‹ Traité des arts céramiquesChapitre 232 sur 295 · ROMAINES. ITALIE · texte numérisé non relu

ROMAINES. ITALIE

Romains aient fondé dans les Gaules ; le Musée de Sèvres doit à M. le chevalier de Saint-Thomas, quelques fragments de ces Poteries et celui du moule PL i x, fig. i, ainsi que plusieurs cachets et molettes qui servaient à faire des empreintes dans ces moules,^. 8 et i3,M. C.

Gergovia. — A deux lieues de Clermont, sur l’emplacement de l’antique Gergovia , on trouve abondamment et depuis longtemps de ces débris de Poteries.

Rhône. — Les fragments de Poteries que l’on a trouvés à Lyon , et à vienne en Dauphiné , ont été très-souvent décrits ou mentionnés; on a extrait, en 1804, des fouilles faites par les ordres de M. Ladoucette et renouvelées depuis, en i836, à Labathie-Mont Saiéon, près d’Aspres (Hautes-Alpes) , que l’on croit être l’emplacement de l’ancien Mont-Seieucus, les quatorze grandes amphores dont j’ai parlé page 4o8.

Gard. — On connaît la prodigieuse quantité de débris de Poteries romaines que l’on rencontre à Nîmes , dont les manufactures approvisionnaient . selon Caylus, une partie des Gaules.

Lot-et-Garonne. — Au domaine de Lamarque, près d’Agen, des fragments de Poteries rouges, à lustre rouge et noir, mais d’un polissage inégal et d’un façonnage grossier.

Italie. — 11 est assez remarquable que ce soit l’Italie qui nous fournisse le plus petit nombre d’exemples de Poterie romaine antique. Je ne puis citer que Rome où se trouve cet amas immense de débris de Poteries (‘) qui a formé une petite butte nommée le monte Testaceo , butte remarquable en outre par la fraîcheur qu’elle répand et qui l’a rendue propre à y établir de très-bonnes caves.

C'est à la porosité de cette Poterie et de la masse caverneuse que forment ces débris qu’on doit ce vent frais signalé par Desaussure. Ces débris viennent presque tous d’amphores.

On a trouvé à Arezzo de vraie Poterie rouge. L’exemple du

(>) J’ai dit, p. 435, que ces débris avaient presque tous appartenu à de grandes amphores. Les portions de col avec leurs anses , dont M. Descloizeaux a enrichi tout nouvellement le Musée Céramique de Sèvres , confirment pleinement M. Le Normant m’en avait déjà dit.

ce que

POTERIES TENDRES, FINES

moule que j’ai déjà cité, et qui a été rapporté par moi, et la collection du chevalier Bacci , à Arezzo, qui en renferme un assez grand nombre , indiquent suffisamment qu’il y avait une grande fabrication de ces Poteries dans les environs de cette ville.

Pesaro. — Les nombreux débris de tuiles à rebord , d’amphores et de Jarres que l’on trouve dans les excavations du territoire de Pesaro, ville de l’État romain, sont le témoignage, dit Passeri, § 3, que ce lieu fut anciennement le centre d’une grande fabrication de Poteries, d’autant mieux que le nombre et la vaste dimension de ces vases doivent faire croire qu’ils n’étaient pas apportés de loin. On y a aussi trouvé des débris de Poteries fines lustrées, à pâte rougeâtre et rosâtre, faites dans une telle perfection qu’elles peuvent être comparées à celles de Samos (‘). 11 s’en est aussi trouvé de vernissées en noir du plus bel éclat. La plastique y fut aussi pratiquée. Enfin, on a découvert, dans la propriété du docteur Giorgi, un atelier qui, par la manière dont les vases, les urnes, etc., étaient entourés de terre, devait être celui d’un Potier.

On cite des Poteries romaines trouvées dans les ruines d’Hereulanum et de Pompéïa.

Voici à peu près ce que dit d’Hancarville (2) à ce sujet.

« Dans les excavations faites à Ilerculanum, à Pompéïa et à » Stabbia, parmi un très-grand nombre de vases d'une terre » fort commune, il s'en est trouvé quelques-uns d’une » extrême délicatesse , mais on n’y a pas découvert un seul » vase peint. Etonné d’un fait qui m’avait paru presque in- » croyable, J’ai très-souvent examiné les fouilles faites dans » tous ces endroits ; j’y ai reconnu , à la vérité, une très » grande quantité de fragments de vases vernissés en noir » mais pas un seul qui indiquât quelque peinture, ce qui fait voit » clairement que dans le temps où ces villes ont été renversées » c’est'à-dire dans celui de la mort de Pline, les vases à vernis » noir quon faisait en Italie y étaient très-communs . »

(*) De là le nom de Poterie S a mienne, que les antiquaires anglais donnent aux Poteries romaines de ce genre, qu’on trouve en Angleterre.

(*) T. II, p. 93.

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