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Argiles

L’Argile est pour les Potiers une terre qui fait pâte avec l’eau, qui se façonne aisément et durcit au feu: c’est dans l’acception rigoureuse que je donne à ce mot une matière éminemment plastique quand elle est convenablement imbibée d’eau, acquérant par l’action du feu une dureté d’autant plus grande que cette action a été poussée plus loin, et ne fondant pas à la haute température des fours à grès ou à porcelaine, à moins qu’elle ne soit mêlée de beaucoup d’oxyde de fer ou de silicate de chaux en proportion convenable.

Les Argiles contiennent toujours dans la nature, quelque sèches qu’elles paraissent, une quantité d’eau, qui est, après la dessiccation atmosphérique d’été , évaluée à -f- 3o deg. cent, , de 2 à 3 p. o/o jusqu’à ioo deg., puis de cette température à l’incandescence, elles perdent en tout environ 18 p. o/o. Je fais abstraction de quelques cas particuliers qu’on remarquera dans le tableau V. B.

ARGILES

Elles ne perdent complètement cette eau qu’à une température incandescente, et perdent en même temps leur plasticité, que le broyage le plus complet ne peut leur rendre.

Les Argiles considérées chimiquement pour arriver à la connaissance de leur véritable nature, c’est-à-dire de ce qui, dans la roche, est à l’état de mélange et à l’état de combinaison, présentent comme le kaolin un véritable silicate d’alumine hydraté a proportion définie , dans les rapports de 57,42 p. 0/0 de Silice et de 42,58 d’Alumine, ce qu’on exprime par la formule Al 2, Si3. Hors de cette limite il y a un excès soit de silice, soit d’alumine.

Une masse d’ Argile peut être considérée ainsi qu’on l’a fait pour le kaolin comme composée d’une part, de silicate hydraté d’alumine de la formule précédente, soluble par un traitement successif acide et alcalin, et d’autre part d’un résidu composé lui-même de quarz insoluble et de débris de minéraux tels que des felspaths également inattaquables par les agents de décomposition 5 cette seconde partie qu’on a nommée résidu varie beaucoup, comme dans les kaolins, dans sa proportion avec les autres. On a appliqué à l’analyse de plusieurs Argiles ces procédés qui ont fourni à MM. Forchhammer et Malaguti le moyen d’arriver à ce curieux résultat; mais comme ce moyen et ce résultat sont plus scientifiques que pratiques, on s’est borné dans le plus grand nombre des cas à un procédé d’analyse ordinaire.

D’après des observations récentes de M. Mitscherlich elles renferment toujours un peu de potasse (*); ce chimiste en porte la quantité dans quelques cas à 4 P- 0/0; je présume que c’est aux kaolins que s’applique cette grande proportion.

Ces masses terreuses molles et plastiques que l’on nomme Argile dans les arts, sont un mélange grossier de la véritable Argile telle qu’on vient de la définir, avec des corps étrangers qu’on doit et qu’on peut en séparer par un lavage soigné; c’est

(*) M. Salvétat a répété ces recherches dans le laboratoire de Sèvres , et a reconnu des quantités sensibles de cet alcali , 1 p. 0/0, dans les Argiles plastiques de Vanvres et de Dreux, et tout au plus j p. 0/0 dans les marnes argileuses de Viroflay, près Versailles.

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ce qui reste après ce lavage qui doit seul être appelé Argile, mais les Potiers considèrent toujours la masse et c’est aussi sur la masse simplement débarrassée des corps grossiers qui la souillent qu’ont été faites les expériences destinées à en constater la nature et les propriétés. Aussi la plupart des analyses que je vais rapporter et toutes celles qui ont été faites dans le laboratoire de Sèvres, sont de l’espèce de celles que nous avons fait connaître sont le nom d’analyse empirique à l’article du kaolin.

Il y a une considération à faire lorsqu’on veut, soit analyser une Argile , soit faire des vases peu cuits , qui peuvent être mis en contact avec des acides : c’est l’action très-différente qu’ont ces agents sur l’argile crue et sur l’argile qui a été calcinée.

C’est aux observations de M. Yicat , dans son ouvrage sur les mortiers, à celles de M. Thénard et à celles de M. Bertbier, qu’on doit la connaissance d’un fait qu’on n’aurait probablement pas présumé à priori.

M. Marignac a fait, dans le laboratoire de Sèvres, des expériences propres à confirmer et à développer cette propriété , et surtout dans le but de voir si quelques pâtes faites, c’est-àdire cuites plus ou moins fortement , seraient plus attaquables par les acides que l’argile crue , qui est la base de ces pâtes.

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