APPAREIL INAMOVIBLE AU BLANC D'OEUF
Usages. Get appareil s'emploie dans tous les cas de frac-
tures des membres, qu’elles soient simples ou GOLRPM GUESS.
, de plaies, de contusions, d'épanchement sanguin, etc. M. Larrey l’applique immédiatement, à moins que état PPARHUURTUE démalade ne s’oppose à la réduction, ou qu’il n’y ait un gonflement inflimmatoire très-considérable. Les dabyirédtions se traitent comme il est indiqué dans tous les livres de chirurgie. Ainsi, on débride dans le cas d’étranglement ; un fragment saillant et privé de périoste est réséqué, etc. ; la plaie se pansé comme de coutume, et lappareil est mis en place. Le nombre de cas auxquels cette méthode n’est point applicable est très-restreint , et ces cas sont précisément ceux-là même qui n’admettraient pas l'appareil ordinaire.
Disposition. Les pièces dont se compose l'appareil permanent sont à peu près les mêmes que celles déjà mention- #Ës à l’occasion de l'appareil de Scultet; ce sont, 1° lé drap fanon: 2° les fanons: 3° les remplissages et la talonnière ; 4° le bandage; 5° l’étrier ; 6° la tibiale pour les frac- .… turés dé la jambe ; 7° une gouttière en carton pour les frac:
| tures du bras; 8°le liquide résolutifque ; j'appellerai agglatina if. ‘Ces différentes pièces présentent cependant quelques mi odifications relatives à la spécialité même de l'appareil, | et. qui rendent leur description indispensable,
"1° Drap fanon. C’est un drap ordinaire plié en plusieurs dé blés pour s’accommoder à l'étendue du membre qu'il ‘doit envelopper ; et dont il doit dépasser un peu les deux extrémités. Il est destiné à protéger la face postérieure du
membre malade derrière lequel il forme un plan bien tendu ; par la dessiccation du fluide résolutif, il acquiert une dpeté qui le transforme en une véritable attelle.
2° Les fanons sont deux cylindres de paille de trois centi-
mètres de diamètre, fortement serrés avec une ficelle , et d’une longueur variable suivant l’os fracturé, À cet égard, il faut leur appliquer tout ce que nous avons dit en parlant des attelles (v. p. 366) dont ils jouent le rôle, M. Larrey les préfère à cause de leur flexibilité , qui, dit-il, se prête mieux à la configuration du membre, et favorise saf@ompression uniforme; il les croit aussi moins capables que les attelles de
déterminer des excoriations ou même des eschares à la
peau.
3° Les remplissages, Ce sont deux coussins remplis de balle
d'avoine , ils ne diffèrent pas des coussins de. l'appareil à.
bandes séparées; je ne répéterai donc pas ce que j'en ai dit plus haut, On y joint encore pour les fractures, de la
jambe la talonnière , coussin conique , en éloupes , de seize
centimètres ( six pouces ) de hauteur sur sept dè large à la base où il offre cinq centimètres (deux pouces et demi)d’é-
paisseur. [l'est destiné à recevoir l’extrémité postérieure et : inférieure de la jambe, et à préserver le talon de la fatigue |
et de Ja douleur qu'il éprouve lorsqu’ il repose sur un plan
dur et résistant. Pour 1: bras, M. Larrey emploie aussi un
coussin triangulaire assez épais, garnien étoupes,'et dont nous AE bientô@# À RL:
4° Le bandage. C’est celui que nous avons, décrit 50 us. le
particulier que nous n’ayons déjà décrit. M a mu à 6° La tibiale, qui s'emploie dans les fLacta les des mem bres inférieurs, est une grande pièce de toile découpée
sur la forme de l’appareil, et qui n’a d'autre usage que de
prêter à l’ensemble du système un aspect plus régulier.
7° Enfin dans les fractures du bras une gouttière en carton
qui reçoit la face postérieure da membre : telles sont les parties qui constituent l’ appareil permanent.
8° Liquide agglutinatif. C’est un mélange d’alcool camphré, d'extrait de Saturne et de blancs d'œufs battus dans l’eau ; il imprègne parfaitement le linge et lorsqu'il se dessèche, il'agglutine ensemble les Aifason tés pièces de lappareil , de manière à former une masse compacte aussi dure et aussi résistanté que du carton. Le membre se trouve ainsi renfermé dans une enveloppe solide qui se qu exactement sur ses contours,
L'application de l'appareil inamovible aux fréturés: de la jambe, peut êtré donnée comme une tt générale de Ja manière de l’employer. Nous n’aurons ensuite que peu de mots à dire sur les modifications que nécessite la conformation de chaque membre en particulier.
Le malade est placé sur un lit dont la partie inférieure présente un plan solide et uniforme. Les aides chargés de l'extension et de la contre-extension soulèvent le és 1 tandis que deux autres disposent successivement au des-
sous , 1° les liens ; 2° le drap fanon; 5° le bandage. Ensuite on applique une petite bande autour du es pour le maintenir. La fracture réduite, on ‘place le membre sur le milieu du bandage, qui est étendu lui même sur le drap fanon. La largeur de ce drap doit excéder la largeur du lit, son bord supérieur replié correspond au jarret, qu’il dépasse un peu, de même que son bord inférieur descend au dessous du talon. On applique ‘immédiatement sur le lieu de la fracture quelques compresses étroites, trempées dans le liquide agglutinatif, “puis le bandage imbibé de la même liqueur. Alors un aide se met vis-à-vis du chirurgien , et tous deux alternativement pren-
450 CLASSE Il, BANDAGES MÉCANIQUES:
nent de leur‘côté les bandelettes en commençant par les inférieures , et recouvrent toute la jambe comme pour!}appareil de Scultet , mais avec, plus d’exactitude encoreet de régularité. On soulève un.peu le membre et l’on placeda talonnière sous le tendon d'Achille , la base correspondant ‘ au talon qui doit. porter à peine. Onarrose alors abôndam: ment l'appareil avec le -liquide.. Les deux coussins :sont placés" latéralement, le plus long en: dehors, et-excédant tous les, deux la plante du pied. Un aide étend. sur-la face antérieure du membre latibiale;: dont les côtés:sont accolés-au remplissage. On enroule :lés .fanons dans le drap fanon, de la même manière que les attelles ,dans:l’appareil ordinaire. El importe que-les fanons soient: bien: de niveau ‘ et compriment le membre d’une manière Sete et modérée. Un aide les soutient dans cel état ; tandis qu’un autre ef face les plis de, la tibiale et HS les liens. La constrietion se fait du haut en bas de la jambe, en ayant soiñsde ne pas fixer le lien au nivéaa de la fracture. Céla: fait on rassemble sous le pied tout ce qui dépasse inférieurement du drap fanon.et on le coud solidement. On place sous Ja face plantaire, une petite pelote d’étoupe que Pon main: tient au moyen de l’étrier, dont les ‘chefs, croisés sur de coude-pied, vont s’aitacher sur les parties latérales: de l’appareil. | | | Pour la fracture du col du fémur, et ait corps > cet os, l'appareil enveloppe tout le membre ; et le fanon externe; remontant plus haut que la crète illaque , est maintenu, rapproché du tronc au moyen. d’une ceinture. Pour la fracture du bras et ducol'de L'humérus : Commencez par appliquer un bandage de corps médiccrement serré, puis faites un bandage spiral.autour des doigts de la main et.de l’avant-bras.. Lé fracture étant réduité et les complications , s’il en existe, convenablement trailées ,
GENRE VII. APPAREILS DE FRAGTURES, 431 ‘appliquez immédiatement. sur le membre quelques compressés carrées, puis des bandes séparées , les coussins, les fanons enroulés dans leur drap: Placez à. la partie postérieure la gouttière de carton qui doit. soutenir le tout , et & errez convenablement les liens ; enfin, posez le bras sur un coussin triangulaire qui réponde au coude par sa base; et à l’aisselle par son sommet. Le bras doit être. situé parallèlement. à l’axe du corps ; et l’avant-bras maintenu flèchi à angle droit, à l'aide d’une grande. #abarpe qui enveloppe tout le buste.
Pour les fractures de la sstdlte on emploie: l'apfareil ordinaire, et en outre, si la fracture est transversale, on place au dessus et au dessous de l'os fracturé , deux compresses graduées et le bandage unissant-des plaies en travers.
Effets et qualités de l appareil. M. Larrey assure que cet appareil présente une grande économie de linges et de temps, et que sa solidité permet de transporter (eilésnent les blessés, avantage inappréciable dans la chirurgie militaire , et qui ne se rencontre pas, dit-il, dans les autres méthodes. Loin d’être une. contre-indication , la présence d’une plaie est, suivant lui, une circonstance en quelque sorte favorable, puisque le pus épanché dans l'appareil augmente en se concrétant , la solidité de ce dernier. Suivant M. H. Larrey, le pus s’accumule, s'étend en nappe entre les différentes pièces de l'appareil, et alors le travail de la suppuration s’arrête et ne doit plus continuer. Suivant son explication un peu singulière, le pus occupe d’abord l’espace rempli auparavant par les parties tuméfiées, mais Ja force d’expansion ne saurait aller au-delà, à cause de la plus grande force compressive de l’appareil, surtout si on a reserré les liens: D'ailleurs, cette nouvelle compression l'empêche de refluer dans le membre par la plaie. Alors une portion est résorbée, une autre reste épanchée, entre lemembreetl’appareilet dans
celui-ci;les parties les plus ténues s’évaporent , tandis que le reste se concrète par la dessiccation. M. Larreÿ ne parle pas ici de ces foyers purulents qui se forment aütour des fragmens, de ces fusées qui remontent le long des gaines apo-
névrotiques des muscles qu'ils dénudent et dont le seu@é#
remède consiste dans les contre-ouvertures pratiquées à propos, mais qui ne peuvent être employées, ici puisque l’on ne voit pas ce qui se passe. D'ailleurs, comment admettre que la puissance coërcitive de l'appareil s’oppose à la
sécrétion génératrice du pus ? Pourquoi n'en est-il pas dé même dans les parties bridées par des aponévroses, et -
pourquoi dans ces cas observe-t-on précisément d'énormes décollemens si graves et si dangereux ? Le:
M. Larrey compare l’appareil inamovible à la réunion immédiate dans le cas d’amputation; mais [a comparaison n’est ni juste, ni favorable à l’appareïl inamovible. Par la réunion immédiate, on espère éviter la suppuration , et lorsque celle-ci survient , il en résulte des abcès qui, renfermés dans le moignon , nécessitent la rupture dela cicatrice pour prévenir les accidens qui pourraient en être la suite. Ces accidens sont si graves, qu’ils ont forcé les chirurgiens de certaines contrées à renoncer à ce mode de réunion. M. Larrey dit que la compression exercée par l’appäréil est très-propre à arrêter l'irrilation et par suite le gonflement du périoste. Qu'est-ce que ce gonflement? où M. Larrey l’a-t-il va? En revanche, pourquoi ne parle-t-il pas du gonflement inflammatoire auquel sont exposées les parties molles ? que deviendra alors le membre emprisonné dans l'appareil inamovible?... Quand on emploie l'appareil de Scultet, n’est-on pas bien souvent obligé de le lever le lendemain parce qu’il étreint douloureusement le membre que la veille il tenait médiocrement comprimé ?.. Par quelle faveur toute spéciale veut-on que l’appareilinamovible dispense
des dangers auxquels l'observation attentive et directe dans les pansemens répétés a tant de peine à dérober lé malade?.… Enfin, M. Larrey ne se fait-il pas illusion lorsqu'il regarde comme économique un appareil dont les parties constituantes me paraissent pour la plupart destinées à être saerifiées plus tard ?