‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 74 sur 266 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Si, à la suite d*uu repas fait par trois hommes réunis, Tun d'eux veut s*en aller, il doit, selon Técole de Rab, dire la première bénédiction. Qu*entend-on par là? L'école de Rab dit que c'est l'invitation à l'action de grâce; R. Zeira dit, au nom de R. Jérémie , que c'est la première section , et c'est aussi ce que disent R. Helbo et R. Hanan , au nom de Rab. R. Schescheth fit une observation et dit : La Mischnâ ne contredit-elle pas cela? car si un seul individu ne sait pas réciter de mémoire toute l'action de grâce, l'un dit la seconde section et un autre la troisième, afin de remplir l'obligation de la récitation, sans qu'il soit question d'une quatrième; or si l'invitation forme la première section spéciale, on devrait parier de quatre. En effet, il se trouve parfois qu'il soit question d'une quatrième.

On a donc enseigné qu'il y en a quatre. Mais si la première bénédiction comprend l'invitation et la première section, comment retrouver ce nombre? Et Ion ne peut pas supposer qu'il s'agisse pour la quatrième de la section finale s^DDni aion, car elle diffère des autres en ce qu'au lien d'avoir été établie par la Loi, elle l'a été postérieurement par les rabbins, puisque R. Houna dit que lorsque les israélites morts au siège de Rethar furent enterrés, on établit ladite section, et l'on dit de Dieu gu'U est bon^ parce que les cadavres ne se décomposèrent pas; et U fait k bien^ parce qu'on a pu les enterrer (comment donc expliquer ce chiffre quatre?). Gela peut s'expliquer, dit R. Hana, par l'avis de R. Ismaël, qui nous apprend que ladite section est indiquée par allusion dans le Pentateuque; car il est dit (Deutéronome, vin, lo) : Lorsque tu aurai mangé et que tu seras rassasié^ tu béniras; cette partie correspond à l'invitation de l'action de grâce; les mots suivants : VEtemd ton Dieuj répondent à la première bénédiction; le fragment de verset : pour k pays, répond à la seconde, le mot bon à la tnSsième, ainsi qu'il est dit aussi : cette bonne montagne le Liban (Deutéron. m, aS); et enfin le terme : Qu*U fa donné , représente la bénédiction finale.

Pour la lecture de la Loi, il est dit qu'on prononce une bénédiction préalable, mais il n'est rien dit au sujet d'une deuxième à dire après. Où est-il dit qu'il en faut une auparavant? Dans ce verset (Deutéronome, xxxii, h) : Lorsque finvaque le nom de Dieu , acclamez les grandeurs de notre Dieu. Pour le repas, il est dit qu'on doit la réciter après , mais il n'est rien dit au sujet de la prière d'avant ; et ce qui prouve qu on la prononce après, c'est qu'il est dit : Tu mangeras ^ tu te rassasieras y puis tu k béniras. Comment sait-on qu'il faut appliquer à la Torâ le précepte relatif au repas , et vice versa ? R. Samuel bar-Nahméni répond , au nom de R. Jonathan, que cette application se fait par la confrontation des termes, identiques départ et d'autre (et l'on en déduit aussi les prières secondaires); de même que la mention du notn de l'Eternel pour la Loi indique une prière auparavant, de même la mention analogue pour le repas indique la même

chose; et de même que le précepte légal indique pour le repas une bënëdiction à faire après, de mâme il en faut une semblable pour la lecture de la Loi.

Jusqu'à présent donc, on paraît admettre Tavis de R. Akiba, contrairement à R. Ismael, qui dit, par Torgane de R. Yochanan, qu'on peut prouver la nécessité de ces bénédictions par le raisonnement a fortiori: si, pour le repas, qui n'exige pas (légalement) une bénédiction préalable, il en faut une après, à plus forte raison en faut-il une après la lecture de la Loi, pour laquelle il est prescrit déjà d'en dire une auparavant. Voilà qui détermine les principes à suivre pour la Loi. On fait ensuite un raisonnement tout analogue pour démontrer qu'il faut dire aussi une bénédiction avant le repas. R. Juda et R. Néhémie citent chacun des versets à l'appui de ces déductions. Le premier rappelle le verset (I Samuel, ix,i3) : car il bénira k sacrifee^puis ks invités mangérant (où la bénédiction est préalable). Le second dit qu'il est écrit : Vous ser-virez FÉtemel votre Dieu^ et il bénira ton pain et tes eaux (Exode, xxiii, 95), ce qui signifie : quoique ce soit ton pain, il faut reconnaître, avant d'en manger, à qui tu le dois. Rabbi ajoute ceci : si, après avoir mangé et s'être rassasié, il faut bénir Dieu, à plus forte raison le fautril lorsqu'on a faim et que l'on peut s'attabler. Voilà qui explique les règles du repas. Pour motiver les prescriptions concernant la Loi , on raisonne ainsi : si , pour la nourriture qui pourvoit à notre existence éphémère, il faut réciter des bénédictions avant et après, il en faut à plus forte raison pour la Loi qui représente la vie étemelle.

R. Zeira demanda (à propos de ces diverses confrontations entre le repas et la lecture de la Loi) : A quel cas faut-il comparer trois lectures faites successivement? Est-ce à trois individus qui auraient mangé ensemble (et dont l'un prie pour tous), ou à trois individus ayant mangé séparément (et priant de même)? Faut-il les comparer au premier cas, de sorte que le premier lecteur dira la bénédiction antérieure, le troisième la formule finale, et le second

rien? Ou estrce semblable au second exemple, auquel cas le lecteur médial dirait comme les autres une bénédiction avant et une autre après? R. Samuel bar-Abdoma répond qu'on ne déduit les règles pour la lecture de la Loi, d'après celles du repas, qu'en ce qui concerne le pluriel, et en effet, une personne dit pour plusieurs la bénédiction de la lecture. R. Aba-Mari, frère de R. Yossé, dit : On la considère à l'égal des autres prescriptions de la Loi, et il faut, en l'exécutant, une bénédiction comme pour toutes les autres.

ffSi l'on a mangé, ^kdi, etc.-»

Cela signifie : si l'on a mangé des fruits dont il est douteux qu'on ail prélevé les dhnes pour les lévites et les oblations pour les prêtres. R. Simon , frère de R. Rerachia, dit : lorsqu'une ordonnance fut promulguée au sujet de ces

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