‹ Traité des arts céramiquesChapitre 37 sur 295 · PARTIE TECHNIQUE. LE TOUR · texte numérisé non relu

PARTIE TECHNIQUE. LE TOUR

ont eu occasion de remarquer et d’étudier les arts que pratiquent les indigènes, confirment par leurs récits cette généralité, et remarquent que cet instrument n’a pas encore pénétré chez îes peuplades indigènes qui, ayant eu des relations avec les Européens, auraient pu imiter leurs arts.

D’après les détails qu’on vient de donner sur le façonnage des Poteries rondes , faites à la main chez certains peuples, et au Tour chez d’autres, ne pourrait-on pas suivre la marche du Toui à Potier, depuis son point de départ jusqu'à son introduction dans les diverses parties de l’ancien continent, et surtout de l’Europe?

On le verrait, partant des contrées les plus orientales de l’Asie, berceau généralement admis de la civilisation et des arts, peutêtre de chez les Chinois où l’art céramique est si ancien et le Tour connu de tous temps, arriver en Égypte par la Scythie et la Bactriane , et ensuite , soit encore par les Scythes , soit par la voie même de l’Égypte, s’introduire chez les peuples arabes des parties septentrionales de la presqu’île arabique et de l’Afrique : puis par ces mêmes Scythes orientaux et presque dans le même temps , s’établir avec une sorte d’éclat en Grèce , chez ce peuple si amateur de vases, et dans ses colonies de l’Italie méridionale , s’arrêter où ces colonies se sont arrêtées , et par conséquent , n’être arrivé que tard, et peut-être par une autre voie, en Étrurie; on le verrait ensuite pénétrer dans toute l’Europe méridionale, dans Rome et dans ses colonies, en Espagne, etc. , à mesure que ces pays recevaient la civilisation et les arts de l’Orient par le courant méridional, pour s’arrêter aux parties septentrionales de la Germanie, ou n’y pénétrer que partiellement 5 rester tout à fait inconnu aux Scandinaves , tandis qu’on le trouve connu et employé chez les Gaulois, ce peuple voyageur qui de ses invasions aura rapporté cet instrument des pays méridionaux qu’il a habités à diverses époques sous le nom, tantôt de Gaulois et tantôt de Celtes.

Je ne présente cette marche, dans l’état actuel de nos connaissances sur les Poteries anciennes, que comme un tableau encore imparfait, que comme un simple aperçu, mis en avant pour appeler l’attention des antiquaires et des historiens, sur un moyen d’étude que les arts céramiques peuvent leur fournir. Il est donc

à désirer qu’on poursuive avec activité et intelligence la recherche des Poteries antiques, et qu’on ait soin d’examiner si les pièces de ces temps anciens ont été faites à la main ou sur le Tour : j’ai indiqué (note 2, p. 21) les caractères auxquels on peut reconnaître ces deux procédés.

D. Le Relief en trochisque ou Pastillage est un procédé que je nomme ainsi, faute de lui connaître un nom. Il consiste à faire des ornements en relief au moyen d’une barbotine épaisse déposée sur la surface des Poteries, comme les confiseurs font les pastilles. Ce procédé paraît particulier aux Potiers romains. Je le décrirai à l’article de ces Poteries.

§ 3. — Pièces antiques remarquables sous le rapport

du Façonnage.

Les anciens ont fait en Poterie des pièces d’une très-grande dimension, et même suffisamment cuites pour renfermer des liquides.

Les Jarres à contenir le vin, l’huile et les grains, nommées Amphores, avaient jusqu’à 2 mètres de haut, sur 7 décimètres de diamètre-, telles étaient les dimensions de la Jarre déterrée près de Pouzzole.

Le Tonneau dans lequel habitait Diogène , et qui était un Vase en terre de cette espèce, comme le montrent les pierres gravées et les médailles, devait avoir au moins cette dimension (*).

On a trouvé non loin de l’ancien Antium (aujourd’hui Anzio), dans le territoire de Cumes, au sud de Rome, des Amphores de cette même grandeur, qui ayant été brisées ou fêlées, avaient été raccommodées avec des liens de plomb.

Mon fils a vu dans le musée de Naples, en iB/p, des vases grecs trouvés dans laPouille, élégants de formes, à pied et collet distincts, et garnis de grandes anses. Ces vases ont jusqu’à 7 pieds et demi de Naples (environ 1 *",87) de hauteur. Ils appartiennent à la catégorie des vases campaniens ornés de trois rangées de figures en rouge brique sur un fond noir; c’est l’exemple d’une des plus grandes dimensions connues.

(') Voir planche xix, fig. h et l’article des Jarres, liv. 11 , ord. 1 , sous-ord. C.

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