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METTES, INDIENNES

contrées si voisines de la Chine où presque toutes les Poteries sont couvertes de glaçures diverses, appartiennent cependant aux Poteries sans glaçure réelle.

Elles se divisent en deux séries, les unes à pâte généralement rouge ou jaunâtre, les autres à pâte noire; les premières sont les plus abondantes.

Leurs formes ont entre elles certaine ressemblance. (Mus. céram. , MPI. xvi. ) Ce sont, en général, des vases bas à large ouverture, des bouteilles sphéroïdales à long col: mais ce qui se fait remarquer plus particulièrement , c’est l’absence de pied et même de base plane. La plupart des vases d’usage domestique sont terminés en calotte de sphère , ce qui indique leur usage culinaire pour la cuisson du riz , en les rendant propres à être placés sur les fourneaux et à recevoir plus convenablement l’action du feu.

Ils sont presque tous minces , par conséquent légers et trèsbien tournés.

On augmente la densité de la pâte dans la partie qui fait le fond des pièces destinées à la cuisson du riz et des autres aliments en comprimant cette partie par le moyen suivant : Le Potier introduit dans l’intérieur de la pièce une sorte de tampon A en pierre dure à surface très- unie , qui est comme un noyau sur lequel il va mouler sa pièce par voie de tamponnage. Il opère cette sorte de moulage à l’aide d’un battoir en bois assez dur B.

Je donne. n°4o, la figure de ces deux instruments et j’ai fait connaître leui mode d’action d’après les objets et les renseignements qui m’ont été donnés par M. de Blosseville.

Plusieurs de ces poteries sont à peine cuites et d’autres ne le sont pas du tout. Ces dernières pièces ont la forme de petites soucoupes minces en segment de sphère , sans pieds ; elles sont aromatisées avec du musc. Les Indiens, et notamment les femmes, achètent ces petites galettes argileuses et aromatisées pour les manger ou au moins les croquer.

496 POTERIES TENDRES, FINES

Chandernagor. — On y fabrique deux sortes de Poteries; une brun rouge foncé, très-solide, assez dure, mais qui cependant se laisse rayer, et une noire plus abondante et beaucoup plus remarquable par sa couleur noir pur ou noir tirant sur le brunâtre. Mais ces couleurs foncées ont un brillant dû à un lustre qui a un éclat semblable à celui de l’anthracite quand il est noir, et du diamant noir quand il a une teinte brune. Ce lustre extrêmement mince , est très-solide ; le frottement ni avec le linge sec , ni avec le linge mouillé , ne lui enlève rien ; on ne peut l’attribuer à la seule action du feu sur une pâte noire, par du charbon ou par du fer, car on remarque ; i° qu’elle n’est noire ni dans l’intérieur, ni sous le pied 5 20 que cette couleur noire manque dans certaines parties exposées à la flamme qui les entourait; 3° que ce lustre a été liquide, puisqu’on voit, qu’il a coulé sur des parties restées mattes. (PI. lvii, fig. 1 (*).) 11 est si mince qu’il n’a pas été possible d’en déterminer encore la nature ; mais il est certain qu’il ne peut être dû à du graphite ; car toutes les Poteries qui doivent leur lustre à cette substance déposent par frottement une teinte noire sur le linge.

La pâte des Poteries de Cossépaleon, près Pondichéry, est composée d’un sable grossier, impur, en partie siliceux, en partie granitique et de limon argileux d’atterrissement, brunâtre, un peu micacé. On y fait également deux sortes de Poteries ; l’une à pâte d’un rouge sale très-pâle, rendu d’un beau rouge par un enduit ou engobe mince d’ocre rouge mise au pinceau à l’extérieur; le façonnage au tour est très-parfait en ténuité ou minceur et pureté de contours. La décoration consiste en cordons, filets saillants et ornements comme gravés en creux. La pâte assez cuite et assez dure , très-sonore est néanmoins absorbante , par conséquent perméable.

L’autre est noirâtre , même quelquefois d’un beau noir luisant à la surface extérieure; assez dure, assez cuite et cependant absor-

(') Le Musée de Sèvres possède plusieurs pièces de Poteries noires de l’Inde qui indiquent que le lustre noir est dû à un enduit liquide ou liquéfié ; mais aucune ne m’a paru le prouver d’une manière plus évidente que celle que j’ai fait ligurer sur la planche lvii. Gomme cette preuve de liquidité se montre en dedans de la pièce mieux que partout ailleurs, il a fallu, pour la faire voir, scier cette pièce en deux parties.

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