‹ Traité des arts céramiquesChapitre 180 sur 295 · HISTOIRE DES BRIQUES · texte numérisé non relu

HISTOIRE DES BRIQUES

Les secondes sortes de Briques doivent réunir à toutes les qualités précédentes celle d’être infusibles à de très-hautes températures lors même que la fusibilité est facilitée par l’actipn des cendres. Cette infusibilité a cependant des limites très-différentes. On sait qu’il n’est pas nécessaire que les Briques d’un four de boulanger aient l’infusibilité de celles d’une forge, du fourneau de fusion d’un laboratoire de chimie ou d’un fourneau soit à réverbère, soit à faire de l’acier fondu.

Ces principes posés, nous allons suivre, sans les perdre de vue, toutes les phases de la fabrication des Briques.

A. Histoire

Il paraît que les Briques ont été les premiers matériaux artificiels employés par les hommes lorsqu’ils ont commencé à bâtir dans des terrains d'attérissement , pays les premiers habités à cause de leur fertilité , mais généralement dépourvus de pierres propres aux constructions, tandis que la matière meuble et plastique de leur sol se prête facilement aux formes qu’on veut lui donner. En effet on voit les Briques entrer dans la construction de la plupart des bâtiments anciens, surtout de ceux que l’on trouve dans les plaines de l’Asie, aux environs du Tigre et de l’Euphrate, où l’on suppose que se sont formées les premières sociétés. Le palais de Crésus, à Sardes, celui deMausole, à Haîicarnasse, celui d’Attale, à Tralles, étaient en Briques très-cuites, dures et rouges. Winkelmann dit qu’on ajoute à l’argile destinée à faire des briques un tuf pilé nommé sperone (*), qui devient rouge au feu

Plusieurs des anciennes Briques sont très-grosses en comparaison des nôtres, et n’ont point été cuites, mais simplement séchées au soleil. A l’argile sablonneuse dont elles étaient composées, on ajoutait, pour leur donner plus de solidité, de la

(i) Le Sperone des Italiens est, suivant Breisiack , Brocchi , etc., une lave ou tufau volcanique à pâle terreuse renfermant beaucoup d amphigène et de pyroxène et un peu de mica : c’est un vrai Peperino. Cette roche est très-abondante aux environs de Rome ; les Orles du cratère du lac Nemi en sont formés.

Page 1