‹ Traité des bandages, des pansemens et de leurs appareilsChapitre 189 sur 196 · JAMBE-BOTTINE · texte numérisé non relu

JAMBE-BOTTINE

Un chirurgien d’Avisnon vient d'essayer de réhabiliter l'amputation de la jambe à la partie inférieure , et il propose comme moyen de prothèse, une sorte de bottine qui porterait le poids du corps par l'intermédiaire des renflemens des condyles du tibia, le moignon s’enfoncant dans la bottine. Mais il paraît que la pression de la bottine en.ce point remonte tellement la peau de tout le moignon, que la cicatrice ne peut y résister, Tel est du moins le motif que, m'a donné M. Martin pour justifier la grande hauteur de

530) * MÉMBRES ARTIFICIELS.

sa jamibe-botine dont je vais donner immédiatement la description.

L'appareil de M. Martin se compose, 1° d’une cuisse ou d’un cône fémoral, 2° d’une guêtre et d’un brodequin renfermant un pied artificiel; 3° de deux tiges métalliques jambières , régnant latéralement de éKôdne: côlé du DRE et articulées au niveau du genou.

Le cône de la cuisse est un fort carton catté de peau douce, ouvert sur l’un de ses côtés pour se prêter aux changemens de volume du membre, et fermé par deux courroies placées. à ses deux extrémités ; supérieurement il est muni d’un bourrelet sur QE le malade se trouve en APENIEE sorte assis.

La guêtre et le brodequin qui forment la partie inférieure de l'appareil, renferment un bout de jambe en bois, destiné à remplacer la portion amputée, et articulé par une surface concave avec un pied en bois aussi. Des élastiques fixés au devant de cette articulation permettent au pied de reprendre sa direction horizontale quand il a été porté dans l’extension.

Les deux tiges métalliques jambières réunissent les déux pce dont nous venons de parier, et se prolongent jusqu’au bord supérieur du cône, dont elles augmentent beaucoup la force; elles sont placées de cique cÔLÉ du membre et offrent au niveau du genou une articu- Jation à nœud de compas d’un côté, et de l’autre un système aussi simple qu’ingénieux qui permet la flexion de la jambe sur la cuisse, et son extension spontanée lorsque la flexion est très-peu considérable. Gette extension est opérée par un ressort très-doux disposé de telle sorte qu'il ‘agit par une chaîne, 1° à la circonférence d’une roue, sur un bras de levier d'autant plus long que la jambe est plus étendue , et 2° de plus en plus près de l’axe de la roue, par

GENRE SUPPLÉMENTAIRE. dr 551 suite de la flexion croissante de la jambe, sur un bras d’autant plus court que la jambe se rapproche davantage de la flexion à angle droit, en sorte qu’alors l’ action du ressort pour l'extension est entièrement nulle. On a adapté aux deux tiges une courroie rembourrée destinée à embrasser la partie supérieure de la jambe et à maintenir solidement l'appareil.

ARphpe tion. Le moignon de la the coupé à sa partie inférieure, s'engage dans le cône et de JR jusque vers le pied en bois dans la guêtre. La courroie des bites est fixée autour du moignon, Les courroies du cuissart l’assujettissent autour de la cuisse,

Effets. Cette jambe-bottine est très-légère et très-commode. On a vu venir à la Faculté, dans plusieursghôpitaux et à l’Académie de médecine , uné jeune fil i parcourt, ainsi facilement, des.distances très-considéräbles à travers les rues de Paris à l’aide de cette machine ingénieuse, Le : poids du corps s’y appuie sur 6 cuissart par la tubérosité de l’ischion.

J’ai cru devoir former un genre supplémentaire de ces machines de prothèse, et en dire quelques mots, bien qu'elles n’appartiennent pas précisément à mon sujet, parce qu “elles ne sont décrites dans aucun des livres classiques, et que cependant elles sont très-importantes à connaître.

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