DÉTERMINATION DES PROPORTIONS
Le volume des deux parties x et P est égal à V. Le volume de l'eau est
P - ce
x , le volume de P — x est — — • On a donc la relation
d'où l'on tire
Dans cette formule , P est exprimé en grammes , et Y en centimètres cubes; d est la densité de la couverte rougie raporlée à celle de l’eau.
En l’appliquant à la Couverte de la Porcelaine , en remplaçant d par sa valeur que nous avons déterminée par expérience, on a reconnu que les rapports en eau et Couverte étaient, tant en volume quen poids, comme le fait voir le tableau suivant :
Exemple de la détermination de la proportion d'eau pure et de couverte qui se trouve dans les trois couvertes noS 1 , 2 et 3.
U» I. Pour les pièces minces.
t Couverte . .
En volumes .
( Eau. . . .
k Couverte .
En poids .
( Eau ....
N" II. Pour les assiettes et les pièces moyennes.
1 Couverte. .
i Eau , . . ,
En volumes .
( Couverte . .
( Eau ....
En poids .
N® III. Pour les grands vases et les pièces épaisses.
1 Couverte .
En volumes .
( Eau .
f Couverte .
En poids. . .
( Eau .
S 2. — Plasticité.
J’ai déjà parlé avec quelques détails de cette propriété au § a. de la section II du chapitre II, je dois y revenir dans ces considérations sur les propriétés physiques des pâtes en général
PLASTICITÉ
pour développer ou ajouter quelques principes que je n’ai pu qu’indiquer dans l’article IIe de la première section de ce chapitre.
On a souvent parlé de cette propriété, on semble la connaître, mais on n’en a qu’une idée vague, je l’ai définie au paragraphe cité.
Une argile, une pâte argileuse, une pâte de farine, une pâte de cire mêlée d’une certaine quantité d’huile ou de térébenthine, le verre en fusion pâteuse ont tous une Plasticité assez semblable, et cependant, nous voyons ici des corps essentiellement différents.
La Plasticité qu’on a appelée aussi le liant d’un corps, est la propriété qu’a une masse molle de recevoir facilement toute sorte de formes, de s’aplatir sans se gercer, de s’allonger en cylindre délié sans se rompre.
Lorsqu’on ne pense qu’aux pâtes argileuses et farineuses, on croit trouver la cause de cette propriété dans la présence de l’eau et dans sa liaison avec les parties fines et terreuses de ces corps ; mais lorsqu’on voit des corps qui, comme le verre simplement ramolli par la chaleur, acquièrent une véritable Plasticité, se laissent pétrir, mouler, étirer mieux que l’argile la plus plastique , lorsqu’on voit la pâte de cire et de térébenthine , et même la cire seule, mais chauffée, avoir à peu près la même propriété , on reconnaît la présence de la Plasticité sans celle de l’eau.
C’est donc une sorte d’adhérence attractive qui lie entre elles les molécules de certaines matières, qui leur permet d’être écartées par le calorique ou par d’autres corps sans se séparer complètement.
Un corps visqueux, c’est-à-dire dont les parties sont douées de cette adhérence, peut la communiquer à certains corps qui ne jouiraient sans cela d’aucune Plasticité -, telle paraît être la térébenthine pour la cire pure qui a si peu de Plasticité, la gomme, la colle de farine, le savon noir pour les pâtes céramiques qui sans la Plasticité que ces corps donnent aux matières terreuses, base de ces pâtes, resteraient sans aucun liant, et ne pourraient être façonnées.
PLASTICITÉ
Il faut donc que, par une sorte d’action mécanique, ces corps visqueux lient les parties entre elles, mais on ne peut pas attribuer à l’eau la propriété qu’on nomme v i s c o s i t é , et cependant, il est bien sûr qu elle donne la Plasticité aux argiles. Une argile calcinée n’en conserve aucune et ne peut même la reprendre par humectation; il faut qu’il y ait ici autre chose qu’une propriété presque mécanique telle que serait la liaison par viscosité , et que l’affinité très-grande de l’eau pour les molécules divisées de l’alumine communique à l’argile une Plasticité analogue à celle que donne la térébenthine à la cire, 1 eau et le gluten à la farine ; mais remarquons que j ai dit à l’argile et non àl’alumine, car il n’v a rien de moins plastique que l’alumine gélatineuse, même lorsqu’on lui enlève plus d’eau qu’il n’y en a dans une argile; il est probable que le troisième corps , qui est ici la silice, joue comme le rôle de modérateur dans la liaison, peut-être trop puissante, de 1 alumine et de l’eau.
Au reste, la Plasticité est comme un très-grand nombre de propriétés très-frappantes de certains corps, dont on ne peut pas démontrer, pas même présumer avec quelque vraisemblance la cause ; c’est d’ailleurs une propriété très-importante des pâtes céramiques pour la facilité du façonnage; une pâte qui n a pas la Plasticité convenable est difficile à travailler et d un façonnage plus cher; le façonnage des pièces en porcelaine tendre, qui n’avait aucune Plasticité, se payait le double de celui de la porcelaine dure. On verra à l’histoire de cette porcelaine, liv. II, ordre. IX , comment on donnait artificiellement à sa pâte la Plasticité indispensable à son moulage à la presse.
Cependant, lorsque la Plasticité est poussée trop loin, elle devient un défaut grave. J’ai dit au chapitre II, sect. II, comment on y remédiait parles matières dégraissantes, et comment quand la Plasticité manquait à une poussière dont on voulait faire une pâte céramique , on lui en donnait une factice , mais encore imparfaite, par l’introduction d’un mucilage dans cette
pâte.
On peut évaluer la Plasticité d’une pâte par la longueur qu’acquiert un cylindre de pâte sortant par la filière d une piesse
PLASTICITÉ
à colombin , avant qu’il se casse par son propre poids.
Mais comme il y a plusieurs circonstances qui peuvent influer sur la Plasticité , il faut savoir les évaluer et c’est ce qui rend l’expérience plus difficile.
11 faut d’abord être sûr que les pâtes qu’on veut comparer ont le même degré de finesse dans leurs parties ; on a vu au § i de cet article comment on pouvait déterminer cet état.
Il faut ensuite que les pâtes à comparer soient humectées de la même quantité d’eau, ce dont on s’assure en desséchant complètement les pâtes à la chaleur incandescente, et jugeant par la perte de poids qu’elles éprouvent , la quantité d’eau qu’elles renfermaient.
Je n’insisterai pas davantage sur cette propriété dont j’ai déjà parlé et qui est très-bien appréciée par l’expérience des mouleurs et des tourneurs, qui se manifeste même pour tout le monde, quand les différences sont très-grandes, par la courbure plus ou moins forte qu’on peut donner à un boudin de pâte de la grosseur du pouce avant qu’il se déchire. Mais je dois faire connaître les résultats de quelques essais que j’ai faits pour comparer la Plasticité de diverses pâtes par le procédé que je viens d’indiquer; les tableaux suivants présentent ces essais et leurs résultats.
N» 1. P4te de PORCELAINE DURE DE SÈVRES
(dite de Service), de 1842.
Ire SÉRIE.
IIe SÉRIE.
111e SÉRIE.
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(22 jours après.)
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mèt.
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Moyenne,
Moyenne
Moyenne
TABLEAUX DES PLASTICITÉS.
N» 2. F&te de PORCELAINE DURE DE SÈVRES
( dite de Service), de 1810.
r-' SÉRIE.
111e SÉRIE.
sur
(22 jours après.)
(2 jours après.)
mèt.
mèt. C.
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Moyenne, 2
Moyenne, 2 04
Moyenne, 2 35
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Pâte de PORCELAINE DE SÈVRES
( dite Chinoise), de 1842.
11e SÉRIE.
111e SÉRIE.
sur
(2 h. après. )
(22 jours après.)
Il PRESSÉES.
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mèt. c.
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Moyenne, 2
Moyenne, 2 70
Moyenne, 2 40
H» 4. Pâte de SÈVRES (dite de Sculpture), de 1842.
lre SÉRIE.
IIe SÉRIE.
IIIe SÉRIE.
sur
(24 h. après.)
(22 jours après.)
mèt.
mèt. c.
mèt. c.
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Moyenne, 2
Moyenne, 3 00
Moyenne,
TABLEAUX
Pâte de SAXE, de 1836.
IIe SÉRIE.
III* SÉRIE
(24 h. après.)
(22 jours après.)