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COMPOSÉS

modifications à des Fours dans lesquels on ne cuit qu’une seule classe de Poterie 5 tels sont :

Le Four à deux et trois étages pour cuire les briques et carreaux, de M. Bonnet, fabricant de faïence à Apt (*)5 PI. xii, ftg. 2. Le Four à deux étages et à dix alandiers pour cuire de la faïence commune, de M. Huard de Nothomb, àLongwi.

Celui qui a également deux étages et quatre alandiers, propre à cuire la faïence fine, de M. Boch-buschmann , à Luxembourg (il n’a pas été conservé). Le Four deM. Guignet, à Giey, pour cuire principalement de la porcelaine, PL xm. Le Four rectangulaire de M. Feilner, à Berlin, pour cuire des poêles, baignoires, etc., en Poterie et faïence commune.

Celui deM. Albrecht, aussi à Berlin ; c’est un Four rond à deux étages et six alandiers, pour cuire de la faïence.

Je ne fais également que mentionner le Four à deux étages de foyers, dans lesquels on cuit depuis 1 842 la porcelaine dure à la manufacture royale de Sèvres. J’en donnerai, dans le livre 11, à l’article de cette manufacture, des figures, une description et une histoire détaillée.

Il ne faut pas confondre les Fours composés complets, puisqu’à chaque étage il y a la réunion des parties qui constituent un Four, c est-à-dire la bouche , le foyer , le laboratoire et la cheminée , avec des Fours à plusieurs laboratoires superposés, tels que beaucoup de Fours à porcelaine , et par exemple celui de la manufacture royale de porcelaine de Copenhague, celui de la manufacture royale de Berlin , etc. \ quelques fours à faïence, tels que celui de MM. Fouque et Arnoux, cà Toulouse.

Enfin il est une autre classe de Fours réellement composés, mais dans lesquels les fourneaux, au lieu d’être superposés, sont àla suite le^uns des autres , dans une position horizontale ou oblique. {Voyez Additions T. I. p. 656.)

P) Il paraît que c est le premier Four composé à plusieurs laboratoires et foyers superposés qui ait été construit et employé. C’est en 1805 que M. Bonnet, père du fabricant actuel, obtint un brevet d’invention pour le Four qu’il fil construire à cette époque et qui marche encore avec le même succès. J’en donne la figure (Pl.xii, fig. 2), et j’y reviendrai au chapitre qui traitera des Poteries qu’on y cuit.

ENCASTAGE.

Tel est le remarquable Four où l’on cuisait à Sèvres, il y a moins de quarante ans , les peintures et dorures en porcelaine tendre.

Je reviendrai sur ces Fours spéciaux, et je décrirai , en traitant des classes de Poteries où ils sont employés, ceux d’entre eux qui par leur particularité et leur spécialité, présentent assez d’intérêt pour mériter ces détails.

Article II. — DE L’ENCASTAGE ET DE L’ENFOURNEMENT.

La première opération consiste à préparer les pièces à subir, sans être altérées, l’action du feu de cuisson. La seconde, à les disposer convenablement dans le Four.

§ 4. — Encastage.

C’est l’action de placer les pièces sur des supports ou espèces de moules (cast en allemand) ou dans des étuis de terre nommés cazettes (petites boîtes), et par corruption gazettes. Considérant toujours les opérations céramiques sous le point de vue le plus général, je ferai remarquer que l’encastage est intimement lié avec la nature de la pâte , et comme les pâtes forment deux classes de Poteries très-différentes, celles qui se ramollissent et celles qui ne se ramollissent pas au feu , on a été forcé d’établir deux modes tout différents d’encastage.

A. Des Cazettes et supports.

Les Poteries deces deux catégories ont toujours besoin d’être sinon entièrement enveloppées, au moins supportées par différents moyens 5 si quelques Poteries communes peuvent se cuire pêlemêle et à nu dans le Four, et en se supportant mutuellement lorsqu’elles sont en biscuit, il faut nécessairement , même pour les Poteries les plus grossières, des supports qui les séparent lorsqu’elles sont couvertes d’un enduit vitreux (1).

(J) On verra à l'article des Poteries tendres vernissées qu’il y en a cependant qui cuisent les unes sur les autres sans aucun corps intermédiaire.

CAZETTES ET SUPPORTS.

Ces enveloppes et supports qu’on appelle étuis, cazettes, rondeaux, renversoirs, sont faits avec une pâte argileuse qui doit réunir les deux conditions d’être grossière et d’être plus difficile à ramollir que la Poterie qu’on doit y pldcer.

IJ faut qu’elle soit grossière , afin de pouvoir résister à l’action immédiate et inégale du feu sans se briser, et que les étuis et supports qui en sont faits puissent retourner plusieurs fois au feu. La qualité de l’argile et de la marne argileuse qu’on emploie doit contribuer à cette première qualité ; mais le ciment plus ou moins grossier qu’on y introduit dans une propoition qui est quelquefois de plus de moitié, y contribue encore plus efficacement.

Il faut qu’elle soit plus i n f u s i b 1 e , plus solide même que la pâte des pièces qu’on cuit dans ces étuis ou sur ces supports; car lorsque cette pâte tend à se ramollir, il faut que les supports s’opposent autant que possible à la déformation qui accompagne souvent ce ramollissement.

On trouve assez facilement des argiles pour faire les étuis et supports des faïences, des porcelaines tendres, etc., desmaines argileuses peuvent même y être employées efficacement-, mais il est très-difficile de trouver des argiles qui réunissent à la plasticité, l’infusibilité nécessaire à la cuisson du grès-cérame et des porcelaines, Poteries qui ne cuisent qu’à une très-haute température. Les argiles plastiques, dans l’acception minéialogique et rigoureuse de ce mot , sont les seules qu on puisse employei à cet usage. De là une des plus grandes difficultés qu on trouve dans l’établissement des fabriques de porcelaines.

A ces conditions essentielles aux pâtes des étuis et supports , se réunissent d’autres conditions accessoires qui rendent le choix des terres à cazettes encore plus difficile.

Il faut qu’elles ne renferment ni grains de quarz , ni grains de calcaire, qui, en se brisant et se dilatant, détachent des cazettes des grains qui tombent sur les pièces et les gâtent.

Il faut qu’elles soient exemptes de gypse, qui excite la fusion de la partie où il se trouve -, de pyrites , qui produisent le même effet que les grains de quarz et que le gypse, et qui répandent en outre des vapeurs sulfureuses presque toujours nuisibles à la

CAZETTES ET SUPPORTS.

glaçure des pièces , et surtout aux vernis et couvertes colorées ; enfin , non-seulement il faut qu’elles résistent une fois sans se briser à l’action immédiate et brusque de la chaleur, mais il faut qu’elles y résistent' plusieurs fois sans se fendre, sans se ramollir, sans se diviser en écailles, etc.

On corrige les défauts qui résultent des corps étrangers , sable grossier, petits cailloux, quarz, grains de craie ou de calcaire, cristaux de gypse et de pyrites qui peuvent être disséminés dans les argiles à cazettes , en lavant ces argiles ; c’est une opération qu’il est difficile d’éviter. On s’oppose à la chute des grains sur les pièces placées dans la cazette inférieure en vernissant les parties de cazettes qui doivent former le plafond. Cette opération , qui a lieu dans presque tous les genres de fabrication, et qu’on étend quelquefois aux parois latérales de la cazette, s’oppose aussi à l’influence d’absorption que la pâte argileuse matte et poreuse des cazettes, exerce quelquefois sur le vernis des pièces qui y sont renfermées.

On corrige les défauts de qualité des argiles par l’introduction d’un bon ciment et par le mélange d’argile de diverses qualités.

On remarque que les vieilles cazettes, celles qui ont servi plusieurs fois, sont meilleures que les neuves 5 qu’elles jettent moins de grains et sont moins susceptibles d’agir sur les vernis ou émaux-, aussi les fait-on servir, quoique déjà brisées en plusieurs pièces. On est obligé, pour les mettre en place, de les lier momentanément avec des cordes.

Façonnage. — La fabrication des cazettes et supports se fait comme celle des pièces, mais plus grossièrement. Le pâte est marchée, pour y incorporer le ciment et les diverses argiles dont elle est composée. Les cazettes, supports et rondeaux sont, les uns tournés, mais simplement en ébauche, et ne sont jamais tournassés -, les autres sont moulés.

Les rondeaux ou plaques de terrecuite destinés à porter les pièces se font avec une pâte en général plus sableuse , et on rend leur surface parfaitement plane en l’usant, lorsqu’ils doivent porter des Poteries qui se ramollissent au feu.

Les renversoirs, qui sont des rondeaux qui épousent la forme creuse desassiettes, compotiers, soucoupes, etc., qu’on fait

ENCASTAGE DES PATES NON RAMOLLISSABLES.

cuire sur eux en biscuit, sont faits avec une pâte plus fine et très-sableuse.

B. Encastage des pâtes non ramollissables , tant en biscuit qu’en glaçure.

L’Encastage consiste, comme on l’a dit, à placer les pièces à cuire dans des étuis, cazettes ou boites, et avec toutes les précautions convenables pour leur succès. Lorsque les Poteries ne doivent éprouver aucun ramollissement par 1 action du feu nécessaire à leur cuisson , et si elles n’ont encore aucun vernis , on peut les placer les unes sur les autres , de manière à ce qu elles se soutiennent mutuellement , mais en ne portant pas cet entassement au point que les inférieures soient écrasées ou déformées par les supérieures. Alors elles ne tiennent dans le four guère plus que leur place. Tantôt on les met à nu les unes sur les autres, sans aucun plancher ni support de séparation ; c est le cas des Poteries en terre cuite non vernissées , et assez épaisses pour que les inférieures supportent le poids des supérieures-, tantôt on les met encore à nu-, mais comme on ne pourrait pas en remplir la capacité du four sans que les inférieures fussent écrasées par le poids des supérieures , on établit plusieurs planchers avec des plaques octogones de terre cuite supportées par des espèces de colonnes ou piliers de même nature , et c est sur ces planchers que s’entassent les pièces à cuire qui n’ont pas deglaçure. Cette méthode s’appelle Encastage en échappade ou en Chapelle. Tantôt enfin on les met dans des étuis ou cazettes , qui n’ont d’autre objet que de garantir certaines Poteries plus précieuses de l’action trop immédiate de la flamme, de la fumée et de la cendre qui pourrait en salir ou en colorer la

surface.

Telles sont les manières d’encaster les Poteries sans glaçure , comme les Poteries grossières, les grès qui ne doivent recevoir aucun vernis , le biscuit de faïence grossière et de faïence fine , le dégourdi de porcelaine, etc.

Mais si ces Poteries sont recouvertes d’un enduit qui doive se vitrifier par l’action du feu, il faut éviter qu’elles se touchent ,

ENCASTAGE

et il faut même qu’elles ne touchent que par le plus petit nombre de points possible aux pièces qui doivent les supporter.

Pour atteindre pe but, on les fait porter, parles points les moins nombreux et les plus petits possible , sur des supports appropriés qu’on appelle Pernettes, Colifichets, Pattes de coq (4).

Les pernettes sont des prismes triangulaires à arêtes aiguës en Poterie cuite, qu’on fixe sur trois rangées dans des trous pratiqués dans les parois des cazettes et qui supportent sur leurs arêtes les pièces plates, assiettes, plats, compotiers, soucoupes, etc. , qu’on place dans ces cazettes 5 afin de mettre autant de pièces que la cazette peut en contenir, on rapproche les pièces autant qu’il est possible de le faire sans avoir à craindre qu’elles se touchent, car alors, elles se colleraient au moyen de leur vernis 5 elles se collent bien sur l’angle aigu de la pernette, mais c’est par un point de contact si petit qu’à peine paraît-il sur la pièce. Cependant, on remarquera que toutes les Poteries susceptibles d’être cuites ainsi en vernis, Poteries grossières vernissées, faïence commune, faïence fine, présentent toujours à la face inférieure de leur bord trois petits points sans émail qui indiquent le point de contact des pernettes. Les pièces élevées et creuses, petites ou grandes, comme tasses, pots à l’eau, jattes, etc. , se mettaient autrefois dans des étuis et seulement à côté les unes des autres, mais pour économiser la place on est arrivé à les placer l’une dans l’autre ou l’une sur l’autre au moyen de petites cales en terre cuite qu’on nomme colifichets , qui ont des arêtes très-aiguës ou des pointes très-déliées, en sorte que les points de contact de ces pièces sont à peine sensibles.

On conçoit que des pièces aussi plates que des assiettes qui sont comme soutenues en l’air par trois points placés vers leur circonférence ne pourraient être cuites ainsi si elles étaient susceptibles d'éprouver par l’action du feu nécessaire à leur Cuisson le moindre ramollissement qui les déformerait ou les ferait se coller les unes contre les autres.

Lorsque les Poteries sont très- grossières, si elles sont en

ï1) Voyez les différents modes d’encastage et de supports, Pi. xxxiv, xlviii et xux, et l’exDlication de ces planches.

DES PATES RAMOLLISSABLES.

vernis, on les Encaste aussi en échappade, mais il tient moins de pièces sur les plateaux , et les cales ou colifichets qu’on emploie pour les ' séparer sont beaucoup moins délicats et placés avec moins de soins.

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