HUMIDITÉ DANS LES BOIS
La première y paraît bien plus tenace ; elle semble être retenue dans le Bois par une sorte d’action vitale -, on ne peut donc l’en dépouiller qu’avec peine , et par une température élevée et longtemps continuée, qui non-seulement chasse 1 eau interposée , mais qui agit aussi sur la sève et enlève ainsi au Bois une certaine partie de la matière combustible 5 ce résultat est controversé (1).
Quel que soit l’effet de l’opération du dessèchement , soit du Bois vert , soit seulement du Bois mouillé , il est indispensable ; car le Bois humide brûle lentement , une partie de la chaleur produite par sa combustion est employée à volatiliser 1 eau; de là une plus grande consommation de Combustible. Cette combustion incomplète est accompagnée d’un dégagement considérable de fumée humide; toutes choses souvent très-nuisibles à la cuisson des Poteries. 11 faut donc éviter avec soin les Bois verts , et, sauf quelques moments où. on les emploie dans un but paiticulier, ils sont nuisibles à la fabrication , sous plusieurs rapports.
Mais lorsque des Bois ont perdu leur verdeur, ils conservent encore, selon les circonstances où ils se sont trouvés, une plus ou moins grande quantité d’eau; cette eau y est peu adhéiente; quelque temps d’exposition à l’air, au soleil ou dans une étuve , suffit pour les faire sécher. Mais faut-il pousser cette dessiccation très-loin , jusqu’à ce que les Bois aient perdu toute l’eau interposée, et que leur sécheresse presque complète soit indiquée par le son clair qu’ils rendent quand on les frappe? C est une question qu’il est difficile de résoudre par l’expérience , parce qu’un grand nombre de circonstances viennent compliquer les résultats et les rendre tout à fait incertains.
L’opinion des artisans , qui paraît résulter chez eux , non pas d’observations exactes , mais d’une pratique souvent répétée et qui équivaut presque à des expériences rigoureuses , est le seul moyen que nous ayons jusqu’à présent de répondre à cette question. Il paraît, d’après cette opinion , et d’après ce que j ai vu moi-même, que du Bois porté à une trop complète dessiccation
(*) Berthier, lissai , tome 1, page 255.