SECTION II
Je désigne sous ce titre géne'rique des insirumens qui s'appliquent à nos organes connue les médicamcns externes que l'on nomme topi(|aes; des instrurnensque l'on tient appliques d'une manière permanente pour un
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cerl.nin temps , qu'on lève plus ou moins fréquemment pour les nelloyer ou les remplacer pnr tl'auires s'ils se salissent ou s'altèrent de quelque manière, et qui d'ailleuis ne servent jamais aux opérations chirurgicales proprement dites.
Les caractères positifs de tous ces insirumens ( caractères que je viens d'indiquer) leur e'tant communs avec les premières pièces d appareil, leur rapprochement dans mon ouvrai^^e devenait aussi ne'cessaire qu'il est naturel.
Leur caractère ne'gatiP, de ne pas servir aux ope'ralions de chirurgie proprement dites , les éloignant des instrumens de ces opérations, et les rapp: ochant encore des pièces d'appareil de pansement , le'gitinienL entièrement la place que je leur assigne.
Ces instrumens sont assez nombreux et varie's : ce sont les pessaires, les canules nasales, larynge'es, les sondes (Esophagiènes , les bougies du reciam. , les sondes et les bougies urëlrales , les urinaux pour homme et pour femme.
DES PESSAIRES.
Ce sont des instrumens topiques, de forme et de nature extrêmement variées, destines à être introduits dans le vagin pour y soutenir l'utérus, soit dans sa chute, soit dans son renversement, ou pour y contenir une hernie vaginale.
Ils diffèrent à f infini sous le rapport de leur forme , et je ne sais s'il en est une cpi'on n'ait pas imagine de leur donner. Il y en a de sphèriques (P. II, F. iv), de sphëriqucs aplatis en deux sens oppose's (F. Ji), d'ovoïdes, d'ovales (F. Vi), d'c'tranglës par le milieu, que l'on nomme pessaires en 8 de cliitlre (F. m) ; de creuses en cuvelle, qui sont désignés sous ce nom; de cylindri-
cjues, que Ton appelle pessaircs en bonrlon (F. Vlli) : on en a même lait tie cpiadiibtèrcs , de liian^ulaircs.
Il en csl d autres doin la forme, plus complexe, se compose d'une lii^c et iVunc partie supérieure evase'e, diversemcnl conliguree. On lesdë5i:^ne sous les noms communs de pessaircs à li^'e , à pivol, à ijilljociuel, à pétiole (F. vu).
Quels (pi ils soient d'ailleurs, ils sont prcscjue tous perces d'un trou central qui, lorsqu'ils font places tlans le vaijin, doit recevoir le col tic l'uierus, donner passaj^e aux huMKMus fjui s'en écoulent, cl |>aiiiculièrcmenl au sang des rèi;les. Malgré les avantaj^es patcns de celle ouverture, les AnL;lais en emploient (piieu sont privc's. Ils se servent aussi beaucoup de ceux (pii sont ovoiMes.
Indépendamment de ces caractères généraux dans leur forme, ils en ont de particuliers. Les pessaircs en 8 de chinVe sont aplatis, alonj^es, élargis, et un peu renfles à leurs exlrcmiles, amincis, concaves sur leur deux faces, du milieu de leur longueiu', et perces d'un trou destine à recevoir le col de fulerus.
Les pcî^saires en cuvette sont ronds ou ovales, concaves à leur face supérieure, et convexes au côte' oppose'.
Lespe'ssaires cnbondon sont un peu plus volumineux à leur cxlrén)ilé inlerieure, et ont la Ibrme d'un cône tronqué. Ils sont creuses ou non, à leur partie sujic'rieure, d'une petite concavité' propre à recevoir le col de l'utérus , et percés dans toute leur longueur. Ils portent en bas des anneaux ou des anses de cordon, pour recevoir les liens qui doivent les fixer (l*. II,F.vii], 1,1).
Les pessaircs (pii ne porleiU point de tiges doivent être nnmis d'un cordon pour être retirés plus aisément des parties de la génération.
Les pessaircs à lige ou à bilboquet sont forme's,
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1° d'une portion supérieure, qui se compose cVun aniicnu (P. Il, F. VII, 1), cu]etroisbranclic,s(l<\vn, 5,5,5) qui, de la pariie intérieure de cet anneau, se porlcnt en se recourbanl eu bas cl en dedans, l'une vers l'aulre, où elles s'unissent en lornianl ime sorle de cuvelle; 2° d'une li^'c plus ou moins longue (P. II, F. VIl, y), qui fait suite à la partie supeiieure dont je viens de parler. Celle lige est percc'e à son exlremiie inférieure, un peu renflée, d'un ou de {dusicurs trous destines aux liens qui doivent fixer l'instrunienl (F. VU, /j).
Le prol"e!:seur Récamiek a imagine un pcssairc à bilboquet, plus compliqué que ceux-ci, mais beaucoup plus ingénieux (P. II, F. ix). Nous le décrirons à part dans un instant.
La plupart des pcssaircs dont on se sert aujourd'hui sont composes d'un tissu de soie enduit de gouune e'iaslicpic sur ses deux faces, et rempli à l'iuleVieur d'une laine choisie. Il y en a d'autres (jui sont faits de liège revelu d'une couche uniforjne de cire; d'autres d'un bois quelconcpie, de buis, par cxenqtlc; d'autres d'ivoire; d'autres d'étain, de plond), d'argent ou d'or. Il n'est pas ne'cessaire de dire que ces derniers ne sont pas communs. Enfin de pauvres femmes ont cpielqueibis employë comme pe^saire une boule de cire , un petit pot à pommade , ou un autre corps élrangcr.
Usages. On a recours aux pessaires, soit pour soutenir la matrice qui tend à descendre dans le vagin ou à s'y renverser, soil pour contenir une hernie vaginale. Mais ce sont surtout ceux à bondon qu'il faut prele'rcr dans ce dernier cas afin de remplir exactement la cavité' du vagin. Maintenant on préfère, en général, ceux de gomme élasticpie. Leur iégèrelé, leur souplesse et leur élasticité juslilicnt ce choix. La déchirure de la cloison, recto-vaginale, à la suite d'un accouchcnienl, ou Tim-
possibilité d'en supporlcr de plus simples , forccnl,
dil-oii , cpiclcjncfois à recourir aux pcssaires à lige.
De (pielque pessaire (pie l'on se serve, il ne IniiL jamais l'employer que lorsque l'on s'esl assure qu'il n'y a ni gonflement inflanmialoire, ni sensibilité' augmentée au col de l'ulërus. Cette précaution est de la pins haute inqoortance. On a vu des accidcns graves et la de'ge'ne'ralion carcinomateuse du col suivre l usage d'un pessaire mal à propos employé dans le cas dont je viens de parler.
Préparation. La pre'paration des pessaires doit être abandonnée aux honmics qui s'occupent exclusivement de la fabrication des bandages et des instrumens de gomme elasiicpie : le chirurgien ne doit les faire luimême que lorscju'il ne peut s'en procurer d'un bandagisle. Comme les plus faciles à fabriquer sont ceux de liège, ce seraient ceux-là qu'il devrait faire de pre'fërence.
Ces instrumens doivent avoir une e'ienduc qui soit en proportion de l'ampleur des parties où ils doivent être places. On en a fait qui avaient jus(pi'à trois pouces de diamètre, et qui n'e'iaient pas trop grands.
Si l'une des lèvres de l'ulërus, ou une partie du vafjin était squirrheuse , il serait prudent d'ëchancrer oti de diminuer suffisanmient le pessaire dans le point qui devrait y correspondre.
Pour faire un pessaire de liëge , choisissez du liëgc propre, compacte, sans fentes, sans carie; taiilez-le grossièrement avec un bistouri et une râpe; polissezle avec une lime fine , et séchez- le au four; donnezlui ensuite exactement la forme et le volume qu'il doit avoir; creusez- le en cuvette , et percez-le d'un trou. Le liëgc prépare, plongez- le à plusieurs reprises dans un mélange de cire fondue et de plaire ihi et bien ta-
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mise , jusqu'à ce qu'il le recouvre d'au moins une ligne d e'pnisseur; mois, à chaque fois, ai^ilez bien le me'laiJij'e, afin que la poudre de i^ypse y resie suspendue, et ne rcploni;ez le pessaire qu'après que la dernière couche de cire est bien solidifiée. Tel est en abrëi^ë le proce'de' que Levret a décrit dans le 54" vol. de l'ancien Journal de nic'dpciue, png. /pi-
La fabriealion des autres pessaires est trop e'lrani;cre au chimrjuicn pour qu'il soit convenable d'en parler dans cet ouvrai^e.
Les seules choses que j'njoulcrai, c'est que les pessaires sphe'riques ou ellipsoïdes doivent êlre munis d'un cordon destine' cà retirer l'insl ru nient ; que le trou dont on les perce ne doit pas de'passer l'étendue de la circonfe'rencc du col de l'uie'rus, qu'il doit soutenir par son contour. Si ce trou était trop grand pour le col de l'ule'rus , celui-ci et le corps même de l'organe pourraient s'y engager, s'y e'irangler et s'enflammer.
Une paysanne hollandaise portait nn pessaire dont l'ouverture était trop grande: la matrice s'y e'tant engage'e et e'trangle'e, elle pre'senlait au dehors le volume de la tête d'un enfant. Cependant la malade e'prouvail d'horribles souffrances, ses jours e'iaienl menace's, et on ne put re'duire l'ute'rus qu'après avoir scié le pessaire qui l'e'ireignait (1).
Introduction des pessaires.
Avant de chercher à placer un pessaire,^ il convient d'explorer le vagin avec le doigt , pour repousser doucement l'ule'rus, s'il est descendu ou s'il commence à se renverser. 11 faut ensuite taire évacuer le rectum et la vessie.
(0 BlMiothèq. niéd., t. xvn, p. aSg.
74 INSTRU.MENS TOPK^UES.
Les pcssaires que l'on veut placer dans le vagin doiveni L'irc graisses avec de rimilc, du beurre frais ou du ceral. La tenime sera couchée, le bassin eleve, les cuisses ecariees, les jambes fléchies, le pes^aire porie dans le vagin, par l'iuic de ses exlrenuies s'il esl ovale ou ovoïde, pousse juscpi'à ce qu'il y soil enlre tout eniier. Ensuite le chirurgien s'etïorcera de le tourner en iravers , de façon que ses deux cxlremile's appuient endedans des ischions, que sa face concave regarde en haut , et que, si! n'a point de cavité particulière, de ses deux surlaces l'une se dirige du côte de TuieVus, l'autre du côte de la vulve.
Le ])essairc place' aussi solidement que possible, le chiruigicn fera lever la femme , continuant à soutenir le pessaire avec la main, afin qu'il ne se dérange pas sous le poids des viscères abdominaux, et qu'il se consolide, en ((uelque sorte, dans la position qu'il viendra de lui donner. Le chirurgien devra encore diriger le col de l'utérus de manière à le faire reposer dans la cuveKe de l instrument, et au-dessus du trou qui en perce le fond. Enfin, s'il s'agit d'un pessaire à pivot, il devra le fixer à l'aide de cordons , qu'il attachera d'une part à l'extre'mité intérieure de la tige de l'instrument, de l'autre à une ceinture.
Soins consécutifs à l'introduction des pessaires.
Les femmes, pour entretenir le vagin propre, y injecteront chaque jour de l'eau tiède par l'ouverture du pessaire. De temps en temps, tous les huit ou dix jours, elles retireront le pessaire pour le laver proprement et le replacer ensuite, ce qu'on aura dû leur apprendre à exe'cuter.
Pour retirer un pessaire, il ne suffit pas toujours de tirer peu à peu et alternativement, dans deux sens op-
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poses , sur le cordon qui y est atlaclié ou sur sa lige ; s'il re'sisie, il faut glisser le doigt indicateur de la main droite jusqu'à la partie supe'rieure de l'ouverture du. pessaire, en passant enlre l'instrument et la surface iuternc du vagin , l'insinuer peu à peu enlre le col de l'uîërns ei la cuvette ou le trou du pessaire , cl s'elïbrcer de le dégager de la cavité' qui le contient. S'il est ovaiaire ou en 8 de cliiffre, el n'a point de cordon, on l'accroche avec l'indicateur gauche par son trou , tandis qu'avec le doigt indicateur droit porte par-dessus, on dégage le col de TuteVus comme je l'ai dit ; ensuite on le renverse, on dirige son grand diamètre de haut en bas, et on le relire dans cette situation.
Mais si le col de la matrice était enfonce' dans le trou du pessaire ; s'il l'avait traverse, qu'il y fût e'ti'anglë et fit au dehors une saillie en forme de tête, on pourrait dans le premier cas le re'duire en le repoussant avec l'indicateur, et dans le deu^'ième cas en le maniant patiemment et tout doucement avec les doigts graisse's. Des pressions continues et îe'gèrqs diminueraietil son volume et en permettraient le replacement. Les femmes feront-elles Lien , à mesure qu'elles s'en servent^ de les eijiployer graduellement de plus en plus petits, jusqu'à ce que la prudence permette de les abandonner?
Effets de V usage des pessaires.
Ils causent d'abord tous de la gêne , et ensuite un c'coulement muqueux, une sorte de catarrhe chronique. Mais en gëne'ral les pessaires, siulout ceux qui sont sphe'riques ou qui oni un peu d'ëlendue d'avant en arrière , exercent sur la vessie et le rectum une pression qui dëtermine un tourment insupportable, de frëquentes envies d'uriner, de la douleur, de la tension dans le bas- ventre , de la pesanteur dans les
76 INSTRUIWENS TOPIQUES,
cuisses. Souvent ces incommodités diminuent avec le temps; mais quclcpielois au conUairc elles vont en aujj'meniant, et forcent les malades à rejeter un pessaire qui, 'tout compense', leur cause plus do peine quil ne produit de soulagement. Cependant, loin qu'il en soit toujours ainsi, un handagisle de Paris qui applique beaucoup de pessaires, M. Vekuier, m'a assure qu'il nest point rare, qu'il est même commun, de voir une leucorrhe'e chronique diuiinuer sensiblement, et dès les premiers jours, par \i'uv usai,'e.
Les pessaires ovales et ovoïdes, ceux en 8 de chiflVe, e'iant plus étroits d'arrière en avant , surtout les derniers, sont moins gcnans pour le rectum et pour la vessie; mais s'ils causent moins de yêne, ils ont bien plus de peine que les autres à se tenir en place ; si même un pessaire est par trop petit, il est chasse an moindre effort que lait la tenmie pour rendre ses urines ou ses excremens.
Une actrice à qui M. Verdiek donnait des soins refuse un pessaire qu'il lui présente, sous prétexte qu'il est trop volumineux; elle en prend un plus petit, et part en voyai^^e par la diliij'ence. Descendue de voilure pour prendre un repas avec ses conqiagneselsescompai;nons de voyage , en entrant dans la salle à manger, un pessaiie s'échappe et roule sur le parquet. Aucune des dames ne veut le reconnaître pour lui appartenir, et l'aclrice préfère le perdre et s'en passer plutôt que de le re'clamer.
Quant aux pessaires à pivot, ce sont de tous les moins solides, et d'ailleurs ils sont plus gênans que tous les autres par leur tige : aussi sont-ils les moins employe's. Cependant, comme ils n'exercent pas de pression sur le pe'rinee, ils sont, comme nous l'avons déjà dit, les seuls à employer dans le cas où il est déchire. Les pessaires de gomme élastique , ordinairement si com-
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modes, sont si insnppori'aljles à certains malades , qn'oii les remplace quelcjuefbis avanlageusenieiit, diL-on, par ceux de lie'ge.
Parmi ces iuftrumens, il n'y a que cenx à lige qui s'opposenl enlièrcment au coït, et plus d'une e'pouse a e'té lëcondée par le trou d'un pessaire sans tige.
Si les femmes n'ont ni assez de soin ni assez de proprelp pour suivre les règles que nous avons e'iablies, et dont on doit leur avoir fait sentir l'indispensable nécessite, il peut en résulter de très incommodes et de très graves accidens.
On a vu des dames, peu propres assure'ment , re'clamer les soins de leur rae'decin pour de vives douleurs et un écoulement de'goûlant aux parties de la ge'ne'ralion , causc's et entretenus par un pessaire corrompu.
Une femme affectée d'une incontinence d'urine et d'un relâchement de matrice, demande conseil à Lamotte: il lui introduit un pessaire dans le vagin; trois ans après elle est prise de douleurs qui augmentent rapidement. Lamotte, consulte de nouveau soupçonne que le pessaire en est la cause; mais pour l'enlever il faut l'arracher, et l'ope'rateur n'y parvient qu'en employant toutes ses Ibrces. Le pessaire e'tait pétrifie « de manière qu'il n'y avait aucune différence entre ce pessaire et ime ve'rilable pierre tire'e de la vessie , et qui aurait e'té d'une grosseur extraordinaire (i). »
Morand place un pessaire d'argent sur une dame qui louchait à la soixantaine. îl la prévient des soins consécutifs que réclame son usage. Auboutde plusieurs années, la dame, souffrante et affectée d'un écoulement de mauvaise odeur, le consulte : il reconnaît que le pessaire est environné d'excroissances fongueuses , et
(i) Traité compî. de chir. , t. ii, p. 584, Paris? 1771.
solidement fixé clans le vagin. Il l'arrache avec effort; et quel est son ctonnemcnt lorsqu il s'aperçoit que l'inslrumcnl est perforé en plusieurs points, et qu'il n'était si solidement fixé que par les fongosités qui le traversaient !
Une femme portait un pessaire à pétiole depuis plusieurs années; la tiij;e en élait rompue, et elle ne pouvait le retirer. Elleeutre à l'Hôiel-Dieu; M.DupuytrExN introduit le doigt dans le rectum, il y reconnaît une partie du cercle du pessaire; il sonde la vessie, il y trouve à nu le point opposé du cercle. L'cxlraciion, quoique lort difficile, est lenlée et exécutée avec lui talent et un succès remarquables. Trois semaines après la malade élait guc'jie (i).
Lorsqu'une femme obéit aux règles de propreté que nous avons établies, les précautions qu'elle prend de retirer de temps en lenqDS le pessaiie pour le laver la garantissent des accidens dont nous venons de parler, et il peut même arriver qu'elle guérisse et puisse enfin retirer le |)cssaire pour toujours.
Lorsqu'un pessaire résiste à la traction que l'on exerce sur le cordon qui y est attaché, ou sm- sa ti:;e, s'il en porte une ; lorsqu'il résiste aux manœuvres que le chirurgien emploie pour le cul.hnicr, s'il est plus grand en travers que d'avant en arrière, il faut avoir recours à d'autres moveiis, tacher de passer un ou deux rubans par son trou, et en rauiencr ime cxlrémilé entre le vagin et la circonférence de l'instrument, de manière à en former une anse qui emi)rasse une partie du pessnire, exécuter ensuite des ciToris allernatils par une irnclioa i;ien ménagée. Ce moyen resle-l-il impuissant, il n'y a qu'une opération chirurgicale qui puisse
(i) Dict. des se. mcd. , art. corps étrangers, t. vu, p. 48.
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extraire ce corps étranger. Il n'est pas de mon objet de la décrire.
PESSAIEE DE M. RÉCAMIER (P. lï, F. ix).
M. le professeur 'Récamieu a ima^^inë un pessaire à bilboquet, qu'il a fait fabriquer en argent. Ce pessaire a fele onze à douze centimètres de hauteur (un peu plus de quatre pouces). lise compose, ï° d'une partie supérieure; 2° d'une tige; 5° d'un pivot ou axe mobile; [\° d'une plaque à coulisse; 5° d'un arc meiallique; 6" de quatre chaînes; "/ d'une barre qui les unit ; S*"" de quatre cordons.
La partie supérieure (P. ÏI, F. IX, i, i) est semblable à celle des pessaires à pivot, et représente une sorte de cuvette. Elle porle en bas une espèce de douille que la tige reçoit, comme nous allons le dire.
La lige est formée, i° d'un premier tuyau (F. ix, 2) qui reçoit dans son exlrémité supérieure, renflée à cet etl'el (F. IX, 5), la douille de la cuvette, laquelle s'y adapte par une vis; 2° d'un ressort à boudin qui occupe les neuf dixièmes superieiu's de la caviié du premier tuyau et touche à la cuvclie; 5° d'un second luyau (F. IX , 4) 1 ^^^i enirc dans rexirémiié intérieure du premier jusqu'à un dixièrue de profondeur, et présenie un renflement à son bout inférieur (F. IX, 5), percé à son cenire. Il est fixé dans le premier de manière qu'on ne peut l'en retirer et qu'il est aisé de l'y faire pénétrer jiisqu'à son renflement. Le second tuyau porle à son exlrémilé supérieure le ressort à boudin dont nous avons parlé, et dont ia présence est indiquée dans le luyau supérieur par une ligne spirale ponctuée. Lorsqu'on pousse ce second tuyau dans le premier, il n'y peut entrer qu'à mesure que le ressort se comprime, et il est enfin arréié par son renflement intérieur.
L'axe ou pivoi est une tiije mctalliqiic peu volumineuse (P II, l\ix, G), (|ui s'incline el joue 1res lihremenl dcins le ennui du second iiiyau , qu'il ne remplit pas. Il a la loui^ueur dn second el dn premier Uiyau, introduits l'un dans l'aulre aulani que possible. Ce pivol , parloul uniforme d'ailleurs, est renfle en boulon à son exlre'miie inférieure (F. ix, ^).
La convexité du boulon est lourne'e du côte' de la canule, dont l'orifice inférieur est accommode à sa courbure. Il est plane, et offre un anneau à sa face oppose'e, qui est l'inlerieurc.
La plaque en coulisse (F. IX , 8) a trois cenliraètres de lont; (un peu plus d'un pouce) sur un peu plus d'un ceniimèlre el demi de lari^'e (environ demi -pouce). Celte plaque a deux cxlre'milos que nous di:lin^Mions en antérieure (F. ix, 8) el en postérieure, pour rendre la suiie de !a description plus claire, eiparceque Tune est dirij^ée en avant el l'aulre en arrière lorsque le pessaire e.sl appliqué. Elle licnl à fanneau du pivol par la double coulisse ou les deuxièmes praiicjuées dans presque toute sa loni,'ueur entre ses deux exlrémiiés (F. ix, 9).
A la faveur de celte coulisse , la plaque, lorsqu'on la lire perpendiculairement au pivot, cède et i>lisse sur l'exlréniilé de ce dernier en avant ou en arrière, selon le sens de la iraclion.
L'arc métallique (F. IX, 10, 10) est un demi-cercle fixé par le milieu de sa concavité au moyen d'une pelile chaîne, à l'exlrémilé postérieure de la plaque en coulisse qu'il embrasse dans sa courbure. Celle pelile chaîne est cacliccdans la fii^MU'e par la porlion inferieiu-e de l axe (uii est au-devani. Deux autres peiiles chaînes (visibles dans la F. IX, l'une'au-dessous du n' 7 , fautre au-dessus du n" 9,) unissent encore les côtés de la plaque en coulisse avec les extrémités de l'arc méial-
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liqiie. Cet arc enfin est percé de deux fentes à son bord convexe, lesquelles reçoivent deux rubans (F. IX, 10, 10). La barre d'union (F. ïx, 11) est une pièce de neuf centimètres de longueur (plus de trois pouces) , d'un centimètre et demi de largeur (un demi-pouce environ), d'à peu près un millimètre (une fraction de ligne) d'épaisseur. Elle porte un bouton à chaque extrémité sur l'une de ses faces, celle qui doit être tournée en avant (F. ix, 11), et unit les quatre chaînes qu'elle reçoit.
De ces chaînes, deux s'étendent de l'extrémité antérieure de la plaque à l'un des bords de la barre, où elles se fixent à un anneau (F. ix, 12, 12); deux autres, plus longues , du bout postérieur de la plaque et des deux cornes de l'arc métallique jusqu'au bord de la barre, immédiatement en dehors des précédentes (F. IX, 10, i3). Des quatre rubans, deux tiennent aux boutons de la barre (F. ix, il^, 14)5 deux au bord convexe de l'arc métallique (F. IX, i 0, 1 0), lequel est percé de deux fentes pour les recevoir , ainsi que nous l'avons dit.
Le pessaire de M. le professeur Récamier étant appliqué de la même manière que ceux à tige , on doit en diriger les chaînes en avant, ainsi que la barre métallique, de manière que celle-ci repose sur l'éminence pubienne , et que les cordons soient dirigés les uns en avant (F. ix, 14, i4) et les autres en arrière (F. ix, 10, 10), pour y être attachés à une ceinture.
Ce pessaire ainsi placé, le pivot doit entrer et jouer assez aisément dans sa canule lorsque la malade se fléchit dans un sens ou dans l'autre ; mais la plaque ne glisse d'avant en arrière , et réciproquement à l'extrémité inférieure du pivot, qu'avec la plus grande difficulté, si toutefois elle se meut réellement. Je pense qu'il en doit être ainsi, parceque alors les cordons et les chaînes qui la tirent sont relevés par-devant et par-derrière
82 iNSTRmiENS topiques:
le bassin, et que leur action de'compose'e agit avec beaucoup plus d'énergie pour pousser le pessaire dans le vagin, ou le tuyau inférieur dans le supérieur, que pour tirer la plaque à coulisse en arrière ou en avant.
Quant au tuyau infc'rieur, il doit lui être beaucoup plus aise' de repousser le supe'rieur et la cuvette dans le vagin que de remonter dans ce tuyau supe'rieur. En effet, comme il remplit exactement celui-ci, toutes les fois que la malade se fle'chit , les cordons tirent obliquement en arrière l'extre'mite' inférieure de ce second tuyau, et celui-ci, incliné par rapport à l'axe du tuyau supérieur, doit éprouver une très grande résistance par le frottement. Ainsi le mécanisme si ingénieux de ce pessaire me semble paralysé, du moins en partie, à cause de l'action oblique des cordons. Ne pourrait - on pas lui rendre le mouvement ? Il y aurait , je crois , un moyen d'y parvenir , et de donner la plus grande mobilité à l'extrémité inférieure, et par suite de rendre extrêmement facile le glissement des cordons d'avant en arrière dans la flexion du tronc en avant , et d'arrière en avant dans son redressement ; ce serait : i ° de pratiquer une fenêtre carrée à l'extrémité inférieure de la deuxième canule, comme je l'ai dessiné d'idée et fait lithograpbier ensuite (P. II, F. xil, 1,1, 1, 1) ; 2° d'y monter une petite poulie très mobile d'avant en arrière, et réciproquement ( F. XII, 2); 5° de faire glisser par-dessous un ruban de ces tissus métalliques avec lesquels on fait depuis quelques années des cbaînes démontre, des bracelets, etc. (F.xii, 5); 4° d'attacber au bout de ce ruban des bretelles élastiques qui devraient être fixées d'autre part à la ceinture; 5° de rendre enfin le ressort à boudin beaucoup moins résistant que celui du pessaire de M. Récamier.
L'instrument que je propose là ne gênerait en aucune