méridionale , soit dans diverses colonies grecques. Elles ont , comme on l’a fait pressentir, un caractère de façonnage, de décoration , de formes même, auquel les antiquaires savent très-bien les reconnaître, de quelque lieu qu’elles viennent, tout en reconnaissant entre elles les différences de localités telles que 1 Itahe , l’Égypte, l’intérieur de l’Asie, etc.
Grèce proprement dite et ses îles.
Corcyre (Corfou). — Les amphores qu’on y fabriquait avaient
une grande réputation (Panofka).
Athènes. — Fabrication célèbre par ses vases cyhndroides a fond blanc argileux, nommés Lecythus. C’est surtout sur ces vases qu’on peignait avec' des couleurs terreuses non v i tri fiables , mais très-variées, ces tableaux, qui ont
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fait dire qu’on voyait quelquefois sqr les vases grecs des peintures de couleurs vives. J’en ai dit déjà quelques mots page 565.
M. le baron de Stackelberg, dans une fouille qu’il a fait faire en 1 8 1 3 à la porte des achoréciens, à Athènes, a découvert un ciste ou cercueil en terre cuite peinte en noir, d’environ i mètre sur
3 décim. , renfermant un remarquable assortiment d’objets funéraires. C’était le cercueil d’un enfant ; mais on n’y voyait que la tête, les jambes et les avant-bras. Tout le reste était occupé par
4 statuettes assises, les têtes tournées vers la ligne médiane et transversale du ciste , et 1 4 petits vases de différentes formes et grandeurs, arrangés très-symétriquement (Voyez PI. 11 , fig. 3) (J).
Corinthe. — La patrie de Thériclès devait être féconde en belles Poteries. Le beau vase rapporté par Dodwell vient du lieu nommé Aquica, près de Corinthe.
Égine (golfe Saronique). — On y fabriquait comme à Athènes, à Salamine , à Marathon , etc. , des Lecythus. Les Poteries d’Égine (Mus. céram., PL xiii, fig. 11) avaient la réputation d’être très-légères. On peut maintenant en indiquer la cause-, les curieuses observations de M. Ehrenberg nous l’ont fait connaître. Elles sont, comme les briques légères (liv. II, p. 368), faites avec une terre superficielle , en grande partie composée de carapaces ou test siliceux d’animaux microscopiques infusoires.
Lacédémone. — Les Lacédémoniens étaient en possession de faire des coupes brunes nommées C o t h 0 n très-estimées. Elles étaient principalement à l’usage des gens de guerre , parce que leur couleur brune dissimulait la couleur des eaux troubles, et que, par leur structure que j’ai fait connaître (PL * 1 , PL xxxiii,/%. 1, et ci-dessus p . 549,n°5o), les saletés de l’eau restaient au fond. (Plutarque, Vie de Lycurgue, vol I, p. 8 h, trad. d’Amyot, Paris, 1615.)
Mélos, l’une des Cyciades , aujourd’hui Mîio. — Était une autre localité de Poteries exécutées par des ouvriers grecs -, mais les Poteries de cette île diffèrent beaucoup des vases campaniens.
(*) Baron de Stackelberg, tombeau des hellènes, PI. lxxv, p. l\ 8.