‹ Traité des arts céramiques (volume 2)Chapitre 68 sur 261 · MACHINES A BROYER · texte numérisé non relu

MACHINES A BROYER

La partie fixe ou inférieure ne présente presque aucune variété „ c’est une pièce do pierre dure, grés ou silex, ordinairement cylindrique, à surface supérieure parfaitement plane. Elle est encastrée dans la cuve ou tinette (ee) qui reçoit les matières à broyer. Elle est quelquefois percée à son centre pour laisser passer l’axe qui fait tourner la meule supérieure ; quelquefois elle ne reçoit que la crapaudine , sur laquelle pivote la pointe de l’axe vertical de la meule tournante.

II n’en est pas de môme de la partie supérieure mobile, elle présente de nombreuses variétés.

Cette partie est ordinairement une meule de grès ou ellipsoïde ou cylindrique , mais alors profondément échancrée sur une partie de sa circonférence.

Les meules ovales employées dans beaucoup de fabriques (à Paris et dans les fabriques de porcelaine de Meissen en Saxe , etc.) et les meules cylindriques à échancrures, presque aussi usitées (à Sèvres), sont en grès dur.

Leur mode de suspension est d’une grande importance dans quelques fabriques; elles sont réellement suspendues , de manière à ne pas peser de tout leur poids sur la meule inférieure fixe. Une n i 1 1 e soudée sur la partie supérieure de la meule , traversée par l’arbre ou axe , reçoit un crochet qui attache la meule médiatement à l'arbre. La queue de ce crochet est garnie d’un pas de vis sur lequel tourne un écrou qui relève la meule par une action qu’on peut ménager comme on veut.

Dans le plus grand nombre des cas, la meule supérieure est abandonnée à tout son poids, et l’arbre qui la traverse n’a d’autre fonction que de la faire tourner.

Enfin , tantôt l’arbre qui la fait tourner vient d’en haut , passe dans l'axe de la meule, qui est percé et garni d’un œil carré en fer, et vient s’appuyer sur une crapaudine de la meule inférieure.

Tantôt cet arbre vient d’en bas , traverse la meule inférieure , et , enveloppé dans une espèce d’étui fixé sur cette meule , il se rend dans un collet engagé dans une traverse supérieure, et, traversant la meule mobile par son axe, muni d’un œil carré, il la fait tourner sans l’empêcher de peser de tout son poids.

Cette méthode , employée dans plusieurs manufactures de porcelaine (à Nymphenbourg , en Bavière, etc.), est peut-être un peu plus compliquée que la précédente , d’une exécution plus dispendieuse, mais elle a pour cette sorte de fabrication ce précieux avantage de faire éviter tout contact de la matière à broyer avec les parties de fer qui , en passant, introduisent nécessairement dans la pâte un peu de matière colorante (*)•

(*) Je ne donne pas de figure de cette disposition , parce que la position de l’axe moteur du tournant dans le moulin à blocs , qui est figuré PI. vi , fig. 3 , A , est fondée sur le même principe et exige les mêmes précautions.

BBOYAGE.

On peut cependant obtenir ce même résultat tout en transmettant le mouvement à la meule mobile, de haut en bas.

Plusieurs tournants do la manufacture royale de Sèvres sont néanmoins mus par ce mécanisme ; je m’abstiens de le décrire , l’explication de la figure A me paraissant suffisante pour le faire connaître avec l’exactitude nécessaire à son exécution.

Les méthodes de Broyage offrent quelques différences importantes. Il est difficile de dire encore quelle est la préférable de celles que je vais faire connaître, cette préférence pouvant résulter des circonstances dans lesquelles se trouve le fabricant. J’en indiquerai deux principales.

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