‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 87 sur 266 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

le mot Vk, Dieu; c'est une mesure interm^iaire ^ de commencer par le terme Dieu et de finir par le terme Etemel, mais Tinverse pourrait passer pour une hérésie (et faire supposer que Dieu n'est pas éternel). En effet, des mécréants ont demandé à R. Samlaî^ : «r Combien de dieux ^ ont créé Tunivers? Que me demandez-vous là? leur répondit-il; vous navez qua consulter les paroles d^Adam, le premier homme : Interroge hê premiers temps, est-il dit; ceux qui font prkédéy depuis h jour oà Dieu cria (et non créèrent) Vhommesurla ferre(Deu*téronome, iv, Sa). -— Mais, répliquèrent-ils, n'est-il pas écrit, en suivant Tordre textuel des mots (Genèse, i, i) : Le commencement a crU Dieu? — Le verbe, répondit-il, n'est pas au pluriel, parce que le sujet est en réalité au singulier. 9 En général, dit R. Samlaï, chaque fois que les incrédules ont cherché à contester le texte biblique, ils ont pu trouver, immédiatement après, la réfutation de leurs assertions. Ils lui ont encore demandé ceci : « Gomment se fait-il, d'après la doctrine de l'unité de Dieu, que la Bible ait dit : Faisons thomme à notre image, sdon notre ressemblance (Genèse, i, â6)? -^ H est écrit, réponditr-il : Dieu (au singulier) cria Vhomme à son image ^. Cette réponse, répondirent ses disciples, n'est entre nous qu'un faux-fuyant; que répondras-tu à cette objection pour nous? — En principe, dit-il, Adam a été créé de la terre, et Eve d'Adam; à partir de ce moment, la propagation du genre humain s'est faite d'après plusieurs images et ressemblances; car l'homme ne peut se passer de la femme, ni celle-ci de l'homme, et tous les deux ont besoin de Fassistance de la Divinité, n Les incrédules demandèrent encore : Comment se fait-il, d'après vos doctrines, qu'il soit écrit : 'Le fort, le Dieu, F Etemel le sait bd-miéme (Josué, xxii, a a) (cela ne représente-t-il pas plusieurs divinités)? — Malgré cela, répondit-il, le verbe est au singulier (c'est qu'il s'agit d'un seul être). — Maitre, lui dirent ses disciples, cette réponse est forcée; que répondras-tu pour nous? — Ces trois expressions, répondit-il, sont les attributs d'un même nom, comme si on appelait un roi *: César, Auguste, empereur. On lui demaqda ensuite : Gomment se fait-il qu'il soit écrit : Le fort, le Dieu, VEiemd a parlé, et Ha appelé la terre (Psaume l, i) ? -^ Les verbes sont aussi au singulier, répondit-il; et pour ses disciples, qui lui firent la même observation qu'auparavant, il ajouta que ce sont également des attributs du même nom, comme on appelle l'ouvrier: maçon ou manœuvre. On lui demanda encore : Comment se fait-il qu'on ait dit : Cest un Dieu saint (dans le texte, le substantif et l'adjectif sont au pluriel) ? — Il n'importe, répondit-il ; le verbe est au

' C'est-à-dire le terme moyen à choisir. riel et que les grammairiens appellent :

* Bereschith-Rabbft, section vin. plurale tnajestatis.

* C'est une sorte de dispate contre le * On ne se sert pas du pluriel, porce mot D^n^K, Dieu, qui a la forme du plu- qiril ne s'agit que d'un être.

Ibà TRAITE DES BERAKHOTH.

singulier, comme on dit ailleurs (Exode, xx, 5) : Cest un Dku veugewr (au singulier). Pour ses disciples, qui firent la même observation, R. Isaac ré» pondit que, dans ce verset, le signe du pluriel a pour but de prévenir qu'il s'agit de divers degrés de sainteté. En effet, R. Judan dit, au nom de R. Acha, que tout est saint à Tégard de Dieu : sa marche, sa parole, son siège» le mou* vement de ses bras; TÉtemel est redoutable et majestueux par sa sainteté. Il se .trouve aussi un verset a Tappui de chacun de ces degrés. Pour le chemin : Dieu y ta voie se fait dans la eainieté (Psaume lxxvii , t &). Sa dj^arche est sainte : MonDieUy monroiy marche danê la samieté (Psaume ltviii, a 5). Il s'assied saintement : LÉtemel est asêis eur mm eaint tréne (Psaume xlvii, 9). Il parle saintement : U Étemel a parlé aïoec eainteti (Psaume cviii , 8). Il lève de même le bras : UÉtemd a levéwnbic^ ^*^ (Isue, ui, lo). U est puissant et redoutable par cela : Qui est aussi majestueux que Un par la sainteté (Exode, xv, 1 1) ?

On lui demanda aussi : Comment se fait-il qu'il soit écrit : Quelle est la grande nation qui ait un Dieu aussi proche d!eUe (Deutéronome, iv, 7) (comment se fait-il que D^3)*ip soit au pluriel)? — Les pronoms, répondit-il, sont au singulier pour montrer qu'il s'agit d'un seul être; et pour ses disciples, qui lui firent la même observation que plus haut, il ajouta que le pluriel de l'adjectif jproc&tf se rapporte à divers objets et causes de rapprochement Aussi R. Pinehas dit, au nom de R. Juda bar-Simon : L'idole, même lorsqu'elle paraît proche, est bien éloignée de nous. C'est à ce faux dieu que fait allusion le prophète, en disant (Isaïe, xlvi, 7) : On le porte sur les épaules, on s'en charge , on le pose enplaee^ ou il se tient'dehout sans bouger; même on criera at^mi» de lut» U ne répondra pas et ne délivrera personne de la détresse; en d'autres termes : l'idole qu'on a dans sa maison vous laisse crier et mourir, sans vous écouter ni vous secourir; mais, quoique l'Éternel semble loin, il n'est rien d'aussi proche que lui. R. Lévi rappelle, à ce propos, que de la terre au ciel il y a un chemin de cinq cents ans, autant entro un ciel et l'autre, et encore autant pour traverser l'épaisseur du ciel lui-même. R. Berachia et R. Helbo disent, au nom de R. Aba Semouka, que les demeuras des animaux célestes ou anges ont paiement une étendue de cinq cent quinze ans de marche. Conmient le sait-on ? Parce qu'il est écrit (Éxéchiel, 1, 3)^ en parlant d'eux : Leur pied est droite nier^ (or, si l'on additionne les valeurs numériques des quatre lettres de ce mot, on trouve 5i5). On voit, en somme, quelle est la distance entre le séjour céleste et la terre. Cependant, qu'un homme entre dans une synagogue, qu'il se place à l'écart, et se mette à prier à voix basse, aussitôt le Tout-Puissant prêtera l'oroille à son invocation, comme il est dit (I*^ livre de Samuel, i, i3) : Hana se parlait à eUe-^néme; ses lèvres seules se mouoaienty mais on n^entendait pas sa voix y et pourtant Dieu exauça ses vœux. U agit de même à l'égard de toutes les créatures, comme il est dit (Psaume on, 1) : Prière du pauvre qm s' envdoppe

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