‹ Traité des arts céramiques (volume 2)Chapitre 50 sur 261 · ARGILE PLASTIQUE · texte numérisé non relu

ARGILE PLASTIQUE

sorte qui ne soient accompagnés, de près ou à quelque distance, d’ Argile plastique. Plusieurs fabrications de Grès-cérames résultent de ces gîtes. Tels sont les creusets dits de Hesse, fabriqués à Gross-almerode , au pied du Meissner, célèbre montagne basaltique ; les basaltes recouvrent immédiatement le lit d’Argile plastique. Telles sont les Argiles des lignites des bords de l’Eller, près de Carlsbad , et un grand nombre d’autres , que les bornes et l’objet de ce traité ne me permettent pas d’énumérer.

Presque tous les terrains volcaniques-laviques offrent à leurs bases, dans leur déjection pulvérulente ou boueuse, des dépôts d’Argile pure , qui , quelquefois trop mêlés de cendre réellement lavique, ne sont pas susceptibles d’être travaillés; mais dans beaucoup de cas elles peuvent encore fournir des matériaux à l’art céramique.

Je me bornerai à un seul exemple de cette position, ou du moins d’un gîte d’Argile plastique très-célèbre que je crois pouvoir rapporter à cette position. C’est celui des Argiles des bords duRhin, connues sous le nom d’Argile de Coblentz ou de Cologne, quoiqu’elles ne se trouvent point dans le territoire de ces villes, mais à une distance à l’est de plus de 18 kilomètres. /

On sait que les bords du Rhin présentent dans un grand nombre de points des terrains d’origine évidemment ignée. Les environs de Coblentz semblent en être tout à fait dépourvus. Cependant je crois avoir reconnu des petites parties de roches qui sont comme des vestiges de cette formation. Ce sont des agglomérats ponceux d’une épaisseur de quelques centimètres composés de zones minces successivement noires, jaune-brunâtre et noires, qui de Yallendar àWalkensburg, entre ce premier bourg et le village de Grenzhausen, recouvrent le dépôt assez puissant de limon, d’argile sableuse rougeâtre mêlée de petits rognons de fer limoneux et de sable blanc , au-dessous duquel est placé le lit d’Argile plastique , quelquefois accompagné de lignite , qu’on exploite à Grenzhausen.

Je citerai un dernier exemple d’Argile d’origine volcanique évidente. C’est M. Horsfield qui l’a observé et publié dans les Mémoires de Batavia (tome vin). Lors d’une grande éruption du

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volcan de Klutz, le vent transporta jusqu’à Batavia une grande quantité de cette poussière terreuse qu’on appelle cendre volcanique. Cette prétendue cendre était une Argile très-alumineuse, si ce n’était même de l’Alumine, qui, humectée, prenait une plasticité très-caractérisée, et toutes les qualités, dit l’auteur, d’une bonne Argile à Potier. On pense que les orfèvres de Batavia en faisaient les moules de leurs ouvrages les plus délicats.

Il est probable que les Poteries grecques fabriquées dans les îles de l’archipel Grec, dont plusieurs telles que Milo, Candie, appartiennent à la formation pyrogène, ont été faites avec des argiles de pareille origine, et je ferai remarquer à l’article des Poteries de Milo qu’elles présentent une dureté beaucoup plus considérable que celle des Poteries campaniennes.

S. Les Marnes.

Les Marnes sont des matières terreuses essentiellement composées d’argile et de carbonate de chaux et souvent de sable dans des proportions très-variables auxquelles on ne peut assigner aucune loi ; par conséquent, le caractère des Marnes est d’abord, de faire effervescence avec les acides, de donner avec l’eau une pâte plus ou moins courte et d’être toujours plus ou moins facilement fusibles 5 toutes les Marnes plastiques sont aussi ou friables et désagrégeables sur le champ, ou solides et plus 1 lentement désagrégeables.

Nous distinguons les Marnes , suivant la prédominance bien marquée de l’un des deux composants principaux, en Marnes argileuses, Marnes calcaires, et Marnes limoneuses.

Les Marnes argileuses font facilement pâte avec l’eau, se travaillent même assez aisément, acquièrent de la solidité et même de la dureté au feu ; ce sont celles qu’on emploie le plus ordinairement et presque seules dans la fabrication des Poteries communes.

Les Marnes calcaires, généralement blanches ou grises, présentent une texture compacte et une solidité que n’offrent pas les premières, elles se dilatent et se désagrègent par l’action des météores atmosphériques-, seules elles ne donnent jamais

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avec l’eau une pâte réellement plastique ; elles n’entrent donc dans la composition des pâtes céramiques que comme ingrédients dégraissants, empêchant la fente, et donnent aux faïences la propriété de recevoir plus facilement et plus également l’émail et de l’empêcher de se détacher par écailles.

Les Marnes limoneuses sont généralement légères, poreuses et friables 5 elles sont brunes ou même noires 5 elles font effervescence avec les acides, laissant après leur action un dépôt sableux plus ou pioins abondant.

Elles donnent une pâte assez liante, mais qui n’a que peu de solidité.

Quand elles sont noires elles peuvent conserver leur couleur

au feu, mais seulement à basse température ; dans d’autres cas

elles cuisent en rouge, en conservant quelquefois dans leur intérieur, des parties brunes et même noires plus ou moins étendues.

Je donne le tableau de quelques matières terreuses qui par leurs propriétés, leur composition et leur emploi peuvent être considérées comme marnes céramiques (*).

Marne argileuse.

Les Marnes argileuses qui sont si fréquemment employées dans la fabrication des faïences et des terres cuites, se présentent' dans tous les terrains, surtout dans les terrains tertiaires. On ne trouve que ces Marnes dans les terrains épiolithiques, dans les jurassiques, etc.

Elles s’y présentent en lits réguliers alternant avec les calcaires, les gypses, et les grès de ces terrains, renfermant quelquefois de nombreux débris de corps organiques végétaux et animaux de toutes les classes, mais de celles qui sont propres à l’époque géologique des terrains auxquels elles appartiennent, et c’est même ainsi qu’on peut déterminer leur époque de formation quand on les trouve non interposées. Les Marnes argileuses et calcaires sont bien plus répandues et en bien plus grande masse h

(‘) Je n’ai dû parler ici que des marnes qui entrent dans la composition des pâtes céramiques; j’ai réuni ailleurs (Diet. des Sc. nat.y édit, de Lcvrault, 1823, tome xxix, art. Marne) tout ce qui m’a paru devoir constituer l’histoire naturelle de cette roche terreuse.

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