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CONDUCTIBILITÉ

Porcelaine .

Terre cuite de fourneau

On ne peut pas cependant attribuer beaucoup d’influence à cette propriété sur la fragilité par les changements de température , car il y a une immense différence à cet égard entre la porcelaine et la terre cuite des fourneaux, entre une porcelaine et une autre. On voit qu’il y en a peu dans les propriétés conductrices du calorique des deux pâtes céramiques choisies parM. Despretz.

Pour avoir quelques données à ce sujet, nous avons mis dans une caisse en forte tôle percée latéralement d’ouvertures rectangulaires des baguettes de sept sortes de Poteries, laiges de i centimètre, épaisses de 4 à 5 millimètres, et longues d’environ 2 décimètres , savoir :

i° Porcelaine dure de Sèvres en biscuit} 2 couverte fondue de porcelaine dure } 3° faïence fine dure , dite porcelaine opaque ; 4° faïence fine, dite terre de pipe} 5° faïence commune} 5° Poterie tendre commune en biscuit, et 70 la même vernissée. On les a ajustées et assujetties dans ces ouvertures, de manière qu’il y ait une portion de quatre centimètres de longueur de chacune d’elles qui pénétrait dans la caisse. On a rempli la caisse d’eau, et avec du feu de charbon allumé sous cette caisse, on a porté l’eau à l’ébullition. Un écran en porcelaine dégourdie garantissait les baguettes et la cire de 1 échauffement par la chaleur rayonnante de la boîte de tôle. Sur chaque baguette on a placé exactement, à quatre centimètres des parois de la caisse , une petite boule de cire.

La déperdition de chaleur et la faible Conductibilité de ces baguettes de Poterie n’ont pas laissé arriver jusqu’aux boulettes de cire dans l’expérience de l’eau bouillante , une chaleur suffisante pour les fondre.

Alors on a rempli la caisse de plomb, qu’on a laissé pendant une heure à l’état de fusion, et on a observé l’arrivée aux boulettes de cire de la chaleur susceptible de les fondre.

On a répété cette expérience dans les mêmes conditions cinq fois, mais en changeant ces baguettes de place, et on a obtenu l’ordre suivant de Conductibilité dans les Poteries assez conduc-

trices pour avoir laissé arriver la chaleur jusqu’à la boulette de cire.

i° La porcelaine dure sans couverte, dite biscuit-,

2° La couverte de porcelaine dure , fondue en baguettes ;

3° La faïence fine dure, dite porcelaine opaque -,

4° La faïence fine tendre, dite terre de pipe ;

5° La faïence commune 5

6° La Poterie tendre commune, sans vernis.

Je le répète, cette expérience est bien informe, mais elle indique cependant un ordre de Conductibilité qui paraît être en raison directe de la densité des Poteries en masse , mais qui ne présente aucun rapport saillant entre cette propriété et le degré de susceptibilité que les Poteries ont d’être brisées plus ou moins facilement par l’approche d’un corps élevé à une haute température.

§7. — Action des vapeurs salines , et particulièrement du selmarin sur les pâles céramiques.

On ne peut douter de l’influence de la vapeur du selmarin sur les Poteries. J’en ai dit quelques mots à l’article des glaçures données par volatilisation (page 180). J’y reviendrai en traitant des grès-cérames. Il s’agit ici d’étudier cette action en général , et d’en établir, ou au moins d’en chercher la théorie.

L’action du selmarin sur les Poteries est remarquable dans certains cas, presque nulle dans d’autres. Quelles sont les circonstances qui la développent le plus?

Si les expériences que nous avons tentées, M. Malaguti et moi, ne sont pas décisives, quoique répétées cinq fois, elles attestent au moins l’influence que doit avoir l’humidité dans ce phénomène.

Nous avons placé différentes pièces en biscuit dans une cazette, tantôt au commencement du grand feu de porcelaine dure, tantôt à la fin; nous avons projeté du selmarin dans cet étui. Au détournement, les pièces d’essai montrèrent un peu de glacé, principalement sur la partie inférieure , qui avait pris en même temps une teinte jaunâtre. Les parois des étuis où la projection

du selmarin fut faite , étaient blanchies , et , chose assez remarquable qui se reproduisit constamment dans les cinq expériences , les assiettes placées dans les étuis au-dessous de celui qui contenait les pièces en biscuit, et où s’était faite la projection du sel, offraient de même une coloration jaune qui diminuait avec leur distance à l’étui d’essai.

Une expérience tentée avec du selmarin chimiquement pur, a donné lieu aux mêmes phénomènes.

Ainsi, dans les conditions de nos expériences, l’action exercée par le selmarin a été à peu près nulle sur les pièces qui étaient immédiatement exposées à sa Vapeur, et manifeste au contraire sur celles qui étaient placées au-dessous de cette action : dans les fours à grès-cérame elle est au contraire puissante et presque générale.

Voici comment nous tentons d’expliquer ce phénomène :

On ne peut concevoir l’action de la Vapeur du selmarin sur la silice qu’en admettant l’intervention de l’eau à l’état de vapeur ; c’est précisément ce qui doit avoir lieu dans les fours à grès : ici les pièces ne sont pas enfermées dans des étuis , elles reçoivent directement la vapeur d’eau formée pendant la combustion-, la décomposition du sel et la séparation de la soude peuvent donc s’effectuer.

Dans les fours à porcelaine où nous avons fait l’expérience, ni l’air ni la flamme n’ont un libre accès sur les pièces enfermées dans des étuis, et alors l’Action du selmarin doit être ou nulle ou faible, et c’est ce que l’expérience précédente a fait voir.

Quant aux phénomènes de coloration constatés dans tous nos essais, notamment sur les pièces inférieures à l’étui où on a projeté le selmarin, on peut les expliquer, en remarquant que le chlorure de sodium , en se décomposant au contact de la silice , produit de l’acide hydrochlorique qui se combine avec le fer des étuis et fournit un chlorure de fer dont la Vapeur, plus dense que celle du selmarin , descend et colore les pièces qui se trouvent sur son passage.

De là, décoloration de la partie inférieure de l’étui d’essai , coloration en jaune des pièces d’essai 5 coloration des assiettes placées au-dessous. On peut aussi expliquer pourquoi les pièces

d’essai ne sont pas aussi jaunes que les assiettes placées dessous. * Dans l’étui d’essai, la vapeur de chlorure de fer se trouve mêlée à une grande quantité de Vapeur de selmarin 5 tandis que dans les étuis inférieurs la Vapeur de chlorure de fer est presque pure.

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