CONSIDÉRATIONS GÉOLOGIQUES
ciens produits de l’industrie humaine placés dans les enfouissements les plus profonds des dépôts postdiluviens à côté des débris des derniers animaux des races antédiluviennes.
Il ne faut point attacher à ces faits trop d’importance , mais il ne faut pas non plus les rejeter sans examen. Je me contenterai de citer quelques-uns de ces faits pour donner une idée de ce curieux genre de considération , et des secours que les géologues ont été chercher dans les arts céramiques pour appuyer ou combattre certaines inductions théoriques.
La grotte de Miremont , près Sarlat, renferme, avec les ossements d’animaux antédiluviens qu’on y a trouvés , des débris de Poteries gauloises bien caractérisées. On regarde ce mélange comme une preuve de la contemporanéité de ces animaux avec la présence des hommes sur la terre.
M. Reynaud, ingénieur des mines, in’a communiqué un fait d’un autre genre, mais qui pourrait servir à établir l’époque d’un mouvement de la surface du sol, assez remarquable en ce qu’il serait contemporain de l’espèce humaine. L’île de Bréha , séparée de la côte de Bretagne par un canal d’environ 2000 mètres, est granitique comme la côte. Elle est couverte de monticules de graviers granitiques à leur base et recouverts par un dépôt puissant de sable calcaire ferrugineux renfermant des coquilles fluviatiles, des plaquettes de calcaire sableux et des débris de Poteries. Cette île n’est pas assez grande, et n’a pas de cours d’eau assez puissant pour avoir pu produire sur place ces monticules : il faut qu’ils soient le résultat d’un transport de sable et de graviers granitiques venant du continent. Or, les débris de Poteries recouverts régulièrement par les sables de transport, pourraient indiquer l’existence des hommes, antérieure à l’ouverture du canal marin qui sépare cette île du continent , et par conséquent un phénomène géologique postérieur aux temps historiques.
M. Alcide d’Orbigny, dans ses remarquables considérations sur la géologie de l’Amérique méridionale, a reconnu dans la province de Moxosa, 2 mètres au-dessus de la base du limon pampéen , et dans une berge de sable d’alluvion haute de 8 mètres , un lit mince de matière charbonneuse accompagnée de débris de Po-
terie des indigènes de cetle partie de l’Amérique. Il en a conclu que les terrains d’alluvion supérieurs à ce lit étaient d’une époque postérieure à l’existence des hommes dans cette partie du sol américain.
Ces faits , dont il ne s’agit pas ici de discuter la valeur, ne sont rapportés que comme exemples des secours que les Poteries , comme produits des arts humains , en même temps les plus anciens et les plus durables , peuvent prêter à la géologie.
Il est une autre considération générale des plus remarquables et des plus intéressantes, qui établit entre la céramique et la géologie une liaison d’un tout autre genre que celle que je viens de mentionner.
En rapprochant l’industrie céramique de la science géologique et examinant dans quels terrains , relativement à leur nature et à leur âge géologique, les arts céramiques vont prendre les matériaux de leurs travaux , on remarque que les Poteries les plus anciennes, qui sont aussi les Poteries les plus imparfaites, ont toutes tiré leurs matériaux de fabrication des terrains , non pas seulement les plus superficiels, mais encore les plus récents y considérés géologiquement. Ces terrains sont , il est vrai , toujours et nécessairement superficiels , mais des roches anciennes , des argiles anciennes , se présentent aussi dans beaucoup de lieux à la surface de la terre, et les anciens, sauf les Chinois, ne les ont point employées.
Les Poteries les plus récentes, qui n’ont pas trois cents ans de création, d’autres, telles que la porcelaine européenne, qui n’a pas encore un siècle et demi , sont faites avec des matériaux qui , quoique superficiels dans beaucoup de cas , appartiennent aux formations les plus anciennes des couches du globe.
Et ce qu’il y a de plus remarquable, c’est que les Poteries d’âge moyen telles que les faïences , les grès , sont fabriquées avec des argiles qui appartiennent à l’âge moyen de l’écorce du globe.
Le tableau n° m, que je donne dans l’Atlas, montre ces rapports assez singuliers et assez constants, sauf quelques exceptions qui se trouvent plutôt dans les Poteries récentes que dans les anciennes.
Je viens de présenter tout ce qui m’a paru important, instruc-