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BANDAGE BOUCLÉ DE LA TÊTE ET DE LA POITRINE

Je le propose pour ramener à sa direction naturelle la. tête déviée, suivant sa circonférence ou suivant sa longueur. et j'en ferai deux variétés , selon qu’il doit remplir l’une ou. l’autre de ces indications. |

Ce bandage se composera toujours , 1° d’un bonnet de cuir et d’une mentonnière ou d’une bride: 2° d’ un gilet à manches ; 3° de courroies réductives. |

Le. bonnet de cuir devra envelopper juste le crâne, et être fixé par une courroie mentonnière, passée sous le menton et arrêtée par une boucle sur l’une des tempes. : ”

Au lieu de bonnet, on peut prendre une sôrte de bride : j'entends par là un ensemble de courroies composé : d’une courroie qui pourrait embrasser horizontalement le crâne, d’une courroie qui pourrait entourer la tête verticalement du vêrtex au menton, en passant sur Jes tempes ; d’une courroie qui s’étendrait du front à la nuque, en passant sur le sommet de la tête, comme on le voit pl XVI.

Les deux extrémités de la première s ’uniraient et se serreraient au dessus de la région mastoïdienne, au moyen. d’une boucle ; la seconde serait cousue en croix ,1aVe première, au niveau d’une des tempes ; par l’un de ses. elle serait cousue encore avec la première, sur Ja tempe opposée, et une boucle attachée sur cette extrémité fixe. pourrait recevoir l’autre bout, après que cette courroie aurait*entouré. verticalement la tête; la troisième , étendue. du front à l’occiput, serait attachée à la courroie horizontale par ses deux extrémités, ainsi qu’on le voit ( pl. un et à la verticale par le milieu de sa longueur. ù

Le gilet devrait avoir des manches prolongées au moins.

GENRE XV, BANDAGES LACÉS ET BOUCLÉS. 233 jusqu’au milieu du bras; il devrait être garni, sur et derrière les épaules, d’un cuir solide, mais cependant incapable de blesser le sujet. Enfin il devrait porter des boucles derrière ou sur les épaules, selon le sens de la déviation, pour y fixer la courroie réductive. C’est Ià le fondement des variétés que nous allons indiquer. Empressons-nous de dire encore que cette courroie doit être divisée en deux chefs dans les quatre cinquièmes de sa longueur.

Application. La bride doit être appliquée sur la tête, de manière à l’embrasser horizontalement , de haut en bas et du,front à l'occiput , avec les trois courroies qui y sont destinées. Le gilet doit être fermé par devant, avec des boutons, jusqu’au cou, afin d’ôffrir plus de solidité.

PREMIÈRE VARIÉTÉ. — BANDAGE BOUCLÉ POUR LA TÊTE INCLINÉE LATÉRALEMENT. à ;

Dans cette variété, les boucles de la bride, destinées à la courroie réductive, doivent correspondre, l’une au dessus de l'oreille et en arrière, l’autre au devant de la tempe; le gilet “en portera une sur l'épaule, et toutes trois seront du côté opposé à celui vers lequel la tête penche et s'incline; les deux chefs de la courrroie réductive seront passés el fixés dans les boucles correspondantes au crâne, et l’autre extrémité dans la boucle attachée sur l'épaule. )

Effets et propriétés. Ge bandage doit renverser la tête latéralement, à volonté, et l’y maintenir d’une manière conslante; car, comme tousiles bandages à courroies, il est peu susceptible de se relâcher, et si d’ailleurs il se relâche un peu , il est aisé de le resserrer sans avoir besoin de le réappliquer. . À

DEUXIÈME VARIÉTÉ. = BANDAGE BOUCLÉ POUR RÉDUIRE LA TÊTE DÉVIÉE . DANS SA CIRCONFÉRENCE. ‘à

Dans cette variété, les boucles de la courroie réductive doivent être fixées , l’une au front, sur la courroie horizontale, la seconde sur la courroie qui forme un circulaire vertical et au niveau de l’angle de la mâchoire inférieure ; la troisième derrière l'épaule, et toutes les trois du même côté, à droite, si la face regarde à gauche, et vice versä. Les deux chefs supérieurs de la courroie réductive sont attachés aux boucles de la tête préparées pour les recevoir , tandis ue l'extrémité opposée est passée ef fixée dans la boucle placée derrière l'épaule. CRÉAS A REC FRE AT

Effets et propriétés. Ge bandage n’imprime pas seulement à la tête un mouvement de rotation opposé à celui qui la dévie, il la renverse encore un peu du côté de la boucle scapulaire, qui est le point immobile sur lequel s'appuie la courroie réductive. Il n’y a qu’une machine qui soit capable d'imprimer à la tête un mouvement de rotation sans l’in:, cliner, mais dans beaucoup de circonstances le bandage à courroies pourra suflire. d

LAGÉ DE LA POITRINE (ou petit corset, pl. XI).

C’estun bandage que beaucoup de femmes emploient habituellement comme!un vêtement et pour soutenirles séins , et que le chirurgien doit, dans celte intention , préférer au suspensoire des mamelles. Les jeunes filles qui ont la gorge ferme et peu développée , peuvent aisément s'en passer ; mais il est utile, indispensable même aux femmes dort la gorge est volumineuse et pendante, parce-que la suspen-

sion des organes gêne la circulation et favorise les engorgemens, les douleurs et les inflammations, comme nous l'avons déjà fait remarquer en décrivant la bourse ou le suspensoire du scrotum (pag. 222). Aussi les femmes habituées à l’usage des corsets se trouvent-elles gênées de n’en pas avoir. né Mit

L’abus qu'en font encore certaines femmes, qui se serrent au point de paraître coupées en deux, comme une guêpe, n'est pas une objection contre leur usage. On ne gagne rien, ou que peu de chose, à être trop exigeant. Si, au lieu de crier contre les corsets es écrivains, d’ailleurs fort estimables, ne les eussent point proscrits d’une manière absolue , Je ne doute pas qu’ils n’eussent obtenu plus tôt la sage réforme que l’on voit s’opérer dans l'emploi de ce bandage-vêtement. En effet, le médecin a la satisfaction de voir qu'aujourd'hui les femmes ont non seulement abandonné les cuirassés dans lesquelles on enfermait durement les charmes naissans de nos mères, mais encore qu'elles se serrent infiniment moins qu’on ne le faisait autrefois. |

Ainsi, loin de blâmer et de proscrire le sage emploi des corsets, nous recommandons le petit corset comme une précaution de santé, dans les circonstances que nous avons indiquées, et nous le recommandons exclusivement, surtout.chez les femmes enceintes.

Disposition du bandage. Le lacé de la poitrine doit avoir

une étendue suffisante pour envelopper , à deux travers de doigt près: toute la circonférence de la poitrine, et s’éténdre de haut en bas, depuis un ou deux doigts au dessus des mamelons (pl. XI, 9, 11) jusque près du creux de l’estomac, sur l'appendice xyphoïde du sternum (même pl., 17), mais non au-delà, de peur de presser l'estomac et les viscères du ventre. Dep e S

Le corset déployé est quadrilatère , plus Jong que large.

256 CLASSE Ie BANDÈGES PROPREMENT DITS. - Il a deux surfaces , dont l’une se tourne toujours en dedans et l’autre toujours en dehors, lorsqu'on le met. Il a quatre bords : l’un supérieur offre, sur les côtés du milieu de sa lonsueur, un ou deux goussets (même Pl 9, 10, 11) selon le volume des seins qui doivent y reposer, et ensuite, plus en dehors, une ouverture pour donner passage au bras et l'en tourer à sa naissance (même pl., 6, 7, 8). Le bord opposé ou l'inférieur présente, ou ne présente pas de goussets sur les côtés du milieu de sa longueur, pour se prêter à l’augmentation de volume de la poitrine par en bas. Les deux autres bords sont latéraux ; je les nomméfai aussi bords pos: terieurs, parce qu ‘ils correspondent au dos lorsque | le corset est appliqué : ils sont percés d’une série de trous ou œillets.

Le petit corset doit être fait avec de la toile ferme ou du basin, et composé, 1° d’une large pièce quadrilatère (même: pl, 12; 15,15); 2° de deuxou ae pièces triangulaires, d’étendue variable, destinées à former les goussets (même pl, 9,10,11); 9°. de deux pièces reg commé une bande, pour faire fe épaulettes (même pl., 6, 7); 4. d’une bande ou ceinture (même pl., 16, 17); 5° “te ne ou quatre baleines souples ; 6° de rubans de fil solides, destinés à: faire des étuis pour loger les baleines et les coulisses ; 7° enfin. al. doit porter un lacet. 4 ‘

La pièce quadrilatère (même BL » 19, 193. 5) est la pièce. principale ; ellé doit avoir en travers, et de haut en: bas, la. même étendue que celle que j'ai assignée au corset. Son bord supérieur doit étre fendu d’une ou deux i incisions, dans. les points corréspondans. à chacune des mamelles, pour recevoir les pièces triangulaires qui doivent former les gous-. sets. Il doit aussi être échancré en rond au point qui sera. placé sous le bras : cette échancrure, en langage de tailleur et de couturière, est l entournure. Il faut que ses, bords postérieurs soient'percés d’une suite de trous garnis d'une Cou-

GENRE XV. BANDAGES LACÉS ET BOUCLES. 237 ture sur leurs bords, afin qu'ils aient de la résistance. Ces œillets sont placés de manière que, les bords du corset étant rapprochés, ceux de droite et de gauche correspondent réciproquement à l'intervalle les uns des autres, et que les deux plus élevés seulementsoient vis-à-vis l’un de l’autre. On saura plus tard la raison de cette disposition calculée.

Les pièces triangulaires sont engagées dans les incisions, et leurs bords latéraux cousus avec ceux de la fente. C’est cette disposition qui donne plus d’ampleur en ce point au corset, ét forme un gousset , une petite poché capable de se prêter à la saillie du sein (même pl., 9, 10, 1 1).

Aux parties du bord süpérieur du corset qui correspondent immédiatement devant (même pl., 8) et derrière l’aisselle, sont cousues les deux extrémités de la bande qui passe par dessus l’épaule , l’embrasse exactement et forme l'épaulette (même pl., 6, 7).

Le bord inférieur peut être garni d’une ceinture de deux doigts de large, lorsque la gorge n’est pas trop volumineuse (même pl.,,16, 17); dans le cas contraire, comme les seins descendent plus bas, la ceinture porterait sur la région épigastrique , et génerait par la pression qu'elle y exercerait.

Des rubans sont’cousus à la face interne du corset, par leurs extrémités et par toute l'étendue de leurs bords, excepté dans la longueur d’un ou deux travers de doigt , sur l’un des bords et près de l’extrémité. Il en résulte une sorte d’étui fermé par les deux bouts, mais ouvert latéralement près d’une de ses extrémités, pour qu’on puisse y introduire et en retirer à volonté les baleines auxquelles il est destiné. Le corset doit avoir un étui semblable dans le milieu de sa longueur, pour recevoir un busc de baleine (même pl., 14),

sou mieux, deux étuis étroits, obliquement écartés l’un de l’autre d’un ou de deux travers de doigt de plus en bas qu'en haut, pour loger deux baleines très-souples. Ges ba-

leines sont préférables à une forte baleine, parce que dans les corsets très-courts, comme celui que je décris, l’extrémité de la baleine heurte la région de l’estomac dans les mouvemens de flexion, et RP Deux pareils étuis encore doivent être pratiqués le long des bords postérieurs et latéraux, pour recevoir aussi deux baleines. étroiteset flexibles. Ges baleines sont destinées à empêcher que le bord inférieur da corset nese rapproche du supérieur en formant des plis transversaux , insupportables par la gêne qu’ils causeraient, ce qui ne manquerait pas RATER sans l'efficace résistance qu’elles y apportent. |

A pplication, On passe les deux*bras dans les ouvértures annulaires du bord supérieur, formées par l’entournure et l’épaulette ; les bords postérieurs sont conduits en arrière, et rapprochés l’un de l’autre au moyen du lacet qui passe dans chacun d’eux en décrivant une spirale, sans cependant faire monter l’un des bords plus que l’autre, parce que les œillets de chacun de ces bords.ne sont pas vis-à-vis l’un de l’autre. Tel'est le motif de la disposition alterne de cesouvertures.

Comme le sein, abandonné à son poids, descend toujours un peu, el souvent beaucoup, avant que le corset soit entièrement lacé, on le relève pour qu l ren exacte» ment aux gousses. 4 h

Le lacet, parvenu aux deux te tiliéée, ne PT plus monter, passe deux fois transversalement de: Jun à l’autre et est arrêté par une boucle. . TUE.

Le corset ne doit jamais être serré au point de génér la respirätiob , et il le sera moins encore s de descend j ip is sur la région de l’estomac.

Effets et propriétés. Les petits corsets trop serrés. gênent la dilatation de la poitrine, et la respiration ne se Bi. plus que par l’abaissement da diaphragme : alors elle est abdominale, comme le disent les pathologistes. Il est

probable qu’en outre les poumons, habituellement resserrés , diminuent d’ampleur comme un membre continuellement comprimé perd de son volume. Quand, au contraire, la constriction n’a pas été poussée trop loin, les femmes retirent un avantage réel du petit corset. La cavité de la poitrine, dans l'inspiration, n'augmente pas seulement de haut en bas par l’abaissement du diaphragme, le sternum et les côtes s'élèvent aisément ; célles-ci tournent sur leur axe, la poitrine s’agrandit dans. toute sa circonférence , la respiration se fait avec amplitude, où du moins n’est pas sensiblement gênée. D’un autre côté, le sein , mollement suspendu, n’occasione pas de traillemens douloureux, lors même qu’il a un très-grand volume, ou que la femme se livre à un exercice actif, comme à celui de la danse. Mais la pression du corset gêne le développement des mamelons, en efface la saillie , et rend parfois l’aillaitement difficile ou presque imposible quand la femme est devenue mère. Remarque. Au lieu de serrer les petits corsets en les laçant, on les serre souvent avec des pattes triangulaires dont Je sommet tronqué porte des cordons que l’on noue ensemble. D’autres fois on arrête les pattes ensemble avec une épingle. Ges pattes sont cousues aux deux bords postérieurs du corset; mais l’une est divisée en deux depuis son sommet jusqu’à sa base, tandis que l’autre, qui est entière, n’est cousue au bord du corset que par les angles et le miliéu de sa base ; il en résulte que les chefs de la patte fendue peuvent s'engager dans les ouvertures de l’autre patte, qui résultent de cette disposition, comme, dans un bandage invaginé, les chefs de la bande fendue s’introduisent dans les ouvertures de celle qui est perforée. Il en résulte encore que les deux pattes peuvent s’entre-croiser et se porter en sens opposé autour du corps, lorsque le corset estis. Enfin on dispose quelquefois, sur chacun des bords postérieurs de

ces corsels, une série de ces lacets qui, fixés sur un bord et traversant réciproquement des œillets pratiqués dans le bord opposé, sont ensuite réunis de chaque côté sur un seul cordon , et peuvent serrer tout le corsel d'un coup comme les pattes elles-mêmes. Nous avons indiqué à la tête du genre , les bandages lacés de cette manière sous le nom de lacés Croisés , ; ou de lacés a la paresseuse. TE

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