‹ Traité des bandages et appareils de pansementChapitre 81 sur 160 · BAHDAGE EOTJCLE DE LA TÈTE ET DE LA POITRINE · texte numérisé non relu

BAHDAGE EOTJCLE DE LA TÈTE ET DE LA POITRINE

Je le propose pour ramener à sa direction naturelle la tête déviée , suivant sa circonférence ou suivant sa longueur , et j'en ferai deux variétés , selon qu'il doit remplir l'une ou l'autre de ces indications.

Ce bandage se composera toujours , 1° d'un bonnet de cuir et d'une mentonnière ou d'une bride; 2° d'un gilet à manches ; 5° de courroies réduclives.

Le bonnet de cuir devra envelopper juste le crâne, et être fixé par une courroie mentonnière passée sous le menton, et arrêtée par une boucle sur l'une des tempes.

Au lieu de bonnet , on peut prendre une sorte de bride ; j'entends par là un ensemble de courroies composé : d'une courroie noi-izontale qui pourrait embrasser horizontalement le crdncj d'une courroie verticale

532 CLASSE I. BANDAGES PROPREMENT DITS, qui pourrait eiilourer la icie veriicalernent du verlcx au menlon en passani sur les tempes; d'une courroie (jui s'étendrait du Iront à Ja nuque en passani sur le sommet de la tête.

Dans la première , les deux extrémités s'uniraient et se serreraient au-dessus de la région mastoïdienne au moyen d'une boucle ; la seconde serait cousue en croix par le milieu de sa longueur avec la première au niveau d'une des tempes; par l'un de ses Louts elle serait cousue encore avec la première sur la tempe oppose'e à la préce'dente , et une boucle aitache'e sur son extre'mitc fixe , pourrait recevoir l'autre bout après que cette courroie aurait entouré verticalement la télé ; la troisième, e'tendue du vertex à l'occiput, y serait attachée à la courroie horizontale par ses deux extrémile'sj ainsi qu'on le voit (P. XI K).

Le gilet devrait avoir des manches prolonge'es au moins jusqu'au milieu du bras ; il devrait, sur et derrière les épaules , être garni de cuir solide , mais être cependant incapable de blesser le sujet. Enfin il devrait porter des boucles derrière et sur les épaules, selon le sens de la déviation , pour y fixer la courroie rcductive. C'est là le Fondement des variétés que nous allons indiquer. Empressons-nous de dire encore que cette courroie doit être divisée en deiis. chefs dans les quatre cinquièmes de sa longueur.

application. La bride doit être appliquée sur la tête, de manière à l'embrasser horizontalement , de haut en bas et du vertex à l'occiput , avec les trois courroies qui y sont destinées. Le gilet doit être mis l'ermé par-devant avec des boutons jusqu'au cou , afin d'olïrir plus de solidité.

l" TAaiÉTli. — EA5EAGE EOCCLÉ PCUB LA TÊTS l?iCll>ÉR.

Dans celle variëlë, les houcles de la bride desiine'es à la courroie re'duclive doivent correspondre , Tune audessus de loreille et derrière, Taulre au-devant de la teœpe; le gilet en portera une sur Tëpaule, et toutes trois du côlë oppose à celui vers lequel la tête penche et s'incline ; les deux chefs de la courroie rëductive sont passés etfixës dans les boucles correspondantes au crâne, et Taulre extrëmitë dans la boucle attachëe sur l'ëpaule.

Effets et propriétés. Ce bandage doit renverser la tête latéralement cà volonté, et l'y maintenir d'une manière constante : car , comme tous les bandages à courroies , il est peu susceptible de se relâcher , et si d'ailleurs il se relâche un peu , il est aise de le resserrer sans avoir besoin de le réappliquer.

3» VABJÉTÉ. — EASDAGE EorCLé POri. EÉDCIHE LA x£tE DÉVIÉE DA5S SA CiaCÛ.VFÉBEXCE.

Dans cette variété les boucles de la courroie réduclive doivent être fixées, l'une au liront , sur la courroie horizontale ; la seconde sur la courroie qui forme un circulaire vertical et à l'endroit où elle passe sur la région massétérine; la troisième derrière Tëpaule, et toutes trois du même côté , à droite , si la face regarde à srauche , et vice versa. Les deux chefs de la courroie rëductive sont attachés aux boucles de la tête qui leur sont préparées , tandis que l'extrémité opposée est passée et fixée dans la boucle passée derrière Tëpaule.

Effets et propriétés. Ce bandage n imprime pas seulement à la tête un mouvement de rotation opposé à celui qui la-dévie , il la renverse encore un peu du côlé de la boucle scapulaire , qui est le point immobile sur lequel s'appuie la courroie rëductive. Il nV a qu'une

534 CLASSE I. BAND.VGES PK0PIŒ:\IENT DITS.

machine qui soii capable d'imprimer à la télé un mouvement fie rotation sans l'incliner , mais dans Leaucoup de circoiisiauces le bandage à courroies pourra suffire.

ESPÈCE III

tkck DE LA. POITRINE (oU pctit COFSct). (P. XIV.)

C'est un bandage que beaucoup de l'emmes emploient habituellement comme un vêtement pour soutenir les seins , et que le chirurgien doit, dans cette inlention , préférer au suspensoire des mamelles. Les jeunes filles qui ont la gorge ferme et peu développée, peuvent aise'ment s'en passer; mais ils sont utiles, indispensables même aux femmes dont la gorge est volumineuse et pendanie , parceque la suspension des organes gêne la circulation et favorise les engorgemens, les douleurs et les inflammations , comme nous l'avons déjà fait remarquer en décrivant la bourse ou le suspensoire du scrotum (p. 2 25). Aussi les femmes habituées à fusage des corsets se trouvent-elles gênées de n'en pas avoir.

L'abus qu'en font encore certaines femmes qui se serrent au point de paraître coupées en deux comme une guêpe , n'est pas une objeclion contre leur usage. On ne gagne rien, ou peu de chose, à êlrc trop exigeant. Si au lieu de crier contre les corsets, des écrivains , d'ailleurs fort estimables , ne les eussent point proscrits d'une manière absolue , je ne doute pas qu'ils n'eussent obtenu plus tôt la sage réforme que l'on voit s'opérer dans l'emploi de ce bandage-vêtement. En effet , le 'médecin a la satisfaction de voir qu'aujourd'hui les femmes ont non seulement abandonné les cuirasses dans lesquelles on enfermait durement les charmes naissans de nos mères , mais encore qu'elles se serrent infiniment moins ({u'oa ne le faisait autrefois.

Ainsi, loin de blâmer et de proscrire le sage emploi des corsets , nous recommandons le peut corset comme une précaution de santë dans les circonstances que nous avons indiquées, et nous les recommandons exclusivement , surtout chez les femmes enceintes.

Disposition du bandage. Le lacé de la poitrine doit avoir une étendue suffisaute pour envelopper, à deux travers de doigt près, toute la circontérence de ia poitrine, et s'étendre de haut en bas, depuis un ou deux doigts au-dessus des mamelons (P. XII, 9, 1 1) jusque près le creux de l'estomac, sur lappendice xyphoïdedu sternum (P. ,17), mais non au-delà, de peur de presser l'estomac et les viscères du ventre.

Le corset déployé est quadrilatère , plus long que large. Il a deux surfaces , dont Tune se tourne toujours en dedans et fautre toujours en dehors lorsqu'on le met. Il a quatre bords , dont fun est supérieur ; il offre sur les côtés du milieu de sa longueur un ou deux goussets (même P. , 9, 1 0, 1 t ) selon le volume des seins qui doivent y reposer, et ensuite plus en dehors une ouverture pour donner passage au bras et l'entourer à sa naissance (même P., 6, 7, 8). Le bord opposé ou finferieur présentera ou ne présentera pas de goussets sur les côtés du milieu de sa longueur , pour se prêter à laugnientation de volume de la poitrine par en bas. Les deux autres bords sont latéraux; je les nommerai aussi bords postérieurs , parcequ'ils correspondent au dos lorsqu'ils sont mis : ils sont percés d'une série de trous ou œillets.

Le petit corset doit être fait avec de la toile un peu ferme ou du basin, et composé, 1° d'une large pièce quadrilatère (même P. , 12, i3, i5); 2° d'une ou deux pièces triangulaires, d étendue variable, destinées à former les goussets (même P., 9, 10 j i I ) ; 5" de deux piè-

ces alorigëes comme une bande pour faire les e'pauletles (même P., 6, 7) ; 4° d'une bande ou ceinture (même P., 16, 17); 5" de trois baleines souples; 6" de rubans de 111 solides , destines à faire des eiuis pour loger les coulisses ; 7° enfin il doit porter un lacet.

La pièce quadrilatère (même P. , 12, i3, i5) est la pièce principale ; elle doit avoir en travers, et de haut en bas , la même étendue que celle que j'ai assignée au corset. Son bord supe'rieur doit être fendu d'une ou deux incisions dans les points corrcspondans à chacune des mamelles , pour recevoir les pièces triangulaires qui doivent ibrmer les goussets. Il doit aussi être ëchancre en rond au point qui sera placé sous le bras : cette e'chancrure , en langage de tailleur et de couturière , est Xentournure. Il faut que ses bords postérieurs soient perces d'une suite de trous garnis d une coulure sur leiirs bords, afin qu'ils aient de la résistance. Ces œillets sont placés de manière que les bords du corset étant rapprochés , ceux de droite et de gauche correspondent réciproquement à l'intervalle les uns des autres, et que les deux plus hauts seulement soient vis-tà-vis l'un de l'autre. On saura plus tard la raison de cette disposition calculée.

Les pièces triangulaires sont engagées dans les incisions , et leurs bords latéraux cousus avec ceux de la fente. C'est celte disposition qui donne plus d'ampleur en ce point au corset, et forme un gousset , une petite poche capable de se prêter à la saillie du sein (même P., 9, 10, 11).

Aux parties du bord supérieur du corset qui correspondent inmiédiatement devant (même P., 8) et derrière l'aisselle , sont cousues les deux extrémités de la bande qui passe par-dessus l'épaule , l'embrasse exactement et forme rcpauîollc (même P. , 6. 7).

Le bord inférieur peut être i^arni d'une ceinture de deux doigts de large lorsque la gorge n'est pas tron volumineuse (inertie P., 16, 17); dans le cas contraire, comme elle descend plus Las, la ceinture porterait sur la région e'pigasiriqae , et gênerait par la pression qu elle y exercerait.

Des rubans cousus à la face interne du corset par leurs extre'mite's et par toute l'étendue de leurs bords , excepté en un point d'un ou deux travers de doigt de l'extrémité, ainsi qu'on le pratique ordinairement, forment une sorte d'étui fermé par les deux bouts , mais ouvert latéralement près des extrémités , pour qu'on puisse y introduire et en retirer à volonté les baleines auxquelles il est destiné. Le corset doit avoir un étui semblable dans le milieu de sa longueur pour recevoir un buse de baleine (même P., ij), ou mieux, deux étuis étroits , écartés l'un de 1 autre d'un ou deux travers de doigt pour loger deux baleines très souples. Ces baleines sont préférables à une forte baleine , parceque dans les corsets très courts, comme celui que je décris, l'extrémité de la baleine heurte la région de l'estomac dans les mouvemens de flexion , et devient insupportable. Deux autres étuis semblables doivent être pratiqués aux bords postérieurs ou latéraux pour recevoir aussi deux baleines étroites et flexibles. Ces baleines sont destinées à empêcher que le bord inférieur du corset ne se rapproche du supérieur en formant des plis transversaux . insupportables par la gêne qu'ils causeraient, ce qui ne manquerait pas d'arriver sans l'efficace résistance qu'elles y apportent.

Application. On passe les deux bras dans les ouvertures annulaires du bord supérieur formées par l'entournure et fépaulelte; les bords postérieurs sont conduits eu arrière, et rapprochés l'un de l'autre au moyen

du lacet qui passe dans chacun d'eux en décrivant une spirale , sans cependant taire monter l'un des bords plus que l'autre , parceque les œillets de chacun de ces Lords ne sont pas vis-à-vis l'un de lauire. Tel est aussi le motit" de la disposition alterne de ces ouvertures.

Comme le sein abandonne à son poids descend toujours un peu et souvent beaucoup avant que le corset ne soit entièrement lacé , la femme le relève pour qu'il corresponde exactement aux goussets.

Le lacet , parvenu aux deux derniers œillets , ne devant plus monter, passe deux fois transversalement de l'un à l'autre et est arrêté par une boucle.

Le corset ne doit jamais être serre au point de gêner la respiration , et il le sera moins encore s'il descend jusque sur la région de l'estomac.

Effets et propriétés. Les petits corsets trop serrés gênent la dilatation de la poitrine , et ne permettent plus que l'abaissement du diaphragme pour la respiration : alors elle est abdominale, comme le disent les pathologistes. Il est probable qu'en outre les poumons, babituellement resserrés, diminuent d'ampleur comme un membre continuellement comprimé perd de son volume. Quand, au contraire, la constriction n'a pas été poussée trop loin, et qu'elle est modérée, les femmes retirent un avantage réel du petit corset; la cavité de la poitrine n'augmente pas seulement de h<iut en bas par l'abaissement du diaphragme, le sternum et les côtes s'élèvent aisément; celles-ci tournent sur leur axe , la poitrine s'agrandit dans toute sa circonférence, la respiration se fait avec amplitude, ou du moins n'est pas sensiblement gênée. D un autre côté , le sein mollement suspendu n'occasione pas de tiraillemens douloureux , lors même qu'il a un très

GENRE XV. BANDAGES LACÉS ET BOUCLÉS. OOQ grand volume, ou que la femme se livre à un exercice aciif , comme à celui de la danse.

Remarque. Au lieu de serrer les peiiis corsets en les laçant, on les serre souvent avec des pattes triangulaires dont le sommet tronque' porte des cordons que l'on noue ensemble. D'autres fois on arrête les pattes ensemble avec une épingle : ces pattes sont cousues aux Lords postérieurs du corset, mais Tune est divisée en deux depuis son sommet jusqu'à sa base, tandis que l'autre , qui est entière, n'est cousue à l'un des bords poste'rieurs du corset que par les angles et le milieu de sa base ; il en résulte que les chefs de la patte fendue peuvent s'engager dans les ouvertures qui résultent de cette disposition, comme dans un bandage invasine' les chefs de la bande fendue s'introduisent dans les ouvertures de celle qui est perfore'e. Il en résulte encore que les deux pattes peuvent s'enlre-croiser et se porter en sens oppose' autour du corps lorsque le corset est mis. Enfm on dispose quelquefois aux bords poste'rieurs de ces corsets une série de lacets qui, traversant réciproquement des œillets pratiqués dans le bord opposé , sont ensuite réunis sur un seul cordon, et peuvent serrer tout le corset d'un coup comme les pattes elles-mêmes. Nous avons indiqué à la tête du genre, les bandages lacés de cette manière sous le nom de lacés croisés ou de lacés à la paresseuse.

ESPÈCE IV

r.ACÉ A SrEJET DE l'aBDOMEN , OV CEIXTIEE LACÉE.

Ce bandage est, comme l'indique son nom, une sorte de ceinture qui peut embrasser le ventre dans toute sa circonférence et dans toute sa hauteur , et qui est destinée à le soutenir lorsqu'il prend trop de dévelopoe-

mcnl el faiiguc à porter. Beaucoup de femmes, el des hommes même, qui iiennent sans doule infiniment aux belles formes, s'en servent dans rintcnlion de réduire le volume de leur ventre lorsqu'il s'accroît au-delà de leur désir, el souvent en proportion de l'aclivile qu'ils lui donnent. Il semble, au premier abord, qu'il sérail plus simple dans ce cas de le laisser reposer un peu au dedans au lieu de le serrer au dehors ; mais ils en jugent autrement.

Cette ceinture, réunie au pelit corset, est préfe'rable au grand corset pour les femmes enceintes , parcequ'elles ne peuvent porter ce dernier sans une forte baleine qu'elles appellent buse , laquelle gène beaucoup le développement du ventre , et presse trop fortement

sur l'utërus.

La ceinture lacée est forme'e , i" d'une grande pièce de linge quadrilatère; 2° de pièces triangulaires; 5° d'uu ou plusieurs lacets ; et 4° quelquefois de deux cordons à coulisse.

La pièce quadrilatère doit s'étendre de haut en bas de la fossette épigasirique à l'cminence pubienne , et iransversalemenl elle doit faire le tour du corps, moins deux doigts de largeur environ, comme les corsets. On a dû y pratiquer deux incisions triangulaires , étroites ci alongées, qui, du milieu des bords supérieur et inférieur, gagnent presque le milieu de la largeur de la pièce en niarchant à la rencontre l'une de l'autre par leur sommet. Les bords des deux cchancrurcs dont je parle doivent cire cousus ensemble pour produire une sorte de gousset dans le milieu de la largeur de la ceinture.

Au-delà du milieu de la longueur du bord inférieur, et sur les côtés, une incision doit avoir été prati([uée pour y placer une pièce triangulaire et faire un gous-

set , aiin que h ceiniure paisse embrasser csaclenient la saillie du vcriLre.

Aux Lords poslericars se trouve une série cl'œillets disposes d'après les principes établis ci-dessus (p. 356), et un lacet pour rapprocher ces bords, en passant alternativement à travers ceux de cbaque bord.

Enfin, quelquefois le bord inférieur de la ceinture est replie sur lui-même de moins d'un travers de doigt , et cousu de manière à former un canal, que l'on nomme aussi une coulisse, où puissent rester et glisser aise'riient deux cordons , dont l'un est aiiaclie' à l'ouverture gauche , l'autre à l'ouverture droite , et dont l'extre'milé de chacun sort par l'ouverture oppose'e. Il re'sulte d'une pareille disposiùon qu'on ne peut tirer sur les deux extre'miie's libres des lacets sans froncer le bord inférieur et la coulisse de la ceinture.

Quelques uns portent aussi des ceintures qui , au lieu d'une pièce triangulaire, offrent sur la marge des incisions du bord intérieur une se'rie d'oeillets et un lacet pour les rapprocher cà voionîc.

Je n'ai sans doute pas besoin dé redire qu'à la face interne des bords garnis d'œilicis sont ou doivent être cousus par un seul côte' des bandes qui sont destinées à se placer sous les jets du lacet , afin que la peau n'en soit pas offensée.

Application et effets. La ceiniure lacée ne doit toujours être que médiocrement serrée, de peur de gêner la respiration; car^ bien qu'elle ne porte pas sur la poitrine lorsqu'elle exerce une grande constriction , elle gêne tellement la dilatation du ventre lors de l'inspiration, que la respiration devient [rès courle et très laborieuse.

Convenablement serrée, la ceinture soudent le ventrCj semble en aljéger le poids, et (juciqucrois elle calme

342 CLASSE I. BANDAGES PUOPREME^T DITS, les douleurs vaijues qui s'y développent. Porlc'e avec un pelit corset, elle ijlisse et remonte sur ce dernier pendant les niouvemens de flexion en avant qu'elle ne gêne pas le moins du monde , tandis que les grands corsets rendent ce mouvement à peu près impossible. Aussi la ceinture , reunie au pelit corset , est-elle préférable à celui qui embrasse à la fois la poitrine et le ventre.

ESPÈCE V

tACB DE LA POrriUNE ET DU VENTHE , OU GRAND CORSET.

Beaucoup plus e'tcndu que le pre'ce'dent, il est employé' par les femmes non seulement pour soutenir la gorge , mais souvent encore pour serrer la poitrine et le ventre , et re'duire le volume de ce dernier. 11 ne doit être mis en usage que lorsque le ventre gêne re'ellement par son obésité' , ou lorsque l'espe'riencc a montre' que la femme se trouve bien de son emploi. Il doit être proscrit dans le cas de grossesse un peu avance'e. Si le ventre manque de soutien , que ses parois cèdent trop en avant au poids de l'ute'rus, il faut prefe'rer le petit corset et le lace de l'abdomen que j'ai de'crit tout à l'beure.

Disposition du bajicîage. Ce bandage ne diffère du petit corset que par son étendue et les goussets de son bord inférieur. Il se prolonge en effet depuis un travers de doigt au-dessus des mamelons jusque près du pubis , et pre'senle à son bord inférieur de chaque côte de grands goussets , afin qu'ils aient assez d'ampleur pour envelopper l'abdomen. Ces goussets remontent très haut, à un ou deux doigts de la pointe des goussets supe'rieurs , mais leur sommet se trouve plus en dehors.

Tout le reste est absolument de même que dans le précédent, sauf les différences que la grandeur du cor-

GENRE XV. BANDAGES LACÉS ET BOUCLÉS. 343 sel entraîne dani5 l'ëlendue des baleines , dans le nombre des oeillets des bords posie'rieurs , dans la longueur du lacet. Cependant on ne le serre jajnais qu'au lacet, soit à surjet , soit avec les lacets croises. (/^. p. 026,)

h^ application du grand corset se fait d'après les mêmes principes que celle du petit; mais comme il embrasse le ventre , je dois pre'venir que les femmes ne doivent le serrer que me'diocrement au niveau de cette partie.

effets et propriétés . Si le petit corset, quand il est trop serre , gêne la respiration en s'opposant à la dilatation excentrique de la poitrine, il laisse au moins le diaphragme s'abaisser , la cavité' de la poitrine grandir de haut en bas , et la respiration se faire par l'abdomen. Il n'en est pas de même du grand corset; lorsqu'il est trop serre la poitrine ne peut se dilater librement dans aucun sens , la respiration devient courte , embarrasse'e, les mouvemens sont gêne's, et si la femme le porte habituellement ainsi , la poitrine diminue de volume dans sa circonférence comme les membres qui restent continuellement serre's; si le tronc n'a pas pris tout son développement , ce plie'nomène est en partie arrête, et la femme n'acquiert pas toute la force de corps que la nature lui eût accorde'e. Enfin il est possible que la compression indirecte à laquelle les viscères sont soumis les liitigue , les irrite et les dispose à la longue à des le'sions organiques funestes.

ESPÈCE VL

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