Les ocres
Quelques-unes de ces matières ne s’introduisent pas immédiatement dans la composition des pâtes et glaçures , mais seule-
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ment par l’intermédiaire des véhicules et des combinaisons avec esquelles elles sont liées : telles sont la chaux , la potasse , la soude.
§ 1. — Caractères , qualités, propriétés, composition et gisements des matières premières principales et naturelles des pâtes céramiques.
Je n’entrerai dans les considérations précédentes que sur les matières premières principales qu’on trouve dans la nature , me contentant d’indiquer les autres et le but de leur emploi à l’article de chacune des pâtes dont elles font partie.
A. Matières principalement plastiques.
Nous commencerons par les matières plastiques comme étant les plus essentiellement céramiques, car elles peuvent dans quelques cas donner seules des pâtes céramiques, tandis que les autres ne sont pour ainsi dire que les condiments des premières , et dans celles-ci je procéderai des plus spécifiées à celles qui ne sont évidement que des mélanges.
1. Kaolins on Argiles à Porcelaine ( Porcelanertle . China clay ).
Ce sont des minéraux ou roches terreuses de consistance friable, souvent très-blancs, donnant avec l’eau une pâte courte.
Composés essentiellement de Silice souvent visible à l’état de grain de quarz ou de sable, d’Alumine à l’état d’argile blanche et d’Eau dans des proportions qui ne sont pas comme on va le voir aussi variables qu’on pourrait le croire.
Ils ne font aucune effervescence avec les acides, ne se fondent pas à la plus haute température des fours à porcelaine quand ils ont été privés, par un lavage convenable, des parties de felspath qu’ils pouvaient encore contenir (1).
(') Cette histoire abrégée des Kaolins est extraite de deux mémoires sur cette substance, publiés dans les Arcliives du Muséum d’histoire naturelle: le pre-
KAOLINS.
Nous prendrons pour type du Kaolin les matières terreuses qui entrent comme partie plastique et infusible dans la composition des pâtes de porcelaine dure : de Sèvres, de Limoges, de Vienne , etc.
Une étude attentive et approfondie, en nous révélant la nature intime de ces matières, nous a fait connaître des propriétés communes qui permettent de mieux caractériser les Kaolins, qu’on n’avait pu le faire jusqu’alors.
Les masses minérales auxquelles on donne le nom de Kaolins sont de véritables roches composées 5 elles renferment une partie ténue, argiloïde qu’on en sépare par le lavage et qui seule peut présenter les propriétés réelles, mais variables des Kaolins selon la manière dont s’opère le lavage, et selon le point où on s’arrête en le croyant suffisant.
Je nomme roche Kaoliniquela masse minérale naturellement composée de divers éléments, au nombre desquels se trouve le Kaolin ; et Kaolin l’argile séparée de cette masse par le lavage le plus délicat; c’est à celle-là seule que s’appliquera tout ce que je vais dire sur les propriétés et l’originedes Kaolins normaux.
Encore cette argile ne nous fait-elle pas connaître la véritable nature des Kaolins. Car elle consiste toujours en un mélange que les moyens mécaniques les plus délicats ne peuvent pas détruire. Il faut avoir recours à des procédés plus puissants , tels que l’action chimique des acides, pour isoler de ces terres kaoliniques la combinaison que les chimistes reconnaissent seule comme le vrai Kaolin.
L’analyse de la terre kaolinique séparée delà roche kaolinique par un lavage approprié donne la composition empirique de cette terre, suffisante, peut-être même la seule convenable pour les arts céramiques; la seconde est une anal y se rationnelle utile à la science et à ses hautes spéculations.
Caractères minéralogiques. - Les roches kaol i n i q UeS que
je regarde comme normales, celles que j’ai indiquées plus haut.
mier par moi , en 1839 , tome I, page 213 , avec 8 planches ; le second par M. Ma laguti et moi, en 1841 , loinc IJ, page 217.
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celles auxquelles s’appliqueront les analyses et observations qui vont suivre, sont généralement d’un blanc parfait ou légèrement rosâtre et quelquefois un peu jaunâtre ; leur texture est lâche, terreuse , souvent grenue ; les grains qui la composent appartiennent au quarz , au felspath, au mica; la base de la masse est un minéral argiloïde blanc , à texture quequefois laminaire. C’est cette base qui donne seule par le lavage et en plus ou moins grande quantité, laterre kaolinique et enfin le Kaol i n.
Caractères chimiques — Le K a o 1 i n ne peut être isolé que par un procédé particulier, appliqué aux analyses rationnelles, qui consiste à enlever l’argile mélangée impure par l’action successive des alcalis et des acides bouillants. La dissolution acide contient l’alumine et les quantités plus ou moins grandes d’autres bases, la dissolution alcaline contient la silice qui leur était combinée ; après avoir expulsé par la dessiccation l’excès d’acide , on met en liberté l’alumine par le sulfhydrate d’ammoniaque et on cherche dans la liqueur les bases qui l’accompagnaient. Par ce procédé on est arrivé à déterminer par des formules atomiques la composition des argiles*kaoliniques ; mais on concevra facilement qu’elles ne peuvent être rigoureuses, toutes les argiles kaoliniques donnent avec l’alumine, de la chaux , de la magnésie etc., qui y sont mélangées à l’état de silicate d’une composition douteuse ou inconnue.
En comparant entre elles les différentes formules des divers Kaolins, on les trouve généralement assez rapprochées, et liées à peu près comme par une propriété commune qui consiste dans la proportion d’eau comparée à celle de l’alumine prise pour unité. Ce rapport est en général celui de 1 à 2. Si l’on pousse la comparaison plus loin, et que l’on fasse bouillir pendant une minute ou tout au plus une minute et demie, une argile kaolinique, dans une dissolution aqueuse de potasse à l’alcool, on arrive, à peu d’exceptions près, à enlever une telle proportion de silice que les formules primitives prennent un caractère particulier de simplicité et peuvent être réduites à la formule définitive AS + 2A?.
En résumant ces propriétés nous voyons :
1° Que les Kaolins normaux à l’état brut, et seulement
KAOLINS.
débarrassés par le lavage des corps grossiers qui leUr sont étrangers, consistent en un mélange d’argile kaolinique, et d’un résidu insoluble dans les acides et les alcalis , renfermant des silicates à diverses bases.
2° Que l’Argile kaolinique est séparée de ce résidu par l’action dissolvante successive de l’acide sulfurique et de la potasse caustique. C’est ce qui constitue ce que nous avons appelé l’analyse rationnelle.
3° Que cette argile est une combinaison de Silice , d’ Alumine et d’Eau dans des proportions définies toujours à peu près les mêmes.
4° Mais qu’il y a encore dans beaucoup d’argiles un excès de silice hors de combinaison, susceptible d’être dissoute, suivant certaines règles, dans la potasse caustique et qui se sépare nettement du silicate d’alumine hydraté, lequel constitue la véritable argile kaolinique exprimable par la formule plus simple et plus générale AS-j-2A^ citée plus haut.
5° Enfin, que la variabilité dans la proportion de cet excès de silice, dans les différentes argiles kaoliniques, peut être attribuée à une action postérieure des eaux naturelles qui ont enlevé à ces argiles une plus ou moins grande quantité de la silice isolée et dissoluble.
Le Kaolin étant aussi bien caractérisé et limité que sa nature hétérogène permet de le faire , je vais donner dans un même tableau les caractères extérieurs et la composition des principaux kaolins connus (Voir le tableau n» IV).
Description de certains gîtes de Kaolins.
1. Kaolins rt roches kaoliniqces de Saint-Yrieix (A environ 28 kil. au s. de Limoges).
Ce gîte est , après celui des mauvais Kaolins d’Alençon , le premier qui ait été connu en France.
Découvert par hasard en 1765, soumis en 1768 à l’examen de Macquer, qui à Sèvres en obtint les plus beaux résultats, ce Kaolin devint l’objet d'une exploitation très-active, et qui, s’étendant
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aux environs de Saint-Yrieix , surtout vers le N.-E. et l’E., révéla la position géognostique et le mode de gisement des roches kaoliniques.
Ces roches sont situées au milieu d’un plateau ou sur un gros mamelon de granité , recouvert, à Saint-Yrieix et dans les environs de cette ville, de gneiss, comme roche dominante (PI. v,
fig- G).
Le gneiss , tant superficiel que profond , est rarement intact et solide, mais presque toujours altéré en une roche kaolinique trèsimpure, rougeâtre ou jaunâtre.
Des diorites schistoïdes (/%. i , D), roches felspathiques comme le gneiss et non moins altérables que lui , sont décomposées en une roche kaolinique d’un noir verdâtre et quelquefois en un Kaolin d’un beau vert céladon (KV) qui fond en une masse brunâtre.
Ces diorites et gneiss ont enveloppé des masses de pegmatites ( fig . 2), et elles les pénètrent souvent; elles sont aussi traversées çà et là par des masses de felspath , ou plutôt de pegmatite plus ou moins caractérisée , qui sont peut-être en filons comme le quarz qui traverse les gneiss , et qui sont , comme ce quar2*, restées intactes au milieu de toutes ces roches si complètement altérées. C’est une circonstance assez rare; car ordinairement elles ont subi la décomposition qui les a amenées à l’état de kaolin, nommé caillouteux quand il est très-quarzeux , et argileux quand il provient d’un felspath presque pur.
C’est donc dans ce terrain de gneiss et de diorite schistoïde altérés en matière terreuse, friables et tendres jusqu’à l’onctuosité , que se présentent pour l’exploitant les masses de Kaolin ; l’explication de la planche V fera bien mieux connaître ces remarquables dispositions que les plus longues descriptions. Nous remarquerons seulement que le kaolin dit argileux, celui qui est le plus exempt de grains de quarz xet de felspath non décomposé , est plus rare que le kaolin dit caillouteux, et se trouve assez constamment dans la profondeur ; on a également observé que lésinasses de pegmatites non décomposées, et même de felspath assez pur qui se montrent au milieu ou sur les côtés du bassin des roches kaoliniques, faisait voir un commencement
KAOLIN DE LOUHOSSOA. 45
d’altération sur les parois des fissures qui les traversent, lorsque ces fissures étaient sans cesse abreuvées d’eau (Allcand).
Parmi les carrières de ce grand et célèbre gîte de Kaolin, nous remarquerons :
1° Avant d'entrer à Saint-Yrieix , à droite de la route, celle de Rudeuil , qui a fourni les plus belles sortes de pegmatite ou petunze , propres à la couverte (A).
2° Les carrières du clos de Barre, à 1 kilom. de Saint-Yrieix.
Elles présentent la disposition normale des Kaolins. On voit en haut en masse puissante , irrégulière, le gneiss G, fig. 1 , décomposé en Kaolin rougeâtre , et l’amphibolite en kaolin vert KV.
Au fond de la carrière on trouve le Kaolin argileux en masse trèspuissante, d’une blancheur parfaite, encaissée par des roches de gneiss et de diorite décomposées , qui présentent des modifications aussi variées que remarquables , et qui le pénètrent dans divers points.
3° C’est dans la carrière de Marcognac que se révèle , de la manière la plus claire, l’origine du Kaolin. Le gneiss, qui y est ferrugineux , se transforme en un Kaolin rouge, et la diorite , qui contient de l’ampîiibole, en passant par des degrés distincts et successifs, fournit un ltaolin vert.
Les Kaolins des environs de Saint-Yrieix sont généralement d’un beau blanc de lait, friables ; on en distingue’ de trois qualités différentes.
Le caillouteux, qui est grenu, friable, à grains quelquefois pisaires, les uns quarzeux et durs, les autres argileux et tendres.
Le sablonneux, qui est friable, très-maigre au toucher et dans lequel le quarz est à l’état de sable très-fin, mais visible.
L’argileux qui est moins friable, assez doux au toucher, d’une couleur de blanc de lait plus uniforme, et faisant directement avec l’eau une pâte assez liante.