FRONDES
Ce sont des bandages formes d'une pièce de linge plus longue que large, et fendue le plus souvent en deux
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parties, quelqueibis en trois, depuis chacune de leurs extrcmilcs jusqu'à quelques travers de doigt du milieu de leur longueur; en sorte que ces pièces de linge pre'sentenl alors quatre ou six chefs (P. IV, F. ix, Xii), une partie intermédiaire que l'on nomme leur plein, et ressemblent , ainsi que nous l'avons dit dans nos considérations préliminaires sur les bandages (p. i56), aux (rondes que les anciens employaient à la guerre , et qu'ils brandissaient avec la main (i).
Ce sont particulièrement celles à quatre chefs qui ont servi de base à ce rapprochement; mais, par extension, on a donné le même nom aux pièces de linge divisées longitudinalement en trois chefs à chaque extrémité.
Nous rangerons encore dans ces bandages les pièces de linge aux angles desquelles on coud quatre bandes divergentes et quelquefois parallèles deux à deux. Ces bandages ne diffèrent effectivement que par la préparalion , des frondes dont je viens de parler.
On emploie habituellement les frondes pour assujettir des topiques , des pièces d'appareil sur une partie, et la préserver des influences extérieures.
On les applique toujours par leur plein sur les pièces d'appareil; et lors même qu'en parlant de l'ap-
(i) Ftoats et Strabon dij-tinguent trois espèces de frondes en usage chez les anciens, les unes grandes, les autres courtes, et qu'ils employaient selon la dislance i laquelle étaient les ennemis. Au raj'port de Diodore, l'une leur servait de bandeau, l'autre de ceinture, et ils portaient la troisième à la main. 11 faut ajouter à ces trois espèces de frondes en usage dans l'antiquité celles que l'on attachait aux b;ilisles pour hmcer des pierres. [V. Jcste Lipse, Végèce, liv. iv, c. xxii ; Ammiek Marcel, liv. xxxui, c. iv; Samulvs, liv. u, p. 4» c. vui; Mont- FAicoN, Antiq. expliquée, t. iv, elc.)
GENRE Xil. FRONDES. OO'J
plicalion cL telle ou telle fronde en particulier, je me bornerais à dire qu'on doit l'appose?' sur telle partie, sans exprimer qu on doit appose?' son plein sur cette parlie, ilfaudrail l'entendre de celte dernière manière :
Le plein d'une fronde applique , on en porte les chefs autour des parties pour les nouer ensemble et fixer le bandage.
E^ets et p?'opriétés. Ces frondes sont des bandages légers, peuëchaufFans, et pre'cieux par leur grande simplicité, mais qui en géne'ral ne contiennent pas très exactement les objets qu'ils recouvrent.
ESPÈCE l-^
FRONDE DE LA TETE A SIS CHEFS (bandage (le Gaien).
Usages. On s'en sert pour contenir des pièces d'appareil sur la tête, soit à la suite d'une plaie du crâne, soit à la suite de l'opération du trépan. On doit généralement la préférer au plein quadrilatère de la tête, ou grand couvre-chef, et parcequ'elle est plus aisée à appliquer, et parcequ'elle est plus légère, moins échauffante et plus commode pour le malade. On ne peut lui préférer celui-ci que dans les temps froids , et lorsque le sang ne se porte pas trop à la tête.
Pièces du bandage. Une pièce de linge, une serviette, un mouchoir d'un mètre de long (près d'une aune), et large de quatre centimètres environ (un peu plus d'un quart d'aune).
Pi'éparation. On reconmiande de plier longitudinalement la pièce de linge en trois parties de largeur égale , de la fendre longiludinalement des deux extrémités , ou, si l'on veut , des deux bords les plus courts vers le milieu de sa longueur (P. IV, F. xii), en suivant les deux plis qu'on a faits et imprimés sur le linge , mais d'arrêter chaque incision à trois travers de doigt
du milieu de la pièce , afin d'y laisser un plein de six travers de doigt environ, et d'oLlcnir une pièce qui oiîve trois divisions ou trois parties à chacune de ses extrëmilcs , deux latérales (même F., i , 5, û, 6), et vme au milieu (même F. , 3, /f ). et six chefs en tout. L'expe'rience faisant voir qu'un bandage ainsi pre'pare' est dilïïcile à applicpicr , parceqne les chefs voisins des bords de la pièce sont trop larges, il faut diviser la pièce longiludinalement en trois parties, depuis chacune de ses extrémités jusqu'cà trois travers de doigt environ du milieu de sa longueur, comme on le fait habituellement , mais ne donner que trois travers de doigt de largeur à chacun des chefs latéraux. Comme , par suite de ce changement, celui du milieu se trouve trop large pour être noué ou seulement passe sous le menton, il faut lui donner la figure d'un triangle tronque', tenant au milieu de la pièce par sa base; enfin on achève en repliant longiludinalement les chefs latéraux sur celui du milieu.
Application. Saisissez le bandage en glissant immédiatement les quatre derniers doigts sous ce même chef du milieu , et appuyant le pouce sur les deux autres ; appliquez-le ensuite en travers sur le sommet de la tête , de manière que les extre'mite's ile la pièce pendent sur les oreilles et les recouvrent ; de'ployez alors successivement chacun des chefs latéraux: l'un tombera sur le front, l'autre se verra à l'occiput; dirigez les deux extrémités des deux chefs du milieu sous le menton , pour les y noiier ensemble (P X, i, i, i , i), ou mieux , de peur de fatiguer la peau, si le bandage a besoin d'être un peu serré, pour les y enlre-croiseï- eu les y faisant passer l'un après l'autre, afin d'éviter les plis et les relever vers les tempes pour les y attacher avec des épingles.
GEXR.E Xn. FKOXDES. JOQ
Qaant aux autres chefs, conduisez horizontalement les antérieurs ( P. X , 2, 2) à Tocciput , et ensuite , pardessus ces chets , les postérieurs ( même P. , 5, 5) au Iront 5 pour les v entre-croiscr , en recouvrant i un par ranlre, et attacher le plus superficiel , au moyen dune épingle, sur- la tempe (même P. . 4 )•
Effets et propriétés. Ce bandage simple est léger, commode et solide ; aussi est-ce un des meilleurs que l'on puisse emplovcr pour les usages auxquels on le destine, et le plus ordinairement il est pre'ferable au grand couvre -chef, qui est plus chaud, et d ailleurs plus compliqué et plus long à îaire.
Re3Iarque. Si les chets du miheu gênaient les oreilles, on pourrait v faire une ouverture pour y engager ces organes comme un houton dans sa boutonnière, modification fort anciennement décrite et figurée dans Gallein { 1>.
Si les pièces d appareil à contenir n étaient pas trop étendues , si d ailleurs on craignait d appeler le sang à la tète en la recouvrant txop,il serait convenable d employer une fronde à quatre chefs . telle que ceEe que Ion trouve décrite et figurée dans Scultet (2). Elle aurait une étendue suffisante pour faire un circulaire vertical autour de la léle, serait divisée en deux chefe depuis ses extrémités jusqu'à trois ou quatre travers de doigt du milieu de sa longueur, et pourrait assujettir des pièces d appareil sur le vertes, à l'occipul, audessous du front ou sur les côtés de la tête.
Dans le premier cas , Ion en porterait transversalement le plein sur le sommet de la tète, les chefs an-
{\)Defasciis, t. ni. cl. tu, p 5S5. Basil., i56i. (2) L'ArseDal de chir. . trad. par Debûze. ^'. ::: . LJo. ji . f. 6.
OlO CLASSE I. BANDAGES PROPREMENT DITS.
lërieurs sous le menlon, les chefs postérieurs à la nuque pour les y fixer.
Dans le second cas , la fronde serait applique'e transversalement à Tocciput, les chefs supérieurs seraient conduits et croises sur le front, puis fixes avec des e'pinij'Ies, les chefs inférieurs sous le menlon, et noues ensemble.
Dans le troisième cas , le plein du bandage serait place' en travers sur le front, ses chefs supe'rieurs diri^e's sous le menton, les inférieurs à la nuque, où ils seraient tous noue's chacun avec son oppose.
Dans le quatrième cas, il faudrait appliquer la fronde sur un des côtés de la tête , en la diri<5eant d'avant en arrière, porter horizontalement ses chefs supérieurs autour du crâne , et obliquement ses chefs intérieurs , l'un par-dessous le menton, et l'autre par-dessous l'occiput, pour les nouer sous l'oreille du côté opposé.
ESPECE II