‹ Traité des caractères physiques des pierres précieuses, pour servir à leur détermination lorsqu'elles ont été tailléesChapitre 18 sur 58 · II. Feld-Spath · texte numérisé non relu

II. Feld-Spath

Parmi les variétés de ce minéral que l’on travaille comme objets d’ornemens, il en est deux qui sont au rang des pierres précieuses,

(1) La forme qui vient d’être décrite est incompatible avec celles du Zircon et du Grenat, deux substances auxquelles l’Essonite a été successivement réuni. Il est d’ailleurs moins dur, moins pesant et moins éclatant que

* les mêmes substances, ce qui m’a suguéré le nom d'Essorite , dont le sens est mosndre, inférieur. &

savoir, la Pierre de Lune, nommée aussi 4rgentine et Œil de Poisson, et la Pierre du So-

leil, ou l’Æventurine orientale. | | La forme primitive du Feld-Spath est un parallélipipède obliquangle (fig. 44), dont les faces T et P sont perpendiculaires l’une sur l’autre. On peut aussi la considérer comme un prisme à quatre pans M, T, etc., términé par une base P située de biais. La face M est inclinée sur T de 120* et sur P de 111% 28°. La théorie fait voir que les faces T, P sont égales en étendue, quoiqu’elles ne soient pas semblables, et que de plus l'étendue de chacune -d’elles n’est que la moitié de celle de la faceM. Les deux premières s’obtiennent facilement et avec beaucoup de netteté à l’aide du clivage; mais il est difficile d’obtenir la troisième, et lorsqu'on y parvient, elle est ordinairement terne et peu apparente(r). Les détails dans lesquels je serais obligé d'entrer pour compléter la no- “tion géométrique dusolide dontils’agit, passeraient les bornes que je dois ici me prescrire.

(1) Cette différence est une suite de celle qui existe entre les dimensions des faces , ainsi qu’on l'explique

Mer la théorie.

Je n’ai observé jusqu'ici qu un seul cristal de Feld-Spath primitif. Je vais décrire trois variétés secondaires que je choisirai depréférence parmi celles que présentent les cristaux du Saint-Gothard qui portent le nom d’Æ#dulaire, parce qu’une partie des corps que l’on travaille sous celui de. Pierre de Lune tirent leur origine de cet endroit.

La première variété, qui est le Feld-Spath ditétraëèdre (fig. 45), a la forme d’un prisme quadrangulaire dont les pans font entre eux des angles de 6of et 120%, commé dans la forme primitive,avec cette dfférause que,dans celle-ci, l'angle obtus est donné par les faces T,M(fig, 44) situées de part et d'autre de l’arête 7, au lieu que dans la variété dont il s’agit ici, la face T (fig. 45) se rencontre sous l’angle de 6of avec une face additionnelle Z située de l’autre côté de l’arête 7, en sens contraire de la face M (fig. 44) qu’elle remplace. Le sommet est composé de deux faces qui se réunissent sur une arête z (fig. 45) perpendiculaire sur », et dont lune répond à la base P (fig. 44) et l’autre se rejette à très peu près de la même quantité en sens contraire. L’inclinaison mutuelle de ces deux deux faces est de 128% 55’.

Si la face x se prolonge jusqu’à faire disparaître la base P, on a la seconde variété (fig. 46), qui est le Feld-Spath imitatif, et qui offre l’aspect d’un prisme rhomboïdal oblique dont la base naîtrait sur l’arête K en faisant avec elle un angle de 116* 4/.

Dans la troisième variété (fig. 47), qui porte le nom de Feld-Spath quadridécimal, le prisme est à dix pans, dont six, /, M, T, etc., font entre eux des angles de 120, comme ceux du prisme hexaèdre régulier, et les quatre autres, z, z', sont inclinés de 150“ sur leurs adjacens M, T ou M, Z. Le sommet est semblable à celui de la variété ditétraèdre (fig. 45).

C'est de l’île de Ceylan que viennent les morceaux de Feld-Spath qui fournissent les plus belles Pierres de Lune, et spécialement celles qui ont des reflets d’une couleur bleue très agréable. Ils s’y rencontre en fragmens roulés parmi lesquels on en distingue qui offrent des indices de cristallisation. À légard de la Pierre du Soleil, on la trouve dans l’île Cedlovatoï, près d’Archangel, en Russie. La beauté de cette pierre, à laquelle les artistes ont donné, en la nommant à leur manière, un

terme de comparaison quine pouvait étremieux choisi, fait regretter qu’elle soit encore si rare.

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