EXTENSEUR DES DOIGTS, IMAGINE PAU M. DELACROIX
Machine fort ingénieuse , inventée pour rendre à un pianiste les mouvemens d'extension des doigts qui étaient perdus , et le mettre à même de continuer l'exercice de sa profession.
Disposition. Un T d'acier avec sa courroie , un coussin métacarpien, aussi avec sa courroie, quatre ressorts , quatre anneaux , telles sont les pièces de l'instrumeni.
Le T métallique a sa branche verticale qui doit reposer sur le dos de i'avant-bras (P. XX , 67) , et sa
GENRE VI. BANDAGES LOCOMOTEURS. , ^O^ branche transversale sur le dos de la main. La première est garnie de cuir, afin de ne pas blesser la peau. Elle porte à l'extrémité supérieure une courroie de cuir (même P., .5) qui y est atlache'e par un clou à tête plate, et doit être assez longue pour faire aisément un tour à l'avant-bras et revenir se fixer au clou dont je yiens de parler (même P., 56). La seconde est nue, et porte quatre clous sur la surface qui doit être tourne'e cà l'extérieur du membre (même P. , 69, 60, 61 , 62).
Le coussin métacarpien doit reposer sur le dos de la main ; il faut qu'il soit aplati, et formé d'une lame de cuivre garnie du coussin proprement dit (même P. , 58), qui sera cousu à la première à la faveur des trous dont ses bords sont percés.
Ce coussin porte perpendiculairement sur la plaque un petit cylindre métallique, fendu dans sa longueur et dans la direction de la longueur du membre , afin de recevoir une petite lame de fer fixée aussi perpendiculairement à. la face interne des branches verticale et transversale du T. métallique , et dirigée suivant la longueur de favant-bras et de la main. On ne peut voir cette arliculalion dans notre figure P. XX , parcequ'ayant très peu de hauteur elle se trouve cachée. Ces deux pièces de rapport forment une véritable bascule , qui donne plus de liberté aux mouvemens du poignet. Enfin à l'un des côtés de la lame métallique du coussin est fixé le bout d'une courroie qui peut passer dans la paume de la main et aller se fixer sur le côté opposé du coussin (même P., 65).
Les quatre ressorts sont de petites lames d'acier, suffisamment longues pour s'étendre du dos delà main vers la seconde phalange des doigts (même P., 64) 66 , 68 , 70), et d'ailleurs très élroites, larges de quel-
ques niillimèlres. Ces ressorts ont une cxtrcmilë supérieure lermine'e par un anneau à la faveur duquel chacun d'eux peut embrasser le corps d'un des clous à léle plaie que porie la pièce transversale du T, et se mouvoir autour de ce lien comme d'un pivol. Ils olTrent en outre un véritable crochet à leur extrémité digitale, crochet dont la concavité doit rejjarder à lextérieur (même P., 64,66,68,70). , . , ,
Les anneaux sont en métal , et sur le pouit de leur circonférence qui doit correspondre au dos des doi-ts se voient une ou deux mailles métalliques , si je puis ainsi dire, lesquelles sont immobiles et toujours dressées sur l'anneau auquel elles sont soudées (même P. ,
Ces mailles sont destmees a recevou' les crochets digitaux des ressorts moteurs (même P., 64, 66, 68, 70).
Application. A peine est-il nécessaire de s'y arrêter. Lorsque l'on conçoit bien l'appareil , on en comprend d'avance le moded'apphcation. La branche perpendiculaire du T métallique est couchée siu- l'avant-bras , et maintenue par la courroie; le coussin, appliqué sur le dos de la main, est fixé par sa courroie; les anneaux sont engagés dans les doigts et accrochés au ressort : ou s'ils y tiennent au moment de l'application du bandage , on peut commencer par y engager les doigts , pour faire ensuite fapplication de la machine, ainsi que
je viens de le dire.
L'extenseur mécanique des doigts est léger à porter et ne cause aucune gêne. Il a si bien répondu à l'intenlion pour laquelle on l'a mis en usage, que le pianiste pour lequel il a été imaginé a pu continuer de remplir ses fonctions dans un des ihéàires de la capitale, sans que la précision de sa touche en fut altérée, et sans que les auditeurs pussent s'apercevoir de son infirmité.
GENRE VI. BAiNDAGES LOCOMOTEURS. 4^^
ESPÈCE y.
EXïtJNSEUR DE LA JAJfBE , IMAGINE PAK M. DELACROIX.
Celte machine , inventée pour remplacer l'action des extenseurs de la jambe paralysée, a rempli son olDJet. Disposition de la machine, i" Une ceinture métallique, destinée à entourer le bassin; 2° trois cercles me'talliques destinés à entourer le membre inférieur , l'un au-dessus , l'autre au-dessous du genou , le troisième au-dessus des malléoles; S^" une lame fémorale large d'un doigt , éprxisse de quelques millimètres , qui , en longueur , doit s'étendre depuis la hanche et la ceinture jusqu'au genou ; 4° une lame jambière analogue , qui doit se prolonger depuis le genou jusqu'à la malléole externe; 5° un brodequin; 6° un ressort à pendule, avec son tambour ; telles sont les pièces principales de cet appareil.
La ceinture et les cercles métalliques sont garnis de cuir , et portent une courroie par un bout, une boucle par l'autre, pour que l'on puisse les fixer.
La lame fémorale , articulée lâchement en haut avec la ceinture par une vis et un nœud de compas, peut se mouvoir aisément d'avant en arrière. Le cercle fémoral y lient; et elle s'unit en dehors du genou avec la lame jambière , mais de façon qu'elles ne peuvent se fléchir qu'en arrière l'une suf l'auire. La lame jambière est unie en bas avec un prolongement malléolaire du brodequin, et porte les deux cercles de la jambe.
Le brodequin, analogue à celui de la P. XIX y- offre en dehors le prolongement en métal dont je viens de parler; prolongement qui s'unit à volonté avec la lame jambière, et laisse libre les mouvemens de flexion du pied par-derrière et par-devant.
Le ressort à pendule est enfermé dans son tambour ,
et fixe au point de rencoiiire des lames fe'morale et jambière en dehors du genou. Il est dispose' de manière que la flexion des lames en arrière resserre ses contours, et lui donne la tension ne'cessaire pour redresser ensuite Tune sur l'autre les deux lames en question lorsque la force qui les a fléchies cesse d'agir. Un ressort à boudin, comme celui de la F. xi, P. XIII , et dispose' de manière qu'une de ses exlremile's soit fixe'e en dehors de la cuisse , l'autre en dehors de la jambe , offrirait les mêmes proprie'tës et pourrait remplir les mêmes usages.
Application. On place la ceinture autour du bassin, de manière que les cercles correspondent, l'un audessus du genou , l'autre au-dessous , le troisième au bas de la jambe, et les lames fémorale et jam.bière en dehors. On engage le pied dans le brodequin , on lace celui-ci, on le monte sur la lame jambière, on serre la ceinture et les cercles au point convenable, et l'appareil peut remplir les fonctions auxquelles il est destine'. A chaque fois que les fléchisseurs de la jambe se contractent pour fléchir celle-ci, le ressort cède et se tend -, et à chaque fois que le sujet porte ensuite la jambe en avant par faction des fléchisseurs de la cuisse, le ressort étend ou maintient étendue la jambe sur la cuisse.