Marcassite. Fer sulfuré. Méth. minér
D’un jaune de laiton ; susceptible d’un beau poli; pesant. spécif. 4,7; acquérant, à l’aide du frottement, l'électricité résineuse, lorsqu'elle est isolée. La Marcassite est une Pyrite ferrugineuse mêlée d’un peu de cuivre. On en faisait anciennement des boutons, des entourages de pierres et des bijoux taïllés à facettes; mais aujourd’hui elle n’est plus d'usage.
42. Acier. On s’est borné pendant longtemps à en faire des chaînes et des clefs de montre ; on en. faisait aussi des boucles. Depuis quelque temps on l’emploie pour exécuter des assortimens complets d'objets de parure. On sait que c’est le travail de l’homme qui amène le fer à l’état d’acier, au moyen d’une opération qui détermine l’union de ce métal avec une petite quantité de charbon; maïs beaucoup de personnes ignorent une expérience très curieuse qui a été faite par M. Guyton de
230 TRAITÉ DES CARACTÈRES PHYSIQUES Morveau, et qui mérite d'autant mieux d’être rappelée, qu’elle ne sera pas souvent recom- __mencée, La composition de l’Acier, telle que je viens de l'indiquer, ayant suggéré, à ce savant chimiste l’idée de substituer au charbon ordinaire la poussière du Diamant pour l’unir au fer, l'expérience répondit à son attente, et le fer se trouva converti en Acier (1).
43. Manganèse rose. Manganèse oxidé carbonaté. Méth. min. Fond d’un rouge de rose, “ou de fleur de pêcher, marqué de veines noïratres ou brunes. Pesant. spécif. 3,2; médiocrement dur; rayé par une pointe d’acier. Il en existe dans plusieurs pays ; mais celui qu’on trouve en Sibérie est le seul que l'agrément de sa couleur et le beau poli dont il est suscéptible aient fait associer aux. matières qui exercent l’industrie des artistes.
On sait que le Manganèse est le principe colorant du Quarz rose, de la Tourmaline, dite Sibérite, et de quelques autres substances. mi nérales. On l’emploie souvent pour la colora-
(1) Voyez ce qui a été dit sur la nature du Diamant,
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tion des verresavec lesquels on imiteles pierres précieuses. Mais son usage le plus intéressant est celui qu’on en fait dans la fabrication du verre appelé cristal, qui lui doit sa netteté. Quelque soin que l’on prenne pour épurer la matière de ce verre, il reste ordinairement à l’intérieur des teintes verdätres et olivâtres, qui troublent plus ou moins sa transparence.
Le Manganèse, mêlé à cette matière dans un rapport assez petit pour ne lui permettre que d'agir sur ces teintes, les fait disparaître, en devenant lui-même invisible, et c’est pour cette raison que l’on a nommé ce métal le Savon du verre, ou le Savon des verriers.
Remarques sur la distribution suivante.
Dans le Tableau destiné à terminer cet Ouvrage, l’ensemble des pierres précieuses dont la distribution, telle que la présente la première partie, est soumise aux principes de la méthode minéralogique, sera disposé conformément au point de vue sous lequel les considèrent l'artiste qui les travaille et l’amateur qui en forme des collections. Le Tableau dont il s’agit est composé de plusieurs colonnes, dont la première renferme la sous-division de
232 TRAITÉ DES CARACTÈRES PHYSIQUES ces différentes pierres en onze genres, carac+ térisés chacun par un ton de couleur particulier ou par quelqu’autre effet de lumière. Le premier genre renferme les pierres incolores ou sans couleur, telles que le Diamant (1), la Topaze appelée Goutte d’eau par les lapidaires portugais, le Saphir blanc, etc. Je place dans le second genre les pierres d’une couleur rouge. C’est à ce genre qu’appartiennent celles que l’on désigne sous le nom de Rubis. Le troisième genre contient les pierres d’une couleur bleue, parmi lesquelles se trouvent celles qui portent le nom de Saphir, et ainsi des autres genres, etc. J’ai indiqué dans la seconde colonne les eflets particuliers de lumière qui, dans les différentes espèces, modifient la couleur principale, tels que le ton ou l'intensité de cette couleur, le plus ou moins de vivacité de l'éclat qui l'accompagne, etc. Dans les colonnes suivantes, je donne les indications des
(1) Malgré les découvertes qui ont fait connaître la composition toute particulière de ce minéral, les artistes ét les amateurs ont dü continuer de le regarder comme une pierre précieuse, pour être conséquens à leurs prins cipes.
caractères physiques propres aux différentes espèces, comme la pesanteur spécifique, la réfraction, la dureté, etc. Toutes ces indications ont été tellement disposées, que celles qui appartiennent à chaque espèce sont rangées sur une même ligne à la suite du nom que porte cette espèce. De cette manière, il sera facile de faire la distinction des pierres entre lesquelles on pourrait balancer, d’après le seul aspect de la couleur, pour les rapporter à leurs espèces respectives. Parexemple, on doute si une pierre d’un rouge de rose est un Rubis balais ou un Rubis du Brésil; mais le tableau indique que da réfraction du premier est simple, tandis qu'elle est double dans le second. Il indique de plus que le premier n’est pas électrique par la chaleur, tandis que le second lest sensiblement. Ces deux différences , indépendamment des autres, suffiraient pour déterminer la pierre dont il s’agit. ga Les caractères compris dans la première colonne du Tableau étant tirés principalement de la couleur, qui est susceptible d’une infinité de modifications différentes dans les divers individus d’une même espèce, sont limités à celles
de ces modifications auxquelles le goût des ama- teurs a donné la préférence, comme étant les plus propres à flatter l'œil. Or, parmi les pierres précieuses répandues dans le commerce, on en trouve beaucoup dont les teintes diffèrent plus où moins de ces limites indiquées sur le Tableau ; mais lorsque l’une de ces pierres que l’on verra pour la première fois, offrira quelqu’une des différences dont il s’agit, l’ensemble des autres caractères décidera de l’espèce à laquelle on devra la rapporter, et le ton de sa couleur sera censé être sous-entendu dans les accidens de lumière énoncés par la description.
J’ai continué, dans ce Tableau, de joindre les noms minéralogiques à ceux qui sont usités dans le commerce. Cette concordancenon interrompue des deux nomenclatures, m'a paru devoir d’autant mieux entrer dans le plan de ce Traité, qu’elle offrira la preuve que les productions naturelles qui fournissent les pierres précieuses, pour avoir changé de forme et d’aspect entreles mains de l’art, non-seulement n’ont pas cessé d’appartenir à la science,mais peuvent même devenir pour le minéralogiste une occasion dela rendre utile aux artistes et aux amateurs qui voudraient le consulter.
DES PIERRES PRÉCIEUSES, 235 Je dois ici un témoignage de reconnaissance à M. Achard, l’un des joailliers de cette ville les plus éclairés sur tout ce qui a rapport aux objets de son commerce, pour les renseignemens qu'il a bien voulu me donner relativement à la limite qui sépare les corps dont se compose.la série des pierres précieuses, de éeux qui n’ont point de rang parmi elles, aux tons et aux nuances de couleurs qui les caractérisent, et aux noms sous lesquels on les désigne. I m’importait de me procurer à cet égard des notions exactes et précises pour remplir complètement le but que je me suis proposé, de mettre ceux qui auraient acquis des pierres précieuses, ou désireraient en acquérir, à portée de s’assurer par eux-mêmes de leur authen- Licité,
À Pesanteur || ® ACCIDENS DE LUMIERE.
spécifique. ||