‹ Traité des arts céramiquesChapitre 259 sur 295 · MATTES. AMÉRIQUE MÉRIDIONALE. PÉROU · texte numérisé non relu

MATTES. AMÉRIQUE MÉRIDIONALE. PÉROU

Les vases antiques se sont toujours trouvés dans des tombeaux a côté du mort auquel ils avaient appartenu , et quelques-uns , dit M. d’Orbigny, renferment encore une partie de la boisson dont on les avait remplis.

lama et Caiiao. — On y fait une Poterie rouge , luisante par enduit très-mince d’une ocre rouge, poli avant la cuisson. Elle se polit aussi un peu après la cuisson , mais imparfaitement, et ce luisant est bien inférieur à celui des parties polies avant la cuisson 5 la pâte est un peu micacée, peu cuite, peu dure.

Un de ces vases fait voir clairement comment, dans quelques circonstances , la pâte devient noire et luisante par l’action du feu. Cette pièce a été faite avec une pâte qui, peu cuite et non polie, est d un gris rosâtre sale, a été enduite d’un engobe d ocre rouge et poli. Les parties qui n’ont eu que le feu juste sont lestées telles qu’on les a mises, mais celles qui ont eu trop de feu ont perdu une partie de leur couleur et de leur poli ; enfin celles qui ont été exposées à l’action de la flamme sont devenues d un beau noir de charbon avec un luisant ou vernissage anthracitique, tout en conservant leur poli. Ce qui me semble prouver que ce lustre noir, dont j’ai déjà parlé, n’est pas toujours

dû à un enduit charbonneux, appliqué sur la pièce avant son passage au feu

Le façonnage à la main est assez soigné , et on rencontre souvent des pièces très-minces.

Ces Poteries sont extrêmement perméables, et répandent, quand on y met de 1 eau , une odeur argileuse désagréable.

On apporte à ces deux marchés de Lima et de Callao , des Pots moyens de Poteries rougeâtres grossières à parois plus épaisses, qui ont été évidemment faits sur le tour 5 ils sont également très-perméables.

On imite à Payta , sur la côte du Pérou , les Poteries noires antiques , analogues par leur forme et leurs ornements aux vases bouteilles, figurés dans le Musée céramique de Sèvres, PL xvn, fig. 6, et dans le voyage de M. d’Orbigny , aux vases , fxg. 3, PL n° 20, des antiques.

POTERIES TENDRES, FINES

Poterie d’itaty (»), village des Américains - Guaranis. — On la fait avec une argile noire , grossière , qu’on nettoie de ses petites pierres en la pétrissant à la main sans aucun lavage préalable.

Ce sont principalement les femmes qui font ces Poteries, elles les façonnent sur une planchette en commençant par la base du vase. Elles laissent sécher cette première partie jusqu’à ce qu’elle soit assez ferme pour supporter une seconde zone en tenant le bord humide , et ainsi de suite jusqu’à ce que le vase soit parvenu à sa hauteur. Tout est fait , uni et poli avec les doigts et avec tant de précision , que la pièce a l’air d’avoir été façonnée sur le tour. On laisse alors le vase sécher entièrement et on le cuit.

On fait aussi de grandes jarres, nommées comme en Espagne T i n a j a s, destinées à contenir de l’eau et placées d’une manière permanente dans un coin de la salle à manger 5 elles ont de hauteur 1 mètre 3o à 40 centimètres.

On colore quelquefois ces vases avec un frotti de terres ocreuses, ou bien on y fait des ornements avec ces mêmes terres colorées.

Ces Poteries se cuisent, suivant leur dimension , de deux manières, mais toujours sans four.

Pour cuire les petits vases et autres ustensiles de ménage ou d’amusement , on pratique une fosse longue de 2 à 2 mètres 5 cent., large d’environ 60 cent, et profonde de 5o cent, au plus. On y entasse les Poteries non vernissées, et on les couvre de branchages qu’on allume-, on entretient le feu jusqu’à ce que la Poterie soit cuite.

Pour les grandes Jarres , on les réunit dans un champ et 011 les couvre de la quantité de bois sec nécessaire pour les cuire, mais disposé de manière à ce qu’étant allumé , la chaleur soit également répartie , ayant soin , lorsqu’il fait du vent, d’en mettre davantage du côté d’où il vient. Ce feu bien entretenu dure quelquefois plus d’un jour.

(') Itaty, village au nord de Corrientes, au confluent du Paraguay et du Parana. Voyage dans Y Amérique méridionale , par M. Aie. d’Orbigny, Jtinér t I , p. 1&9.

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