BANDAGE A RESSORT SPIRAL DU COD ET DES MEMBRES
J'en fais une seule espèce, parcequ'il ne doit différer que par ses proportions pour le cou et pour les membres.
Usages. On pei.it y avoir recours afin de contenir des pièces d'appareil sur la surface ulcëre'e d'un ve'sicaloire , d'un cautère, d'un moxa; on peut alors le pre'fe'rer au bandage lace' ou au bandage à plaque que nous avons décrits pour le même usage.
Disposition. Ce bandage doit offrir une longueur telle qu'il puisse embrasser le cou (P. XIV, i) ou le point du membre qu'il doit entourer en le serrant un peu. Il aura une plaque me'tallique , ainsi que les bandages à plaque (même P., i), et deux bandes élastiques faites de quelques ressorts spiraux , re'unis avec une enveloppe de peau pique'e (même P. , 5), ainsi que nous l'avons dit à la tête du genre. Ces bandes seront atla chëes aux parties latérales de la plaque (même P., 2) par une extre'mite', et porteront une agrafe plate ou une boucle à leur extre'mite oppose'e pour fixer le bandage (même P. , f\).
Leur application est si simple qu'il n'est pas nécessaire de s'y arrêter.
Effets. Au cou, de même qu'aux membres, ce petit bandage pourra être porte' sans gêner la circulation ni aucune autre fonction.
ESPÈCE II
CORSETS A RESSORTS Sl'lRAliX.
Ces bandages s'emploient dans les mêmes circonslances qtie îes corseis non élastiques ; mais ils leur sont préiërables dans beaucoup de cas , et notamment pendant la grossesse.
Disposition. Ils sont faits d'ailleurs comme les corsets non élastiques , sinon qu'ils contiennent des séries des bandes transversales de ressorts spiraux de la grosseur d'une plume -de pigeon, et que remomant et se plissant moins aisément en travers que les corsets dépourvus de ressorts , il est moins nécessaire d'y fixer
des baleines.
Effets et propriétés. Ces corsets , plus souples et plus favprables à l'amplialion de la poitrine et du ventre, ne sont pas plus commodes que les autres pour les femmes; aussi les emploient-elles tous avec assez d'indifférence.
ESPÈCE III
BANDAGE A RESSORT SPIRAL DE l'oMBILIC
(proposé par M. Verdier (P. XVI).
Usages. L'inventeur de ce bandage l'emploie pour contenir les hernies ombilicales.
Disposition du bandage. H se compose , i" d'une pièce abdominale ; 2" d'une pelote ombilicale; 5" d'une
ceinture.
La pelote ombilicale doit avoir une étendue proportionnée au volume de la hernie , si celle-ci ne peut rentrer dans l'abdomen; et à la largeur de l'ouverture qui lui donne passage , si la hernie peut au contraire y rentrer. Dans ce dernier cas la pelote doit dépasser de beaucoup l'ouverture herniaire. Elle a deux surfaces ;
GENRE III. BANDAGES A RESSORTS SPIRAUX. 087 l'une interne, qui s'applique à la peau; l'auire externe, qui se tourne en dehors. La surface interne doit être convexe , si la hernie est entièrement réductible ; et au contraire d'autant plus concave, que la hernie rentre moins et reste plus volumineuse. L'externe doit porter quatre rubans ou cordons.
La pelote doit être molle, incapable de fatiguer et de blesser la peau, et pour cela construite d'après les principes que nous exposerons plus bas à l'occasion des pelotes des brayers.
La pièce abdominale est à peu près ovale (P. XVI, 20, 26, 3i, 3i). Elle peut avoir de dix à trente centimètres de longueur (de quatre à onze pouces). Elle doit offrir deux ou trois boucles sur sa surface externe près de chacune des extre'mite's (même P., 27, 28, i^g), et un peu plus près du milieu de la pièce, trois brides, ou une seule en ruban fort (même P., 17, 18, 19, 24, 25, 26). Elle doit être aussi percée de quatre trous rapproche's deux à deux, pour donner passage aux rubans de la pelote ombilicale qu'elle porte à sa surface interne. Cette pelote y est a?lache'e au moyen de ses rubans que l'on passe par les trous que je viens d'indiquer , et que l'on noue ensemble en dehors (même P. , 21 , 2 5).
La pièce abdominale est compose'e de ressorts spiraux , enveloppe's de peau pique'e dans leur intervalle, et dispose'e comme dans le bandage précèdent. Les points re'guliers du dessin de la pièce abdominale , 20 , 20 , 5 1 , 01 , expriment la manière dont elle est cousue. Les ressorts doivent être dirige's d'une extre'mite' à l'autre de l'ovale que repre'sente la pièce abdominale.
La ceinture (même P. , 5o) doit avoir une longueur suffisante pour entourer l'abdomen en s'atiachant aux boucles de la pièce abdominale. Une largeur de cinq à six travers de doigl lui sera suffisante. Elle portera
des courroies à ses exlrcmiics pour s'eni,^^I;er dans les boucles de la pièce alxioniinale (même P. , i j, i 5 , 16, 27, 28, 29). Elle sera faite de peau ou d'une éiofle quelconque. Il suffit cjue le tissu de celle-ci soit assez fin pour ne pas iatii^uer le sujet.
Pour construire un pareil bandage en laveur d'une personne éloignée , M. Verdier demande , 1° la mesure de la circonférence du corps au niveau de l'ombilic; 2° l'indication du volume de la tumeur; 5° l'iiidicaiion de son siège précis ; 4 ' 1 indication de sa re'duclibilite'.
application. Après avoir fait coucher le sujet et réduit la hernie, s'il a été possible, vous l'empêcherez de reparaître en tenant la raain gauche sur son ouverture ; puis, retirant doucement celle-ci, vous glisserez la pelote sur cette ouverture herniaire à mesure que la main se retirera. La pelote appliquée avec la pièce abdominale, le malade appuiera la main dessus, vous attacherez les courroies de la ceinture (même P., 27, a8, 29), et les engagerez chacune dans leur bride respective (même P., 17,18, 19,24,25,26).
Effets et propriétés. Le bandage que nous venons de décrire paraît très propre à contenir «me hernie ombilicale , à se prêter en même temps aux mouvemens respiratoires de l'abdomen, et à l'augmenlalion du volume que cette partie du corps acquiert pendant le repas. 11 doit être d'ailleurs infiniment moins gênant que les bandages ombilicaux à lame élastique, comme le ressort des brayers.
CEINTURE BE l'aBDOMEN k RESSOUTS SPIRWX.
On peut les proposer dans les mêmes circonstances que le lacé de l'abdomen décrit (p. 359).
Ces ceintures peuvent être formées de deux parties
qui se lacent sur la ligne uiëdiane du ventre et parderrière le dos ; ou au contraire d'une seule partie dont les ijords postérieurs se lacent ensemble derrière les reins.
Elles doivent avoir un peu moins de longueur que l'èlendue de la circoniërence de l'abdomen , et pouvoir le couvrir en avant, depuis Tëpigastre jusqu'au pubis. Les ressorts spiraux doivent être parallèles à sa longueur, et par conséquent transversaux, par rapport ati ventre. Il n'est pas nécessaire qu'ils s'entre-croisent dans trois sens diffe'rens, comme les fibres des muscles larges du ventre, ainsi qu'un bandagiste Fa propose'; il ne le faut même pas , car alors la ceinture pourrait être plus fatigante par son poids qu'utile par sa résistance et son e'iasiicité. Il est convenable de garnir de coussins ce bandage à sa face interne , comme fa fait M. Verdier, pour e'viter qu'il ne fatigue la peau par les plis du tissu qui enveloppe les ressorts spiraux. Il suffit aussi, pour e'viter cet inconve'nient , d'appliquer le bandage par-dessus la chemise.
Effets et propriétés. Cette ceinture , qui cède aux niouvemens respiratoires et à fampliation de l'abdomen pendant le repas , est , par son élasticité , généralement plus commode que le lacé du ventre. Néanmoins il est des personnes qui se trouvent mieux de l'usage de ce dernier.
GENP.E lY.
EA^"DAGî:S HERNIAIRES, OU BRAYERS ELASTIQUES.
Déjînition. Ce sont des cerceaux élastiques destinés à embrasser le bassin et à contenir les hernies de l'abdomen , inguinales et crurales.
Indication, Après qu'on l'a réduite, une hernie abdo-
minalc commençante réclame insiainmcnt l'emploi du J)raycr pour s'opposer à sa rcappariiioii , el mûine poav la guérir. Une hernie ancienne , peu volumineuse , r('(luciil)le ou irrc'ducliblo, le réclame encore pour être contenue, elc'viicr sa })rus(|ue augmenialion el les dangers qui peuvent, en être la suite.
Disposition matérielle. Ces inslrumcns sont assez varie's; néanmoins il leur reste tant de ressend)lance à travers leurs nombreuses modilicaiioiis, cl leur confbrmilc est si aisc'e à vérifier sur chacune de leurs espèces , que l'on peut d'abord exposer ce qu'ils ont de commun.
Un brayer a une lorj^ucur sulfisante pour entourer le bassin au moyen de la courroie ajoutée à l'une de ses extrëmiics; el pour que celle courroie puisse croiser en avant rextrcmilé opposée du bandage, et se fixer dessus au croehcl ou au clou (pi'elle porle , il esi courbe sur lui-même et en outre lordu sur un point de sa longneiu', conmie les côtes moyennes, de manière que l'une de ses extrcmiie's est dirigée en haut, l'autre en bas , et qu'elles se irouvcnl sur deux plans d'inégale hauteur. Un brayer a l'une de ses exirènnles élargie; on la nonmje sa pelote. La partie du bandage qui y lient est souvent plus étroite el tordue; c'en est le col.
Les brayers élastiques dont nous parlons ici sont tbrmés , 1° d'un ressort d acier; •.>." d'un ècusson ou d'une plaque; 7)° d'une garniture (pii enveloppe le ressort; /(." quelquefois d'un sous-cuisse que l'on ajoute aux brayers.
Il y a deux expèces differenies de ces bandages , l'inguinal el le crural, qui se retrouvent dans chacun des sous-genrcs <loni je parlerai. Des bandagisles y ajoutent un brayer om};llical , dont je dirai un mol à part. Je vais m'occuper ici de la consiruclioa des brayers inguinaux et cruraux en gênerai.
GFNIIF. IV. BANDAGES HERNIAIRES. 3^1
Construction de brayers inguinaux et cruraux en général.
Quoique celle ialjrlcalion doive êire abandonnée aux banda^isles , j'en donnerai mie description succincte.
Quand on veut iabiiqucr un brayer pour un malade, que Ton connaît à l'avance, on doit mesurer, avec la plus grande exactitude, la circonierence du bassin, en suivant la ligne que le bandage doit parcourir.
Manière de prendre la mesure du hrajer.
On pourrait ne mesurer que Ve'iendue de la demicirconference du bassin , depuis l'anneau ou l'ouverture crurale juscpi'à l'angle rentrant de la région sacrolombaire, en passant sous la crcie de l'os des îles, et en marquant le point correspondant à la saillie des muscles moyen fessier çxfascia lata.
Habituellement on mesure toute la ci rconfe' renée du bassin avec un cordon qui enlome le bassin, cdmme ledoi' faire le bandage, et Ion marque sur ce cordon les points correspondans à l'anneau ou à l'ouverture crurale, à l'cpine antérieure et supérieure de i'ilium, et au milieu de la région sacro-lombaire.
Des auteurs recommandent de prendre cette mesure avec un lil de 1er souple , qui puisse se moul«a' exactement aux tormes du bassin , et en faire connaître en même temps la circonfe'rence. Scarpa conseille d'employer à cet usage une lame mince, extrêmement flexible, comme le serait ime lame de plomb, de six lignes de largeur (environ un travers de doigt), tern)inëe à une exlre'mite' par une plaque analogue à celle d'un brayer. Il veut que l'on moule en quelque sorte cette lame et sa plaque sur la circonférence du bassin , et sur les courbures des régions inguinale et crurale; il veut qu'en-
S, iic on se serve de celte lame comme d'une mesure et d'un modèle pour fabritjuer le bandage herniaire avec plus d'exaclilnde et de précision.
ha/àbrîccitioiidu brayer est une opération assez compliquée. Un ouvrier tait le ressort , la plaque et les unit; le même ou d'autres les recouvrent de la garniture , y ajoutent la courroie et le sous-cuisse, s'il est ne'cessaire.
I" Le ressort est une lame d'acier élastique destinée à embrasser une partie de la circonférence du bassin , et à presser la hernie par 1 interme'diaire de la pelote. Sa fabrication conîprend plusieurs opérations.
Fabrication du j^essort. Première opération. Pour fabriquer le ressort , l'ouvrier prend d'abord une de ces lames d'acier du commerce , qui ont huit pieds de long sur quatre pouces de largeur (onze centimètres environ), et une demi-ligne d'e'paisseur (à peu près un millimètre); il la coupe avec de forts ciseaux à grandes branches , dont l'une d'elles est solidement fixée à un apjîui immobile, tandis que l'autre seule se meut sur la première; il la taille avec ces ciseaux, que l'on nomme une cisaille , en bandes de treize à vingt millimètres (six à neuf lignes) de largeur, de quarante-quatre à soixante-cinq centimètres (seize à vingt-quatre pouces) de longueur.
Dans une seconde opération , l'ouvrier bat très re'gulièrement, avec le marteau à panne , en commençant vers le milieu , l'une des bandes qu'il a taillées , et continuant jusqu'à l'une de ses extrémités qu'il élargit graduellement par le battage, au point de lui donner trois à quatre centimètres (quinze à dix-huit lignes) de largeur, il achève de frapper cl d'aplalir uriilbrmément celle extrémité avec le marteau dit à deujc têtes , et en forme la queue du ressort. Quant à l'auire il n'y touche point , dans la crainlc d'en diminuer l'épais-
GENRE IV. BANDAGES HERNIAIRES. oQS
seur eL la force : elle correspondra au col du bandage.
Troisième opération. Il e'galise ensuite les hords de la lame avec la cisaille et il les lime.
Par une quatrième manœuvre \\ ce'ntre la î^ande en S , au moyen du marteau à deux têtes.
Dans une cinquième opération il en arrondit les exlre'mite's et les perce chacune de deux trous (P. XV , F. I, II, m, IV, VI, 1, F. VII., ) , 2, 5, 6 , quelquefois d'un plus grand nombre (même P. , F IX, 5) , et à une distance détermine'e. Ces trous sont desline's à recevoir les rivures qui fixeront la plaque au ressort, et dont il sera parle' plus bas.
Après ces ope'rations, la lame d'un ressort inguinal, par exemple, a la forme de la F. vu, P. XY.
Sixième opération. La lame d'un bandage e'tant taillée, battue, lime'e, ceinlrëe et percée, l'ouvrier la courbe d'aboi d avec les mains; puis il la place dans l'ëlau, et au moyen d'un lour de pince, lui donne la torsion et la courbure qu'elle doit garder. Il la courbe de manière que ses deux extre'milës se croisent obliquement , et que la queue passe sur le bord supe'rieur du col du ressort lorsqu'on l'abandonne à son élasticité' (même P., F. II).
Une septième manœuvre est desiinëe à tordre le ressort sur son axe, i° au niveau du col (P. XV, F. I, il, III, IV, VI, 4) 5 pour que la surface postérieure de celuici regarde en haut et en arrière ; et 2° vers la partie de sa longueur qui correspondra aux lombes (même P. , même F. , 2) , pour que la surface ante'rieure de la queue se dirige en bas et en avant , prëcisëmenl en sens inverse du col.
La courbure et la torsion du ressort doivent êlre d'ailleurs subordonnées h la forme du bassin dans sa circonférence.
Huitième opération. Le ressort ainsi courbé, les ou-
vriers le font chauffer pour le tremper; et voici comment ils font celle opération. Ils placenl le ressort au feu avec cfaulres , fuu sur l'aulre, et au milieu d'un brasier ardent , afin que la chaleur s'y répande e'i,'alemenl. Ils les réunissent en paquets de huit, ils les recouvrent de charbon de bois, sans cependant les ensevelir au point qu'ils disparaissent à la vue. Ils soufflent le feu avec une feuille de tôle ou un corps analogue, afin que l'air agite' s'y insinue partout exactement, et y excite partout une combustion égale. Ils retirent les ressorts aussitôt qu'ils ont passe' par la couleur T'Oiigecerise j et les trempent pour quelques instans dans l'huile de navette. Ils les nettoient ensuite avec des cendres, puis avec du grès en poudre et une pierre de grès.
Neuvième opération. Après avoir trempe' les ressorts , les ouvriers les font recuire sur un fourneau ardent, recouvert d'une plaque percée, d'une ouverture de treize centimètres et demi (cinq pouces) de longueur sur cinq centimètres et demi (environ deux pouces) de largeur. Ils les tiennent sur cette ouverture*, et en exposent successivement toutes les parties au feu jusqu'à ce qu'elles aient acquis la couleur gorge-de-pigeon. Chauffes davantage, ils se ramolliraient. Cette ope'ration , de deux minutes, rend au ressort sa forme qui s'était altérée pendant la trempe ; mais il est des ouvriers qui font recuire le col du ressort plus que sa queue, parcequ'il est plus épais et que des bandagistes veulent lui conserver plus de souplesse, pour qu'en l'appliquant on puisse le tordre un peu plus ou un peu moins, et l'accommoder à l'inclinaison et à la saillie du ventre du malade.
Dixième opération. Les choses en étant là, les ouvriers donnent, comme ils disent, la manutention ^\x ressort, sur l'enclume appelée bicorne ; ils effacent les
inegaliies qui peuvent encore y subsister, et l'ouvrent d'un cenlimèlre et demi (environ un demi-pouce). Par celle manulention la lame élastique recouvre sa forme primitive.
Au lieu de fabriquer ces ressorts, on peut en prendre de tout pre'parés que l'on trouve en magasins dans le commerce. Je dois cependant prévenir que M. Lafond prétend qu'ils sont tous mauvais (i). Ces ressorts du commerce sont marqués et distingués d'après leur longueur; mais ces marques varient chez les divers fabricans, en sorte qu'il n'y en a point de généralement employés à cet égard.
Le ressort doit avoir une largeur de deux centimètres (près de neuf lignes) vers son col, et celle largeur augmentera insensiblement vers son extrémité postérieure. Il aura une force proportionnée à la tendance des parties à s'échapper ; cette force dépend de son épaisseur et de son élasticité 11 serait bon, comme le veut M. le docteur BuRDiN jeune (2), que cette force lût mesurée sous divers écarlemens donnés , afin que l'on connût exactement la puissance de chaque banrlage ouvert à tel degré. Une force médiocre suffit pour contenir les hernies chez les personnes faibles, comme les enfans, sédentaires et tranquilles, comme la plupart des femmes. Une force plus puissante est nécessaire pour contenir les hernies chez l'homme que chez la femme, et chez ceux qui se livrent généralement à des travaux qui exigent plus d'activité musculaire. Une force puissante est encore nécessaire pour arrêter les hernies volumineuses et anciennes qui ont élargi considérablement Tanneau.
(1) Considérât. îur les band. hern. , Paris? i8i8j p. Sg.
(2) Dict. des sc^ méd., art. oimiiforme.
J()(y CLASSE II. BANDAGES MÉCANIQUES.
Il" L'ecusson csl une plaque iiieLallique destinée à former la charpenie de la pelote. Sa fii^Mire varie, suivant qu'elle doit faire partie d'un bandai^'e inguinal et crural , et aussi selon le volume et la Ibrme de la hernie. Il est forme' d'une plaque (P. XV, F. i, ii , m, iv, vi, 9), d'un crochet ou d'un clou (même P. , F\ iv, vi, '-) , et d'une bride ou qanse (même P. , F. iv, viii, 8).
Pour fabriquer les e'cussons ou placjues des bandages , l'ouvrier emploie une feuille de tôle de trois millimèlres (deux lii^ncs) d'épaisseur : 1° il place un modèle sur la feuille de tôle , et en trace la circonférence ; 2° il la découpe avec la cisaille, en lime les bords, la recouvre du modèle pour marquer exactement la place des boulons cl de la ganse ; 5" i'appuyant sur \\n gâicau de plomb, il la perce avec un poinçon; 4' il l'e'crouii au marteau à tête ronde , et la courbe de manière qu'elle soit convexe en avant et concave en arrière; 5° la plaque ainsi disposée, l'ouvrier l'achève en y fixant les fils de fer ou de laiion qui doivent former la ganse (P. XV, F. I, IV, Vlll, 8,) , le crochet ou le bouton (même P. , F l, II, III, IV, VI, 7, F. VIII, 7, 7'), et il finit en les rivant en dedans.
La plaque d'unbrayer construite, l'ouvrier l'unit au ressort par des clous dont il rive les deux extrémités (même P. , F. , l, II, m, iv, vi, 6, 6 partoul).
Si le col du ressort a été convenablement tordu, l'écussoii doit alors regarder en haut et en arrière par sa face postérieure, comme on le voit P. XV, F. i, m, 5, où le ressort et l'ecusson, unis fun à l'autre, sont vus de haut en bas (F. iv, VI, 5), et où Ton distingue l'épaisseur du bord supérieur ; ce qui montre que la plaque est inclinée.
L'ecusson étant attaché au ressort, on les garnit tous les deux.
IIP La garnilure se compose, 1° d'un coussin mollet pour garnir lecusson ; 2° d une courroie ; 5° d'un morceau de toile commune, de toile cirée ou de lisière, d'une
e'tendue suflisante pour recouvrir le ressort dans toute sa longueur ; 4" d'un coussin de peau de chamois ou de lièvre , garnie de ses poils el bien fourrée ; 5' d'une bande de même peau ou de maroquin , assez longue pour recouvrir toute la surface externe du ressort et la courroie jusquà environ seize centimètres (près de six pouces) de son extrémité P. X^ , F. x. xt, S ; 6^ de la couverture de la pelote; -" peut-être dois-je ajouter d un fourreau de toile fine ou de calicot, que 1 on nomme la chemise du bandage, et qui est destinée à le préserver de la sueur.
Le coussin de la plaque doit avoir la même figure que celte plaque , mais en dépasser légèrement la circonférence. Il en est qui les font avec de la toile et de la laine ou fies rognures de schals, pour servir de remplissage. Ces rognures sont formées d'un mélange de soie, de coton et de laine. D autres au contraire recouvrent la face interne de la plaque avec une lame de liège, taillée convenablement, el qu'ils garnissent ensuite elle-même avec de la laine, du coton, etc. , à sa face interne, afin qu'elle soit molle, élastique et incapable de blesser. Le coussin doit être mou. plus ou moins convexe sur la surface qui sera tournée en arrière, selon que la hernie est plus au moins complètement réductible ; il sera au contraire concave pour loger la tumeur de la hernie si celle-ci ne peut être entièrement réduite.
La courroie est essentiellement formée d'une bande de cuir de seize centimètres de long (près de six pouces) , laquelle est percée d'une série de irous écartés entre eux d un travers de doigt environ. Celte courroie , dans la plupart ô.q.s bandages , doit porter à une exlrc-
5r)8 CLASSE II. BANDAGES MÉCANIQUES,
mile une lisière de drap ou un ruban très fort destiné à éire ailache à l'exirémiie' du ressort par une couture. A la toile commune pour envelopper imme'diaienient le ressort, M. Veudier prelère la toile cire'e , parceque celle dernière eïanl imperméable à l'Immidité, elle garantit le ressort de l'action de la sueur , de Toxidalion qui en serait la suite, ei qui pourrait amener la t'raciurc du ressort cl la prompte alle'ralion de la garniture. Lorsqu'on emploie de la lisière au lieu de toile, elle doit être assez longue pour s'étendre au delà de l'extrémité du ressort jusqu'à la courroie.
Le coussin de peau se tait avec un rouleau de laine cardée que l'on enveloppe de peau. Si l'on emploie de la peau de lièvre , on en tourne les poils au dehors. On préfère quelquci'ois celle dernière à celle du chamois , parce({ue les poils qui la recouvrent la préservent de l'aciion de la sueur.
La couverture de la pelote est formée de trois lames de peau et d'un boulon. La première lame doit être assez grande , taillée suivant la conformation de la pelote pour en revélir toute la surface interne (P. XV, F. VIII, X, XI, 5, 5). La seconde, taillée sur l'écusson, doit avoir l'étendue suffisanie pour en recouvrir la surface externe, être cousue par sa circontèrence avec la précédente , et être percée pour donner passage à la bride ou ganse et au clou (même V. , F. viii, 6, 6'). La troisième (même P. , F. X, XI, 6^ G, 6 , G), taillée comme la seconde, ne doit pas êlre percée; il laul seulement y praii(pier une boutonnière vers sa partie inférieure (même P., F. 7', 7, 7,7).
pour appliquer la garniture, l'ouvrier commence par coudre à l'écusson le coussin ou le liège , lorsqu'il doit employer ce dernier. Quelques uns ne le font qu'après avoir recouvert la plaque d'une enveloppe de toile
ecrue, cousue sur toule la circonférence de lëcusson, louvrier enveloppe ensuite le ressort de sa toile ou de sa lisière, et l'assujettit solidement autour de celui-là par une couture qui unit les deux bords de cette première enveloppe.
Il coud ensuite solidement la lisière de la courroie à la queue du ressort par les trous dont elle est percée. Il applique, le long de la concavité du fer , le coussin de peau par le côte où règne la couture très lâche des deux bords de la peau qui le forment. Il renverse les bords du coussin a la face convexe du ressort où il les coud encore ensemble , après les avoir rapproches autant que possible. Au-delà du fer, il les coud sur la lisière de la courroie, et eniin sur la courroie même, qui en doit être enveloppée et recouverte jusquà environ quatorze centimètres de son extrémité' (moins de six pouces).
l,e coussin ainsi place', l'ouvrier le pique tout le long
des bords du ressort (P. XV, F. viii, X, xi^ 2, 2. 2, 2, etc.
^ P. X^ I, 32, 55) 5 afin quils restent toujours surmonte's
et garnis d'un bourrelet capable de garantir la peau de
leur action.
La bande de peau destinée à recouvrir la surface externe du bandage doit être cousue entre les deux bourrelets du coussin (P. V , F. x, xi, 3, 3) pour en cacher les deux bords cousus eux-mêmes tout le lonij de la surface externe du ressort. Cette bande doit se prolonger depuis le col jusqu à la courroie.
La couverture de la pelote est ensuite appliquée; les pièces interne et externe (P. XV, F. viii, x, xi, 6', (S) sont cousues ensemble par leur bord autour de la circonférence de la plaque, et sur le coussin du ressort et sur la bande de peau , à lendroit où Técusson tient au ressort (même P., F. viii, 12, 12'). La pièce mobile
(même P., F. x, XI, 6, G, 6, 6, elc.) csl elle-même cousue au liord supérieur de la peloie. Enfin le boulon esl attaché en dehors de la pelote vers son bord inférieur (même J\, F., x, xi, 7, 7).
Telle est en ijcncral la disposition des bandages que Ion trouve dans le commerce.
Il serait utile que les bandagistes tinssent aussi des chemises de toile ou de calicot, que le malade pourrait acheter avec ces bandages pour les en revêtir et les préserver de la sueur.
IV° Le sous-cuisse (P. XV, F. viiietx, r3, i5, iS, î4) est une sorte de bande que l'on passe sous la cuisse, comme l'indique son nom, et qui est destinée à empêcher le bandage de s'élever; mais on ne s'en sert pas constamment , et il ne lait pas une partie aussi essentielle des brayers que celles dont j'ai parlé précédemment.
Il est formé tantôt d'une lisière de drap revêtue de satin ou de peau, tantôt d'une bande de f'uiaine, garnie l'une comme l'autre d'une anse de ruban à l'une de ses extrémités (même P., F. x, 12), et d'une courroie de cuir à l'autre, laquelle doit avoir un décimètre (un peu plus de trois pouces et demi), et être percée d'une suite de trous (mêuic P. , F. vill, X, 1 5, i4)'
Applicaùon des bandages herniaires.
On ne doit placer un brayer qu'après avoir fait coucher le malade et qu'après avoir réduit la hernie en totalité, si cette réduction est possible. Alors, tandis que l'une des mains , appliquée à l'ouverture par où passe cette hernie, la soutient et l'empêche de se remontrer, le ressort du bandage est déployé par-derrière et autour du bassin , la pelote amenée sur l'anneau inguinal ou l'ouverture crurale pour remplacer la main et contenir à son tour la hernie; enfin la courroie est fixée sur la pe-
lole, soit à un clou, soit à un crochet de cuivre, et la pièce mobile de la peiole est renversée sur le crochet ou la courroie qui la couvre (même P., F. x, XI, 6, 6, 6,6. P. XYI, 56, 42).
Le braver place', on doit examiner s'il remplit parfaitement le but qu'on se propose , et contient exactement la hernie , même lorsque le malade levé' chante , crie , et t'ait un effort comme pour aller à la garderobe.
S'il est ne'cessaire de placer un sous-cuisse , et les indications qui le re'clament sont pose'es un peu plus bas dans cet article, il faut embrasser l'extrémité postérieure du bandage dans un nœud coulant fait avec l'anse qui termine le sous-cuisse par un bout , ramener celui-ci entre les cuisses et par-devant, pour le fixer au crochet ou au clou de la pelote au moyen de la courroie.
Effets. L'usage d'un brayer est d'abord pénible ; mais l'habitude émousse peu à peu la gênante impression qu'il cause. Si cependant il fatiguait trop le malade , il pourrait l'ôter étant couché , pour le remettre avant de sortir du lit, en. suivant les règles que nous avons tracées pour son application. Malgré ces précautions, il survient quelquefois du gonflement au scrotum , au testicule , au cordon , une excoriation à la peau , accidens qui obligent de modifier le bandage ou de le remplacer par un autre , et avant tout d'en suspendre l'usage.
Chez les sujets maigres, dont l'abdomen rentre, le bandage remonte aisément sous l'influence de l'inflexion de la cuisse, en avant sur le bassin, et réciproquemxnt du bassin sur la cuisse. Dans ce cas le souscuisse est indique. Les auteurs prétendent que chez ces sujets une pelote trop convexe écarte les bords de
l'ouverlure herniaire , l'elarij'il et favorise la re'apparilion de la hernie.
Chez d'autres sujels , pleins d'eniLonpoinl , le bandage , repousse en bas par le ventie qu'il esl obligé de porier, descend au-dessous de la hernie et manque ainsi de remplir son but ; chez d'aulros, au contraire, il glisse et descend, parceque les l'osscs trop maigres ne le soutiennent pas. Ces deux cas rcclamenl l'emploi de deux bretelles ou de deux bandes scapulaires, qui s'e'tendent de la partie poste'rienre du bandage à la partie antérieure , en passant par-dessus les épaules.
Les auteurs assurent qu'il n'y a qu'une pelote très convexe qui puisse , chez les personnes très grasses , s'opposer , à travers le tissu adipeux sous-eulané , au grossissement ou à la réapparition de la hernie.
Mais lorsque le bandage est bien lait, continuellement porté ; lorsque la hernie est peu volumineuse, peu ancienne, que le sujet esl jeune, qu'il mène une vie tranquille, le chirurgien peut, sans trop de présomption , se flatter de l'espoir de le guérir radicalement.
Si d'ailleurs l'usage du brayer ne le guérit pas, il prévient l'augmentation de la hernie et l'accident grave de l'étranglement.
Lorsque le brayer guérit le malade , tantôt c'est en resserrant l'ouverture herniaire , tantôt c'est en oblitérant le col du sac ou sa cavité par l'adhérence de ses parois, tantôt c'est en oi)Iitérant l'ouveiture herniaire par la solide union du sac au contour de cette ouverture et aux parties molles qui y passent Dans tous les cas, le brayer détermine tous ces elïcts par la pression qu'il exerce.
Soins consécutifs. Le bandage doit être continuellement porté, même pendant le repos de la nuit, jusqu'à parfaite gnérison , si le sujet en guérit ; mais , lors
GENRE IV. BVNDAGES HERNIAIRES. 4o3
même que la hernie ne disparaîtrait jamais , il ne devrait pas abandonner son bandage.
Le malade doit ëvilor , aiilanl que possible, de faire des efforts; ils pourraient aui^meuter la hernie, Fnalj^ré la résistance du brader. Lorsqu'il tousse, et cjuil lait, malgré lui , un violent effort , il doit aussitôt appuyer la main sur la pelote du bandage, la soutenir et ^'upposer ainsi à ce qu'elle ne soit vaincue dans sa résistance, par la hernie. S il est uaiurellement constipe, il prendra des lavemens pour rendre les selles plus faciles.
Le chirurgien n'administrera de vomitifs à un malade qui porte une hernie que dans un cas d'absolue nëcessilë , par exemple, dans un cas d\.ni[iuisonnemenl ; et alors il faudrait soutenir la hernie avec la plus grande attention pendant les efforts convulsifs du vomissement.
Ce n'est qu'à l'aide de toutes ces minutieuses précautions que Ton peut espérer de guérir une licrnie guérissable.
Tous les brayers revêtus de peau de chamois , et appliqués immédiatement à nu sur le malade, s'allèrent très vile. La sueur salit et ensuiie durcit leur enveloppe en se desséchant, et même tinit par rouiller le ressort. Le malade, gêné par la pression de la garniture qui lirrite, imagine souvent alors de placer son bandage par-dessus la chemise; et comme il n'a pas soin de la relever pour la rendre très lâche au-dessus du bandage , il en résulte que ce dernier, tiré par la cheii'.ise dans les divers mouvemens du corps, se déplace, et que la hernie est mal conienue. J'ai vu plusieurs malades venir me demander conseil dans cette circonstance.
Si la garniture du bandage est en peau de chamois, le chirurgien doit donc engager le malade à la revêtir
4o4 CLASSE II. BANDAGES MÉCANIQUES.
d'une chemise de calicot ou de loile fine , qu'il changera toutes les fois que la propreté' l'exigera. Ceux qui sont recouverts d'une peau de lièvre , se trouvant pre'serve's de l'action de la sueur par les poils qui la garnissent , n'exigent pas la ménie précaution.
Maintenant que nous avons expose' les soins qu'exige le traitement d'une hernie par l'application du bandage élastique porté jusqu'à la guérison , disons à quels caractères elle se reconnaît , et quelles précautions elle réclame encore.
La guérison se reconnaît à l'impossibilité de faire reparaître la hernie par des efforts assez énergiques, tels que ceux de la marche, du chant, de la toux, de l'expectoraùon , etc. Pour s'en assurer , il faut les laire exécuter graduellement, ces efforts, tandis que d'ailleurs on lient la main à l'ouverlure herniaire, et pour apprécier la tendance de la hernie à se reproduire, et surtout pour la soutenir, si elle se présente. Il est prudent de nt faire exercer les premiers efforts au malade que lorsqu'il est couché ; si la hernie n'a pas reparu, il peut les recommencer debout, en les graduant d'ailleurs comme nous l'avons établi.
Avez-vous lieu de craindre que la maladie renaisse, réappliquez aussitôt le brayer; avez-vous acquis la certitude qu'elle est guérie, ne vous avisez pas de permettre au njaiade de le quitter iuîmédiatement. Une prudence éclairée demande beaucoup de précautions encore : elle exige que le sujet porte son bandage au moins pendant la journée, qu'il ne l'ôie que lorsqu'il est au lit, qu'il le remeite avant d'en sortir, qu'il le quitte et le reprenne encore alternativement pendant le cours de la journée avant de l'abandonner pour toujours.
Vous n'oublierez pas eniin de reconnnander au malade acluellemenl guéri d'éviter, autant que possible,
(le se livrer ù de violens efforts , et d'appuyer la main sur l'ouverlure herniaire dans tous ceux cpii, comme la toux , le rire , amènent la compression brusque des ■viscères abdominaux.