LES ANCIENS
§ 1 . — Composition des Pâtes et Glaçures des Poteries
antiques.
On remarquera dans le tableau de l’ordre chronologique qui accompagne cet article combien les Pâtes et les Glaçures avaient peu varié sur toute la terre (la partie la plus orientale de l’Europe exceptée), depuis les temps les plus anciens jusqu’au xme siècle après Jésus-Christ.
Les Pâtes composées en général de marnes argileuses et sableuses les plus superficielles, mêlées quelquefois de matières charbonneuses qui leur donnaient une couleur noire plus ou moins pure, n’avaient jamais acquis par la cuisson une densité égale à celle de nos faïences fines et étaient au contraire restées beaucoup au-dessous de celles de nos faïences communes. Ce n’est même guère que dans des Poteries romaines ou dans celles de l’archipel Grec, qu’on trouve des Poteries qui présentent de l’imperméabilité et quelque résistance à la rayure. Toutes celles des autres contrées de la terre (sauf quelques cas rares dus probablement à un excès de feu comme on l’expliquera à l’article de chaque classe) sont plus ou moins facilement perméables et presque toutes sont fusibles à une température d’environ 4°° Wedg. (2). La couleur de ces pâtes varie entre le noir
(') Tous les tableaux cités et numérotés en chiffres romains sont placés à la suite les uns des autres, et en tête, dans l’Atlas qui accompagne cet ouvrage.
(SJ Il y a de grandes différences entre la fusibilité de ces Poteries , ce qui rend
foncé, le noir-grisâtre, le gris-noirâtre, le jaune, le brun, le rouge-briqueté 5 je ferai connaître leur composition spéciale à l’article de chacune d’elles.
Ces pâtes sont généralement composées en dernière analyse de silice , dont le maximum va au delà de 55 et jusqu’à 89, dans la prétendue porcelaine égyptienne-, d’alumine, dont le maximum est de 24 ; de chaux , qui varie d’environ 4 à 6 et qu’on y trouve toujours 5 d’un peu de magnésie, de fer et de manganèse dont la proportion avec les autres éléments part de 8 et va quelquefois jusqu’à 24 suivant Vauquelin 5 enfin de 1 , 5 de matière charbonneuse.
La Glaçure, qu’on ne trouve que sur les Poteries du midi de l’Europe et sur celle d’origine asiatique, se réduit toujours à un enduit tellement mince qu’on n’a pu en déterminer la com-. position, même par approximation , qu’avec beaucoup de difficulté ; il paraît que la partie fondante de cet enduit noir, le seul qu’on puisse considérer comme tel, est un silicate de fer ou de chaux rendu fusible par un silicate de soude dans une proportion inappréciable.
Quant aux matières colorantes, en mettant de côté les Poteries et les Émaux égyptiens, on ne trouve dans toutes les autres, sans en excepter les Poteries grecques et campaniennes, que du fer dans différents états d’oxydation et du manganèse 5 les autres nuances de blanc, de rosâtre sont données, comme on l’exposera plus en détail aux Poteries campaniennes, par de véritables Engobes alumineux ou ocreux.
Chaptal a avancé, il y a 5o ans (*), qu’il n’avait jamais trouvé ni plomb, ni cuivre dans le vernis des Poteries grecques et romaines, et que celles qu’on pouvait attribuer aux Romains et qu’on avait trouvées enfouies dans des tombes en France, étaient d’une fabrication postérieure à l’époque où les Romains occupaient ies Gaules. M. Aikin, qui a fait de nombreuses recherches sur l’histoire des Poteries, admet ce fait sans restriction. Je puis ajouter d’après les recherches faites dans le laboratoire de Sè-
diflicile de généraliser cette propriété. On cherchera néanmoins à la déterminer pour chacune d’elles autant qu’il sera possible.
(') Ann. de Chili)., t. lxx, page 22.