‹ Traité des bandages et appareils de pansementChapitre 85 sur 160 · MACHINES OU BANDAGES MÉCANIQUES · texte numérisé non relu

MACHINES OU BANDAGES MÉCANIQUES

Nous rangeons sous ce titre, ainsi que nous l'avons déjà dit, 1° des assemblages de corps qui augmentent ou diminuent la force ou la vitesse qui les animent, et toujours en raison inverse l'une de l'autre; en sorte que si la force gagne, la vitesse perd en proportion , et re-

ciproquemeiit ; 2° lous les bandages ou appareils qui , comme ceux où cnlrenl des alielles, otfi-enl une résistance , une lermoïc, beaucoup plus grande que celle du linge ou du cuir ([ue l'on emploie à la conslruclion des bandages proprement dits; 5° enfin les bandages qui agissent en quelque sorte d'eux-mêmes par leur élasticité.

Peut-être aurais-je du moins étendre la signification de ce terme; peut-être même, eusse'-je dû supprimer celle classe, renvover aux bandages prëcëdens les genres qui y trouvent des analogues , comme les corsets élastiques aux corsets , qui appartiennent aux bandages lacés , et faire des genres particuliers de ceux qui n'en onl point d'analogues dans les bandages proprement dits.

Bien qu'au moyen de machines on puisse remplir loules sortes d'indications quand il s'agit d'actions mécaniques, on ne doit cependant y avoir recours que dans le cas où les bandages proprement dits sont absolument insuffisans.

Les machines sont beaucoup trop compliquées dans leur conslruclion , et leur fabrication demande beaucoup trop d'art pour que le chirurgien doive s'en occuper. Aussi nous ne sommes pas de l'opinion de ceux qui croient ou onl l'air de croire qu'il doit faire ses efforts pour pouvoir fabriquer lui-même lous les objets ou tous les inslrumeus dont il peut avoir besoin ; quil est convenaiile, par exemple , qu'il apprenne à. forger le fer , et à fabriquer aussi bien les instrumens les plus simples que les plus compliqués. Pourquoi s'arrêlerait-il en si beau chemin , et n'apprendrait-il pas les métiers du tailleur ou de la couturière, pour faire des corsets, des bas lacés; du cordonnier, pour composer les bollines dont on se sert dans le traitement des picds-bois ;

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du menuisier, pour préparer les aueîles, les liis , et toules machines cle bois auxquelles on peut avoir recours clans le traiiement îles fractures et dans le redressement du corps , etc. ? Il y a des maîtres qui ne tarissent pas en recommandations.

Si nous pensons que le chirurgien ne doit i:as rechercher une habileté qui lui est au moins inutile, de peur de ne pas acquérir, ce qui ne manquerait pas d'arriver , celle dont il aura chaque jour besoin dans la pratique de son art , nous croyons qu'il lui sera toujours avantageux de connaître la théorie de la préparation ou de la fabrication des objets qu'il met en usage. Cette connaissance n'exige pas un temps suffisant pour le détourner de ses études, et lui offre le moyen d'imaginer lui-même, plus vite et plus heureusement qu'il ne le ferait , les instrumenset les appareils qui peuvent lui être nécessaires; de mieux expliquer sa pensée aux ouvriers qu'il charge de les exécuter, et d'apprécier avec plus de justesse la bonté et la perfection de leur ouvrage. Ce que je dis est surtout vrai relativement à la fabrication des machines. Je ne veux pas ici préconiser aveuglément leur emploi, ni retomber à cet égard dans les abus de la médecine antique ; mais comme leur puissance infinie peut s'appliquer dans toutes sortes de directions et de toutes sortes de manières , elles méritent une étude particulière de la part du médecin.

Il se présente une foule de cas dans la pratique où une puissance mécanique , agissant dans un sens et d'une manière déterminée , rendrait le plus grand service , le mouvement , par exemple , à un membre paralysé. Si le médecin du malade n'a aucune connaissance des machines et des principes de \euv fabrication, non seulement il n'apercevra pas les indications à remplir pour arriver à un résultat désirable, mais encore, s'il les aper-

çoit , la possibilité d'y repondre ne lui viendra pas à l'idée , et le malade restera privé de l'usage de son membre. Ainsi , qu'un chirurgien entièrement prive' des connaissances dont je parle ait un malade dont les extenseurs des doigts soient paralyse's, la possibilité' de leur rendre en quelque sorte le mouvement par une macbiwe ne lui viendra pas même à l'idée , et si on la lui sugge'rait , il regarderait le projet comme impossible à re'aliser; au contraire, en concevoir l'idée et la faire mettre à exe'cution, rien ne serait plus simple pour un médecin qui aurait des notions , même peu profondes , en mécanique. Fût - il plongé dans la campagne la plus éloignée des grandes villes, il pourrait, dans une multitude de cas , et particulièrement dans celui que nous venons de citer, répondre , avec un certain succès , aux indications dont il entendrait le langage, soit qu'il construisît lui-même, soit qu'il fît exécuter sous ses yeux les machines dont il aurait besoin. Nous espérons que les praticiens étrangers à la mécanique trouveront la preuve de la justesse de ces réflexions dans l'utilité pratique qu'ils pourront retirer de ce que nous allons dire sur la mécanique et les machines.

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