CLASSE II
CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES
. Nous rangeons sous ce titre, ainsi que nous l’avons déjx dit, 1° des assemblages de corps qui augmentent ou diminuent la force ou la vitesse qui leur sont communiquées ; ét toujours en raison inverse l’une-de l’autre, en sorte que si la force gagne, la vitesse perd en proportion, et réciproquement; 2°. tous les bandages où appareils qui, comme ceux où entrent les attelles, offrent ‘une résistance , une fermeté, beaucoup plus grandes que celles du linge ou du cuir que l’on emploie à la construction des bandages proprement dits ; 3° enfin les bandages qui agissent en quelque sorte d'eux-mêmes par leur élasticité, HAUT Apt Peut-être aurais-je dû: moins étendre la. signification de ce terme; peut-être même, eussé-je dû supprimer cette classe , renvoyer aux-bandages précédens les génres qui y trouvent des analogues, comme les corsets élastiques aux corsets , qui appartiennent aux bandages Jacés , et faire des ; genres particuliers de ceux qui n’ont point d’analogües dans les bandages proprement dits. nf TT JU
Bien qu’au moyen de machines ôn puisse remplir toutes
CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES. 269 sortes d'indications quand il s’agit d'actions mécaniques , on ne doit y avoir recours que dans les cas où les bandages proprement dits sont absolument insuffisans.
Les machines sont beäucoup trop compliquées dans leur construction, et leur fabrication demände beaucoup trop d’art pour que le chirurgien doive s’en occuper. Aussi nous ne sommes pas de l'opinion de ceux qui croient ou ont eu l'air de croire qu’il doit faire ses efforts pour pouvoir fabriquer lui-même tous les objets ou tous les instrumens dont il peut avoir besoin; qu'il est convenable, par exemple , qu’il apprenne à forger le fer, et à fabriquer aussi bien les instrumens les plus simples que les plus compliqués. Pourquoi s’arrêterait-il en si beau chemin, et n’apprendrait-il pas les métiers du tailleur ou de la couturière, pour faire des corsets, des bas lacés; du cordonnier, pour composer lesbottines dont on se sert dans le traitement des pieds-bots ; du menuisier, pour préparer les attelles, les lits, ettoutes les machines de bois auxquelles on peut avoir recours dans le traitement des fractures et dans le redressement du corps, elc.? Il y a des maîtres qui ne tarissent pas en recommandations.
Sinous pensons que le chirurgien ne doit pas rechercher une habileté qui lui est au moins inutile, de peur de ne pas acquérir, C6 qui ne manquerait pas d'arriver, celle dont il : aura chaque jour besoin dans la pratique de son art, nous croyons qu'il lui sera toujours avantageux de connaître la théorie de la fabrication des objets quäil met en usage. Geite connaissance n’exige pas un temps suffisant pour le détourner de ses études, et lui offre le moyen d'imaginer lui-même, plus vite et plus heureusement qu’il ne le ferait s’il était dépourvu de ces notions, lesinstrumens et les appareïls"qui
: peuvent lui être nécessaires ; de mieux expliquer sa pensée aux ouvriers qu’il charge de les exécuter; et d'apprécier avec plus de justesse la bonté et la perfection de leur ou-
290 CLASSE II. BANDAGES MÉCANIQUES. | | vrage, Ge que je dis est surtout vrai relativement à la fabrication des machines. Je ne veux pas ici préconiser aveu glément leur emploi, ni retomber à cet égard dans les abus de la médecine antique ; mais comme leur puissance infinie peut s'appliquer dans toutes sortes de directions et de toutes sortes de manières, elles méritent une’ étude particulière de la part du médecin. 5 Il se présente une foule de cas dans Ja pratique où une puissance mécanique , agissant dans un sens et d’une ma nière déterminés, rendrait le plus grand service , le mouve-: ment, par exemple, à un membre paralysé comme le font les bandages locomoteurs. Si le médecin du malade n'aau cune connaissance des machines et des principes de leur fabrication, non seulement il n’apercevra pas les indications à remplir pour arriver à un résultat désirable, mais encore, s’il es aperçoit , la possibilité d’y répondre ne lui viendra pas à l'idée, et le malade restera privé de l'usage de son membre, Ainsi, qu’un chirurgien, entièrement privé des connaissances dont je parle, ait à soigner un malade dont les extenseurs des doigts soient parälysés, la possibilité de leur rendre en quelque sorte le mouvement par.üne machine ne lui viendra pas même à l’idée, et si on la Jui suggérait, il regarderait le projet comme impossible à réaliser. Au contraire, en concevoir l’idéeet la faire meltre à exécution , rien ne serait plus simple pour un médecin qui aurait des notions, même peu profondes, en mécanique. Fûtil plongé dans la campagne 14 plus éloignée des grandes villes, il pourrait, dans une multitude de cas, et particulièrement dans célui que nous-yenons de citer, répondre , avec ün certain succès , aux indications dont il entendrait le langage, soit qu'il construisit lui-même, soit qu’il fit exécuter sous ses yeux les machines dont il aurait besoin. Nous espérons qué jes praticiens étrangers à la mécanique
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trouveront la preuve de la justesse de ces réfléxions dans Patilité pratique qu'ils pourront retirer de ce que nous al lons dire sur la mécanique et les machines.