MATIÈRES FONDANTES
La sciure de bois est quelquefois mêlée avec quelques pâtes pour en rompre l’homogénéité, tant pendant la dessiccation que pendant la cuisson, et même après, à rendre ces pâtes moins fragiles en laissant après leur combustion ou au moins leur carbonisation , de petites cavités qui rompent l’homogénéité de ces pâtes.
L’amiante, matière filamenteuse de la classe des pierres, est employée , j’en ai la preuve , dans la fabrication de quelques pâtes céramiques, pour leur donner une sorte de liant et de ténacité qui les font résister plus facilement aux dilatations irrégulières et au choc qui pourraient les casser.
On l’applique à cet usage en Corse. M. Hénain, commis aux affaires étrangères, a voulu dès 1 790 introduire cette matière dans la fabrication des Poteries grossières de Paris.
G- Des matières fondantes.
Nous plaçons le felspath à la tête de ces agents, non que ce soit le plus actif, mais c’est un des plus employés.
i. Les Felspaths (’).
Pour les Potiers, il n’y en a que de deux espèces, l’Orthose et la Cleavelandite (albite), et encore n’est-il nullement prouvé qu’on ait jamais employé la seconde avec intention et habituellement.
L’Orthose est un Felspath à base de potasse, la cleavelandite est un felspath à base de soude.
Les Felspaths employés dans la porcelaine ne sont jamais purs. Ce sont de vraies roches mélangées appartenant à l’espèce qu’on nomme Pegmatite, et qui est essentiellement composée de Felspath et de quarz en parties très-distinctes.
Ce n’est pas le lieu de donner ici l’histoire minéralogique du Felspath. On sait que c’est une pierre àstructure laminaire, àlames brillantes sur quatre plans perpendiculaires l’un sur l’autre, tandis que les deux faces opposées de la base du prisme, qui forment l’assemblage de ces quatre plans brillants, sont ternes. On sait que ce minéral se laisse rayer par le quarz ou cristal déroché, et qu’il
(*) On les appelle aussi P e-t un zé , Cailloux.
FELSPATH.
raye facilement le marbre blanc ; que sa pesanteur spécifique moyenne peut être exprimée par 2,5o , c’est-à-dire deux fois et demie plus que l’eau, et qu’enfin il fond au feu de porcelaine en un verre toujours un peu laiteux. C’est à ces caractères que les Potiers les moins instruits en minéralogie pourront le reconnaître.
Quant à savoir si c’est un Felspath à potasse ou à soude, quoique cette détermination puisse être très-utile, nous ne connaissons d’autre moyen d’y arriver qu’une analyse complète et assez difficile. C’est donc aux chimistes qu’il faut avoir recours quand on ne possède pas leur science.
Mais, comme on vient de le dire, le Felspath employé dans les arts céramiques, principalement dans celui de la porcelaine, n’est jamais un minéral homogène 5 il est toujours associé à du quarz et quelquefois à un peu de mica.
II y a donc deux sortes d’analyses à donner du Felspath : l’une sera celle de l’Orthose supposée pure. Ce sont ces analyses que nous allons rassembler dans le tableau n° vi de l’Atlas.
Les autres sont les analyses de cette roche mélangée, que nous nommons peg matité, et que les porcelainiers appellent Cailloux, roche qui, broyée finement dans son entier, produit la poudre introduite comme fondant dans les porcelaines , et qui constitue le Couverte ou Glaçure de cette Poterie.
Nous ne donnerons la composition de cette poudre qu’en traitant des Poteries qui l’emploient comme éléments fondants ou comme Glaçures.
Les felspaths susceptibles d’être employés dans les arts céramiques ne se trouvent dans leur place originaire que dans les roches que les géologues ont appelées primitives ou de cristallisation, notamment et presque exclusivement dans les terrains de granité.
Ils ne sont point purs dans cette roche , étant toujours accompagnés de mica, souvent de talc, de stéatite, d’amphibole même, et toujours plus ou moins colorés. C’est donc la roche nommée Pegmatite, si voisine du granité, que pendant longtemps on ne l’en a pas distinguée, et qui est , comme je l’ai dit plus haut, presque uniquement composée de Quarz et de Felspath blanc, qu’on emploie pour la Couverte.