‹ Traité des bandages, des pansemens et de leurs appareilsChapitre 143 sur 196 · GENRE V · texte numérisé non relu

GENRE V

COMPRESSIFS , OU COMPRESSEURS DES d'A SEAUX:

Je les désignerai indifféremment sous ces deux noms parce qu'ils indiquent la même action ; et l on verra que si ces bandages sont analogues par lenrs usages, ils ne Je sont

pas moins par leur disposition.

de dois prévenir le lecteur que je ne mentionnérai cependant que les CARE RUES qui s'appliquent pour un temps plus où moins long, qu’on lève et réapplique quelquefois à plusieurs reprises , Mais que je ne décrirai point le garrot, parce que c’est un petit appareil dont on ne se sert que momentanément dans certaines PAU et que sous aucun

(1) Mém. de l’Académ, de Chirurg. , 1. V, P: 513. — (2) Traité, etc. , P. 68. Paris, 1786: — (8) T. 1, p. 8. —(4) Cologne, ‘an 7.

GENRE V: COMPRESSEURS DES VAISSEAUX. 349 rapport je ne dois le décrire dans mon ouvrage. Par la même raison, je ne m’arrêterai pas à certains touruiquets qui exercent sur les membres une compression à peu près circulaire, et que l’on ne peut emploÿer d’une manière papa | nente au traitement d'un anévrysme.

Les compresseurs des vaisseaux forment deux sous-genres très-distincts : 1° les tourniquets; 2° les compresseurs proprement dits. |

Usages, On peut y avoir recours dans l'intention de comprimer une artère anévrysmatique , lorsque le sujet ne veut pas se soumettre à l'opération de la ligature du vaisseau, qui est toujours préférable; dans l'intention de tarir la source d’une hémorrhagie proyenant de la blessure d’une petite artère , et que l’on espère voir s’arrêter par une compression prolongée pendant plusieurs heures ou plusieurs jours. |

Les Compresseurs doivent toujours être appliqués de manière à ne comprimer avec énergie que le point du vaisseau où l’on se propose d’arrêter la circulation et le point opposé du membre , pour ne pas y entraver la circulation veineuse. La compression portera au dessus de l’anévrysme ou de la blessure, jamais dessus, et encore bien moins au dessous. On laisse ces instrumens appliqués jusqu’à ce que : l'on puisse supposer l'indication remplie. Si , lorsqu’on les retire , ou seulement qu’on les desserre, un anévrysme fait encore sentir des battemens , ou si, dans le cas de blessure, Fhémorrhagie se renouvelle, il faut les réappliquer tout ue suite, ou les s serrer M

PREMIER SOUS-GENRE. it nie

TOURNIQUET dE J.-L. PETIT, MODIFIE (4). D DER

Disposition. Il est composé , 1° d’un coussin compressif'; 2 d’un coussin que j'appelle antagonisie ; 3° d’une plaque à écrou; 4° d’une vis; 5° de tiges de fer ou d'acier; 6° d'une jarretière de laine ou de fil. | PMR

Les coussins sont quadrilatères , légèrement courbés sur leur longueur , afin de s adapter exactement à Ja Hu Cy:

lindroïde de nos membres. " ‘#

= Le coussin antagoniste est souvent dt as s'appliquer sur le trajet de l’artère à presser. Il'est formé , comme la pelote immobile d’un brayer, d’une lame ou plaque de métal courbée , à la face interne di laquelle est fixé un coussin ferme. La plaque porte à safite externe deux brides ou pontons, sous lesquels doit passer la jarretière qu ‘ils servent à retenir. À

Le coussin compressif est disposé de la même manière à peu près que le précédent. Ilen diffère en ce qué la plaque ne porte point de brides, mais la vis et les deux tiges de métal, comme celui de la pl. XII, qui correspond àäu côté externe du bras gauche de la nine et BE immédiatement à la peññ: |

La plaque à écrou est courbée comme céllé des coussins ; elle ést percée dans son centré d’un trou taraudé, surmonté d’un écrou dont l’ouverture fait suite à-celle de la plaque. De chaque côté de l’écrou, elle présente un trou pour recevoir les deux tiges de métal. |

La vis est montée sur la plaque du coussin comp

r(1) Planches du Dictionn. de Chirurg. de V'Encyclop., P« 8, is À Paris , an vn de la république.’ * ,

GENRE V. COMPRESSEURS DES VAISSEAUX. 351 perpendiculairement à sa surface , et passe à travers le trou central et l’écrou de la plaque à écrou , qui sert d'appui à la vis dans ses mouvemens. Cette vis présente à son extrémité libre un élargissement ou poignée, par laquelle on La saisit pour la faire tourner et agir. X8; AUX Les deux tiges métalliques sont fixées , une de chaque

côté dela vis, sur la même plaque, et traversent aussi la

plaque taraudée par les deux trous latéraux à l’écrou. Elles sont destinées à empêcher la vacillation de la plaque à écrou. Lé tourniquet de J.-L. Peuit ne portait pas primitivement ces deux tiges, elles y furent ajoutées par un perfectionnement réel. : |

. La jarretière est un cordon large de deux doigts. A l’une de ses extrémités elle doit porter une boucle de métal , et non loin de là être percée d’une boutonnière par laquelle puissent passer la vis et les tiges métalliques ; lorsque cetie jarretière.est engagée sous les brides ou pontons de la plaque à écrou. th d

Application. La jarretière placée sur la plaque à écrou

de manière que la vis passe à travers la boutonnière, on engage l’autre extrémité dans la bride du coussin antagoniste, on porte ce coussin sur le point où l’on veut exercer la compression, on applique le coussin compressif sur Ja partie du.membre opposée à l'artère à presser, on entoure

le membre avec la jarretière, on engage l'extrémité de k

celle-ci dans la boucle, et'on serre autant que possible le circulaire qu’elle forme, ensuite on fait tourner la vis de manière à écarter la plaque à écrou du coussin compressif,

dont elle doit être rapprochée au commencement de l’ap-

plication du bandage, on fait tourner cette vis jusqu'à ce que le bandage exerce une constriction suffisante.’

Effets et propriétés. À mesure qu’on fait tourner la vis, la plaque à écrou, en s’éloignant du coussin , entraîne la jar-

retière en dehors, en sorte que celle-ci exerce sur le coussin antagoniste une pression croissante qui réagit sur le vaisseau à comprimer. Cependant le coussin compresseur agit sur la partie opposée du membre, tandis que la jarretière agit à peine sur le reste de la circonférence de ce membre, et n’interrompt point le retour du sang veineux.

Dès les premiers momens, la compression du membre en deux sens opposés est fatisante, surtout si elle est un peu énérgique. Il est des malades chez qui elle détermine par la suite une inflammation ulcérative ; il en est d’autres chez que elle deviént promptement insupportable , quoiqu'il n’y ait pas même d'inflammation à la peau.

La ne exercée par le bandage qui nous occupe peut être suivie de Ja guérison d'un anévrysme. On en a plus d’un exemple. On à même vu un homme presque guéri par ce moyen d’un anévrysme de | artère iliaque externe, et qui l'aurait probablement été entièrement, si une maladie étrangère à celle de l’artère ne l’eût enlevé. On conçoit d’ dise que , pour obtenir la guérison d’un anévrysme , il faut continuer la compression pendant fort longtemps , et la faire dans un point où l'artère anévrysmatique soit exactement comprimée, La compression, au moyen de ce bandage, peut aussi, au bout-d’un certain nombre d'heures, tarir entièrement’ hémorrhagie d'une petiteartère..

Le tourniquet de J.-L. Petit a l'inconvénient de se laisser renverser aisément, et les accidens de la compression , les incertitudes du succès , tels sont les motifs qui doivent lui faire préférer, presque toujours, la ligature des artères blessées ou anévrysmatiques. Ce dernier moyen n’est à rejeter que dans'le cas d’hémorrhagie, lorsqu'on présume qu’une compression de quelques heures pourra l'arrêter.

D'un autre côté, comme le tourniquet se laisse facilement renverser et déplacer, ce qui pent produire le retour

GENRE V. COMPRESSEURS DES VAISSEAUX. 553 de l’hémorrhagie, lorsque c’est pour un cas semblable qu’on l’a mis en usage , Moore, chirurgien anglais, a imaginé un autre compresseur.

Soins consécutifs. Le tourniquet doit être porté pendant long-temps , et d'autant plus long-temps que l'hémorrhagie ou l’anévrysme contre lequel on l’emploie appartient à une artère plus volumineuse. Il serait probablement avantageux de couvrir la peau d’un morceau de sparadrap à l’endroit de l’application des coussins , pour en modérer l’action.

Remarque. Comme les membres supérieurs et inférieurs n’ont pas le même volume, il faut des tourniquets différens pour chacun d’eux. On peut regarder, ces tourniquets comme diverses variétés qui ne diffèrent les unes des autres que par leur volume.

DEUXIÈME SOUS-GENRE

ESPÈCE UNIQUE

COMPRESSEUR MODIFIÉ DE MOORE (pl. X).

Ce compresseur, que Moore a proposé pour diminuer et prévenir la douleur dans les opérations de chirurgie (1) , a été destiné depuis aux mêmes usages que les tourniquets. Dupuytren, qui ambitionnait la réputation d’un génie inventif, l’appelait assez ridiculement son compresseur. Il offre une disposition très-simple : 1° un demi-cercle d'a. cier, garni d’un coussin immobile en dedans de l’ane de ses extrémités, tandis que l’autre est percée d’un trou taraudé pour recevoir une vis, et de deux autres trous par où doivent passer deux tiges de fer, qui y ont été ajoutées par

(4) Benjamin Bell, t. vr, p. 261, pl. 86, et pl, 48 de l'Encyclopédie,

fig, x, II, ir.

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