‹ Traité des caractères physiques des pierres précieuses, pour servir à leur détermination lorsqu'elles ont été tailléesChapitre 34 sur 58 · PAL · texte numérisé non relu

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DÉS PIERRES PRÉCIEUSES. + 50 leurs se présentent dans un ordre qui a quelque chose de symétrique; mais souvent elles sont distribuées par veines et par taches contournées ou anguleuses, dont les figures et les positions se jouent de mille manières sur la surface de la pierre. C’est au milieu de ces a$ sorlimens que l’on rencontre quelquefois des parties qui présentent des ébauches toujours très imparfaites de figures d'hommes ou d’animaux , auxquelles l’imagination de ceux qui recherchent ces sortes d'objets ajoute ce qui leurmanque pour être ressemblantes.On donne alors à Agathe le nom de figurée.

La matière du Cristal de roche ou de l’Amé.thyste est souvent réunie dans un même morceau avec celle de l’Agathe. Tantôt elle sert d’enveloppe à l’Agathe zonaire, tantôt elle en occupe la partie centrale, quelquefois elle s’interpose entre deux couches d’Agathe. Le minéralogiste ne voit ici que deux états différens d’une même substance, qui a passé du Cristal à l'Agathe en perdant à la fois de sa pureté et de sa transparence. :

On appelle 4gathes mousseuses des Calcédoines dans l’intérieur desquelles on voit des corps étrangers semblables à des lichens, des

byssus, des conferves, etc., et autres plantes connues des botanistes. Le célèbre Daubenton: pensait que ces corps devaient réellement leur...

ï origine aux végétaux dont ils offraient l’as-

pect (1), et son opinion a été depuis adoptée par plusieurs naturalistes (2).

Parmi le grand nombre de lieux d’où lon tire des Agathes, on distingue les environs d’Oberstein, dans le Palatinat, dont les babitans, par des moyens simples et économiques, font, avec ces pierres, une multitude d’objets d’utilité ou d'agrément, qui sont la matière d’un commerce très éun

24. Hydrophane; @'il du monde. Or résinite hydrophane. Méth. minér. Couleur d’un blanc grisàtre, quelquefois d’un blanc jaunâtre ou brunâtre ; faiblement translucide ; acquérant de la transparence par l’imbibition. Lorsqu'il est brut, son aspect tire sur. le luisant de la résine.

Cette pierre, dans son état ordinaire, est uni

(1) Mémoires de l'Académie des Sciences OT pages 668 et suivantes.

(2) Voyez Jameson, System of Mineralogy, vol:E, pages 207 et 206. ;

DES’ PIERRES PRÉCIEUSES. 207 Corps spongieux, parsemé d’une multitude de vacuoles remplis d’air. Lorsqu'elle est plongée dans l’eau (1), elle s’imbibe de ce liquide, dont les molécules remplacent celles de air, -en sorte qu’assez souvent on voit sortir dela pierre une multitude de globules qui s'élèvent à la file les uns des autres jusqu’à la surface de l’eau. Lorsqu'on retire la pierreet qu’on'la place “entre l’œil et la lumière, on trouve qu’elle.est devenue beaucoup plus translucide. L'eau dont elle s’était imbibée s'échappe par le desséche- -ment, et elle retourne à son premier état.

Le temps nécessaire pour que limbibition soit complète, varie suivant les divers Hydro- -phanes. Une ou deux minutes suffisent à quelques-uns; d’autres exigent un quart-d’heure, “une demi-heure ou davantage. On donne quel- -quefois pour Hydrophanes des fragmens de Calcédoine, dont l'effet est très lent et peu.sen- -sible. | Los : rriprsrh

Le résultat de l’expérience que je viens de

citer présente une sorte de paradoxe, en ceque THydrophane acquiert un surcroît de transpa-

(+) Il faut employer de l’eau pure, telle que l’eau distillée , ou qui a été filtrée,

208 TRAITÉ DES CARACTÈRES PHYSIQUES rence par la substitution d’un liquide moms transparent que Pair à ce dernier fluide ; mais Je paradoxe disparaît dans l'explication que la théorie de Newton nous fournit de ce phénomène, et qui dépend d’un principe que j'ai indiqué plus haut (r). Il consiste en ce que quand la lumière, après avoir traversé un corps, se présente obliquement à la surface d’un second corps d’une densité différente , et qui est de même susceptible de la transmettre, elle se divise en deux parties, dont l’une se réfracte en pénétrant ce second eorps, et l’autre est réfléchie à sa surface, Or, en général, à mesure que les densités des deux corps différent davantage, ‘le nombre des rayons réfléchis sous une inclinaison donnée est plus considérable, et\celur | desrayons réfractés plus petit. C’est le contraire à mésure que les densités approchent d’êtreéga- ‘les;la quantité de lumière réfléchie se trouve diminuée , et celle de lumière réfractée est aug- ‘méritée. 07 © | : Le phénoméne que présente l’'Hydrophane rentre parmi ceux qui dépendent de cette relation-entre les densités respectives des corps

(1) Voyez pages 66 et 67.

DES PIERRES PRÉCIEUSES. * 20gq

et l’action qu'ils exercent sur la lumière. Lorsqu’il est dans son état naturel, les rayons qui le pénètrent rencontrant successivement des particules pierreuses et des particules de Pair interposé, subissent aux surfaces de contact des unes et des autres une multitude de ré= flexions auxquelles échappent d’autres rayons que la réfraction transporte au-delà ; et parce que la densité de Pair est incomparablement plus petite que celle de la pierre, le nombre de ces rayons réfractés décroit rapidement d’une molécule à l’autre, en sorte qu’il n’en reste que très peu qui arrivent à la dernière surface.

Substituons maintenant l’eau à Pair, c’est-à dire un liquide dont la densité approche beaucoup plus d’être égale à celle de la pierre, nous ‘aurons l'inverse de l'effet précédent, c'est-à-dire qu’il y aura beaucoup moins de rayons réfléchis aux surfaces de contact des deux espèces de particules, et beaucoup plus qui continueront leur route à l’aide de la réfraction, en sorteque la transparence, qui dépend du nombre de ceux qui ont traversé l’Hydrophane de part en part, se trouyera, sensiblement augmentée.

n taille l'Hydrophanc en cabochon, et il

est inutile d’avertir qu'il doit être monté à jour pour se prêter à l'observation du phénomène qu'il est susceptible de présenter.

Iyades Hydrophanes danslesquels la trans- : parence produite par l’imbibition est accompagnée de reflets irisés qui se montrent sur-tout vers les bords ; d’autres subissent, dansle même cas, un changement de.couleur. J’ai dans ma collection un de ces derniers, dont la couleur naturelle, qui est grisâtre, passe au brun jaunâtre à mesure que l’eau pénètre dans son intérieur. Un autre nn offre naturellement des couleurs d’iris, est à la fois Opale et Re à phane.

Les morceaux les pus estimés de cette pierre viennentd’Hubertsbourg,enSaxe.Onentrouve aussi à Musinet, près de Turin; à Telkobania, en Hongrie; à Châtel-Audren, en France, département des Côtes--du-Nord; dans Pile de Feroë, etc. |

25. Jaspe. Quarz jaspe. Méth. minér. Toujours opaque ; rouge-brunâtre » gris-verdâtre, jaune, etc. Une partie des morceaux agissent sur l’aiguille aimantée, lorsqu'on emploie la méthode du double magnétisme.

Jaspe rubanné et Jaspe onyx. La différence

entre l’un et l’autre dépend, comme pour l’Agathe (1),du sens suivant lequel a été taillé un Jaspe composé de couches successives diversement colorées. Une des variétés les plus estimées est celle qui offre des bandes vertes sur un fond d’un rouge brunâtre. On la trouve en Sibérie. |

26. Caillou d'Égypte. Jaspe égyptien. Bandes ou zones d’un brun foncé sur un fond d’un jaune brunâtre. Il est souvent arborisé. Les dendrites sont noires.

Le mot de panaché a, par rapport au Jaspe, la même signification qu’à l’égard de l’Agathe. On appelle Jaspes fleuris ceux qui offrent des taches et des mélanges de deux ou trois couleurs, parmi lesquelles le vert domine pour Vordinaire. Le Jaspe prend le nom d’universel lorsqu'il réunit sur un petit espace une grande partie des couleurs qui se montrent séparément sur d’autres Jaspes.

Le mélange de Jaspe et d’Agathe dans un même morceau, porte le nom d’Ægathe-jaspée ou de Jaspe-agathé, suivant que la partie dominante est l’Agathe ou le Jaspe.

: r) Voyez plushaut, page 201.

27. Bois pétrifié; Bois agatisé. Quarz pseudomorphique xyloïde. Méth. minér.Ces corps étaient originairement des troncs ou des branches d’arbres, et quelquefois des racines, dont la substance a été remplacée par celle du Quarz. Ce remplacement s’est fait par degrés, de manière que les particules pierreuses se logeaient successivement, et se. moulaient, pour ainsi dire, dans les petites cavités occupées auparavant par celles du bois, à mesure que ces dernières les abandonnaient, et de là vient que l'apparence du tissu organique a été conservée.

a. Commun. appartient souvent à une substance nommée vulgairement pechsteiën(Quarz résinite commun de la Méth.minér.), et quelquefois à une variété d’Agathe. Il est ordinaï- ‘rement opaque, ou translucide seulement dans les fragmens minces qui en ont été détachés.

Il présente diverses teintes de blanc, de gris, de; jaune, de brun ou de rouge. Suivant la manière dont il a été coupé, sa surface est marquée de lignes parallèles qui répondent aux fibres longitudinales du bois auquel il doit son origine, ou de zones concentriques qui offrent comme la copie de celles que l’on voit sur la coupe transversale d’un arbre, où elles indi-

quent la succession des couches annuelles à l’aide desquelles s’est fait l'accroissement en grosseur. La plupart des morceaux que l’on taille sous la forme de plaques, pour en faire des boîtes, ont été coupés dans le sens de la longueur. |

b. En palmier. Fond blanchâtre, jaunâtre ou brunâtre , parsemé de petites taches noires. Cet aspect provient de l’organisation particulière du palmier, dont la tige n’est pas composée de’couches annuelles, comme celle des arbres ordinaires; mais seulement de fibres ligneuses situées parallèlement à l’axe, et enveloppées par la moelle qui remplit tous les intervalles (1). Les morceaux de Palmier pétrifié que l’on emploie dans la bijouterie, ayant été coupés dans le sens transversal, les petites taches rondes que lon voit sur leur surface sont les coupes d’autant de fibres longitudinales, et

(r) Le célèbre Daubenton a observé le premier les différences remarquables que présente l’organisation du palmier, comparée à celle des autres arbres, et les a décrites avec autant de clarté que de justesse , dans une des leçons qu’il a données à l’École normale , sur l’Histoire naturelle ( Séances de l'École normale, tome V, pages 6o et suivantes). Le même sujet a été considéré

les parties blanches ou jaunâtres qui servent comme de fond au tableau, proviennent de la moelle interposée entre les fibres.

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