BRIQUES. FAÇONNAGE
Seulement leBriquetier doit bien connaître la quantité dont la terre à Brique diminue à la cuisson , afin de régler sur la retraite les dimensions des moules-, on a vu au tableau n° VIT, G, des retraites , exemple de ces réductions. Les Briques d’Anzin prennent par la cuisson 0,02 à partir du moule (Clere). Le mouleur sable les moules et les place sur une table dont la surface est également couverte de sable, afin que l’argile ne s’y attache pas. Il remplit chaque moule d’une masse de pâte de Brique, qu’il y comprime et dont il enlève l’excédant avec la main, et il unit la surface supérieure avec une espèce de couteau de bois qu’on nomme plane.
Quand la Brique ou les deux Briques sont faites , un apprenti nommé porteur, les transporte avec le moule sur l’aire de la briqueterie ou sol très-uni, battu, solide et sablé ; il tient le moule de champ, afin que les Briques ne glissent pas-, il les fait sortir du moule en le retournant par un mouvement qui doit être assez régulier pour ne point faire gauchir les Briques; il les pose à plat et en rangs bien alignés pour ne point perdre de place. Elles éprouvent le premier degré de dessiccation; il faut pour que cette opération, qui paraît si simple, soit bien faite et de manière à ne point déformer la Brique , beaucoup d’habileté et de promptitude.
L’opération du moulage est très -prompte : un bon mouleur peut faire facilement, avec un moule simple, 4 à 5, 000 Briques dans une journée de douze heures de travail (*). Il ne faut pas que, pour aller plus vite, il emploie la terre trop molle ; la Brique perdrait de sa qualité : pour être bonne, elle doit être moulée le plus ferme possible.
Quand les briques commencent à se raffermir, et que le temps
(*) Le nombre des Briques qu’un bon mouleur peut faire en un jour de douze heures de travail varie de 2,500 à 10,000, d’après le récit des personnes qui ont écrit spécialement sur cet art , et les renseignements que j’ai recueillis de plusieurs bnquetiers dans des lieux et à des époques différentes.
M. Fourcroy de Ramecourt (Art du Briquetier, pag. 30), dit qu’un bon mouleur peut faire 9,000 Briques en un jour de douze heures. Dans la Remarque (p. 33), on dit 4,000.
M. Clere dit 6,000 en quinze heures, c’est-à-dire 4,000 en douze heures. Puis il a réduit ce nombre à 2,500 pour qu’elles soient bien faites, c’est-à dire avec une pâte ferme qui ne soit pas trop mouillée.
est sûr, on les relève sur le côté dans la même place où elles étaient à plat 5 cela s’appelle les mettre de champ. On ne doit même les mettre en haie que lorsqu’on est à peu près sûr du temps, car les Briques posées à plat sur l’aire sont moins gâtées par la pluie que lorsqu’elles sont relevées sur le champ ou mises en haie.
Quand enfin elles ont pris assez de consistance pour se laisser transporter sans être déformées, on les pare, c’est-à-dire qu’on enlève avec un couteau les bavures du moule; on les met ensuite sur un banc et on les rebat sur toutes les faces avec une batte, puis on les place les unes sur les autres, de manière à en former une espèce de muraille à claire-voie, pour qu’elles finissent de se sécher entièrement : cette opération s’appelle les mettre en haie. Ces haies sont en général composées de quatre rangées de briques sur l’épaisseur; la première rangée ou la plus haute est de 17 Briques, la quatrième n’en a que 14.
On évite par ce moyen l’avance de fonds considérable qu’on serait obligé de faire si on voulait les laisser sécher complètement sur le terrain, qui, dans ce cas, devrait être immense.
Néanmoins, il faut des moyens de mettre les Briques à l’abri des pluies abondantes qui les gâteraient entièrement.
Dans la plupart des briqueteries on place les Briques à raffermir sous des hangards, surtout dans celles où, en raison des demandes et de la proximité des lieux d’écoulement, elles peuvent be vendre plus cher que dans la campagne; aussi tous les briquetims des environs de Paris, possèdent-ils ces grands abris ou hangars couverts. Faute de hangars on cherche à les mettre à 1 abii de la pluie et d une dessiccation trop prompte en les couvrant avec des paillassons qui , portant sur les briques de la
rangée la plus basse, forment une espèce de toit convenablement incliné.
L aire sur lequel on a fait raffermir plusieurs fois des Briques s imprègne d humidité , devient mou et se déforme; il faut de temps en temps le rebattre.
Façonnage à la mécanique. — L’autre procédé de façonnage est celui qui s opère au moyen de machines remplaçant presque tout
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travail manuel depuis le mélange et malaxage des pâtes jusqu’au transport des briques sur l’aire de séchage.
Ce procédé, dont les résultats paraissent être si avantageux, a séduit presque tout le monde , non-seulement les théoriciens , qui ont fait peu de briques, mais plusieurs praticiens, maîtres de grandes fabriques, car tout le monde convient que s’il doit avoir quelque avantage , cela ne peut être que très en grand.
Le nombre de personnes qu’il a séduites est immense, et je suis loin de les connaître toutes; mais si cette énumération n’était pas aussi longue que fastidieuse et pouvait être utile, j’en citerai plus de quarante depuis environ cinquante ans ; et cependant , dans tous les voyages que j’ai faits depuis 1812, en France, en Allemagne, en Italie, en Angleterre, je n’ai pu voir une seule de ces briqueteries à la mécanique qui fût en activité productive et bien assurée depuis plus de trois à cinq ans. Le peu de succès de ces procédés mécaniques d’une apparence si séduisante tient à plusieurs causes.
Le façonnage d’une Brique, et surtout de celles qui sont destinées aux constructions, s’opère principalement par la main de deux ouvriers, un mouleur et un petit porteur; il se fait avec une si grande rapidité, les imperfections qui résultent de cette célérité sont dans le plus grand nombre de cas si peu importantes, et les frais de façonnage, dans lesquels sont compris ceux de transport, de retournage, de mise en haie, sont si peu élevés, quoique trèsnombreux, qu’une machine ne peut exécuter toutes ces simples opérations de la main , qu’étant fort compliquée et par conséquent dispendieuse d’établissement, de réparation, et même de manutention. Deux ouvriers peuvent faire en un jour, comme je l’ai dit , 6 à 7,000 Briques. Or, il est difficile qu’une machine, fît-elle dix fois plus de Briques dans le même temps, n’égale pas les frais qu’entraîneraient les vingt ouvriers supposés, et même qu’elle ne les surpasse pas bientôt, pour produire dans le même temps une si grande quantité de briques. Car il faut compter le prix considérable d’une machine qui fait tout, et par conséquent l’intérêt de ce capital, son entretien annuel, les réparations considérables de temps à autre qu’elle exige , les ouvriers qu’il faut
pour la conduire, enfin le moteur puissant qui doit lui faire faire toutes ces opérations.
Les Briques, à moins qu’elles ne se fabriquent dans un port de mer, sur les bords d’un cours d’eau navigable ou d’un canal, ne peuvent être transportées fort loin sans que les frais de transport ne viennent augmenter leur prix au delà des limites admissibles. Le voisinage à 3 ou 5 myriamètres est le seul rayon qu’elles puissent parcourir par les voies de transport ordinaire dans les pays les plus favorisés.
Une machine bien faite et bien complète doit, pour payer les frais d’établissement , d’entretien , etc. , fabriquer considérablement, et alors il faut une immense exploitation de terre, des aires ou hangars immenses pour mettre en séchage , à l’abri de la pluie, ces innombrables produits. Or, supposons qu’elle surmonte tous ces embarras 5 alors elle a tant produit qu’elle aura bientôt encombré tous ses canaux d’écoulement. Le chômage devient nécessaire et avec lui toutes les pertes qui en résultent.
Il faut donc une réunion rare de circonstances favorables pour qu’une briqueterie fondée sur l’emploi d’une grande et bonne machine applicable en même temps à la fabrication des tuiles et des carreaux, soutienne la concurrence d’un briquetier qui, sans presqu’aucun frais avec sa femme, ses enfants et le secours de quelques ouvriers ambulants qui viennent lui offrir leurs bras dans le temps convenable, peut faire, dans la saison , près de 2,000,000 de briques.
Cela m’explique le très-petit nombre de briqueteries à la mécanique qui ont eu une existence prolongée au delà des années de l’emploi des fonds d’établissement. Néanmoins il est telles circonstances favorables qui peuvent donner à une machine bien calculée et bien faite une supériorité économique réelle et durable sur la fabrication à la main. Tels sont des établissements d’usines nombreuses dans un pays où il n’y en avait pas, une ouverture particulière d’écoulement dans un port de mer , par des canaux ou des routes qui n’étaient pas encore établis, enfin des constructions immenses en briques près d’une ville où la main-d’œuvre est chère.
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Telles sont probablement les causes qui soutiennent plus ou moins longtemps les briqueteries où l’on fabrique les briques par des moyens mécaniques. Je prendrai pour exemple quelques rares briqueteries où on travaille depuis un certain nombre d’années avec des machines, et qui sont encore en activité.
Parmi tous ces procédés mécaniques, les uns se bornent à battre la terre fortement, les autres à mouler les Briques par une puissante pression, d’autres à exécuter toutes les opérations du façonnage. Les uns n’ont été que de simples projets pour lesquels on a cependant demandé des brevets d’invention -, d’autres qui ont été mis en pratique , furent bientôt abandonnés après trois ou quatre ans d’exercice. On ne sait, parmi tous ces procédés mécaniques, lesquels choisir pour donner une idée des principes et de leur mode d'application, d’autant plus qu’il est impossible de les comprendre sans des figures toujours trèscompliquées.
Dans l’article inséré dans la troisième livraison du tom. n du Porte-feuille industriel, du Conservatoire des arts et métiers, on trouvera à l’occasion de la machine à faire des briques deM. Terrasson-Fougère, une division très-lucide de ces machines d’après le principe fondamental sur lequel repose leur construction et leur effet. On les a divisées de la manière suivante :
i° Machines qui imitent le moulage à la main 5
20 Machines qui font le moulage par un mouvement de rotation continu.
3° Machines qui font le moulage avec un moule qui découpe ;
4° Machines qui font le moulage au moyen d’une fdière, et qui découpent ensuite soit avec un couteau, soit avec un fil.
I. Les machines qui imitent le moulage à la main se composent d’un cadre en fonte auquel on imprime un mouvement continu ou un mouvement de va-et-vient par des combinaisons mécaniques plus ou moins ingénieuses. Dans la première partie de sa course, le moule se remplit en passant sous la trémie qui contient la terre-, dans la seconde partie, il passe sous une pièce qui exerce la pression nécessaire, et dans la troisième partie, il
déborde la plaque qui fait le fond pour arriver sous un poussoir qui fait sortir la Brique du moule -, puis l’opération se renouvelle et se répète indéfiniment.
Parmi les machines de cette espèce , nous citerons : i° Celle de M. Kinsley, publiée en i8t3 dans le douzième volume du Bulletin de la Société d’encouragement, pag. 177 5 20 Celle de M. Delamorinière, bréveté en 182 5 5 3° Celle de M. Thierrion , d’Amiens, bréveté en 1 829 -,
4° Celle de M. Carville, àlssy, près Paris, bréveté en 1840.
II. Les machines qui font le moulage par un mouvement de rotation continu sont tout à fait analogues aux précédentes -, seulement au lieu d’un moule, on en emploie plusieurs qui sont disposés tantôt sur un plateau circulaire tournant autour d un axe vertical , tantôt sur la face d’un cylindre tournant autour d’un axe horizontal.
Parmi les machines-à-plateau , nous citerons :
1* Celle des environs de Washington, communiquée par M. Doolitle et publiée en 1819 dans le Bulletin de la Société
d’encouragement , vol. 18, pag. 3(3 1 *,
20 Celle de M. Levasseur-Précourt. Un lourd rouleau de fonte commence la compression qui s’achève lorsque les moules remplis de terre, passent entre deux plaques de tôle qui ne sont pas tout à fait parallèles.
Le démoulage s’exécute immédiatement après la compression à l’aide d’un refouloir qui agit de haut en bas, et dont le mouvement doit coïncider exactement avec le passage des moules au-dessous de lui -, les moyens d’obtenir cette simultanéité d action si importante, sont ingénieux et quoique assez simples, ne pourraient être facilement saisis sans une figure.
Les Briques sont reçues à mesure de leur démoulage sur des planchettes conduites par des plans articulés formant une bande sans fin dont l’axe est perpendiculaire à celui de la machine, en sorte que les Briques sont conduites jusque sur la brouette de
l’ouvrier qui les porte au séchage.
Des appendices dont il est facile de se faire une idée, saupoudrent de sable les surfaces métalliques des parties de la machine
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qui compriment et moulent les Briques, la chaîne sans fin chargée des moules vidés par le démoulage en passant pour revenir prendre d’autre terre à Brique, traverse un bac rempli d’eau-, un balai de bouleau placé dans ce bac nettoie toutes les parties des moules sur lesquelles l’argile des Briques aurait pu adhérer. Bréveté en 1826.
3° Celle de MM. Champion, Fabre et Janier-Dubry, de Besançon, brévetée en i83o.
Parmi les machines à cylindre, on citera :
i° Celle de madame la baronne Gavedel-Geanny , brévetée eu 1 826, et publiée par ordonnance de déchéance, dans le 28e volume des brevets page 95.
20 Celle de M. Naudot et compagnie, brévetée en 1828, à Sainte-Colombe, près Provins.
3° Celle de M. Cartereau, brévetée en 1829.
' Lorsqu’on se sert des plateaux tournants, c’est en général par des systèmes de leviers ou de plans inclinés que la Brique est pressée et chassée hors du moule.
Lorsqu’on se sert de cylindres, les moules ont un fond muni d’une queue et un mécanisme particulier pousse la queue pour chasser la Brique hors du moule lorsqu’elle arrive au point le plus bas de sa course.
Tous ces mécanismes sont excessivement compliqués, et il semble en effet, véritablement impossible de les combiner d’une manière simule.
III. Les machines qui font le moulage avec un moule qui découpe, different des précédentes en ce que la terre doit être préalablement préparée en nappe d’une épaisseur convenable, le moule tombe sur cette nappe avec une pression suffisante pour agir comme un emporte-pièce.
Parmi ces machines on remarque .
i° Celle de M. Cundy, quia été brévetée en Angleterre, et publiée en 1827, par M. de Saint-Amand, dans le bulletin de la société d’encouragement, vol. 26, page 348.
20 Celle de MM. Bosq frères, Girault et Taxil frères, brévetée en 1829.
3° Celle de M. Yirebent de Toulouse, brevetée en 1 83 1 ; mais celle-ci a principalement pour objet d’exécuter par pression divers ornements d’architecture; sous ce rapport, elle appartient à la plastique ; elle semble atteindre son but avec avantage.
IV. Enfin, les machines qui font le moulage par une filière sont, en général, composées : ou d’un piston qui pousse la terre par petites portions, qui la presse et qui l’oblige ainsi à se mouler en passant par le trou de la filière -, ou d’un piston qui pousse la terre en bloc et la fait sortir de la filière en prisme d’une forme voulue ^ dans les deux cas, il faut un couteau ou fil de fer pour couper les Briques d’épaisseur et une cà une.
On citera deux machines de cette espèce :
i° Celle deM. Hottemberg, conseiller de l’empereur de Russie; elle était en activité à Saint-Pétersbourg en 1807, et se trouve publiée dans le 12e volume du bulletin de la société d’encouragement, pag. 173.
20 Celle de M. George, de Lyon; brévetée en 1828 et publiée dans le 25e volume des brevets d’invention, page 296.
Tels sont les principes des diverses machines à Briques, qui nous ont paru dignes d’être citées.
Celle deM. Terrasson-Fougères, de Teil, département de l’Ardèche ne rentre complètement dans aucune des catégories précédentes; elle fait le moulage sans moule, et elle découpe 10, 20, 3o ou même 4o Briques à la fois, sans couteau ni emportepièce.
Depuis 1828, époque où M. Terrasson obtint la grande médaille d’or de la société d’encouragement, il n’a cessé de travailler avec sa machine, et il est parvenu par cette longue pratique à lui donner un degré de simplicité qui est véritablement très-remarquable; on en pourra juger en comparant la description et la figure donnée en 1829 dans le 28e volume du bulletin de la de la société d’encouragement, page 3 1 1 , avec celle qui se trouve dans la 3e livraison du tome II, PI. ix et x du Portefeuille industriel du conservatoire des arts et métiers à laquelle je renvoie, ne pouvant donner dans mon ouvrage une des-
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cription si longue et des figures aussi détaillées et aussi nombreuses pour un objet spécial. L’emploi réellement économique de cette machine n’est pas encore pour moi parfaitement démontré malgré les trois qui ont été fournies l’une à Saint-Germain chez M. Plency , l’autre à Grenoble et la 3e à Auxonne ; je dois ajouter qu’ayant voulu m’assurer que cette machine établie en 1 83 1 était encore en activité, j’ai écrit à M. Terrasson-Fougère, pour lui demander si elle marchait toujours à sa satisfaction; il m’assure par sa lettre du 3o novembre 1 84a que l’activité productrice de sa machine n’avait pas diminué, qu’elle fournissait deux fois autant de Briques qu’on en pourrait faire à la main dans le même temps, mais comme il ne fabrique que des Briques réfractaires, leur prix plus élevé que celui des Briques de bâtiments, permet de porter un peu plus haut les frais de fabrication.
La même assurance m’a été donnée par M. Gueymard, ingénieur en chef des mines à Grenoble, au sujet de celle qui a été établie dans cette ville d’après le modèle fourni par l’inventeur.
La seconde briqueterie mécanique que je citerai particulièrement est celle qui a été établie au lieu dit les Moulineaux, commune d’Issy à environ 8 kilomètres à l’ouest de Paris, par M. Cârville aîné; elle a été examinée par une commission de l’Académie royale des sciences composée de MM. Poncelet, Gambey et A. Séguier. On en trouve une courte description dans le rapport que M. Séguier a fait à l’Académie, j’en donne ici un extrait (*).
Le pétrissage et mélange intime de l’argile de Vanvres et du sable qu’on lui associe dans les proportions ordinaires s’exécute dans une tonne cylindrique à malaxer semblable à celle que j’ai figurée PI. vu, fig. î ; la puissance motrice est un cheval.
La pâte ainsi faite, est chassée dans les moules par une ouverture latérale pratiquée vers la base du cylindre.
( ) Voyez le profil a’ et l’élévation B. PI. xiy, fig. b, de cette machine faits sur les essins originaux que M. Carville m’a prêtés, contenant les améliorations qo’il y a laites en 1842. On ne peut s'empêcher de remarquer la grande analogie qu’elle présente dans une partie de sa marche, avec celle de M. Levasseur-Précourt, décrite plus haut, la seconde de la deuxième catégorie, et breveté en 1826.
Une chaîne sans fin traînant des cadres en fonte joints à charnière les uns aux autres , les fait passer sous la base de la tinne cylindrique, ils se remplissent de la pâte à Brique, sortant par une ouverture latérale de cette base.
Cette machine mue par un cheval assez fort et marchant au pas peut mouler et a moulé devant les commissaires de l’Académie i5oo Briques en une heure, ce qui ferait environ 18000 Briques dans une journée de 12 heures de travail.
Il faut pour servir cette machine dans un cas semblable :
Un cheval à . 4 fr.
Deux ouvriers pour humecter et pétrir la terre et la porter
à la tinne à malaxer . . . 5
Quatre enfants . "... 4
Quatre adolescents ou femmes . 6
Un ouvrier surveillant . 3
Or, on a vu plus haut qu’un mouleur habile avec ses aides, ou'bien une table de Brique composée de
Un mouleur . 4 fr.
Deux batteurs . 4
Un brouetteur . 2
Un porteur . 1 50 c.
Un metteur en haie , ouvrier qu’il faut aussi avec la machine.
11 fr. 50 c.
peuvent mouler et transporter au séchage au moins 7000 Briques dans le même temps-, en mettant les hommes aux prix portés ci-dessus et supposant deux tables , on aurait 1 4,000 Briques pour a3 fr. sans autres frais de fabrication. Dans le cas de la machine de M. Carville, que j’ai vue opérer plusieurs fois et qui m’a paru comme aux commissaires de l’Académie, comme à ceux de la société d’encouragement une des plus simples et des plus ingénieuses qu’on ait inventées, il faudrait ajouter aux 22 fr. de main-d’œuvre, l’intérêt du capital de la machine, son entretien et ses réparations-, or s’il n’y a pas d’erreur dans des calculs dont les données sont si vagues, il y aurait encore un bénéfice assez notable pour couvrir les frais d’intérêt du capital, l’entretien et les déchets.
332 BUIQUES. CUISSON.
Cette machine, malgré sa perfection, malgré sa position favorable à la porte d’une ville immense où les constructions nouvelles se suivent sans interruption, malgré le moment le plus favorable pour l’écoulement des Briques à un prix assez élevé, ne détruit pas encore les raisons qui me font craindre qu’une machines à faire des Bricques ordinaires de constructions ne puisse dans beaucoup de cas l’emporter sur les moyens si simples et si rapides de la fabrication à la main.
Je dois cependant ajouter en faveur des machines à faire les briques que quand ces machines compriment la terre à brique avec une grande force, il est possible alors d’employer une p(àte très-ferme, de la réduire par la compression ti une fermeté et à un état de sécheresse qui permet de porter les briques au four pour les cuire immédiatement presqu’à leur sortie de la machine. Il paraît que la machine à compression de M. Mollerat(1), dans laquelle on employait l’argile en poudre , donnait ce résultat avantageux sous le double rapport de la qualité et de l'économie.