‹ Traité des arts céramiquesChapitre 104 sur 295 · COULAGE DES CORNUES · texte numérisé non relu

COULAGE DES CORNUES

reste une couche mince sur les parois du canal , mais le tube n’a pas assez d'épaisseur. Or, pendant qu’on fait le même Coulage dans quatre autres moules, cette première couche se raffermit et peut en recevoir une seconde qu’on lui donne de la même manière que la première fois ; mais on a soin de mettre le bout inférieur du moule en haut. Si le tube de porcelaine n’est pas encore assez épais, on lui donne une troisième couche , ayant toujours soin de n’introduire jamais la barbotine par la même ouverture.

Lorsque le tube de porcelaine est assez raffermi on coupe la pâte extérieure et on replie même au-dessous de la feuillure extérieure la partie du tube qui la dépasse; sans cette précaution le tube adhérant au moule par ses deux extrémités ne pourrait pas prendre sa retraite et se séparerait transversalement dans les parties plus faibles que les autres.

Au bout de trois ou quatre heures tous ces tubes sont bons à démouler. Les bavures de la jonction des deux coquilles du moule s’enlèvent à la lame et paraissent à peine après la cuisson.

Ces tubes sont en général légers, d’une égale épaisseur, d une égale densité dans toutes leurs parties et résistent fort bien aux plus hautes températures amenées avec ménagement.

§ 3. — Coulage des cornues et autres pièces de formes

à courbures.

Les détails du procédé de Coulage doivent varier en raison de la forme des pièces. Ainsi, le façonnage des pièces creuses et courbes, telles que les cornues des chimistes , certains bustes à col étroit, doit être disposé de manière que la pâte en barbotine puisse y entrer et en sortir sans clapotage. Pour éviter cet inconvénient, on coule les cornues dans des moules à deux coquilles qu’on réunit ensuite comme on le fait pour les cornues qui seraient moulées à la croûte. Voici le procédé:

On fait en plâtre, gâché suivant les règles prescrites plus haut, un moule ordinaire de la cornue en deux coquilles, PI. xi ,fig. 6, C; on surmonte chaque coquille d’un demi-moule mobile, A, B, D, nommé fausse coquille, qui n’est nécessaire que pour élever la pâte à mouler au-dessus du niveau des bords de la pièce , afin que pendant le temps de l’absorption la pâte soit toujours maintenue au-dessus de ce bord. La fausse coquille peut être en métal, en plâtre verni, etc.; l’essentiel est qu’elle ne soit pas absorbante.

Lorsqu’on juge que la couche de pâte déposée est assez épaisse, on ôte les deux fausses coquilles et on a deux moitiés de la cornue C avec un petit rebord saillant nécessaire pour qu’en rapprochant ces deux coquilles ce petit rebord s’écrase et cimente parfaitement les jointures. La cornue est faite ; mais pour s’assurer que les joints des deux coquilles

Page 1