‹ Traité des arts céramiques (volume 2)Chapitre 58 sur 261 · CALCAIRE. GYPSE, ETC. GLAÇURES · texte numérisé non relu

CALCAIRE. GYPSE, ETC. GLAÇURES

qu’il faut seul compter, à moins qu’on ne prenne du plâtre parfaitement cuit. Or, les rapports de l’eau et du sulfate de chaux sont de 79 de sulfate de chaux à 21 d’eau.

Il faut aussi avoir égard aux matières qui accompagnent fréquemment le Gypse, telles que l’argile, le sable , le carbonate de chaux et le sulfate de strontiane. C’est d’autant plus important que ce sel terreux est fréquemment employé dans les pâtes les plus belles et les couvertes les plus délicates.

Dans plusieurs cas la température à laquelle la Poterie doit cuire est insuffisante pour calciner la chaux ; alors le calcaire n’y est point introduit comme fondant , et la pâte de la Poterie fait effervescence avec l’acide nitrique , ainsi qu’on le verra à l’article des Poteries à pâte tendre mate , vernissée et émaillée : telle est la faïence. Dans d’autres cas l’acide carbonique est dégagé par la température de la cuisson , comme dans la porcelaine. Il faut remarquer alors que ce n’est plus du carbonate de chaux qu’on introduit ici comme dégraissant , mais de la chaux comme fondant. Il faut dans ce cas n’avoir égard dans les proportions qu’à la chaux renfermée dans le carbonate de chaux qui fait partie du calcaire ou de la marne. On sait que cette proportion est , d’après les expériences récentes de M. Dumas , de 56 de chaux et 44 d’acide carbonique

Barytine (sulfate de baryte); il est très-peu employé, ne se trouve que dans la nature, est sujet à être mêlé avec des substances métalliques, ce qui exigerait une extraction soignée et un épluchage souvent dispendieux.

D Glaçures.

Nous retrouvons dans l’article des glaçures, plusieurs des substances que nous avons déjà examinées, jouant d’autres rôles, et quelques substances autres qui sont plus artificielles que naturelles , presque toutes même le sont , à l’exception de l’acide borique, du selmarin, et des ocres.

Comme ces objets ont des emplois très-spéciaux , je n’en parlerai point ici d’une manière générale; je dirai seulement qu’on a préféré le borax (borate de soude) à l’acide borique à cause

GLAÇUflES.

de la difficulté d’obtenir ce dernier toujours dans le même état de pureté. Ainsi quand on veut introduire de l’acide borique dans une Glaçure il faut avoir égard à sa proportion dans le borax par rapport à la soude et à l’eau qui l’accompagne, et savoir que pur et bien cristallisé en prisme il est composé d’eau 53, de soude et d’acide borique 47- L’eau y est si abondante, qu’il faut toujours l’en chasser par calcination avant de l’employer.

M. Payen vient de faire un borax qui renferme beaucoup moins d’eau, et dont la forme est l’octaèdre régulier. Il est composé d’eau 3o, d’acide borique et de soude 70.

Phosphorite (phosphate de chaux). Cette substance nouvellement introduite comme fondant dans les pâtes céramiques, mais presque uniquement jusqu’à présent dans les porcelaines tendres, n’est point prise dans le règne minéral ; elle est trop rare en masse dans la nature et devient souvent d’une exploitation et d’une épuration difficiles. Cependant on pourrait peut-être employer le phosphorite fibreux de Logrosan en Estramadure, qui forme des collines entières, ou celui d’Àmberg en Bavière, moins abondant et renfermant une quantité plus ou moins considérable de silice à laquelle il faudrait avoir égard.

Le phosphorite qui est d’usage dans les procédés céramiques actuels est tiré des os de grands animaux. Nous verrons à l’article de la porcelaine tendre anglaise qu’il y a dans cette matière beaucoup plus de choix qu’on ne le présumerait au premier aspect, et que les os de toute espèce d’animaux ne peuvent être pris indistinctement.

.le pourrais actuellement parler de l’influence de chacun de ces éléments des Poteries sur la plasticité de leur pâte, sur leur solidité, leur densité, leur fusibilité, la facilité ou la difficulté de leur fabrication, sur les défectuosités qu’elles font éprouver aux Poteriesdans leur façonnage, dessiccation, cuisson, etc. , mais on voit que je serais obligé d’anticiper sur la connaissance de toutes ces propriétés et qu’il est plus convenable de parler de ces diverses influences à mesure que je traiterai des opérations qu’il faut faire pour fabriquer entièrement une Poterie parfaite et des diverses propriétés qui accompagnent ou suivent ces opérations.

COMPOSITION GÉNÉRALE DES PATES

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