CANULES NASALES
‘ Ce sont des canules d'argent ou de gomme élastique, qui doivent avoir au moins le volume des sondes, n. 8 (P. XX, F. vx, 8).
On les emploie lorsqu'on tamponne les fosses nasales avec des bourdonnets pour soutenir les os du nez fracturés. On y a recours bien plus pour que la respiration ne soit pas interrompue par letamponnement que pour soutenir cés os.
Les canules doivent être d'abord introduites dans le nez, et ensuite les bourdonnets seront placés autour de ces instrumens. Je conseille de placer ces bourdonnets comme on le fait dans le tamponnement du périnée (V. plus bas, panserment des hémorrhagies); seulement on tampounera beau-
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coup moins fert. J’ajouterai enfin qu'il n'est pas nécessaire que les bourdonnets sortent par les narines ; il suffit d'y conserver le nœud des ligatures des premiers bourdonnets introduits.
Ces canules se fixent au moyen d'un double T du nez, auquel on les attache. :
Historique des canules nasales. Depuis Celse, qui a recommandé l'introduction des tentes et des Es de plume dans le nez, pour en soutenir les os fracturés (L. 8, c. 5),il n’est peut-être pas de chirurgien qui n’ait donné un conseil analogue. Guy de Chauliac (Trait. 3, doct. 3, ch. 2, plaies du nez, p. 293), Paré(L. 10, ch. 22), Fabrice d’Aquapendente (part. 1, 1. 2. ch. 19), etc., l'ont reproduit sans presque y changer rien d’important. Cependant les deux derniers ont proposé des canules de métal.
DES’ CANULES TRACHÉALES (P. XX, F. 1x).
Ce sont des canules d'argent, ovales, d'une longueur variable, de quatre à 7 centimètres (un pouce à deux-pouces et demi ), selon la taille et l'embonpoint du malade; larges d’au moins six à douze millimètres (de 4 à 6 lignes et demie), ou même plus; de quatre à huit millimètres dans leur diamètre le plus étroit, garnies à leur ouverture extérieure de deux anneaux (F. 1x, 1, 1), ou de deux rebords latéraux percés chacun d’une ouverture où l’on passe le ruban qui doit lesfixer autour du cou. Le canal de ces instrumens doit être aussi grand que possible, sans trop amincir leurs parois.
On a des canules simples de Bauchot, qui s'adaptent parfaitement à un bronchotome, instrument formé d’une lame montée d’une manière fixe sur son manche, comme la tige d'un trois-quarts ou d’un poincon. Le docteur Georges Martin en a aussi proposé de doubles, mais elles sont toutes trop étroites. Les canvules doubles devraient être
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composées de deux canules, dont l’une, plus petite, entrerait dans, l'autre , qu’elle remplirait exactement. Elles devraient avoir les parois aussi minces que peut le permettre la résistance et la force qu'il faut toujours leur conserver. Mais elles seraient d'ailleurs construites d’après ces principes que la plus grande aurait de 6 à 12 millimètres de diamètre dans un sens, et à peu près de 4à 8 dansle diamètre le. plus étroit. Elle devrait remplir exactement l'ouverture artificielle de la trachée, pour pouvoir s’y maintenir plus invariablement, et empêcher le sang de la plaie d’y couler.
Depuis que M. Bretonneau a fait remarquer, dans son ouvrage sur la diphtérite, que l'homme ne pouvait respirer librement et facilement par une ouverture moin dre que la glotte, on conçoit qu'il y aurait du danger pour un malade à être obligé de respirer par des canules aussi étroites que celles de Bauchot et Martin dont je viens de parler. Il faut prendre une canule qui ait les dimensions
‘que je viens d'indiquer plus haut, et de préférence une double canule comme celle qui est figurée P.XX, Fux, mais il faut que leur courbure appartienne à un cercle d’au moins trois centimètres de rayon. Il faut aussi que la canule interne dépasse l'externe, dans une étendue de 4 à 6 millimètres, afin que si elle se bouche à son extrémité, l’externe reste parfaitement libre, quand on retire l’interne pour la nettoyer. J'ai dernièrement employé avec le plus grand succès, une canule double de trois centimètres trois millimètres de rayon, sur une petite fille que j’opérai avec succès de la trachéotomie pour un cas de croup. C’est le second cas de guérison que J'ai obtenu, sur quatre enfans à qui J'ai pratiqué cette opération pour le croup.
Usages. L'emploi de ces canules est indiqué dans le
croup pour maintenir la trachée :ouverte, pour qu'on
puisse l’écouvillonner quatre ou cinq fois par jour avec une éponge imbibée d’une solution de nitrate d'argent composée de : d’eau distillée et d’= de nitrate d’argent ; et pour qu’on puisse y instiller plus souvent encore de l’eau tiède. Leur usage pourrait être indiqué encore si, la trachée comprimée par une tumeur voisine qu'on ne pourrait enlever immédiatement , le malade était sur le point de suffoquer.
Préparation. Sous ce titre, je ne me propose pas de parler de la fabrication des canules laryngées, mais seulement de la manière de les préparer pour être employées.
Les canules doivent être enfilées par les ouvertures de leurs rebords ou de leurs anneaux latéraux, d’un petit cordon ou d’un ruban étroit, lequel formera sous le corps de la canule une anse qui l’embrassera, tandis que ses deux chefs libres traverseront séparément, chacun de leur côté, l'un des anneaux de l'instrument.
Il faut, pour se servir de la canule double, que les deux canules soient toutes deux garnies de la même manière.
On pourrait encore, au lieu d'employer un seul cordon, en passer un dans chacun des trous d’une même canule ; mais il faudrait éviter de faire contre les anneaux de l’instrument un nœud qui pourrait être douloureux pour la plaie.
Introduction des canules tracheales. La situation du malade la plus commode pour placer une canule laryngée, c’est qu'il soit couché sur le dos, que le derrière du cou seul soit appuyé sur un coussin ferme, de manière à ce que la tête se renverse en arrière et que la région antérieure du cou devienne saillante. Lorsqu’après l'ouverture de la trachéeartère, on a écouvillonné la trachée-artère, enlevé les portions de fausses membranes qu'on a découvertes; etsoit qu’on ait, ou non, employé, d'abord, un dilatateur pourélargir la plaie de la trachée, il faut, le ditatateur retiré, chercher du bout du doigt l'ouverture artificielle, et lorsqu'on l’a ren-
CANULES TRACHÉEALES, 79 contrée, diriger la canule le long deson bord, ou sur l'ongle, jusque dans cette ouverture.
Pour rendre cette introduction plus facile, j'introduis une sonde de gomme élastique dans ma double canule, j'en fais sortir l'extrémité de plus de cinq centimètres (deux pouces environ), et comme le bout de la sonde est conique et bien moins gros que les canules, il pénètre très facilement. Rien n’est plus aisé que de faire glisser ensuite dans Îa trachée la doubie canule d'argent , si l’on a eu la précaution de s'assurer avant l'opération de la facilité de ce glissement.
La sonde retirée, on s'assure, par la hiberté des mouvemens de la canule, par la facilité avec laquelle l'air la traverse, qu'elle est bien dans les voies aériennes. |
Une canule trachéale étant placée, qu’elle soit simple ou double, il faut la fixer au moyen du ruban ou des cordons qui passent par l'ouverture de ses rebords, ou par ses anneaux latéraux. On les lie sur l’un des côtés du cou, en les serfant assez pour éviter le déplacement des canules, qui tend incessamment à s’opérer, mais non pas au point de géner la respiration et la circulation. Quand on a employé la double canule, ses deux canules doivent être également fixées. Mais ces choses sont si simples, que j'ai en vérité honte de les écrire.
Cependant on recommande encore de couvrir l’ouverture des canules laryngées d’une éponge humide, pour que l'air pénètre humide dans les voies aériennes et les poumons, comme lorsqu'il a traversé la bouche ou les narines. Les enfans pour lesquels j'ai eu cette précaution, ne voulaient plus se passer de leur éponge aussitôt qu'ils en avaient fait usage. Îl parait que lasécheresse de l'air entrant directement dans la trachée, leur cause une véritable gêne. Elle détermine aussi plus promptement l’obturation de la canule par le mucus concrété qui se dépose à sa surface interne. En.
place d'une éponge, on peutemployer un linge humide. On a soin d'ailleurs de les arroser de temps en temps avec de l'eau tiède. :
Effets. Les canules laryngées étant appliquées, si la plaie en est exactement remplie, le sang ne peut s’écouler dans les voies aériennes, et la respiration n’en éprouve aucune gène. D'ailleurs, l’hémorrhagie cesse aussitôt que la respiration est bien établie.
Si les canules sont trop longues proportionnellement à l’épaisseur des parties molles sous-cutanées, leur extrémité touchera à la paroi postérieure de la trachée, deviendra in commode et même insupportable. Quoique aujourd'hui nos canules soient beaucoup plus larges que les anciennes et que celles de Bauchot et de G. Martin, elless’engorgent assez vite, soit parce que le mucus est tenace, soit parce qu'ileest mêlé de fausses membranes, soit parce que le malade affaibli par des saignées ou par son bas âge, n’a pas la force d’expulser assez vivement les matières qui engorgentles canauxaériens. Il faut alors venir à son secours et écouvillonner la trachée à l’aide d’une baleine mince et souple, garnie à son extrémité interne d’une éponge qui y soit solidement fixée. On l’introduit jusqu'au delà des matières qui engorgent la canule ou les voies aériennes, et on les retire fixées à l'éponge en tournant la baleine sur elle-même, pour les enrouler. Si les matières résistent , on injecte une cuillerée à café d’eau üède, le malade tousse, les matières battues se détachent et arrivent dans la canule ou sont rejetées.
Quand la canule est oblitérée par du mucus concrété qui s’est déposé, peu à peu, par évaporation à sa surfaceinterne, comme il en résulte une couche très tenace, on ne peut rendre libre la canule qu’en la retirant, et passant un linge à travers après l'avoir auparavant plongée dans l’eau chaude pour ramollir le mucus. Ensuite on est obligé de replacer
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la canule en se servant d’une sonde conductrice , comme je l'ai dit plus haut. Cette petite opération est toujours fatigante pour le malade, et quelquefois très difficile pour le chirurgien à cause de l’indocilité de l'enfant.
Si au contraire vous vous êtes servi de la double canule, voyez quelle plus grande facilité vous aurez à la désobstruer! Vous retirerez sans peine la canule interne de la canule externe, et lorsqu'elle sera bien lavée, vous l’y replacerez non moins aisément, et sans tâätonnement pénible pour le malade.
C’est une chose merveilleuse que la simplicité des pansemens lorsqu'on emploie la double canule, comparativement aux angoisses que produit le nettoyage d’une canule simple,
Lorsque, plus tard, en bouchant la canule, au bout de 6 ou 8 jours, le malade peut respirer assez facilement, il convient d'essayer del’enlever.Siaprès l'avoir retirée,lemaladerespire librement etprofère des sons vocaux assez distincts pendant l’oblitération de la plaie, il n’est pas nécessaire de remettre la canule , et la plaie qui se resserrera très vite, sera bientôt fermée.
Remarque. Si, obligé de pratiquer la trachéotomie pour un cas de croup ou de corps étranger dans la trachéeartère, sans s’y être attendu, on n’avait point de double ou de simple canule métallique, on pourrait employer momentanément un morceau de grosse sonde de gomme élastique, que l’on fixerait au moyen d’un ruban noué et srrêté sur son extrémité extérieure par un point de couture. Ge morceau devrait avoir quatre centimètres de longueur, au moins. On pourrait encore placer dans la plaie une grosse sonde dont on ferait une canule en retranchant son extrémité interne. On l'y maintiendrait à l’aide d’un cordon.
Cette sonde conviendrait surtout, si la trachéotomie avait été pratiquée pour remédier à une suffocation immi-