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DEUXIÈME VARIÉTÉ. GRAND PLEIN TRIANGULAIBE DU BRAS ET DE LA POITRINE

Usages. On peut l’employer dans les mêmes circonstances que le précédent,

Pièce du bandage. Une pièce de linge longue d'un mètre (près d’une aune) , d’une largeur égale à sa longueur , et pliée diagonalement en tite:

A Hbtitotisre Portez le unes bord de la pièce au dessous des mamelles, entourez-en la poitrine et nouez les angles par derrière et un peu en dehors du dos, sur le côté opposé au bras affecté, ou fixez-les avec des épingles; relevez ensuite les angles de la pièce qui pendent en bas , et attachezles avec une ou deux épingles sur l’épaule da côté malade. Il en résulicra encore une sorte de bourse où Le membre restera suspendu.

Effets et propriétés. Ge bandage semblera pédbAieruèut

GENRE VIT. BANDAGES PLEINS, 161 bien moins solide, parce | qu'au lieu d’être fixé. autour du Cou par un nœud, il n’est attaché que par une ou deux épingles. ILest sans doute incontestable qu'il l’est moins ; mais on peut s'assurer sur soi-même qu'il l’est beaucoup encore, et toujours assez pour supporter le bras. Il doit cette solidité à l’appui qu’il prend autour de la poitrine, et à ce que l’attache supérieure n’a presque rien à soutenir, si peu même, que le bras reste encore suspendu dans la bourse que le bandage forme par en bas , quand ses angles supérieurs sont détachés.

TROISIÈME VARIÉTÉ, — GRAND PLEIN OBLIQUE DU BRAS ET DE LA POITRINE (grande écharpe de quelques auteurs).

Indications. On peut l'employer dans les cas où il est important que le bras ne s’écarte pas du corps.

Pièce du bandage. Une pièce de linge longue et large d’un mètre (près d'une aune ), et pliée en triangle,

Application. Portez le grand bord de la pièce sous l’avantbras, fléchi à angle droit, ou mieux, à angle aigu au devant de la poitrine, pour que le plein embrasse le membre et le soutienne plus solidement; que l’angle droit de la pièce de linge corresponde au coude; ensuite relevez obliquement les deux angles aigus da bandage, l’un par devant le bras, l’avant-bras et la poitrine , l’autre par derrière le bras et le dos, jusqu’au dessus dé l'épaule du côté sain, pour les nouer ensemble sur celte région, soit par devant, soit par derrière. Ge bandage s'applique ordinairement par dessus les habits.

Effets et propriétés, Il soutient bien le bras et l'avant bras. On peut ; en le déployant jusque sous la main, y appuyer celle-ci, et en le déployant jusque sous le coude, faire reposer cette partie dans l’anse qu’il présente.

Gette dernière position est souvent génante, parce qu’a-

lors le coude fait trop baisser la main, et que cette partie a besoin d’être tenue’ élevée, principalement dans les inflammations qui peuvent l’affecter. Souvent même la main se trouve mieux de ne pas rester enfermée dans le cs |

L (7 QUATRIÈME VARIÉTÉ PLEIN DE L'AVANT-BÉAS ÉT DU cou AUS écharpe de quelques auteurs ). 1 PE

Usages. Ge plein estle plus employé parce qu'il est le plus simple à faire, qu’il n'empêche pas entièrement les mouvemens da membre, qu’il est d’ailleurs très-facile d’en retirer le bras et de l’y remettre au besoin, eufin … ilest fort commode.

Il peut être préféré aux sGEqe OUT Ha fois qu # |

n’est pas nécessaire de rendre le bras: immobile-contre la poitrine. Si cependant celte, immobilité indispensable \ comme dans les cas de fracture de la clavicule, de luxätion de l'extrémité scapulaire de cet os, de fracture du col de

l'humérus , etc. , était assurée par l’action d'un autré ban- "|

dage , d’un bandage destiné à contenir le bras dans les af: |

fections sus-indiquées, le plein du cou et: de l'avant-bräs A

pourrait être employé avec avantage. On s’en sert habituellement dans le cas d’inflammation, deplaie, de brûlure la main ou à l’avant-bras, pour soutenñir ce membre et quel- | quefois tenir la main élevée. ous pt 88 tr Pièce du bandage.: Uné pièce de use dore et longue d’un mètre (près d’une. aune:) ; et pliée en triangle. Application. Portez le.grand bordde la pièce sous l'avant-bras jusqu’au dessous de la main (pl. VIIL, 4,.4), en tournant toujours l’angle droit du côté du-coude ere pl, 5); relevez ensuite les-deux angles aigus, dont lunsera antérieur à l’autre ; faites-les passer de chaque côtéidu cou, ” l'äntérieur (même pl, 2) du côté opposé ammembre af-

GENRE VIT. BANDAGES PLEINS. | 163 fecté , le postérieur (même pl., 3 } du côté correspondant à Ja maladie, et enfin nouez-les ; Soit par derrière le cou (même pl, 1), soit sur l'épaule opposée au bras que vous suspendez pour le soutenir, srahénsteir

Effets et propriétés. L’avant-bras, pour ainsi dire bercé dans l’anse du bandage que nous venons de décrire; y repose doucement et mollement. Le malade peut, à sa volonié, ÿ engager ou en dégager la main et le coude ; il peut, lorsque le bras est fatigué de la même situation , le retirer momentanément du bandage pour l’y remettre un instant après ; il peut , sans de grands apprêts, le panser aussitôt qu'il est nécessaire, etc. Ces avantages, peu importans dans les livres , le sont beaucoup pour le malade.

© CINQUIÈME VARIÉTÉ, — PETIT PLEIN DE L'AVANT-BRAS OU DE LA MAIN (petite écharpe de quelques auteurs ). ”

Usages. On n’a recours À cette dernière variété que lorsqu'il s’agit de soutenir la main ou la partie inférieure de l’avant-bras.

Pièce du bandage. Une pièce de linge, longue de cinq -à six décimètres (environ une demi-aune ), large de dix ou douze travers de doigt , pliée deux ou trois fois longitudinalement sur elle-même, pliée enfin en travers dans Je milieu de sa longueur. 4

Application. Attachez par un point de couture ou avec des épingles , à l’habit du malade, les deux extrémités de l’anse que forme cette petite pièce de linge, et que le ma-

lade y engage ensuite sa main ou son poignet.

Effetset propriétés. Gette petite écharpe suffit pour sou-

tenir le poïds de la main et d’une portion de l’avant-bras :

mais elle ne paraît pas assez solide pour soutenir l’avant- . “æ HA | 5

bras, près du coude. D’ailleurs, comme elle a peu de lar-

! L cos Len PER ds re — PRÉ Sn: * ue pbs d ET RU ES ù ne f

geur; si on voulait l'étendre sous celte articulation , la main se trouverait trop peu souténue. ‘af Enfin, jai souvent appliqué avec avantage un plein triangulaire à la main ou au pied. On déploie le bandage sousla main ou le pied, sa base répondant au poignet ou au talon et au coude-pied, son sommet dépassant les doigts; on replie celui-ci par dessus le membre; on l'enveloppe, ainsi que le membre, avec les. angles aigus du bandage portés autour du poignet'ou-du coude-pied.

Remaroue. On s’est même servi d’un plein pour réunir

les deux bords d’üne plaie. Quelques uns, dit Guy de Chauliac , accommodent un drap en double , et en resiréignant, le cousent sur le lieu de la solution. |

Décrits dans L. Verduc, dans J.-B. Verduc son fils, dans Dionis , dans Leclerc, etc., comme des bandages généralement employés par les chirurgiens, le plein triangulaire de la tête et le grand couvre-chef datent déjà de loin. Quant aux écharpes , elles sont recommandées par Hippocrate dans les fractures du bras et de l’avant-bras {1}, et l’on n’a jamais cessé d’en faire usage.

Dans la première édition de cet ouvrage ( 1826 ,p. 146 ), javais annoncé l’espérance d’une révolution désirable et salutaire dans la complication des bandages, dans la longueur de leurs bandes, etc. ; j'avais fait sentir le parti que l'on pourrait tirer d'un mode d’appareil aussi simple et aussi ‘commode que les bandages pleins, lorsque M. Mayor de Lauzanne, chirurgien aussi habile qu'ingénieux, publia, en 1832, son Mouveau système de déligation (2). Dans cet ou-

(A) Traitce des Fractures, $ vaux. — (2) Nouveau système de Déligation chirurgicale (4832). | +

GENRE VII. BANDAGES PLEINS. 165 vrage , il généralisa l’emploi des bandages pleins (1) et se fit une loi de les employer constamment et exclusivement. L'auteur , qui n’a sans doute pas lu le passage de notre première édition que nous venons de rappeler, reproche amèrement aux chirurgiens (2) d’avoir négligé les appareils si simples qu'il propose et d'en avoir restreint l'usage à quelques cas particuliers. [Lest évident que ce blâme ne saurait nous atteindre , puisque nous-mêmes avions pris les devans-sur M: Mayor, et que nous avions déjà préconisé l'emploi des moyens qu'il regarde aujourd’hui comme sa conquête, [l est vrai que nous ne demandions pas une révolution aussi profonde que celle qu’il a tentée et que nous ne saurions l’approuver entièrement. M. Mayor rejette ab: solument les bandes ordinaires et leur substitue le mouchoir, ou une pièce de linge carrée qui peut être pliéeen carré long (rectangle des géomètres) ,.en triangle ou fichu , en cravate, et enfin cordée. Ces diverses modifications du mouchoir doivent , séparément ou attachées plusieurs ensemble, remplacer toutes les espèces de bandagesfdécrits par les au teurs. Il n'est pas jusqu’au mot bandage qui ne soit rejeté par M. Mayor ; il ne veut pas de cette expression pour désigner les Liens qu'il emploie, et dans lesquels, comme il le dit, il n'entre pasle plus petit bout de bande. Dans son désir d'achever la révolution que j’ai appelée et commencée dans le fond et dans la forme , M. Mayor rejette comme moi les mots baroques de chevestre , capeline, monocle, et même ceux d'écharpe, etc. En conséquence, il propose une nouvelle nomenclature , et il emprunte le nom de chaque appareil, non à la forme qu'il présente ou aux pièces qui le composent , mais , suivant lui, à l’anatomiste ; il veut dire

. | & (4) Nouveau système de Déligation chirurgicale, p. 40 , note. (2) Introduction, p. 7 et 9.

| 4 { No) AL ae nn Ed tes. dat Het SES R PRRTRR Se RES ue.

à Ja partie sur laquelle on l’applique, Ainsi, le plein triangulaire qui entoure la têle est le triangle FRONTO-0CCIPITAL ou occirrTo-FRONTAL , selon que la base est au front ou à locciput : la cravate AXILLO -CLAVICULAIRE sera celle dont le . plein appliqué sous une aisselle aura ses chefs noués sur la clavicule du côté opposé; la cravate BIS-AXILLATRE SIMPLE aura son milieu sous une aisselle , ses chefs croisés sur l’épaule correspondante ; puis sous l'épaule opposée, etc.

Examinons maintenant d’uns manière générale le mode d'application des mouchoirs rectangulaires, triangulaires, en cravate ou en corde. Si un seul des deux premiers suflit pour l'usage que l'on se propose, on applique son milieu sur la partie qu’ilest destiné à recouvrir; puis les chefs vont, suivant la forme et la disposition de la région s'unir, soit l’un à l'autre, soit au plein du mouchoir où on les attache avec des épingles. Mais quelquefois un seul n’est pas suffisant , et il en faut un second ou plusieurs pour compléter le système. Alors les derniers sont joints aux autres par des nœuds plus ou moins serrésÿ selon le degré de solidité que l’on veut obtenir. |

Il serait trop long de passer en revue tous les appareils de M. Mayor ; nous allons seulement indiquer les principaux dans chaquerégion , puis nous discuterons les avantages et les inconvéniens de ce mode de déligation. ei hee

1° À la tête , toutes les pièces du pansement sont maintenues par le mouchoir triangulaire appliqué de manière que la base, placée plus ou moins bas sur un des côtés de la tête , ait sestchefs croisés du côté opposé, et fixés latéralement avec deux épingles, tandis que le sommet , conduit au point d’entre-croisement et glissé sous ce croisé, est relevé, ramené, et enfin arrêté par dessus au moyen d’ure épingle.

2° À la face, dans le cas de bec-de-hèvre ; par exemple ,.

les bords de la plaie sont maintenus rapprochés par uu triangle, dont les angles aigus se croisent au niveau de la bouche, et dont la partie moyenne appuie sur l’ occiput. S'il s’agit d’une maladie des joues, de l'oreille, etc.,! une cravate dont le plein repose sous le menton, tandis que les chefs sont noués sur le vertex ou réciproquement, assure l” appareil. si

3° Au cou, là cravate ordinaire trouve son Rp naturelle.

4° Pour l'épaule oule creux de l’aisselle, on s se servira d’une cravate avec laquelle on formera un huit de chiffre de la manière suivante. Supposons une blessure au moignon de l'épaule’: le milieu de la cravate portera sur la partie que je viens de nommer, et les chefs, après s’être croisés sous l’aisselle correspondante, iront se rejoindre, en passant l’un derrière, l’autre devant k poitrine, sur l'épaule du côté opposé.

9° Au tronc on fera le bandage de corps ordinaire avec

le mouchoir rectangulaire.

6° Pour l'anus, le périnée, les A. génitales, rien de plus simple : c’est une cravate dont la partie moyenne passe entre les cuisses, tandis que les bouts sont fixés, l’un par devant , l’autre par derrière , à une ceinture préalablement mise autour du bassin. On peut encore se servir du mouchoir plié en triangle : la base reposera sur le sacrum, et les chefs ou angles latéraux seront noués sur le pubis, tandis que le sommet pendant en arrière sera amené d’arrière en avant, en forme de sous-cuisse, et viendra se joindre. en avant aux deux chefs latéraux. Ce triangle peut être placé en sens inverse, c’est-à-diré la base en avant.

7° Aux membres, c’est encore le même moyen que l’on ‘emploie : tout bandage circulaire est remplacé par une cra-

vate plus ou moins serrée, La fracture de la. clavicule est :

contenue par une double écharpe, dont l’une des parties enveloppe le corps avec le bras du côté malade, et l’autre, placée comme une écharpe ordinaire, soulève le coude par ‘son plein et se noue autour du cou, du côté opposé.

Ces notions suflisent, je crois, pour donner une idée du nouveau mode de déligation et des diverses modifications dont il est susceptible.

Les appareils de M: Mayor ont un avantage inéüntéstalile, la simplicité. Il est évident que l’on se procure plus aisément un mouchoir qu’une bande de trois aunes, et que dans

beaucoup de cas le DAS maintiendra aussi bien des piè- …

ces de pansement qu’une bande pourrait le faire. Un mouchoir enveloppe très-bien certaines régions , la tête par exemple, ou le moignon d’un membre AHALS ou la main, ou le pied, .et se moule assez exactement à la forme de ces parties.

Mais si dans un on nombre de cas les moyens déliga-

toires de M. Mayor offrent une véritable utilité, il est des

cas , assez nombreux aussi, dans lesquels leur usage est in-

commode ou insuffisant pour le but que l’on veut atteindre. D'abord M. Mayor emploie souvent plusieurs mouchoirs, qu'il réunit ensemble par des nœuds. Or, ceux-ci doivent nécessairement comprimer douloureusement les régions sur lesquelles ils appuient, surtout quand ils sont appliqués à “une partie sur laquelle repose le malade. Si, comme nous

l'avons dit, Je mouchoir enveloppe bien plusieurs parties ,

cet avantage peut, dans quelques circonstances, se changer en inconvénient; car il peut en résulter, au point d'application, une chaleur incommode pour le malade. Ici, l’appareil est nuisible par la trop grande surface qu’il recouvre ;

ailleurs c’est par son épaisseur; ainsi, par exemple, dans le.

bandage proposé par M. Mayor pour le bec-de-lièvre, les ete du large mouchoir qu'il emploie doivent être plissés

GENRE VII. BANDAGES PLEINS. 16g

et tordus sur eux-mêmes pour pouvoir passer entre le nez et la bouche, ils constituent donc une véritable corde, qui comprime les lèvres et forme à l’ouverture des narines ur bourrelet gênant pour la respiration. Comparez ce lourd et épais attirail au bandage invaginé ordinaire, si simple et si léger, et d’un coup d'œil vous décidererez auquel on doit

accorder la préférence.

J'ai dit que souvent les liens de M. ui étaient insuffisans : il nous suflira de quelques exemples pour justifier cette prôposilion. Pour incliner la tête de côté, dans le cas de plaie “transversale du cou, M. Mayor applique sur la tête un triangle dont la base porte sur le temporal du côté sain, dont le sommet est ramené sur le temporal opposé , tandis que les chefs latéraux passant l’un derrière , l’autre devant la tête, sont attachés à une cravate placée sous l’aisselle. Si le blessé penche un peu la tête du côté malade, le mouchoir glissera, et tout l'appareil sera défait. Le huit de chiffre qu'il propose pour les épaules ne saurait, d’une part, serrer convenablement , et de l’autre, il ne peut pas être employé pour maintenir des pièces de pansement. Les bandages qu’il applique à l’aine ne peuvent pas comprimer Slt dit et. par conséquent suppléer au spica ordinaire. Rien, dans les procédés adoptés par le chirurgien de Lauzanne , ne peut remplacer les bandages invaginés unissans des plaies transversales.

Enfin , un reproche grave qu'on peut adresser à la nouvelle déligation , c’est qu’elle ne permet pas d’exercer la compression sur un membre, comme on le fait avec une bande roulée en spirale.

De tout ceci que faut-il conclure ? que M. Mayor a trop étendu, trop généralisé un bon précepte; qu'il semble avoir voulu faire un tour de force en employant partout son mouchoir, à l'exclusion des autres moyens déligatoires

170 Mass I, BANDAGES PRÔPREMENT DITS.

dont l'utilité est le mieux constatée, M. Mayor, en un mot, me paraît avoir exagéré un principe dont l'expérience d'ailleurs m’a prouvé les défauts. En effet, les bandages pleins n’ont pas autant de valeur que M. Mayor leur en suppose, comme bandages contentifs , compressifs, etc. , ils ne répondent parfois que très-imparfaitement au but que l’onse js enfin ils ne peuvent même remplir cer-

Mais les bandages pleins retrouvent leur valeur quand il n’ont plus à remplir d'indications semblables. |

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