FABRICATION D’ANGLETERRE
cju’à x'j mètres , la dépense du même combustible , poui mille
Briques, était réduite jusqu’à 3 francs.
On suit à Orléans, dans quelques fabriques, la méthode de façonnage, pour les Tuiles, soit flamande, soit alsacienne 5 la première consiste principalement à étendre la croûte de pâte sur un moule de bois un peu bombé , et qui donne à la Tuile une espèce de rebord relevé qui entre dans le demi-canal latéral de la Tuile sa voisine. Cette disposition empêche toute introduction d’eau par les côtés, sans qu’on ait besoin de donner aux Tuiles cet énorme recouvrement qui alourdit si considérablement une toiture.
Il résulte de ce façonnage à la manière flamande, que la quantité de tuiles nécessaires pour couvrir une surface de 4 mètres, ne pèse que i5o à 1 55 kilogrammes, tandis qu’en Briques ordinaires, se recouvrant de près de moitié, le poids, pour la même surface, serait d’environ 38o kilogrammes , plus du double.
La méthode alsacienne , de façonnage , est trop compliquée pour être décrite ici, je me contenterai de l’indiquer en disant qu’elle consiste à étendre et mouler la croûte sur une toile tendue sur une planche un peu convexe *, un cadre ou moule en fer pose sur cette toile qui est fixée à la planche par un^ de ses deux grands bords. Le bord opposé est libre, mais garni d’un fort ourlet ou coulisse, dans laquelle est un rouleau de bois, qui sert à soulever la toile et la Tuile moulée pour la porter sur l’aire. Il résulte des retournements qu’on a fait subir à la Tuile, qu’elle présentera à la pluie le côté lisse qui, dans ce cas, est opposé au crochet-, avantage très-grand pour éviter les mousses et altérations qui résultent des aspérités que présentent en deliois les Tuiles faites par le procédé ordinaire (1).
Angleterre. — A Londres et aux environs, où à défaut de pierres solides et taillables toutes les maisons sont bâties en briques, on a établi, surtout au nord de la Tamise, à Stepney, Hackney, Tottenham, Hammersmith, Brentfort, etc., un grand nombre d exploitations et de fabriques qui fournissent des Briques de diverses couleurs et qualités appropriées aux bâtiments selon leur importa Je tiens ces détails de M. Edmond Feau-Béchard , fils de M. Valentin, et qui a été pendant deux ans élève de la Manufacture royale de Sèvres.
BRIQUES
tance ou la durée qu’ils doivent avoir, et même aux diverses parties d’un bâtiment, telles que les caves, les voûtes, les encadrements de croisées. On en exporte une très-grande quantité pour les colonies d’Amérique, Quebec, etc.
S’il est un cas où les moyens mécaniques peuvent avoir quelque succès, c’est bien celui où s’ouvre à ce produit un écoulement si immense.
Le façonnage est comme on l’a décrit plus haut. Un bon ouvrier doit fabriquer 5 à 6,000 briques par jour 5 il y en a qui en font jusqu’à 10,000 (*).
Ces briques se font avec la terre argileuse qu’on retire des fondations et qui appartient à ce qu’on appelle en géologie l’argile de Londres; elle est souvent mêlée d’une assez grande proportion d’argile plastique, ce qui oblige à la dégraisser par une addition d’un peu de craie, de sable ou de cendre de houille, dans des proportions différentes suivant la qualité de l’argile; c’est ce qui constitue les deux sortes de Briques nommées, les* unes, malmbrick , faites avec le terrain très-sableux et crayeux de la surface, et les autres, stockbricks , dans lesquelles il entre une plus grande quantité d’argile plastique presque sans calcaire.
On cuit en Angleterre les Briques à la houille presque partout, et surtout dans les environs de Londres, à peu près de la même manière, c’est-à-dire en plein air, sans four de construction. Cette méthode s’appelle cuire in clamps ou clamp burnt ; les Briques qui font partie des parois de ce fourneau temporaire sont bien moins cuites que celles du centre.
La cuisson des Briques en massif en plein air, que je viens d’indiquer, ne paraît s’appliquer qu’aux Briques pour les constructions de maisons; mais celles qui sont destinées à la construction des fours agissant à haute température , sont
(l) M. Aikin ( Rapport de la Société des Arts et Manufactures , 1830 et 1832, t. XLVIII, p. 494) exprime la même opinion que moi sur le façonnage à la mécanique , en disant qu’en supposant seulement 5,000 Briques faites à la main par un ouvrier ordinaire, l’idée de les faire avec une machine compliquée à établir, entraînant aussi des réparations dispendieuses, ne pourrait être qu’une spéculation ruineuse.